Le 4 Mai prochain aura lieu le prochain sommet de l’UNASUR dans la région de bonaerense de Los Cardales, en Argentine.
Au programme de ce sommet extraordinaire :
- La désignation du secrétaire général de l’UNASUR
- La définition de la stratégie d’aide à Haiti comme au Chili
- L’analyse de la situation du Honduras après le coup d’Etat.
En ce qui concerne la nomination du premier secrétaire de l’UNASUR, le président de l’Ecuateur Raphael Correa a proposé que l’ancien président de l’Argentine « Néstor Kirchner » soit nommé à la charge de cette fonction.
Nestor Kirchner
Ce sommet devra également mettre en place le plan d’organisation pour l’aide d’Haiti et le Chili. En effet, le 9 février dernier a Quito, les pays de l’Amérique du sud avaient décidé de créer un fond d’aide de 100 millions de dollards + 200 millions de dollard provenant de la BID (Banque inter-américaine pour le Développement).
Enfin L’UNASUR débattra sur leur position face au coup d’Etat au Honduras qui ont récemment élu un nouveau président : Porfirio Lobo reconnu par les Etats Unis mais pas par l’UNASUR. Alors que le continent est en recherche d’unité, quel position prendra-t-il sur le Honduras?
Diplômée d’un Master 2 Politiques Européennes de l’IEP d’Aix en Provence, Mathilde a intégré le 3ème cycle en Stratégie d’Intelligence Economique de l’EGE à la rentrée 2009. Son intérêt récent pour l’intelligence économique s’explique tant par sa curiosité intellectuelle que par son goût de la réflexion sur des problématiques transversales. Après des séjours de plusieurs mois en Angleterre, en Espagne puis au Guatemala,Mathilde souhaite continuer à orienter son parcours professionnel vers les échanges et les contacts avec l’étranger, et plus particulièrement vers l’Amérique latine.C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle rejoint officiellementl’équipe d’Unasur.fr en avril 2010.
Les cinq étoiles figurant sur le maillot de la sélection nationale brésilienne de football signifient que cette équipe a déjà gagné cinq fois la coupe du monde, et contribuent à nous montrer que le Brésil est un pays qui forme de très bons joueurs de football. Chacune de ces victoires à été une occasion de faire connaitre au monde entier le visage multiple, l’esprit d’ouverture et le pacifisme du peuple brésilien. Cependant, l’image romantique d’un peuple mu par les joies simples du sport et de la musique est assez réductrice de ce qu’est le Brésil.
En effet, la dernière victoire du Brésil remonte à 2002, soit un an après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. On peut dire d’une manière consensuelle que l’organisation mondiale et les rapports de force entre puissances ont énormément évolués depuis cette date. La récente crise traversée par l’économie mondiale n’a fait qu’amplifier la tendance déjà révélée lors de ces événements. Il est incontestable que nous nous dirigeons vers une gouvernance mondiale multipolaire, sortie de la suprématie du modèle anglo-saxon porté par les Etats-Unis. On a observé ces dernières années la montée en puissance (ou la remontée) dans le monde économique de pays tels que la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil ou encore l’Afrique du Sud. Mais pour assoir sa puissance, la simple force économique ne suffit pas. Au nombre des éléments qui permettent de faire rayonner la puissance d’un pays, à l’instar d’un siège au conseil de sécurité de l’ONU ou la participation à des actions de maintient de la paix, on peut compter l’organisation d’événements sportifs de portée internationale.
A l’heure actuelle, le Brésil est le champion du monde de la captation de ce type d’événements. En effet, après avoir organisé les Jeux Panaméricains à Rio en 2007, il a obtenu successivement l’organisation de la Coupe du Monde de football 2014 et celle des Jeux Olympique 2016 qui se déroulerons à Rio. Du jamais vu jusqu’à ce jour ! Or l’obtention de l’organisation de ces évènements par le Brésil n’est pas anodine, ni le fait d’une « main de Dieu » qui serait venue à point nommé pour orienter le choix des décideurs. Ces deux victoires successives sont le fruit d’une volonté délibérée, structurée et affichée d’assoir l’emprise de la puissance Brésilienne à un niveau régional, et bien sûr mondial. Notons que l’engagement sans faille de l’appareil d’Etat au service des candidatures du Brésil pour l’organisation de ces événements de portée internationale à constitué un facteur clef de succès.
