Catégorie: Unasur

Bolivie : l’affaire du TIPNIS aggrave la situation politique de Evo Morales

police bolivie repression

La répression policière qui a frappé les participants indigènes à une marche de protestation le 25 septembre 2011 à Yucumo n’en finit pas de faire des remous en Bolivie. La situation s’est quelque peu apaisée depuis, mais les conséquences de cet épisode sont importantes à plusieurs titres. Ladite marche a été initiée le 15 août dernier par des indigènes habitant le Territoire Indien et Parc National Isiboro-Secure (TIPNIS, au centre de la Bolivie et en bordure de la forêt amazonienne), pour protester contre la construction d’une route devant relier les départements de Beni et de Cochabamba, de San Ignacio de Moxos à Villa Tunari. Le tracé de 306 kilomètres coupe en deux le TIPNIS, ce qui constitue une aberration écologique pour ses habitants, alors que le gouvernement y voit une opportunité de désenclaver la région.

TIPNIS

L’objectif de la marche indigène était de rallier La Paz à pied pour se faire entendre par Evo Morales. Ce dernier est lui-même un indigène et son parcours politique est émaillé par la lutte pour une meilleure représentation de cette population indienne et de ses intérêts. Aussi, lorsqu’il accède au pouvoir en 2006, met-il en place une assemblée constituante, dont le projet de constitution (approuvé par référendum en janvier 2009 à 58,7%) contenait plusieurs avancées démocratiques majeures aujourd’hui en vigueur : la consécration de la nature plurinationale de l’Etat bolivien, la reconnaissance de 36 idiomes indigènes comme langues officielles, et surtout le droit des peuples et des nations indigènes à l’autonomie et à l’autogouvernement ainsi que le droit à être consulté lorsque le gouvernement prend des décisions qui affectent leur territoire. Or c’est précisément ce droit qui n’a pas été respecté dans le projet traversant le TIPNIS.

Le 25 septembre dernier, à Yucumo, les policiers ont tenté de disperser la marche en employant la force. La disproportion des moyens employés a suscité l’émoi dans tout le pays. Si un bilan définitif de l’assaut n’est toujours pas disponible (les manifestants disent être sans nouvelles de plusieurs participants à la marche), les images de l’attaque diffusées par la télévision bolivienne témoigne d’une extrême violence. (Voir notamment les

images de la télévision publique argentine). De cet évènement, on retiendra qu’il illustre la réduction des marges de manœuvres d’Evo Morales. Réduction due à la fois à des facteurs nationaux mais aussi à des facteurs extérieurs.

Une crise gouvernementale profonde.

Les méthodes employées par les policiers ont révulsé jusqu’au sein du gouvernement. Le 26 septembre, Cecilia Chacon, ministre de la Défense, démissionnait pour se désolidariser du gouvernement. Elle fut suivie par cinq députés du Movimiento al Socialismo (le MAS, parti d’Evo Morales).

Afin de désamorcer une situation explosive, Evo Morales a pris plusieurs décisions. Tout d’abord il a demandé pardon aux manifestants pour la brutalité de l’intervention policière. Puis il a suspendu la construction de la route et a décidé de soumettre la suite de son développement à deux référendums (un dans chaque province traversée). Enfin il a assuré ne pas être l’origine des directives qui ont conduit à cette répression.

La plus grande confusion règne quant à  l’origine de l’ordre donné aux policiers d’attaquer les manifestants. Une confusion qui a un coût politique : Marcos Farfan, vice-ministre du Régime intérieur, a démissionné le 27 septembre après avoir été accusé par son ministre de tutelle, Sacha Llorenti, ministre de l’Intérieur, d’avoir ordonné l’offensive contre les indigènes sans son accord. Dans sa lettre de démission, Farfan explique n’avoir jamais pris une telle décision. Llorenti s’est retiré du gouvernement à son tour le 28 septembre pour protéger Morales du scandale.

Le Vice-Président Alvaro García Linera, a annoncé qu’une enquête était en cours et que d’après les premiers éléments, « l’ordre n’émanait pas du pouvoir exécutif », une façon de sous-entendre que la police avait pris cette décision de sa propre initiative. Une déclaration hasardeuse puisque les syndicats policiers ont répondu qu’il n’était pas question que l’exécutif se lave les mains de ses responsabilités en se défaussant sur les forces de l’ordre.

Une rupture entre Morales et sa base électorale.

Malgré ses tentatives d’apaisement, le lien qui unissait Morales à la population indienne est rompu. Ceux qu’il appelait « ses frères » doutent désormais de la sincérité de son attachement à ses racines et de son dévouement pour les causes indigènes. Pour preuve, les 1500 manifestants ont décidé de poursuivre leur marche jusqu’à La Paz, siège du pouvoir exécutif bolivien. Par ailleurs, les indigènes du TIPNIS contestent la constitutionnalité des futurs référendums car selon eux, l’article 352 de la constitution bolivienne (sur la consultation des populations affectée par l’exploitation de leur territoire), limite la consultation aux seuls citoyens concernés par l’impact du projet et non à l’ensemble de la population des deux provinces qui englobent le TIPNIS. Ils y voient un moyen pour Evo Morales d’élargir le scrutin de façon à obtenir un résultat favorable à la construction de la route.

La répression a eu un effet boule de neige sur l’ampleur des manifestations. Ce qui était un conflit local s’est brusquement transformé en un désaveu national pour Morales puisque la Central Obrera Boliviana  (la COB, principal syndicat bolivien) avait appelé à une grève générale pour le mercredi 28 septembre. Cet appel fut relativement bien suivi puisqu’on a compté plusieurs milliers de manifestants dans les grandes villes du pays. Or la COB comptait parmi les principaux soutiens d’Evo Morales. Mais depuis quelques temps, celle-ci manifestait son mécontentement devant la lenteur des réformes promises par Morales. Les derniers évènements ont cristallisé cette défiance.

Aujourd’hui les seuls alliés indéfectibles d’Evo Morales sont les indiens aymaras (ethnie à laquelle il appartient) et quechuas, une population en majorité paysanne dont l’activité économique est principalement tournée vers la culture de la coca. Le président bolivien a longtemps été le leader syndical de ces producteurs de coca (les cocaleros). Or les « colonisateurs », comme ils sont surnommés par leurs détracteurs, voient le projet de route à travers le TIPNIS d’un très bon œil car il leur permettrait de gagner des milliers d’hectares sur la forêt amazonienne pour accroître leur production. C’est pour cette raison qu’aymaras et quechuas ont organisé des contre-manifestations de soutien à Evo Morales et au projet. Ce qui fait dire aux opposants de Morales qu’en dernier ressort celui-ci gouverne pour ses anciens amis cocaleros.

Un président face aux contradictions de son modèle de développement.

D’après ses contradicteurs, cet épisode serait la preuve que les prises de positions écologistes de Morales n’étaient qu’un vernis idéologique. Il semble en effet qu’Evo Morales ait tranché entre développement économique et protection environnementale. Le temps où le président bolivien appelait à la justice pour la Pachamama (la déesse terre-mère vénérée par des tribus indiennes d’Amérique du sud avant la christianisation du continent par les espagnols) lors de la conférence de Copenhague en 2010 semble révolu.

En effet, soucieux de développer son pays (la Bolivie se classe parmi les Etats ayant l’un plus faible PIB/habitant, 4800$/habitant, 151ème mondial) et fort du résultat du référendum constitutionnel de 2009,  Morales a décidé de passer à l’étape supérieure de son Plan national de développement (disponible sur le site du Ministère de la planification bolivien). L’un des objectifs de ce plan est évidemment d’intensifier le réseau de voies de transport. Il met également l’accent sur l’exploitation des atouts stratégiques de la Bolivie, au premier rang desquels les activités extractives.

