Résultats : L’élection présidentielle chilienne de 2010 a été remportée, au second tour, parSebastián Piñera (Rénovation nationale-Coalition pour le changement, droite), avec 51,61 % des voix. Opposé au démocrate-chrétien Eduardo Frei (Concertation des partis pour la démocratie, centre-gauche), Piñera succède pour un mandat de quatre ans à la socialiste Michelle Bachelet. C’est la première fois depuis la chute de la dictature d’Augusto Pinochet que la droite gouverne le pays.
COSTA RICA, élections présidentielle, législatives et municipales.
Résultats :
- L’élection présidentielle costaricienne de 2010 pourvoit au remplacement d’Óscar Arias Sánchez à la présidence de la république du Costa Rica pour les quatre prochaines années. Elle a eu lieu le 7 février 2010. Laura Chinchilla Mirandaest élue dès le premier tour avec 46,76% des voix et devient la première femme présidente du pays.
- Les élections législatives 2010, le Parti Libération Nationale (PLN) à obtenu 24 sièges sur les 57 au sein de l’assemblée législative du Costa Rica
- Présidentielle : Premier tour, Juan Manuel Santos 46%, Antanas Mockus 21%. (Second tour 20 juin)
- Législatives : La droite colombienne remporte les élections. La formation du président Alvaro Uribe, le parti de l’U, arrive en effet en tête du scrutin avec presque un quart des votes.
Articles :
- Présidentielle: Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle
BOLIVIE, élections départementales et municipales.
Résultat :le Mouvement pour le socialisme (MAS), du président au pouvoir, Evo Morales, l’emporte dans six départements sur neuf (La Paz, Chuquisaca, Cochabamba, Oruro, Pando et Potosi)
Articles:
- Bolivie: Evo Morales gagne encore, mais l’opposition résiste aux élections régionales et municipales
16 Mai 2010
URUGUAY, élections municipales.
Résultat : Le Front élargi (gauche, au pouvoir) est vainqueur dans les provinces les plus peuplées en ce qui concerne l’élection des gouverneurs.
Résultat : – L’élection présidentielle costaricienne de 2010 pourvoit au remplacement d’Óscar Arias Sánchez à la présidence de la république du Costa Rica pour les quatre prochaines années. Elle a eu lieu le 7 février 2010. Laura Chinchilla Mirandaest élue dès le premier tour avec 46,76% des voix et devient la première femme présidente du pays.
« Vers une nouvelle étape dans le partenariat birégional: l’innovation et la technologie au service du développement durable et de l’inclusion sociale »
1. Nous, les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne, de l’Amérique latine et des Caraïbes, le président du Conseil européen et le président de la Commission, nous sommes réunis à Madrid le 18 mai 2010 pour réaffirmer notre volonté de continuer à promouvoir et à consolider notre partenariat stratégique birégional fondé sur nos principes, valeurs et intérêts communs. À cette fin, nous nous engageons à renforcer notre dialogue et notre coopération dans les domaines prioritaires que nous avons définis d’un commun accord lors des cinq sommetsprécédents tenus depuis celui de Rio de Janeiro en 1999, en accordant une placeprivilégiée dans le cadre du présent sommet à l’innovation et à la technologieau service du développement durable et de l’inclusion sociale.
I- Partenaires pour relever ensemble les défis mondiaux
2. Pour promouvoir la paix et la sécurité, la liberté, la démocratie, l’État de droit, les droits de l’homme et la prospérité, nous affirmons une nouvelle fois notre attachement au multilatéralisme, principalement dans le cadre du système des Nations unies. Dans ce contexte, nous intensifierons nos efforts au niveau tant sousrégional que birégional pour recenser les domaines d’intérêt commun et, dans la mesure du possible, coordonner nos positions et nos actions au sein des organisations et des enceintes multilatérales auxquelles nos pays sont parties. Pour continuer à œuvrer en faveur d’un système fondé sur un multilatéralisme effectif, nous restons désireux de contribuer à la réforme des Nations unies, afin de renforcer la capacité de cette organisation à faire face aux nombreux défis posés par le nouveau millénaire. Nous sommes conscients qu’il est nécessaire de poursuivre la réforme globale des principaux organes des Nations unies, tels que l’Assemblée générale, le Conseil économique et social (ECOSOC) et le Conseil de sécurité, en vue d’améliorer la représentativité, la transparence et l’efficacité du système.
3. Nous réaffirmons notre soutien au désarmement nucléaire et à la non-prolifération. Nous nous engageons à poursuivre les efforts que nous déployons de concert pour faire aboutir la VIII des armes nucléaires.