La candidature pour la Coupe du Monde FIFA 2014 du Brésil
L’analyse du processus qui a mené le Brésil à obtenir l’organisation de la Coupe du Monde FIFA 2014 permet de mettre en avant une stratégie d’anticipation et d’utilisation de relais d’influences. En effet, pour être le seul soumissionnaire, et donc être élu d’office, le Brésil a éliminé les velléités des autres pays d’Amérique Latine à soumissionner une offre. Rappelons qu’il était acquit que la Coupe du Monde FIFA 2014 se jouerai sur le continent Latino-américain, conformément au système informel de distribution géographique de la compétition. Ainsi la stratégie du Brésil à été, non pas de se battre contre des candidatures concurrentes mais d’en empêcher l’existence même.
Pour ce faire, le soutien de figures charismatique brésiliennes, telles les footballeurs Romario et Dunga ou encore le romancier Paulo Coelho, a permis d’apporter une forte visibilité à la candidature brésilienne. Mais ce qui a réellement fait la différence s’est passé hors du champ des caméras, en deux phases bien distinctes.
Dans une première phase, la Confédération Brésilienne de Football (CBF) a dû contrer l’unique concurrent potentiel face à elle, la candidature de la Colombie. Pour y parvenir, elle s’acquiert de nombreux soutiens au sein de la Confédération Sud-Américaine de Football (CONMEBOL) dans laquelle elle dispose d’un réseau déjà bien établi. De même, la CBF développe son réseau au sein de la FIFA, tout d’abord par le truchement de Ricardo Teixeira, son président, qui dispose d’un siège au comité exécutif de l’instance mondiale, et aussi par Joao Havelange, président d’honneur à la FIFA. Le président de la fédération colombienne, ayant prévenu que si sa candidature n’avait pas le soutient de la CONMEBOL, elle n’aurait pas de suite positive, se retrouve ainsi dans une situation d’échec. De fait, face à cette « guerre préventive » d’influence menée par le Brésil, la Colombie bat en retraite avant même la finalisation du processus de dépôt de sa candidature.
La deuxième phase a consisté à tacler la volonté naissante de la Bolivie a déposer une candidature. Pour ce faire, la CBF à pesée de tout son poids sur la FIFA, notamment par les relais déjà cités, sur une thématique normative concernant l’altitude maxiacmale à laquelle peuvent se jouer les matchs de standard FIFA, à savoir un abaissement à 2500 mètres d’altitude. Cette décision a été prise suite à l’annonce du club brésilien de Flamengo qui a déclaré qu’il ne jouerait plus en altitude, après que plusieurs de ses joueurs eurent besoin d’oxygène pendant un match à 4000 mètres d’altitude. Ainsi, la Bolivie, à l’instar des autres pays andins, s’est retrouvée techniquement incapable de présenter une candidature. Cette mesure à été très mal accueillie par la Bolivie et d’autres pays, tels que l’Argentine, le Paraguay, la Colombie, le Pérou ou encore l’Équateur. Mais Lula, en appelant à l’unité de l’Amérique Latine et en obtenant de Hugo Chavez qu’il effectue une tournée des pays andins pour apaiser la situation, est parvenu à ce que cette décision normative ne soit pas remise en cause avant la date butoir du dépôt des candidatures.
Ainsi, par des manœuvres d’influence au sein d’organisations régionales et internationales, et des orientations normatives, toutes appuyées par le gouvernement, la candidature brésilienne a été la seule présentée à la FIFA, et de fait déclarée victorieuse.