Or la prospection pétrolière a démontré la possible existence de champs pétrolifères à cheval sur le TIPNIS. L’exploitation de ces ressources nécessite de lourdes infrastructures et pour les manifestants indigènes il ne fait aucun doute que la construction d’une route est le premier pas pour l’installation d’un complexe industriel sur leur territoire. La route en elle-même, soulignent-ils, menace une partie de la forêt non seulement en raison de la déforestation qu’elle engendre, mais également à cause des bouleversements hydrologiques qu’elle entraînerait une fois achevée.

Morales se retrouve face à ses contradictions. D’un côté il promeut une stratégie de développement productiviste, de l’autre il consacre le droit à l’autogouvernement pour les habitants des territoires indigènes et la préservation de leur environnement. Un double discours qui ne pourra pas résister bien longtemps si les manifestations se multiplient.

Une conséquence de « l’impérialisme » brésilien ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, cette crise n’est pas uniquement liée à la politique intérieure bolivienne. En effet la construction de la route a été confiée à l’entreprise de BTP brésilienne OAS et 80% des 415 millions de dollars nécessaires à son financement sont couverts par la Banque Nationale de Développement Economique et Social (BNDES), également de nationalité brésilienne. La BNDES a massivement investi dans ce projet car le Brésil pourrait en être l’un des grands bénéficiaires.

Pour comprendre l’enjeu caché derrière l’édification de cette route, il convient d’élargir le cadre géographique d’analyse à l’échelle du continent sud-américain. Celui-ci fait l’objet de multiples tentatives d’intégration tantôt économique (Mercosur) tantôt politique (Unasur). A côté de celles-ci existe un projet d’intégration physique moins connu, appelé Iniciativa para la Integración Sudamericana (IIRSA), et qui vise à connecter l’ensemble des pays du continent via un réseau de routes, de voies ferrées et d’infrastructures énergétiques, structuré autour de 10 axes (plus de détails sur le site institutionnel : www.iirsa.org). L’IIRSA a été entérinée en août 2000 au sommet des Présidents d’Amérique du Sud à Brasilia. Ses promoteurs sont la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la Corporación Andina de Fomento (CAF). 335 projets ont été retenus pour un coût total estimé à 37,5 milliards de dollars.

Le gouvernement brésilien de Fernando Hector Cardoso est à l’origine de l’IIRSA. La constitution d’un réseau d’infrastructures transnationales sert l’intérêt national du Brésil. Elle lui permet de renforcer sa puissance commerciale en facilitant l’exportation de sa production à la fois sur le marché sud-américain, mais aussi en lui ouvrant un accès plus large à la façade océanique pacifique, gage de débouchés en Asie. Si la route en construction dans le TIPNIS ne fait pas directement partie de l’IIRSA, elle fait en revanche partie de ces projets annexes renforçant le maillage de l’Amérique du sud. Ainsi, elle devrait permettre de relier deux axes de l’IIRSA traversant la Bolivie: l’axe interocéanique central, et l’axe Pérou-Brésil-Bolivie (voir carte ci-dessous)

Suite aux manifestations de début octobre, la BNDES a décidé de geler les crédits alloués à la construction de la route en attendant l’issue des négociations entre les indigènes et le gouvernement. D’après Alcides Vaz, de l’Institut de Relations Internationales de l’Université de Brasilia, « la projection des intérêts économiques brésiliens est coutumière de l’instabilité chronique de ses voisins ». En 2008, Odebrecht, l’autre grand du BTP brésilien, avait été banni du marché équatorien pour son refus d’indemniser l’Etat d’un défaut dans une construction. L’ancien président brésilien Lula s’était d’ailleurs rendu en Bolivie début septembre pour plaider la cause d’OAS. De manière générale, Karen Hooper, analyste Amérique latine pour l’entreprise texane Stratfor Global Intelligence estime qu’il sera « difficile pour les gouvernements sud-américains de refuser les investissements brésiliens, mais en les acceptant ils risquent d’ouvrir de nouvelles blessures sur le plan national ». Cette crise bolivienne en est la meilleure illustration.

Lucas Manetti

Equipe Unasur.fr

Sources :

www.pagina12.com.ar

www.ecologistasenaccion.org

www.la-razon.com

www.hidrocarburosbolivia.com

www.elpais.com

www.infolatam.com

Les conséquences sud-américaines de la campagne pour le poste de directeur général du FMI.

FMI

Christine Lagarde est depuis le 28 juin 2011 la première femme nommée au poste de directeur général du FMI. Mais cette nomination aurait pu aboutir à une autre première dans l’histoire de l’institution financière : la nomination d’un non-européen à sa tête, ce qui aurait alors brisé une hégémonie vieille de 67 ans. En effet selon un accord tacite entre américains et européens lors de la conférence de Bretton Woods, les premiers avaient obtenu que le président de la Banque mondiale soit désigné par leur gouvernement, tandis qu’en échange les seconds héritaient de la direction du FMI. Il est vrai que le suffrage censitaire en place au FMI laisse peu de place à une candidature alternative tant le système des quotes-parts favorise le candidat européen. A tel point que sa nomination fait traditionnellement l’objet d’un consensus.

Un non-européen à la tête du fonds : un tabou brisé.

Mais ce système est de plus en plus critiqué notamment dans les pays à économie émergente. C’est en partie pour cette raison que le Mexique a présenté son propre candidat, Augustin Carstens, l’actuel gouverneur de la Banque du Mexique. La France et plus largement l’Europe, ont quant à eux soutenu la candidature de Christine Lagarde. Les deux candidats ont rapidement décidé d’axer leurs campagnes respectives sur l’adhésion des BRICS, le fameux groupe de pays émergents inventé par Goldman Sachs et institutionnalisé depuis qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud. Cependant les raisons qui ont motivé cette stratégie sont distinctes :

  • Pour Christine Lagarde, il s’agissait de montrer que bien qu’étant européenne, elle était consciente de la nécessité de poursuivre les réformes entreprises par Dominique Strauss-Kahn pour améliorer la représentativité au sein du Fonds. Une façon d’universaliser sa candidature.
  • Pour Augustin Carstens en revanche, c’était l’occasion de se poser en représentant des pays émergents, et en pourfendeur de l’hégémonie européenne. Une stratégie perdante dès le départ étant donnée la répartition des quotes-parts, mais qui avait le mérite de contraindre la future directrice du fonds à s’engager à poursuivre les réformes, à mieux prendre en compte les intérêts des émergents. Surtout cette candidature permettait de briser un tabou en vue de la prochaine nomination.

Le défaut de « solidarité latino » du Brésil.

Outre la tentative de séduction des BRICS, Augustin Carstens a également mis en avant sa nationalité pour jouer la carte de la « solidarité latino ». Il a ainsi publiquement exprimé son regret de ne pas voir apparaître de fonctionnaires d’origine latino-américaine dans les trois derniers échelons de l’organigramme du FMI (soit les 25 postes les plus importants). Pour lui c’est le reflet du peu de considération pour l’Amérique latine à Washington alors même que des Etats comme le Mexique, l’Argentine et le Brésil « ont des taux de croissance impressionnants ». Le 9 juin, lors de l’Assemblée des pays membres de l’Organisation des Etats Américains (OEA), Carstens obtient le soutien de douze Etats latino-américains : la Colombie, le Belize, la Bolivie, le Honduras, le Guatemala, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la République dominicaine, l’Uruguay et le Venezuela. Il avait auparavant obtenu le soutien de l’Espagne. La plupart de ces Etats appartiennent au groupe représenté par le Mexique au Conseil d’administration et par conséquent s’en remettent au vote du Mexique. (Composition du conseil d’administration du FMI). Leur soutien était donc logique.