4. Nous sommes également déterminés à voir aboutir la Conférence des Nations unies pour un traité sur le commerce des armes, qui sera menée d’une manière ouverte et transparence et sur la base du consensus, afin de parvenir à un traité fort et robuste.
5. Nous confirmons notre attachement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, à la déclaration et au programme d’action de Vienne, adoptés en 1993, ainsi qu’à la promotion et à la protection des droits de l’homme universels, et soulignons notre volonté de coopérer à la réalisation de l’objectif commun consistant à atteindre les normes les plus élevées en matière de droits de l’homme. En outre, nous exprimons notre souhait mutuel d’étendre notre coordination dans des enceintes telles que le Conseil des droits de l’homme, à Genève, et la Troisième commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York. Nous reconnaissons les efforts déployés concernant le moratoire sur le recours à la peine de mort.
6. Nous réaffirmons que nous sommes déterminés à lutter contre l’impunité, en particulier des crimes internationaux les plus graves, notamment ceux visés dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Leur poursuite devrait être assurée par l’adoption de mesures au niveau national ou au niveau approprié, ainsi que par un renforcement de la coopération internationale. Nous invitons les pays qui ne sont pas parties au Statut de Rome à examiner la possibilité de le ratifier ou d’y adhérer, selon le cas. Nous saluons la tenue prochaine de la conférence d’examen de la CPI à Kampala (Ouganda), du 31 mai au 11 juin 2010.
7. Nous réaffirmons notre attachement aux buts et aux principes énoncés dans la Charte des Nations unies. Nous réaffirmons notre décision de soutenir tous les efforts déployés afin de préserver l’égalité souveraine de tous les États, de respecter leur intégrité territoriale et leur indépendance politique, de nous abstenir dans nos relations internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force d’une manière qui ne soit pas compatible avec les buts et les principes des Nations unies, ainsi que d’encourager le règlement des différends par des moyens pacifiques et conformément aux principes de la justice et du droit international.
Nous rejetons fermement toutes les mesures de contrainte présentant un caractère unilatéral et un effet extraterritorial, contraires au droit international et aux règles de libre-échange communément admises. Nous sommes d’accord pour estimer que ce type de pratiques représente une menace sérieuse pour le multilatéralisme. Dans ces conditions, rappelant la résolution A/RES/64/6 de l’Assemblée générale des Nations unies, nous réaffirmons nos positions bien connues sur l’application des dispositions extraterritoriales de la loi Helms-Burton.
8. Nous sommes résolus à intensifier notre coopération afin de faire face aux conséquences mondiales de la crise économique et financière et de prévenir la survenance de telles crises à l’avenir, conformément aux résultats de la conférence des Nations unies sur la crise économique et financière mondiale et son incidence sur le développement (22 et 23 juin 2009), et compte tenu également des objectifs fixés par le G20 ainsi que par les enceintes régionales compétentes. Nous continuerons à nous efforcer d’appliquer des politiques macroéconomiques et financières destinées à prévenir de futures crises financières et leurs répercussions économiques et sociales, d’œuvrer en faveur d’une croissance économique mondiale équilibrée et durable, de restaurer la confiance et de stabiliser les marchés financiers mondiaux. Nous soulignons qu’il importe d’accorder une attention particulière aux conséquences sociales et économiques de la crise, notamment dans les pays en développement. Nous insistons sur la nécessité d’accroître l’aide accordée aux populations vulnérables et pauvres. À cet égard, nous réaffirmons notre détermination à œuvrer ensemble à la mise en place d’une nouvelle architecture financière internationale, notamment par la réforme des institutions financières internationales, en offrant aux pays en développement et en transition, qui sont sous-représentés, une plus grande possibilité de s’exprimer ainsi que des droits de vote accrus, et à obtenir des résultats en matière de réforme du régime de gestion hors quota. Nous réaffirmons également notre détermination à procéder à des réformes du cadre international de surveillance financière et réglementaire afin de garantir la stabilité et la solvabilité de nos systèmes financiers.
9. Nous rappelons que cette année coïncide avec le trentième anniversaire de l’adoption de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ainsi qu’avec le quinzième anniversaire de l’adoption de la « déclaration et du programme d’action de Pékin » (Pékin + 15) et soulignons l’importance que revêtent l’égalité entre les femmes et les hommes et le renforcement de l’autonomie des femmes, qui passent par l’accroissement de leur participation à la vie politique, sociale et économique et l’adoption de mesures destinées à remédier à l’incidence négative de la crise financière internationale sur leur situation. Dans le même esprit, nous condamnons fermement tout type de violences à caractère sexiste et considérons qu’il est utile de prendre toutes les mesures nécessaires pour les prévenir et les éradiquer. Nous estimons qu’il est nécessaire d’intégrer les questions d’égalité entre les femmes et les hommes dans chaque domaine de l’action internationale, y compris le changement climatique. Dans cette optique, nous sommes déterminés à coopérer pour mettre en place un dialogue à l’avenir.