La candidature pour les Jeux Olympique 2016 de Rio
Pour obtenir l’organisation des Jeux Olympiques 2016 à Rio, la compétition à été plus complexe, et les moyens engagés plus conséquents. De plus, la volonté politique mise en œuvre au plus haut niveau de l’Etat, et les engagements pris par les pouvoirs publics brésiliens, ont été déterminant dans le succès du Brésil. Contrairement au cas de figure de la candidature du Brésil pour la Coupe du Monde 2014, la candidature de Rio pour les JO 2016 était en compétition avec trois autres candidatures : celles de Madrid, Chicago et Tokyo. Ainsi, la compétition pour l’obtention des JO 2016 ne s’est pas déroulée en plusieurs phases, mais c’est produite simultanément sur plusieurs champs de bataille. Soulignons que pour orchestrer ses manœuvres, le Comité Olympique Brésilien (COB) s’est alloué les services du président de cabinet de communication Vero Communication, Mike Lee, qui était membre du comité de la candidature victorieuse de Londres 2012. La compétition à eu lieu tous azimuts, prenant en compte des thématiques variées.
En termes d’image, la candidature a su jouer sur deux répertoires différents qui sont ceux de « Jeux verts, pour une planète bleue » et le sentiment de culpabilité des occidentaux sur leur accaparement historique de l’évènement. Pour ce faire, le COB à listé de nombreux éléments dans sa candidature portant sur l’économie durable, le social et l’environnement avec notamment des projets de reboisement, d’aide social, de recyclage, d’accès aux handicapés, le tout reprenant la dialectique même des pays occidentaux. De la même façon, le COB à mis en parallèle les valeurs d’universalisme revendiqué par les Jeux Olympique et la réalité géographique de leur organisation, à savoir aucune organisation dans les pays dits « du Sud », à part en Chine. Ainsi la COB a su jouer sur une fibre émotionnelle portant sur la contradiction entre l’obtention des jeux par un pays autre que le Brésil et les valeurs revendiquées par l’évènement.
Mais, évidement, la pression émotionnelle ne suffit pas à elle seule pour obtenir l’organisation de Jeux Olympiques. C’est pourquoi, le COB et tout l’appareil d’Etat brésilien ont également mis en avant des éléments beaucoup plus tangibles, à savoir des bénéfices économiques et politiques pour tous ceux qui soutiendraient la candidature brésilienne. Les arguments économiques ont été essentiellement opposés aux pays dit « du Nord », alors que les arguments politiques l’ont été à ceux dit « du Sud ».
Les arguments économiques étaient essentiellement composés de deux volets. Le premier est l’investissement public non lié aux jeux (240 Milliards US en 4 ans) dans les infrastructures générales et les équipements nationaux. Le second est un environnement juridique et réglementaire sécurisant pour les investisseurs et favorable au climat des affaires, mis en place par l’administration de Lula. Ces deux éléments mettent en valeur l’attrait économique que représente le Brésil ainsi que son accessibilité. Cependant, Lula a présenté l’adhésion à la candidature brésilienne des pays voulant faire des affaires sur le territoire national comme une condition sine qua non pour accéder au marché brésilien. Ainsi, à titre d’exemple, les responsables et les délégués français du Comité International Olympique avaient rencontré Lula lors des négociations entre le France et le Brésil portant sur l’achat par celui-ci de 36 avions de chasse Rafales.
La base du discours politique en vue de trouver des soutiens auprès des pays dits « du Sud » était un discours tiers-mondiste, dont le Brésil est aujourd’hui la figure de proue. Trois vecteurs ont été utilisés pour diffuser ce message. Le premier est le COB qui à rencontré son homologue dans de nombreux pays défavorisés tels que la Syrie, la Gambie, l’Ouganda, la Guinée ou encore le Nigeria. Le second vecteur est le réseau diplomatique dont dispose le Brésil dans les pays défavorisés, notamment en Afrique, qui a d’ailleurs connu une forte expansion ces dernières années. Enfin, le troisième vecteur est Lula lui-même qui à pu distiller les ambitions tiers-mondistes du Brésil lors de sommets tels que le Sommet Afrique/Amérique du Sud (ASA), ou encore le sommet Inde/Brésil/Afrique du Sud (IBSA). Ces vecteurs ont tous permis au Brésil de revendiquer que, étant donné que les candidatures concurrentes émanaient exclusivement de pays industrialisés, le seul moyen que les pays en développement ont de se faire entendre est de voter pour la candidature du Brésil.