En revanche, le Chili, l’Argentine, et surtout le Brésil ont longtemps laissé planer le doute sur leurs intentions. Une attitude fustigée par l’éditorialiste Andrès Oppenheimer, pour qui le décalage entre le discours sur la solidarité latino-américaine prônée par ces Etats et sa traduction dans les faits « devraient leur faire honte ». Le Chili et l’Argentine ont fini par se déclarer en faveur de la candidature de Carstens quelques jours seulement avant la désignation du nouveau directeur, mais sans possibilité d’exprimer matériellement leur préférence puisque dénués du droit de suffrage. Le Brésil aura attendu le jour même de la nomination pour afficher sa préférence, en votant en faveur de Christine Lagarde, lorsque le consensus s’est formé autour de sa candidature. C’était la solution la plus élégante pour ne pas faire affront au Mexique et surtout pour éviter les critiques sur son « défaut de solidarité ».

Une contradiction inhérente à la diplomatie tous azimuts du Brésil.

Peter Hakim, président du think-tank Inter-American Dialogue, estimait le 23 juin dernier, qu’appuyer la candidature mexicaine était pourtant la meilleure chose que pouvait faire le Brésil pour défendre ses intérêts notamment en vue d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. C’est un raisonnement qu’il convient de modérer. Certes, ce siège permanent est l’un des grands objectifs de la politique étrangère brésilienne, et dans ce type d’entreprise l’obtention d’un soutien officiel fait souvent l’objet de tractations,  monnaie contre un soutien réciproque au sein d’autres organisations internationales. Mais dans ce cas précis, plusieurs circonstances viennent changer la donne :

  • Tout d’abord la solidarité latino-américaine est un leurre s’agissant du Brésil et du Mexique. En effet l’Amérique latine n’est pas l’aire géographique dans laquelle le Brésil entend jouer un rôle de leadership. L’Amérique centrale est en effet sous l’influence du Mexique, sans parler de celle des Etats-Unis. Le Brésil a donc centré sur l’Amérique du sud ses stratégies en matière de politique régionale.
  • De plus, le Brésil ne recherche pas la représentativité régionale pour obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité. L’Argentine lui ayant signifié qu’elle s’y opposerait car cette stratégie signifierait le fracas de ses propres ambitions onusiennes, le gouvernement brésilien souhaite plutôt que ce siège lui soit octroyé sur ses propres mérites (démographique, économique, géographique…). Dès lors il lui importait peu de remporter le soutien du Mexique.
  • Enfin le Brésil souhaite ancrer sa position dans le groupe des grandes puissances. Selon Claudio Loser, fonctionnaire au FMI, il n’était dès lors pas question de voter contre Lagarde, grande favorite dès le départ.

Néanmoins, il est certain que les partenaires sud-américains du Brésil ne manqueront pas de s’interroger sur les desseins régionaux de ce géant. En l’occurrence il avait là l’occasion de manifester une solidarité non pas latino-américaine mais sud-américaine (en cautionnant le choix des Etats sud-américains pour la candidature de Carstens) et de montrer que l’intégration régionale prévalait sur ses intérêts extracontinentaux. A force de participer à des groupes de discussion et des forums internationaux n’ayant aucun lien en commun (le groupe des BRICS étant basé sur la similarité des économies des Etats membres alors que l’Unasur est une tentative d’intégration politique) il est possible que le Brésil soit confronté de plus en plus à des choix de ce type. C’est là le revers d’une diplomatie tous azimuts.

Lucas Manetti

Equipe Unasur.fr

Course à l’armement en Amérique du sud : mythes et réalités.

Rafale

Alors que l’édition 2011 du salon du Bourget vient de fermer ses portes, l’avenir du Rafale au Brésil reste en suspens. L’attribution du marché pour la livraison de 36 avions de chasse modernes à la Force aérienne brésilienne reste encore incertaine. Cet appel d’offre est le symbole d’une Amérique du sud demandeuse d’armes modernes. En effet, le Brésil n’est pas le seul Etat sud-américain à s’être lancé dans l’achat frénétique de matériel militaire. Il a été suivi en cela par la Colombie, le Chili, l’Equateur et le Venezuela dont les budgets militaires ont spectaculairement augmenté. Oscar Arias, prix Nobel de la paix en 1987 et ancien président du Costa Rica, a été un des premiers à tirer la sonnette d’alarme en septembre 2006. Il a publiquement dénoncé une « course à l’armement en Amérique Latine ».

Historiquement pourtant, l’Amérique du sud est une région pacifique, sachant que le continent n’a connu aucun conflit interétatique majeur depuis le 19ème siècle et les guerres de décolonisation. Cependant, depuis le début des années 2000, les tensions frontalières se sont multipliées, allant jusqu’à frôler l’affrontement armé en 2008 lors de la crise diplomatique qui opposa l’Equateur et le Venezuela à la Colombie. La simultanéité de ces tensions avec la publication d’impressionnantes statistiques -témoignant de l’augmentation des dépenses militaires-  est-elle révélatrice d’une rupture avec l’état de paix dont jouissait jusqu’à présent l’Amérique du sud ?

Une rumeur de course à l’armement démentie par les statistiques.

En approfondissant un peu les analyses comparatives que l’on peut faire avec les statistiques du SIPRI, on relativise rapidement l’importance de cette soi-disant course à l’armement. Premièrement, en comparant les différentes régions géographiques, on s’aperçoit que l’Amérique du sud a certes connu une rapide augmentation de ses dépenses militaires, mais le montant effectif de celles-ci est bien inférieur à celui d’autres régions du globe : à titre d’exemple, le montant total des dépenses militaires des Etats d’Europe occidentale et centrale s’élève à 326 Mds de $ en 2009 (en valeur courante)  contre 51.8 Mds de $ en Amérique du sud. Deuxièmement, une comparaison interétatique permet d’encore mieux mesurer l’ordre de grandeur de ces dépenses. Ainsi, en 2009, les dépenses militaires du Brésil, étaient évaluées par le SIPRI à 26 Mds de $ alors que les Etats-Unis, qui se sont publiquement inquiétés des tendances à la hausse sud-américaines, disposaient la même année d’une manne de plus de 660 Mds de $. Moins impressionnant mais tout aussi parlant, le total des dépenses militaires françaises s’élevait quant à lui à 63,8 Mds de $, soit 12 Mds de plus que l’ensemble des Etats sud-américains réunis.

Une nécessaire modernisation de fond.

Le renversement progressif des dictatures sud-américaines à la faveur de la vague de démocratisation des années 80-90, s’est traduit par une soumission des forces armées au pouvoir civil. Les nouvelles démocraties, pour limiter l’influence des militaires, ont alors opéré des coupes dans les budgets consacrés à la défense. Par conséquent, l’équipement militaire de la plupart des Etats sud-américains a vu sa durée de vie prolongée dans les années 90 via des programmes de modernisation, alors qu’il était déjà de conception ancienne. Depuis cette « mise à jour » l’entretien de ces armes conventionnelles est devenu extrêmement coûteux pour un rapport coût/efficacité plus que discutable. A repousser le plus longtemps possible l’achat de matériel militaire moderne, ces derniers n’ont fait que reculer pour mieux sauter, d’où la multiplication actuelle des commandes et des acquisitions. Or les nouvelles technologies d’armement, articulées notamment autour du concept de Network Centric Warfare (ou guerre en réseau, dont les américains avaient fait la démonstration lors de l’invasion de l’Irak en 2003) et appelées à dominer les champs de bataille sont très onéreuses, ce qui explique en partie l’augmentation des budgets militaires.

