Catégorie: Politique

Le gouvernement vénézuélien continue sa révolution bolivarienne.

Ramirez et Chavez lors d'une visite chez PDVSA

Ramirez et Chavez lors d'une visite chez PDVSA

Le ministre du pétrole et président de PDVSA, Rafael Ramirez, fait un premier bilan du plan “Gran Mision Vivienda Venezuela” en signalant qu’il manque encore beaucoup de terrains sur lesquels construire des maisons.

Le plan requiert selon les estimations du gouvernement 60 000 hectares mais l’Etat n’en possède pour le moment que 11 914. La recherche de terres pour construire conduit donc en plus à des expropriations sommaires. La nouvelle cible étant la zone industrielle de Caracas.

Pour lui, le fait que certaines zones industrielles soient à l’intérieur même de la capitale n’a pas de sens. Aussi, ces zones industrielles doivent être libérées et réaménagées pour accueillir des habitants des Ranchos (les favelas vénézuéliennes) ayant perdu leurs maisons lors d’éboulements et glissements de terrain.

Lorsque la question lui est posée de savoir où en sont les négociations avec les propriétaires ayant été expropriés les précédents mois, la  réponse est que « La ley de Emergencia y Terrenos » comporte des dispositions préétablies pour la compensation des propriétaires expropriés mais qu’il faudra malgré faire quelques concessions.

La priorité est d’offrir un toit aux familles de Miranda, Vargas et Distrito Capital. Et l’an dernier ce sont quelques 16 600 maisons qui furent construites ou « récupérées » par l’Etat.

Rancho de Caracas surplombant le tunnel direction la Guaira

Rancho de Caracas surplombant le tunnel direction la Guaira

Rafael Ramirez affirme également dans son communiqué qu’en août 2012 tout devra être terminé pour stopper le calvaire des sans-abris. La grande majorité d’entre eux souhaite rester dans Caracas et seuls 3 000 environ préfèreraient migrer plus au centre du pays.

Nombreuses sont les personnes qui ne souhaitent pas de ce plan continuent de prôner l’auto-construction. Le président de PDVSA leur répondra que «  c’est triste de ne pas se rendre compte de tous les bienfaits de ce plan créé par l’Etat dont le but est d’offrir  de véritables maisons construites en dur par des maçons. Et qu’ainsi les Ranchos pourront disparaître pour laisser place à de vraies résidences »

Sydney Court [sydney.court@hotmail.fr] // L’équipe Unasur.fr

Création de la CELAC, la nouvelle puissance régionale Latino-Américaine qui déstabilise l’OEA

images3La Communauté des États latinos américains et des Caraïbes.

Une nouvelle puissance régionale Latino Américaine et Caribéenne est née entre ce vendredi 02 et ce samedi 03 décembre 2011 lors du sommet de Caracas. Un évènement majeur à prendre en compte dans la géopolitique du continent Américains.

Les 33 Etats Latino Américains et Caribéen y travaillent depuis juillet 2008, quelque mois après la création de l’UNASUR en mai  de la même année. C’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui lance un appel aux chefs d’Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes dont Cuba, pour les inviter à débattre sur la création d’une nouvelle coopération régionale sans y inclure les Etats-Unis et le Canada, centre de gravité principale de l’influence régionale.  Le but serait d’accroitre la puissance des Etats membres de la CELAC dans la région en rivalisant l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) synonyme de puissance américaine.

C’est le président vénézuélien Hugo Chavez, l’un des principaux promoteurs de cet évènement qui officialise le lancement de cette nouvelle union politique ce vendredi 2 décembre 2011. Cette nouvelle force en présence serait destinée à terme à supplanter d’autres organisations. En introduction de sa prise de parole le leader latino-américain s’adresse aux 32 autres chefs d’Etats en relatant clairement sa position presque radicale : « Nous devons créer une force supérieure pour élever les consciences ». Il insiste en mettant en avant le fait que « l’OEA représente le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis »

Pour ces Etats c’est aujourd’hui une réelle nécessité de créer un espace commun qui les unissent. La CELAC ambitionne d’approfondir le développement politique, économique, culturel et social entre ces 33 Etats et d’arriver à une coopération globale dans le but de convenir à une position commune sur des questions fondamentales comme les crises financières et énergétiques, les stratégies de développement et les négociations mondiales sur le commerce. La CELAC permettra à ces Etats de réaffirmer l’engagement des pays de continuer à renforcer les capacités internes de la région, de la survenance d’événements externes qui serait synonymes de déséquilibres économiques. Des politiques visant à renforcer la base industrielle et le renforcement des mécanismes de suivi de leurs systèmes financiers a été mis en place.