On peut noter aussi que, en plus de chaque lutte exemplaire menée sur chacun des échiquiers sociétal, économique et géopolitique, la candidature du Brésil a eu le formidable avantage d’être soutenu avec force et conviction par le président Lula. En effet, ce dernier c’est plié de bonne grâce aux exigences du Comité International Olympique en assurant une mobilisation consistante derrière la candidature de son pays. Pour illustrer cette attitude notons que le président Lula avait de longue date programmé sa participation à la délibération du jury qui a eu lieu à Copenhague, alors que la présence de Barack Obama avait été jugée tardive et opportune. C’est donc un Brésil méritant qui à obtenu l’organisation des Jeux Olympiques 2016.
Quels résultats, pour quelles perspectives ?
Notons que le Brésil est tellement méritant, tourné vers l’extérieur, et près à jouer le jeux des puissances internationales en place, que depuis 2006, pour la première fois dans l’histoire du pays, les investissements directs étrangers des entreprises brésiliennes, ont dépassé ceux des entreprises étrangères au Brésil.
Ainsi on peut observer que « l’expansion sportive » du Brésil s’inscrit dans une démarche d’expansion nationale globale, aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale. On a pu remarquer que pour l’obtention de ces évènements sportifs de portée internationale, le Brésil à su mobiliser les ressources et mettre en œuvre les moyens nécessaires à ce qui peut être assimilé à une politique de conquête. La mobilisation des sphères politique, diplomatique, économique et sociétale coordonnée par des acteurs compétents a su donner toute son ampleur et sa crédibilité à la volonté du Brésil de jouer un rôle d’égal à égal avec ses pairs industrialisés.
Le Brésil apprend vite et obtient de rapides retours sur investissement. Il utilise toutes les méthodes développées par les pays industrialisés pour pourvoir à son propre développement. Il cultive et développe aussi sa propre identité et entend la faire connaître et respecter. Mais le Brésil n’est pas pour autant fermé aux collaborations, et il revient donc aux dirigeants des nations industrialisées de s’inscrire dans se formidable élans de dynamisme. Peut être pouvons participer et orienter l’émergence d’un « brazilian dream » ?
Avant tout nous tenons a remercier Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste géopolitique et historien, chargé de recherche à l’IRIS sur l’Amérique latine et l’Espagne, pour avoir pris le temps de répondre à nos questions.
Il a été l’un des premiers experts français à s’être exprimé sur la question de l’UNASUR lors de sa création.
Aujourd’hui il analyse avec nous son évolution.
- Depuis la création de l’unasur, comment l’avez vous vu évoluer ? Peut-on parler de l’émergence d’une Puissance Supranationale ?
L’UNASUR est un projet d’unité du continent sud américain qui date bien avant sa création en 2008. Si on peut reconnaitre aujourd’hui que les pays membres de l’unasur ont démontré avec ferveur leur volonté de construire cette entité supra nationale, cela ne se fera pas sans difficulté. En effet, pour pouvoir bénéficier de la pleine puissance des ces pays membres, l’unasur devra avant régler de nombreux problèmes bilatéraux. Qu’il s’agisse du Pérou avec le Chili qui sont aujourd’hui devant la cour international de justice, ou encore du Vénézuela avec la Colombie, l’unasur doit d’abord montrer à la scène internationale qu’elle est doté d’une diplomatie stable et forte. Elle est, selon moi, à même de devenir un acteur très important sur la scène internationale lorsqu’elle aura confirmé son rôle fédérateur.
- L’image de Lula et celle de Chavez sont souvent présentées tantôt positives tantôt négatives, quel est selon vous le véritable rôle de ces hommes au sein de l’Unasur?