Une conjoncture économique propice

Par ailleurs, la flambée des prix des matières premières a dopé les recettes budgétaires d’Etats comme le Venezuela et le Chili. En effet, le pétrole vénézuélien et le cuivre chilien sont exploités par des compagnies publiques, ce qui a facilité la réaffectation d’importants excédents commerciaux. Ces derniers ont alors été utilisés pour remédier à la dégradation des capacités militaires d’où la mutliplication des contrats d’achat d’équipement moderne. Ce phénomène s’est d’autant plus manifesté au Chili qu’en vertu de la ley reservada del cobre (entrée en vigueur en 1976 sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet et abrogée à la fin de la présidence de Mme Bachelet) 10% des bénéfices de la vente de minerais de la CODELCO étaient réservés au budget de la défense.

Le Brésil, puissance régionale en quête de leadership.

La réussite économique exceptionnelle du Brésil, son poids démographique, sa situation géographique, son influence politique, laissent à penser que ce pays est l’une des grandes puissances de demain. Mais pour s’imposer au rang de puissance globale le Brésil doit d’abord asseoir une hégémonie militaire au niveau régional afin de se poser comme arbitre en Amérique du sud et être reconnu comme tel par le club des grandes puissances. D’où les nombreux appels d’offre et contrats d’armement des dernières années. Il faut noter que le transfert de technologie est un critère de premier ordre pour Brasilia. A terme le Brésil souhaite en effet pouvoir produire lui-même ses propres armes (ce qu’il fait déjà en partie car il dispose d’une industrie d’armement non négligeable). Il serait en effet difficile d’atteindre le rang de puissance globale tout en ayant une défense dépendante des capacités technologiques d’un pays tiers. Au-delà de la symbolique, les dépenses militaires du Brésil ont évidemment vocation à assurer sa sécurité. La découverte de réserves de pétroles off-shore au large de ses côtes l’a incité à investir massivement dans de l’équipement militaire à fort potentiel dissuasif (notamment des sous-marins conventionnels classe Scorpène commandés à la DCNS française). La protection de ces champs pétrolifères (ou pre-salt) au potentiel estimé entre 50 et 100 milliards de barils revêt une importance capitale pour le Brésil, car son plan de développement économique est lié en partie à l’exploitation de ces nouvelles ressources.

Le Conseil de Défense Sud-américain de l’UNASUR : une tentative régionale d’émancipation sur le plan militaire.

Cherchant à s’émanciper de l’influence des Etats-Unis, les chefs d’Etat sud-américains ont réalisé que l’Amérique du sud devait s’affirmer comme zone régionale autonome, en brisant l’image traditionnelle du pré carré américain. L’Organisation des Etats Américains (OEA), compte-tenu de la présence américaine ne constituait pas un cadre favorable aux discussions propres à l’Amérique du sud, notamment en matière de défense. C’est une des raisons qui les ont poussés à créer l’UNASUR, lors d’un sommet à Brasilia le 23 mai 2008. La même année, la crise andine leur fit prendre conscience qu’il fallait doter l’UNASUR d’un organe dédié au dialogue militaire. Le Conseil de Défense Sud-américain (CDS) fut créé le 11 décembre 2008 à Santiago de Chile pour pallier cette absence initiale. Preuve de ce désir d’émancipation, la Colombie a régulièrement été rappelée à l’ordre par ses partenaires lors des différents sommets de l’UNASUR, qui lui ont signifié qu’ils n’accepteraient pas l’ingérence de son allié américain dans les affaires militaires sud-américaines. Deuxième élément probant d’une autonomie naissante sur le plan militaire, le mécanisme de partage d’informations sur les dépenses militaires du CDS rencontre davantage de succès que celui de l’OEA. Ainsi Hugo Chavez en réponse à l’inquiétude de ses voisins sur les contrats passés avec la Russie a annoncé qu’il ne voyait pas d’inconvénient à divulguer toutes les données de ces contrats devant l’UNASUR. Le chercheur Alex Sanchez du Council on Hemispheric Affairs estime que « les tensions comme celles de 2008 ont davantage de chance de se régler au sein d’une organisation régionale libre de l’influence américaine, comme le CSD, qu’au sein des instances hémisphériques de l’OÉA ». Ce qui est certain c’est que les membres de l’UNASUR lui ont donné pour objectif de devenir l’organe central de la coopération militaire en Amérique du sud.

Lucas Manetti

Equipe Unasur.fr

Election présidentielle péruvienne : Ollanta Humala est le nouveau président du Pérou

Presidente Ollanta Humala

Arrivé en tête lors du premier tour, Ollanta Humala a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle péruvienne.

Ipsos Apoyo
Ollanta Humala:52.6% 
Keiko Fujimori:47.4% 

CPI
Ollanta Humala:52.5% 
Keiko Fujimori:47.5% 

Datum
Ollanta Humala:52.7% 
Keiko Fujimori:47.3%

Selon les sondages réalisés par plusieurs instituts à la sortie des bureaux de vote, le candidat de gauche devancerait sa rivale Keiko Fujimori de 5 à 5,4 points de pourcentage.

L’ancien militaire obtiendrait entre 52,5 et 52,7 % des suffrages, tandis que la députée de la droite populiste récolterait entre 47,3 à 47,5 % des voix.

Si elle se confirme, la victoire d’Ollanta Humala marquera le grand retour de la gauche au pouvoir, 36 ans après le régime militaire du général Juan Velasco Alvarado (1968-75), un nationaliste de gauche chassé par des coups d’État. Elle constitue aussi une revanche personnelle pour l’ex-lieutenant-colonel, cinq ans après sa défaite contre le président sortant Alan Garcia (centre droit), qui ne pouvait briguer un deuxième mandat consécutif.

Ollanta Humala veut transformer le Pérou

Stigmatisé par Keiko Fujimori pour ses affinités soupçonnées avec le socialisme radical du président vénézuélien Hugo Chavez, Ollanta Humala a organisé sa campagne autour de la promesse d’une « grande transformation » du Pérou. Il veut notamment rendre son pays moins dépendant du secteur minier, tout en prônant une plus juste répartition des richesses, après une décennie de croissance record.

Au-delà de ses envolées contre les « pouvoirs économiques » ou de sa volonté de taxer les profits miniers, le candidat de gauche avait également agité le spectre des excès des présidences d’Alberto Fujimori (1990-2000), contre lequel il avait lui-même mené une rébellion militaire sans lendemain, en 2000. Sa rivale Keiko Fujimori est en effet la fille de l’ex-chef d’État autoritaire, aujourd’hui emprisonné pour corruption et violations des droits de l’homme.

« C’est une défaite du fascisme, nous devons la célébrer comme une grande victoire de la démocratie au Pérou », a ainsi déclaré à la radio CPN Mario Vargas Llosa. Libéral de droite, le prix Nobel de littérature avait rallié le candidat de gauche par crainte du retour au pouvoir de l’entourage d’Alberto Fujimori.

Les partisans d’Humala fêtent sa victoire

Devant l’hôtel de Lima où Ollanta Humala attendait les résultats, ses militants ont hurlé de joie à l’annonce des résultats, chantant « Pérou, Pérou, Pérou ». D’autres, le front ceint de bandeaux rouges et brandissant des drapeaux péruviens, convergeaient vers la Plaza de Mayo, dans le centre de la capitale, où le président élu doit se rendre dans la soirée.