Trois évènements majeurs sont les piliers de l’organisation stratégique des 33 Etats membres en termes de développement, d’indépendance et de souveraineté. En 2008 la déclaration de Salvador de Bahia, en 2009 le lancement du Plan d’action de Montego Bay et en 2010, la Déclaration de Cancun.

Cette nouvelle force régionale a-t-elle les capacités d’atteindre ses objectifs d’union et de croissance et de se défendre de l’agressivité américaine ? Quelles sont les techniques offensives des américains pour maintenir leur niveau d’influence sur la région ?

La gestion des accords et traités entre Etats membre de la CELAC pourrait devenir à terme une base de conflit interne. Des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili par exemple ont des intérêts commerciaux très importants avec les Etats-Unis.

Le Mexique, un Etat influent, a intégré la CELAC. Le Mexique fait parti de l’alliance nord américaine depuis 1994 et ne fait pas partie de l’UNASUR. Il représente un allier stratégique pour les Américains. L’intégration du Mexique dans la Communauté des Etats Latino Américains et Caribéen aujourd’hui, est un élément important à prendre en compte. Le discours de Felipe Calderon lors du sommet reflète la volonté mexicaine de revendiquer le fait que le Mexique sera et restera un pays latino américain : « nous avons besoins de l’intégration, non seulement dans les mots mais aussi dans une réalité qui nous aide à transformer les échanges entre latino américain et caribéen en signaux de prospérité et de croissance ». Le Mexique devait se montrer présent pour revendiquer ses valeurs mais aussi pour s’allier avec 32 pays connaissant une croissance continue pendant la crise financière la plus dur de l’histoire du monde économique. 90 % de l’exportation Mexicaine est destinée au sol Américain, les liens commerciaux qui unissent le Mexique et les Etats-Unis sont importants.

Laisser le Mexique intégrer la CELAC reflète le fait que cette organisation ne semble pas inquiéter les Etats-Unis en termes de puissance régionale. En effet, ceux-ci ne se sont pas opposés médiatiquement à la création de cette nouvelle coalition. Cependant les américains pourraient à travers le Mexique influer sur les décisions d’accord et de traités qui seront signés par les Etats Membre de la CELAC. Un autre pays sous forte influence américaine est aujourd’hui membre de la CELAC : le Panama. Il sera également intéressant de comprendre comment un pays qui est contrôlé à 100% par les Etats-Unis puisse intégrer ce nouvel organe régional ?

Certains Etats Caribéens sont également sous influence anglo-saxonne. Comment les américains vont-ils exploiter ces influences sur la CELAC ?

C’est dans le dossier thématique de l’UNASUR du site UNASUR.fr que vous trouverez le dimanche 11 décembre 2011 une suite de réponse à ces problématiques dans le but d’analyser les conséquences de la création de la CELAC et de mieux comprendre les enjeux de puissances dans la région sud américaine.

Makram Amadet

makram.amadet@gmail.com

Membre de l’Equipe Unasur.fr

Hugo Chavez accuse la Colombie d’alimenter l’insécurité sur son territoire

Le président du Venezuela, le socialiste Hugo Chavez, a réitéré ses griefs à l’encontre des autorités colombiennes et plus précisément de son président, Alvaro Uribe, en déclarant que de nombreux problèmes d’insécurité sur le territoire national étaient imputables au pays voisin.

Le chef de l’État vénézuélien a dénoncé le fait que des organismes de sécurité avaient été infiltrés par des « acteurs illégaux » dans le cadre d’une machination orchestrée par les États-Unis afin de déstabiliser son gouvernement au moyen de son allié latino-américain (soit la Colombie).

« Les États-Unis, à travers la Colombie et d’autres acteurs illégitimes comme les paramilitaires ou d’autres formes de violence infiltrent le Venezuela afin d’assassiner et de séquestrer des individus, ce dans le but de discréditer le président », a déclaré Hugo Chavez.

Le président soutient également que des extractions illégales de métaux précieux (or et coltan) ont lieu à divers endroits situés au bord du fleuve Caura et que ces minéraux ainsi récoltés alimentent un trafic de l’autre côté de la frontière.

Le président a aussi profité de cette allocution pour remercier les autorités cubaines pour leur soutien, une aide qui a permis, selon le président, d’apprendre beaucoup en matière de sécurité intérieure, tout spécialement en ce qui concerne « les infiltrés » dans les forces de l’ordre nationales.