Lula et Chavez sont deux personnes assez différentes l’une de l’autre comme le Brésil et différent du Vénézuela. L’indépendance du Vénézuela s’est fait dans une douleur bien plus profonde que celle du Brésil et on ne gouverne pas le Vénézuela comme on gouverne le Brésil. Chavez est un orateur, un provocateur qui se projette dans le rêve de Simon Bolivar, et qui par de nombreuses tactiques diplomatiques reste au pouvoir. Chavez se veut être le garant d’une idéologie d’union contre « l’impérialisme » (capitalisme) qu’il décrit comme élément le plus grave et dangereux pour l’homme et la Terre.
Lula (Brésil), est le véritable moteur actuel de l’unasur. Le Brésil a caressé le rêve d’être reconnu sur la scène internationale comme le pays leader du continent sud américain et avec ce projet d’unasur, il montre au monde qu’il en prend le leadership. De plus, dans les conflits bilatéraux, le Brésil a souvent participé à la résolution des conflits. Lula est fortement apprécié dans son pays contrairement a Chavez.
- Il y aura t-il une guerre entre la Colombie et le Vénézuela?
Dans l’état actuelle des choses, même si leur relation économique est gelée, leurs ambassadeurs ont rappelé que les pays d’Amérique du sud ne se font pas la guerre pour si peu. Ils sont coutumiers des tensions le long de leurs frontières, et la plupart du temps un pays tiers (souvent le Brésil) les réunis autour d’une table pour mettre fin à ces tensions. Il y a fort à prévoir que ce conflit prendra le chemin classique de paix après une intervention de l’unasur.
- La course à l’armement que certain pays d’Amérique du sud font n’est il pas révélateur d’une guerre imminente?
Les pays membres de l’unasur s’arment pour diverses raisons. Le Vénézuela s’arme de façon sur médiatique pour montrer au reste du monde qu’il n’est pas à prendre à la légère tout en montrant qu’il est allié avec des pays puissants (Chine, Russie, etc). Ici l’armement à une utilisation tactique en appui avec sa politique.
Le Pérou, le Chili, la Bolivie, et la Colombie, s’arment de façon préventive pour sécuriser leur pays face aux narcotrafics mais également pour dissuader les pays frontaliers de les envahir.
Le Brésil enfin, s’arme effectivement nous l’avons vu dans la presse française et sur unasur.fr mais dans une optique plus stratégique. En effet, le Brésil en quête de reconnaissance veut rejoindre les puissances mondiales. Avoir une armée forte et performante à la pointe de la technologie permettra au Brésil de participer aux missions internationales.
-Les opportunités de la France pour pénétrer ce bloc?
La France est l’un des seuls pays au monde à bénéficier de la présence d’une partie de son territoire dans l’enceinte même du continent avec la Guyane française. Si aujourd’hui Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont cultivé un rapprochement diplomatique et économique entre le Brésil et la France, il n’en est pas de même avec le reste du continent. La France est le 4ème investisseur étranger du Brésil. La France a choisi de se focaliser sur ce pays car il représente une plus grande stabilité que ces voisins sud américains. Mais il est vrai que la croissance de certains pays d’Amérique du sud nécessiterait une plus grande attention de la part de la France. Il est clair aujourd’hui que la France n’a pas encore établi de stratégie en Amérique du sud et, comme de coutume, a tendance à porter son regard sur la zone de ses anciennes colonies d’Afrique et sur ses voisins.
Cordialement,
Alors qu’Hugo Chavez faisait ses premiers pas de vedette cinématographique à Venise il y a quelques jours, la nature et le montant des différents contrats conclus par le président vénézuélien lors de sa tournée eurasiatique sortaient dans la presse internationale. Dans une grande tradition qui n’est pas sans rappeler les grandes heures de l’URSS, le gouvernement russe a conclu un accord avec H. Chavez portant sur l’accès aux gisements pétrolifères vénézuéliens contre des facilités de crédit en matière d’achat d’armes lourdes.