Une fois installé dans ses fonctions, Ollanta Humala devra forger des alliances au parlement, où son Parti nationaliste ne dispose que de 47 sièges sur 130.

Serge Sedille

Equipe UNASUR.FR

Source : Radio-Canada.ca avecAgence France Presse

Inauguration du centre d’étude stratégique de l’Unasur (CEED)

consejo de defensa CEED unasur

Le ministre péruvien de la Défense, Jaime Thorne, a eu le privilège d’inaugurer le 27 mai dernier a Buenos aires en Argentine,  la première instance à caractère permanente de l’UNASUR, le centre d’étude stratégique de l’UNASUR.

Torme est également le président pro tempore du Conseil de Defense sud-américain.  Lors de son discours pour la cérémonie d’ouverture le ministre péruvien a souligné le fait que le Conseil de Défense qu’il préside a orienté son action vers 4 axes majeurs :

- les politiques de défense du continent sud-américain;

- la coopération militaire (industrielle, technologique et de formation);

- les actions humanitaires;

-  et les diverses opérations de paix (lutte contre le narcotraffic  etc..).

Le CEED (en espanol : centro de estudios estrategicos de la defensa) est lui présidé par Alfredo Forti qui a profiter de cette occasion pour préciser le rôle de ce nouvel organe rattaché au Conseil de Défense sud-américain. L’un des premiers buts de cette institution sera de combler le vide d’information officielle sur les actions stratégiques de l’Amérique du Sud mais également de se présenter comme  l’organe de production et de diffusion de la connaissance stratégique du continent sud-américain.

a) Contribuer, par l’analyse , à l’identification des défis, des facteurs de risque et des menaces, des opportunités ainsi que des scénarios pertinents pour la défense et la sécurité régionale et mondiale, tant aujourd’hui que dans le moyen et long terme.

b) Encourager l’élaboration d’une vision commune qui permet une approche unique sur la défense et les défis de la sécurité régionale conformément aux principes et objectifs énoncés dans le Traité instituant laUNASURet le statut de la CDS.

c) Contribuer à l’identification des approches conceptuelles et des lignes directrices communes de base qui permettent l’articulation des politiques sur la défense et la sécurité régionale.

Le lancement de ce nouvel organe a été accompagné par deux jours de débats qui a aboutit à la mise en place d’une première résolution, celle de mettre en place une politique de protection des ressources naturelles de la région.

Ce centre d’étude stratégique de l’UNASUR se présente comme l’élément moteur du Conseil de Défense de sécurité de l’UNASUR. Nous ne manquerons pas de vous décrire ces principales actions à venir…

Annexe : (en espagnol)

ESTATUTO DEL CENTRO DE ESTUDIOS ESTRATÉGICOS DE DEFENSA DEL CONSEJO DE DEFENSA SURAMERICANO

EL CONSEJO DE DEFENSA SURAMERICANO,

Visto el Tratado Constitutivo de la Unión de Naciones Suramericanas en sus Artículos 3° letras, 5° y 6° y el Estatuto del Consejo de Defensa Sudamericano,

Considerando,

Que el día 10 de Marzo de 2009, los Ministros de Defensa de UNASUR aprobaron el Plan de Acción del Consejo de Defensa Suramericano para el período 2009- 2010.

Que en el marco de dicho Plan, en el área de Capacitación y Formación, se aprobó la creación de un Centro de Estudios Estratégicos de la Defensa del Consejo de Defensa Suramericano (CDS).

Que se ha consensuado la necesidad de generar un pensamiento estratégico a nivel regional, que coadyuve a la coordinación y la armonización en materia de políticas de Defensa en Suramérica.

Que la creación del Centro de Estudios Estratégicos de Defensa del CDS contribuirá a la materialización de los objetivos del Consejo de Defensa Suramericano en particular y de la Unión de Naciones Suramericanas, en general.

Decide,

I- Naturaleza

Artículo 1. Créase el Centro de Estudios Estratégicos de Defensa del Consejo de Defensa Suramericano (CEED-CDS), como instancia de producción de estudios estratégicos a efectos del asesoramiento al Consejo de Defensa Suramericano cuando éste lo requiera, en armonía con las disposiciones de los Artículos 3° letra s, 5° y 6° del Tratado Constitutivo de la Unión de Naciones Suramericanas (UNASUR) y del Estatuto del CDS.

II- Misión

Artículo 2. El CEED-CDS tendrá como misión contribuir a la consolidación de los principios y objetivos establecidos en el Estatuto del CDS, a partir de la generación de conocimiento y difusión de un pensamiento estratégico suramericano en materia de defensa y seguridad regional e internacional, siempre por iniciativa del CDS.

En ese marco, el CEED-CDS se propondrá avanzar en la definición e identificación de los intereses regionales, concebidos éstos como el conjunto de los factores comunes, compatibles y/o complementarios del interés nacional de los países de UNASUR.

III- Objetivos

Artículo 3. El CEED-CDS tendrá los siguientes objetivos:

a) Contribuir, mediante el análisis permanente, a la identificación de desafíos, factores de riesgo y amenaza, oportunidades y escenarios relevantes para la defensa y la seguridad regional y mundial, tanto en el presente como en el mediano y largo plazo.

b) Promover la construcción de una visión compartida que posibilite el abordaje común en materia de defensa y seguridad regional, de los desafíos, factores de riesgo y amenaza, oportunidades y escenarios previamente identificados, según los principios y objetivos expuestos en el Tratado Constitutivo de la UNASUR y en el Estatuto del CDS.

c) Contribuir a la identificación de enfoques conceptuales y lineamientos básicos comunes que permitan la articulación de políticas en materia de defensa y seguridad regional.

IV- Funciones

Artículo 4. Con el propósito de alcanzar los objetivos propuestos en el artículo 3, serán funciones del CEED-CDS:

a) Realizar estudios e investigaciones en temáticas vinculadas a la defensa y la seguridad regional, así como organizar talleres, editar publicaciones y todas aquellas actividades relevantes para abordar y tratar los temas de interés del CDS, siempre a requerimiento de dicho Consejo y en el marco de sus planes de acción.

b) Establecer, a través de los Ministerios de Defensa, relaciones institucionales y una red de intercambios con los centros de estudios estratégicos nacionales de los países que conforman el Consejo de Defensa Suramericano y con aquellos centros extrarregionales que dicho Consejo determine pertinente.

c) Constituir un centro de documentación y archivo al servicio de los Estados Miembros y del CDS, que contribuya, además, al mantenimiento de su memoria institucional.

d) Efectuar el análisis permanente de aquellas situaciones, eventos, procesos y tendencias relacionadas con la defensa y la paz regional e internacional, cuyo producto estará a disposición de los Ministros que componen el CDS. Este sistema se alimentará de información provista por cada país miembro, así como de fuentes alternativas aprobadas por el Consejo.

V- Ámbito de Estudio

Artículo 5. Los estudios que realice el CEED-CDS corresponderán exclusivamente al ámbito de la defensa y seguridad internacional. Será una instancia de producción de conocimiento para uso exclusivo del CDS. No implicará el reemplazo de las funciones propias de los centros de estudios estratégicos nacionales, sino que fomentará la vinculación y la actividad conjunta de análisis e investigación con los referidos centros, como parte del insumo para el abordaje y tratamiento de los temas de interés.
VI. Estructura orgánica

Artículo 6. El Centro funcionará bajo los lineamientos del CDS y estará conformado por expertos designados por los Ministerios de Defensa de los países de UNASUR.