« Cuba nous a beaucoup aidé en matière de sécurité, sur la façon d’analyser, d’évaluer et d’améliorer le service sécuritaire car nous avons eu des failles qui ont permis à des infiltrés de s’ immiscer dans la politique intérieure ».

Le président a fait ces déclarations une journée après que l’ancien leader du groupe paramilitaire colombien Autodefensas ait avoué que certains éléments de l’armée vénézuélienne lui avaient proposé l’année 2002 de participer à une action visant à le renverser du pouvoir.

La semaine dernière, les autorités du Venezuela ont rendu public l’arrestation, au mois de janvier dernier, d’un homme qui avait appelé les paramilitaires colombiens à renverser le président au pouvoir.

Selon cet ancien dirigeant paramilitaire Salvatore Mancuso, ni lui ni les autres membres de son groupe n’avaient accepté cette proposition qui leur avait paru être d’emblée « une folie ».

Concernant les suspicions d’espionnage, le président a évoqué le cas récent d’un citoyen colombien (Luis Cossío) marchand de glaces dans le village de Barinitas situé à 520 km à l’ouest de Caracas, une profession, qui selon le gouvernement, lui servait de couverture pour exercer ses activités d’espion.

Chavez a déclaré : « Ici, j’ai en ma possession les résultats de cette enquête, pour tout ceux qui souhaitent s’informer… L’un des facteurs qui accentue notre conviction concernant sa culpabilité est que le président colombien n’a pas cherché à nier qu’il s’agissait d’un espion lorsqu’il a été arrêté, au contraire il est resté détaché. »

Le président vénézuélien a également déclaré que la lutte contre l’insécurité dans son pays répondait à toutes les normes et respectait les Droits Humains car au Venezuela « Nous ne torturons pas les gens, nous ne les faisons pas disparaître et nous ne trouvons pas de faux coupables. »

Les tensions entre les deux pays s’accentuent de jour en jour et les élections présidentielles qui auront lieu prochainement (le 30 mai) en Colombie semblent renforcer l’animosité venezuelo-colombienne.

Il n’y a pas un seul jour où le président Chavez ne mentionne pas Juan Manuel Santos, candidat de droite aux élections présidentielles de Colombie et vice-versa. La campagne électorale colombienne s’est déplacée bien au-delà des frontières et semble alimenter les frictions entre les deux pays. Le président vénézuélien tout comme son homologue équatorien multiplient les attaques verbales contre Santos dont ils redoutent l’arrivée au pouvoir en tant que futur allié possible des Etats-Unis et en tant que trublion à l’expansion socialiste en Amérique du Sud.

« Bien que les Colombiens n’apprécient pas Chavez, il n’en reste pas moins que la population est lasse de ces attaques avec ses pays voisins, il se peut donc que le candidat de droite commette une erreur en s’opposant frontalement au président du Venezuela » a déclaré l’analyste de l’IHS Insights, Christian Voeklel.

« Ce qui est certain, c’est que, jusqu’aux résultats des élections et la mise en place du prochain gouvernement en Colombie, les tensions vont se poursuivre dans la région » a-t-il affirmé.

Auteur : Aline Timbert

Equipe Unasur.fr

www.actulatino.com

L’équipe d’Unasur.fr accueille Aline Timbert

unasur amerique latine sudDiplômée d’une maîtrise LLCE (Langue, Littérature et Civilisation Etrangères spécialité « Espagnol ») obtenue à la Sorbonne Nouvelle de Paris avec « mention bien », je me passionne pour l’étude des civilisations précolombiennes depuis de nombreuses années, à ce titre j’ai rédigé un mémoire sur ‘L’évangélisation des indigènes du Pérou’ d’après l’œuvre du jésuite José de Acosta  »De Procuranda Indorum Salute.

Fondatrice du site partenaire : www.actulatino.com

Développement : De nouvelles catégories sur Unasur.fr

amerique du sud

Jusqu’ici, Unasur.fr n’offrait que des articles stratégiques issus d’une approche d’intelligence économique. Nous avons décidé de développer un nouvel axe, basé sur l’ouverture de trois nouvelles catégories : Economie, Politique et Sciences.

Ces nouveaux axes ont pour but d’apporter plus d’informations permettant de suivre l’actualité sud-américaine dans son ensemble.

Unasur.fr accueillera très prochainement de nouveaux auteurs spécialistes de l’actualité économique, politique et scientifique. Leur objectif sera de vous fournir toutes les clés de l’actualité latino-américaine.

Serge Sedille,

L’équipe Unasur.fr