Bénéficiant des 2es réserves mondiales de pétrole, selon des estimations toujours contestées, le Venezuela est un partenaire plus qu’intéressant pour Moscou. En effet, tant par l’ampleur de ses réserves que par sa qualité de membre fondateur de l’OPEP, organisme que la Russie rêve d’intégrer, Caracas a, en outre, une orientation en politique internationale compatible avec les visées russes. Etat leader de l’opposition aux Etats-Unis en Amérique du Sud, opposition de plus en plus visible, le Venezuela voit dans Moscou le compagnon de lutte idéal pour en finir avec la mainmise américaine sur l’ensemble du continent américain.
Depuis la création de l’UNASUR en 2008, il semblerait bien qu’Hugo Chavez ait réussi à trouver le cadre continental qui lui manquait jusqu’ici pour faire entendre son opposition à la doctrine Monroe. Agrégeant autour du Venezuela un nombre toujours plus grand d’Etats revendiquant véritable identité sur la scène internationale, Caracas n’en poursuit pas moins une politique étrangère qui lui est propre.
En matière énergétique, tout en favorisant les rencontres entre pays arabes et sud-américains, le Venezuela signe avec la Russie un accord d’un milliard de dollars portant sur l’exploitation des gisements de l’Orénoque. Dans le même temps Hugo Chavez rêve de la création d’un grand cartel gazier mondial avec des pays proches de Moscou (Iran, Russie, Syrie, Algérie…). Voulant transformer sa puissance économique en puissance militaire, il n’est pas étonnant qu’Hugo Chavez se soit tourné vers son partenaire russe afin de parfaire son parc de blindés et de défenses anti-aériennes et anti-missiles.
Toutefois le Venezuela est loin d’être le seul Etat d’Amérique du Sud engagé dans une telle logique. La Colombie tout d’abord, sœur-ennemie du Venezuela, de plus en plus isolée dans son alliance avec les Etats-Unis, regarde comme toujours vers Washington. Le gouvernement américain, même s’il dénonce la course aux armements du Venezuela, équipe lui aussi de son côté la Colombie, dernier bastion de l’influence étatsunienne dans l’UNASUR.
Cette posture unique parmi les Etats sud-américains n’est pas sans provoquer des heurts puisqu’un sommet extraordinaire de l’UNASUR a du être organisé en catastrophe en Argentine à la fin du mois d’août sur la question des bases américaines en Colombie, destinées officiellement à lutter contre les cartels de la drogue. La présence d’une grande masse de troupes fortement armées le long de la frontière entre Venezuela et Colombie représente, malgré l’existence de l’UNASUR, un risque important de conflit, ce qu’H. Chavez ne manque jamais de rappeler.
Dans le même temps, un troisième Etat de la zone cherche lui aussi à acheter de grandes quantités de matériels militaires : le Brésil. Celui dont on dit qu’il est le plus faible des BRICs n’en reste pas moins un Etat puissant, le plus peuplé de la région et disposant de l’économie la plus dynamique. Alors que Lula n’a jamais tenté de s’imposer à la tête de l’UNASUR, rôle qui aurait pourtant dû logiquement être dévolu au Brésil au vu de sa puissance, Brasilia affiche aujourd’hui une volonté plus ferme de ne pas se laisser distancer en matière militaire par les Etats hispanophones. La récente visite de N. Sarkozy avait en effet pour but de faire pencher la balance du côté français dans l’appel d’offre lancé par le Brésil pour l’acquisition d’une trentaine d’avions de combat de dernière génération. Contrairement à ses voisins, le Brésil cherche à acquérir la technologie, en plus des matériels eux-mêmes. Voulant par là-même développer de manière accélérée son industrie d’armements et d’aéronautique, après l’échec du blindé national Osorio dans les années 90, Lula vise une politique de plus long terme qui a aussi le mérite d’apparaître moins agressive sur le plan international.