Artículo 7. La estructura orgánica del CEED-CDS estará compuesta por un Consejo Directivo, una Dirección Ejecutiva y una Secretaría Administrativa.

Artículo 8. El Consejo Directivo constituirá el órgano de Dirección General del CEED-CDS y establecerá los lineamientos generales para la labor de dicho Centro.

1.- Funcionamiento:

1.a) Estará conformado por los miembros de la Instancia Ejecutiva, establecida en el artículo 8 del Estatuto del CDS.

1.b) Será presidido por la Viceministra o Viceministro de Defensa o su equivalente del país que ejerza la Presidencia Pro Tempore de UNASUR.

1.c) Se reunirá al menos dos veces al año, en coincidencia con las reuniones de la Instancia Ejecutiva del CDS. Asimismo, podrá reunirse extraordinariamente, a petición de por lo menos un tercio de sus miembros.

1.d) Adoptará las decisiones por consenso de sus miembros.

2.- Atribuciones:

2.a) Designar al Director/a y al Subdirector/a del CEED-CDS, sobre la base de los candidatos propuestos por los Ministerios de Defensa de los países miembros del CDS. Y designar al Secretario Administrativo sobre la base de lo propuesto por el Director Ejecutivo.

2.b) Aprobar el Programa Anual de Trabajo del CEED-CDS.

2.c) Aprobar el Presupuesto Anual y los estados financieros del CEED-CDS.

2.d) Aprobar el Reglamento del CEED-CDS, elaborado por la Dirección Ejecutiva.

Artículo 9. La Dirección Ejecutiva del CEED-CDS estará conformada por un Director/a y un Subdirector/a, de distinta nacionalidad, designados por el Consejo Directivo, conforme lo establecido en el artículo 8.e del presente Estatuto.

El Director y el Subdirector serán nombrados por un período de dos (2) años. A efectos de evitar cambios simultáneos de Director y Subdirector, para el primer período, el Subdirector será designado por un año.

El Director y el Subdirector podrán ser reelectos por un período adicional.

1.-Las funciones del Director serán:

1.a) Elaborar la propuesta del Programa Anual de Trabajo del CEED-CDS y someterla a consideración del Consejo Directivo.

1.b) Coordinar la ejecución del Programa Anual de Trabajo del CEED-CDS.

1.c) Supervisar las funciones y tareas de todas las estructuras que componen el CEED-CDS.

1.d) Proponer ante el Consejo Directivo los candidatos al cargo de Secretario Administrativo.

1.e) Elaborar el Proyecto de Reglamento del CEED-CDS, que será puesto a consideración del Consejo Directivo.

1.f) Ejecutar el presupuesto del CEED-CDS.

1.g) Rendir cuentas al Consejo Directivo, a través de la Presidencia Pro Tempore, de las ejecuciones programáticas y presupuestarias del CEED-CDS. Asimismo, deberá presentar la memoria y balance del Centro ante el mencionado Consejo Directivo.

1.h) Presentar al Consejo Directivo los informes anuales sobre las actividades desarrolladas por el CEED-CDS.

1.i) Ejercer la representación legal del CEED-CDS.

1.j) Promover la difusión de las actividades y productos del Centro, conforme a los lineamientos del Consejo Directivo.

2.- Las funciones del Subdirector serán:

2.a) Cooperar y apoyar al Director con las tareas asignadas a sus funciones.

2.b) Asumir las funciones de Director en caso de ausencia o licencia de éste último.

Artículo 10. La Secretaría Administrativa, dependiente de la Dirección Ejecutiva del CEED-CDS, estará a cargo de un Secretario Administrativo que deberá ser de distinta nacionalidad del Director y Subdirector, y cuya duración en el cargo será de 2 años, con opción a ser reelecto por un período similar. Tendrá las siguientes responsabilidades:

a) Coordinar la mesa de entradas y despacho de la documentación oficial del CEED-CDS.

b) Elaborar el Proyecto de Presupuesto del CEED-CDS, el cual deberá ser elevado al Director.

c) Apoyar al Director del Centro en la ejecución de las operaciones administrativas de conformidad con las políticas y orientaciones generales fijadas por el Consejo Directivo.

d) Mantener actualizada la contabilidad, los sistemas de control e información y presentar a la Dirección Ejecutiva los estados financieros del Centro, en los términos y plazos establecidos.

e) Administrar las actividades de compra, almacenamiento, suministros, proyectos, construcciones y mantenimiento requeridos para el funcionamiento del CEED-CDS.

f) Administrar todo lo relativo a los recursos humanos, tanto del cuerpo profesional como del personal técnico-administrativo.

g) Llevar a cabo otras tareas que el Director considere necesarias para el correcto funcionamiento del CEED-CDS.

Artículo 11. El CEED-CDS contará con un Centro de Documentación y Archivo, dependiente del Director Ejecutivo, que cumplirá la función de sistematizar la información y ponerla a disposición del cuerpo profesional del CEED-CDS.

VII. Personal

Artículo 12. El personal del CEED-CDS estará compuesto por un cuerpo de expertos y personal técnico-administrativo. Este último será designado también en observancia del principio de participación equilibrada de los Estados Miembros.

a) El cuerpo de expertos estará conformado por un número de hasta dos (2) delegados de cada país miembro del CDS, designados por sus respectivos Ministerios de Defensa, con base en criterios de idoneidad profesional respecto de las funciones propias del CEED-CDS. Este cuerpo funcionará bajo la conducción y supervisión del Director Ejecutivo, quién asignará las tareas y responsabilidades específicas.

b) El Gobierno de la República Argentina otorgará al Director, Subdirector, Secretario Administrativo y miembros del cuerpo de expertos del CEED-CDS que no sean argentinos, similar estatus al de los miembros de las Agregadurías de Defensa y Militares extranjeras acreditadas en el país.

c) Los salarios, viáticos y cualquier otro costo asociado al desempeño de las funciones del cuerpo de expertos serán sufragados por los respectivos gobiernos que los designen.

d) El personal técnico-administrativo será suministrado, en un primer momento y hasta tanto se completen los aspectos presupuestarios y reglamentarios del CEED-CDS, por el Ministerio de Defensa de la República Argentina. Sin perjuicio de ello, cualquier Estado miembro del CDS podrá contribuir con personal técnico-administrativo nacional, sufragando los costos que esto demande.

e) Tanto el cuerpo de expertos como el personal técnico-administrativo se regirán en base a lo dispuesto en el Reglamento del CEED-CDS.

VIII. Sede Permanente

Artículo 13. La República Argentina proveerá el espacio físico y las instalaciones de la sede del CEED-CDS en la Ciudad Autónoma de Buenos Aires.

Artículo 14. El Gobierno de la República Argentina resolverá los asuntos relativos al establecimiento del CEED-CDS en Buenos Aires, a través de un Acuerdo de Sede.

IX. Presupuesto

Artículo 15. El presupuesto para el funcionamiento y las actividades del Centro será sufragado por contribuciones de los Estados Miembros, a través de la Secretaría General de UNASUR. Tales contribuciones se basarán en lo establecido en el Art. 16, inciso II, del Tratado Constitutivo de UNASUR y tendrán inicio una vez cumplidos los procedimientos jurídicos internos de cada Estado Miembro.

Artículo 16. El presupuesto, cuyo proyecto deberá será elaborado por la Secretaría Administrativa según artículo 10.b, tendrá una periodicidad anual, coincidiendo el año fiscal con el año calendario.

X. Idiomas

Artículo 17. Los idiomas oficiales del CEED-CDS serán, según lo establecido en el artículo 23 del Tratado Constitutivo de UNASUR, el castellano, el inglés, el portugués y el neerlandés.

Artículo 18. El idioma de trabajo en el CEED-CDS será el castellano.

XI. Enmiendas

Artículo 19. Este Estatuto sólo podrá ser enmendado por el Consejo de Defensa Suramericano, por iniciativa propia o por recomendación del Consejo Directivo.

XII. Artículos Transitorios

Artículo 20. Hasta tanto entre en vigencia el Tratado Constitutivo de la UNASUR, según los procedimientos jurídicos internos de cada Estado Miembro, la República Argentina se compromete a financiar la estructura de funcionamiento, afrontando los costos vinculados al mantenimiento de la estructura edilicia, mobiliario de oficinas y a la contratación de personal técnico-administrativo y profesional nacional.

Los costos que demanden las actividades del CEED-CDS, así como su equipamiento técnico, informático y servicios, serán sufragados por contribuciones voluntarias de los países de la UNASUR.

Artículo 21. El CEED-CDS iniciará sus actividades, con carácter provisorio, a partir de la presente fecha y, de modo definitivo, una vez aprobado el Tratado Constitutivo de UNASUR, según los procedimientos jurídicos internos de cada Estado Miembro.

Serge Sedille

Equipe UNASUR.FR

Bataille pour le Pacifique entre la Bolivie et le Chili

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Frontières de Bolivie, du Pérou, du Chili et d’Argentine avant et après la guerre du Pacifique (1879).Les hachures vertes représentent les territoires perdus par la Bolivie en 1879.

Le 24 mars dernier, E. Morales annonçait la création d’une direction générale chargée de la stratégie maritime au sein de l’Etat bolivien. Cette annonce, faite au cours de « la journée de la mer », a de quoi sembler anodine, sauf si l’on se rappelle que la Bolivie n’a pas de façade littorale et que c’est là que se trouve la source de ses problèmes.

L’accès à l’Océan Pacifique se révèle ainsi vital pour la Bolivie et ce en dehors de toute considération de prestige international. La pêche est souvent indiquée comme la première raison de cette volonté d’accès à l’océan. En effet si l’on regarde la qualité des eaux bordières de l’Amérique Latine dans le voisinage de la Bolivie, l’exploitation des ressources halieutiques représente une importante source de richesses. Le Pérou et le Chili sont ainsi parmi les premiers pays de pêche commerciale du monde, respectivement à la 2e et à la 6e place mondiale. L’Océan Pacifique lui-même est la première zone de pêche avec environ 60% des prises. Dans un contexte de tension croissante sur les prix des matières premières alimentaires, blé, riz ou maïs notamment, il est certain qu’une diversification des ressources du pays dans un secteur en forte demande est un avantage indéniable. Toutefois, selon nous, c’est ailleurs qu’il faut chercher la raison principale de cette bataille diplomatico-juridique.

La richesse en matières premières de la Bolivie, hydrocarbures comme métaux, se heurte en effet à sa position géographique extrêmement enclavée. En conflit plus ou moins larvé avec ses voisins, la Bolivie se trouve obligée de faire appel à ceux-ci pour l’exportation de ses ressources. Tout d’abord les immenses richesses du pays en lithium, déterminant pour le futur de l’industrie automobile, sont un atout non négligeable pour un pays en quête d’indépendance économique et diplomatique. Les bonnes relations entre la Bolivie et la Chine poussent d’autant plus à la recherche d’une plateforme logistique portuaire d’exportation que l’extraction du lithium bolivien se ferait en partenariat avec des entreprises chinoises. L’obtention d’une bande littorale suffisante pour y construire les infrastructures portuaires nécessaires est d’autant plus urgente qu’actuellement la Bolivie se repose sur la bonne volonté du Pérou qui lui offre un accès privilégié à ses ports du Sud. Toutefois l’élection présidentielle en cours à Lima, selon les résultats qu’elle donnera, pourrait changer, en pire, la situation bolivienne.

En outre l’exemple péruvien en matière gazière – Repsol est en train de construire un terminal de liquéfaction GNL au sud de Lima – qui ouvre au pays l’opportunité d’exporter son gaz vers les marchés en forte demande de l’Asie-Pacifique, donne des idées au gouvernement Morales. La situation du gaz bolivien est en effet assez préoccupante puisque les réserves exploitables ne cessent de diminuer faute d’investissements financiers et technologiques conséquents. L’obtention d’un accès maritime stable qui permettrait l’exportation du gaz, attirerait sans doute des entreprises étrangères qui y trouveraient sans doute plus d’intérêts que dans la situation présente.

De la part d’un président qui est aussi, il faut le rappeler, un ancien mineur, cette préoccupation de la rentabilité du secteur des matières premières se comprend. Il faut aussi voir qu’outre ce secteur, l’économie bolivienne est quasi-inexistante. Barré par les Andes et les forêts profondes, le pays est l’un des plus pauvres d’Amérique Latine avec une absence totale d’industries et une agriculture faible, malheureusement dominée par la coca. Avec une croissance de 4%, relativement faible étant donné la position du pays comme leader absolu sur le marché du lithium et son importance comme pays minier, la Bolivie doit rapidement trouver des solutions pour réduire sa dépendance envers ses voisins immédiats.

Dans un pays perpétuellement au bord du chaos social, les développements économiques prennent une importance certaine qui pourrait permettre à E. Morales de récupérer quelques points de satisfaction. La décision de confier la nouvelle entité étatique chargé de la stratégie maritime de la Bolivie au Ministre de la Défense et les déclarations belliqueuses d’E. Morales doivent ainsi plus se lire dans une perspective nationale que dans une volonté internationale de dégrader un peu plus les relations bolivo-chiliennes.

Du côté chilien, les problèmes suscités par le manque de gaz dans le nord du pays et le refus bolivien d’en vendre ont enfin été résolus par la création du terminal de regazéification GNL de Mejillones. Toutefois étant donné tant le coût du projet que les problèmes que ce manque d’énergie ont causé au secteur minier chilien – la plupart des mines de cuivre se trouvent dans le Nord – il serait extrêmement peu probable que le gouvernement Pinera fasse quoi que ce soit pour faciliter la tache d’E. Morales, bien au contraire.

La Bolivie souhaite donc déposer un recours juridique devant « les instance internationales » afin de récupérer la bande littorale perdue au début du XXe siècle (1904) suite à la Guerre du Pacifique perdue à la fin du XIXe contre le Chili (1879-1884). Quelle juridiction pourra se déclarer compétente pour trancher un tel litige ? mystère. Il y a en effet peu de chances que la Bolivie trouve une quelconque institution internationale qui accepte de s’occuper du problème tant celui-ci pourrait se révéler porteur de problèmes. En effet, si cette affaire connait une suite juridique, comment ne pas imaginer que certains Etats d’Afrique ne demandent pas une révision du traité de Berlin qui a fixé – grosso modo – les frontières que nous connaissons aujourd’hui ? Jusqu’à quand pourra-t-on remonter dans le temps ? La Hongrie obtiendra-t-elle l’annulation du traité de Trianon qui reste un des leitmotiv de ses nationalistes, actuellement au pouvoir ? Les exemples sont presque infinis.

Au-delà des demandes quelque peu farfelues d’E. Morales, il faut surtout voir dans cette histoire que les pays riches en matières premières sont aussi dépendants de leur propre situation géographique – ainsi que de toute une chaine de valeur incluant logistique et infrastructures – pour réussir à en dégager véritablement de la richesse, au risque de finir comme Crésus, isolés sur leur tas d’or.