Au moment où l’Amérique du Sud commence à devenir un véritable terrain d’investissement et alors qu’elle pourrait apparaître grâce à l’UNASUR comme plus unie que jamais, elle est aussi le terrain d’une véritable course aux armements. Le sous-continent pourrait ainsi devenir un lieu d’affrontement d’influence russo-américain où le Venezuela reprendrait le rôle naguère tenu par un Cuba à bout de souffle aujourd’hui. Toutefois la grande nouveauté vient du Brésil qui, timidement et sans les éclats sonores d’un Chavez, affirme aujourd’hui sa volonté de puissance.
Auteur : Nicolas Mazzucchi
également publié sur polemos.fr sous le titre : la course sud-américaine aux armements.
Les membres de l’Unasur doivent se réunir vendredi prochain à Bariloche, en Argentine, pour un sommet extraordinaire sur le conflit des bases américaines en Colombie.
Dernièrement, Le Président Brésilien Lula , avait proposé officiellement à son homologue américain Barrack Obama de venir se joindre à l’UNASUR lors de cette réunion en Argentine. Bien que le Président Américain lui avait confié au téléphone qu’il allait réfléchir à cette proposition avec son gouvernement, la réponse est tombé il y a quelques heures, alors qu’un haut fonctionnaire de l’État américain avance : » Nous n’avons rien à faire la bas« .
Plus officiellement, la ministre des affaires étrangères américain, Hillary Clinton a répondu sur un ton plus diplomatique : « Nous pensons que le gouvernement colombien n’a pas besoin de nous pour cette affaire, et qu’il peut largement s’expliquer au sein de l’UNASUR sur cette coopération anti-terroriste »
La main tendu qu’offrait les brésiliens aux américains n’a donc pas marché. De son coté, Hugo Chavez militera officiellement pour la mise en place d’un processus entrainant l’interdiction de cet accord entre les colombiens et les américains. Enfin, le président colombien Uribe,quand à lui, clame que cet accord est déjà en vigueur et que sa présence au sein de cette session extraordinaire de L’UNASUR n’a pour but que d’expliquer le contenu de se contrat aux autres membres de l’UNASUR.
Qu’apportera donc cette session extraordinaire a Bariloche en Argentine? Un espoir? rien? Le renforcement du conflit ? L’équipe d’Unasur.fr vous laisse la parole :
Le président hondurien déchu, Manuel Zelaya, a remercié mardi le Chili et l’Union des pays sud-américains (UNASUR) pour leur condamnation des conspirateurs du coup d’Etat dans son pays le 28 juin dernier.
M. Zelaya a indiqué sur une radio locale dans la capitale du Chili, Santiago, qu’il a remercié la présidente chilienne, Michelle Bachelet, présidente temporaire de l’Unasur, pour l’appel à sa reprise des pouvoirs de président du Honduras.
« Le Chili et l’Unasur sont les plus déterminés à condamner ce coup d’Etat, à ne pas reconnaître ses autorités et à demander une restitution immédiate du système démocratique au Honduras », a ajouté M. Zelaya.
Mme Bachelet a déclaré lundi que la communauté internationale ne doit accepter d’autre solution à la crise politique au Honduras, que la restauration de l’ordre constitutionel.
Après une date limite de 72 heures pour trouver une solution afin de résoudre la crise politique au Honduras, la présidente chilienne espère que la médiation aboutira à une « solution convenue et pacifique ».
Mme Bachelet a fait l’éloge de M. Zelaya pour sa bonne disposition (afin de trouver une solution) et exprimé ses regrets que « le gouvernement hondurien par intérim n’a pas présenté les mêmes dispositions ».
Après le coup d’Etat du 28 juin lors duquel, M. Zelaya a été détrôné par la force, l’Union européenne, la Banque interaméricaine de Développement, la Banque mondiale et d’autres institutions internationales ont supprimé leurs aides au Honduras.
« Le peuple hondurien ne peut pas continuer à vivre dans une telle situation à payer le prix de l’isolement international », a ajouté la présidente chilienne.
La communauté internationale n’acceptera aucune autre alternative, sauf le rétablissement de l’ordre de la loi et la démocratie au Honduras, a-t-elle conclu.