Nicolas Mazzucchi

Equipe Unasur.fr

WikiLeaks : Les USA en conflit diplomatique avec l’Equateur

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A l’origine de cette agitation diplomatique : la publication lundi 4 avril par El Pais (Espagne) de télégrammes diplomatiques datant de juillet 2009 fournis par Wikileaks.

L’ambassadrice étasunienne (Heather Hodges) y évoquait la corruption « généralisée » notamment envers le chef de la police Jaime Hurtado (en poste de 2008 à 2009).

Ce dernier aurait utilisé son autorité pour extorquer de fortes sommes d’argent. Il facilitait des trafics d’êtres humains et bloquait les enquêtes contre ses complices corrompus. L’ambassadrice demandait la révocation des visas d’entrée aux Etats-Unis de Jaime Hurtado, de son épouse et de sa fille, émis en juin 2008 et valables jusqu’en juin 2013. La diplomate allait plus loin en estimant que le président Rafael Correa était en courant des activités illicites de Jaime Hurtado quand il l’a nommé. Il l’aurait préféré à d’autres, estimant que son implication dans des activités répréhensibles le rendait plus facilement manipulable.

Le gouvernement équatorien a immédiatement renvoyé l’ambassadrice des états unis dans son pays.  Il n’a fallut attendre que deux jours pour que les Etats Unis répondent par l’expulsion à son tour de Mr.Gallegos, l’ambassadeur de l’Equateur aux Etats Unis.

L’Equateur souhaite maintenir des relations amicales avec les Etats-Unis malgré l’expulsion de leurs ambassadeurs respectifs, mais les  Etats-Unis ont montré leur position retirant leur apport d’un montant de 2,5 millions de dollars pour les fonds de coopération environnementaux de l’Équateur.

voila qui refroidit encore un peu plus les relations sud  américaine avec les états-unis.

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

L’ingérence militaire des Etats-Unis dans l’UNASUR (l’affaire d’Ezeiza)

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L’Affaire » EZEIZA », du nom de l’aéroport international argentin à 20 Km de Bueno Aire, a provoqué une véritable onde de choc diplomatique entre l’Argentine et les Etats-Unis accusés aujourd’hui d’avoir introduit de la drogues et des armes en Amérique du sud.

Pour comprendre ce qui s’est passé, retour sur les évènements :

Le 10 février dernier, c’est  dans un énorme Boeing Globmaster III C-17 des Forces aériennes états-uniennes que les Etats- Unis étaient censés transporter des instructeurs et du matériel nécessaires pour un cours à intention du GEOF (Groupe d’intervention spéciale de la police fédérale argentine), prévu pour fin février et début mars.

Les autorités aéroportuaires argentines lorsqu’elle ont fait l’inspection du cargo ont découvert des canons, des mitrailleuses et des carabines, ainsi qu’une valise celée qui ne figuraient pas dans liste de matériel prévu à l’origine. Toutes les caisses étaient scellées au nom de la 7ème Brigade des parachutistes de l’armée américaine dont le siège se trouve en Caroline du Nord.  Ce matériel non prévu correspond à un tiers du total de la cargaison.

Les militaires qui voyageaient à bord de l’avion cargo ont refusé d’ouvrir la valise celée en arguant du fait qu’elle contenait des éléments sensibles que des satellites espions militaires pourraient déceler si la valise était ouverte. Les militaires américains se sont assis sur cette valise à tour de rôle en empêchant ainsi toute ouverture. Il aura fallut l’intervention de CFK pour obtenir l’accès, le dimanche 13 février, au contenu de cette valise. Les argentins ont trouvé des drogues, des équipements de transmission, des dispositifs informatiques de stockage de masse (clé USB) et des appareils scripteurs.



valija de obama

Cette affaire est devenue une affaire régionale depuis que, mercredi 16 février, le président Evo Morales a dénoncé que cette introduction d’armes et de drogues en Argentine était une action  « arbitraire et illégale qui non seulement viole l’intégrité de l’Argentine et des pays latinoaméricains et mais qui démontre aussi que les Etats-Unis participent au commerce de la drogue dans le monde ».

Le président bolivien proposera à la prochaine réunion de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) un mécanisme de contrôle systématique des avions militaires étasuniens.

Pour répondre aux accusations du gouvernement argentin, le porte parole du département américain d’Etat, Virgina Staab,  a précisé que le convoi était prévu et autorisé par le Ministère de la sécurité et le Ministère des affaires étrangères du gouvernement de l’Argentine. Elle n’a cependant rien dit concernant les armes et  la valise.

On peut se demander à qui était donc destinées ces armes ? L’avion a fait auparavant deux escales, au Pérou et au Panama, du matériel militaire a-t-il été déchargé ? De nombreux politiciens sud américains pensent que cette marchandise était destinée à la Bolivie qui a connu déjà en 2008 une tentative de coup d’Etat.

Voici les documents officiels d’inventaire réalisé par les autorités du gouvernement argentin  (en jaune le matériel non prévu):

document ezeiza 2

document ezeiza

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

Source:

http://observatoriounasur.wordpress.com/

http://atlasalternatif.over-blog.com/

Création d’une base 100% Unasur de recherche en Antartique

Pinera-Correa_antartica

Nous l’avons vu dans l‘article précédent , l’UNASUR aura le 11 Mars 2011 une existence juridique. Cela veut dire qu’elle pourra non seulement se doter d’infrastructures à son nom mais également posséder de comptes bancaires.

Nous savons déjà que le siège se situera au nord de Quito en Equateur. Dernièrement, le président chilien,  Sebastian Pinera et son homologue Equatorien, Raphael Correa, sont allés visiter leur base respective en Artartique.

Lors de ce voyage ils ont eu l’idée de proposer au prochain sommet de l’UNASUR, la création d’une base régionale qui aura pour objectif d’accroître la recherche et le développement des pays sud-américain.

Affaire à suivre…

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

UNASUR : Le 11 Mars 2011, sa naissance juridique

Logo UNASUR

Le 9 Février 2011, l’Ambassadeur d’Uruguay à Quito, Enrique Delgado Genta, a rendu en main propre au gouvernement équatorien un document attestant que son pays à bien ratifié le traité constitutionnel de l’UNASUR.

«C’est un évènement majeur et historique pour l’ensemble de la région,  car dans précisément 30 jours, nous aurons franchi une étape importante dans le processus dans l’intégration régionale», a indiqué l’ambassadeur avant de lancer : «  Nous sommes un seul pays, des citoyens régionaux ».

Les statuts de l’UNASUR entreront ainsi en vigueur le 11 mars 2011.

En effet,  comme le signalait l’article 29 du traité constitutionnel, afin que son existence juridique soit reconnue dans l’ensemble de la région, il fallait qu’au moins 9 pays sur les 12 membres de l’UNASUR ratifient le traité dans leur propre constitution.

Article 26

Entrée en vigueur

Ce traité instituant l’Union des Nations sud-américaines entrera en vigueur trente jours après réception du neuvième (9 e) instrument de ratification.

Les instruments de ratification seront déposés auprès du Gouvernement de la République de l’Équateur, qui communiquera la date de dépôt à d’autres États membres et la date d’entrée en vigueur du présent traité.

Pour l’État membre qui ratifie le traité constitutif, après avoir été déposé le neuvième instrument de ratification, il entrera en vigueur trente jours après la date à laquelle cet État a déposé son instrument de ratification.

Les pays qui ont ratifié le traité constitutionnel sont :  le Pérou, l’Argentine, la Bolivie,  le Chili, l’Equateur, le Guyana, le Surinam et l’Uruguay

Les pays dont la ratification est en cours :  le Brésil, la Colombie et le Paraguay.

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr


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