10. Nous exprimons notre intention de renforcer la cohérence et l’efficacité de nos politiques de coopération au développement et d’atteindre l’objectif de 0,56 % d’ici à 2010, ainsi que l’objectif d’un rapport APD/RNB de 0,7 % pour l’UE d’ici à 2015, conformément au Consensus de Monterrey et à la déclaration du sommet de Vienne. Les États membres qui ont adhéré à l’UE après 2002 s’efforceront d’atteindre, d’ici à 2015, un rapport APD/RNB de 0,33 %. En outre, nous sommes conscients qu’il importe que nous agissions de concert lors de la réunion plénière de haut niveau des Nations unies sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui se tiendra en septembre 2010, afin d’obtenir des résultats concrets pour atteindre les OMD d’ici à 2015. Par ailleurs, nous prenons acte des progrès considérables qui ont été accomplis au niveau régional pour réaliser les OMD.
11. Nous réaffirmons notre volonté d’accorder une attention particulière aux pays les moins avancés, aux pays en développement sans littoral et aux petits États insulaires en développement.
12. Nous sommes résolus à éviter le protectionnisme sous toutes ses formes. Nous sommes toujours déterminés à promouvoir un système commercial multilatéral ouvert, non discriminatoire et fondé sur des règles et à en respecter pleinement les conditions, et constatons qu’il contribue à favoriser la reprise après la crise économique ainsi que la croissance et le développement, conformément au principe du traitement spécial et différencié des pays en développement, le cas échéant. En ce qui concerne le calendrier des négociations en cours dans le cadre de l’OMC, nous réaffirmons notre volonté de coordonner l’action menée afin de parvenir à une conclusion ambitieuse, globale, équilibrée et rapide du cycle de Doha pour le développement.
13. Nous affirmons le droit souverain des États de gérer leurs ressources naturelles et d’en réglementer l’exploitation. Les critères de développement durable devraient être pris en compte. Nous considérons que la diversification et la complémentarité des modèles énergétiques, notamment par la promotion des sources d’énergie renouvelables, ainsi qu’une plus grande efficacité énergétique et des économies d’énergie dans tous les secteurs de l’économie, y compris les transports, une modification des modèles actuels de consommation et de production, une plus grande interconnexion énergétique régionale et un meilleur accès de la population aux services énergétiques constituent des contributions essentielles à l’élimination de la pauvreté et à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Nous partagerons l’expérience que nous avons acquise dans la technologie des biocarburants, les normes et réglementations, l’énergie hydroélectrique et les autres formes d’énergie.
14. Nous sommes conscients qu’il est dans notre intérêt commun d’améliorer l’efficacité énergétique et de réduire l’intensité des émissions de gaz à effet de serre dans les activités de consommation et de production de nos économies, conformément aux engagements pris au niveau international, ainsi que de relever les défis économiques, sociaux, environnementaux et autres posés par le changement climatique. Nous soulignons en outre qu’il importe de mettre en place des stratégies de développement durable à faibles émissions en faveur de la croissance et du développement pour orienter et mettre en œuvre les mesures et actions d’adaptation et d’atténuation. Conformément aux engagements pris en vertu de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), nous renforcerons la confiance entre nos régions sur les questions de changement climatique et intensifierons notre coopération en vue d’atteindre les objectifs qu’elle prévoit.
15. Après la CdP 15 tenue à Copenhague et agissant de concert dans la perspective de la CdP
16 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, prenant acte des avis scientifiques quant à la limite de l’élévation de la température mondiale et faisant fond sur les progrès réalisés à ce jour dans le processus multilatéral formel dans le cadre de la CCNUCC et du protocole de Kyoto, nous exprimons notre soutien aux efforts déployés par le Mexique pour obtenir, par un processus de négociation transparent et sans exclusive, un résultat global, ambitieux, efficace et juridiquement contraignant visant à réduire et à contenir les émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre l’objectif ultime de la CCNUCC, en tenant compte du principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités de chacun.
16. Nous notons que des événements ont été organisés dans le but de stimuler le débat sur le changement climatique, par exemple la conférence qui a eu lieu à ce sujet à Cochabamba, dont les conclusions ont été transmises à la CCNUCC, et le dialogue pour une action progressive, qui s’est tenu à Cartagena.
17. Nous sommes déterminés à intensifier nos efforts dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique en vue de la conservation et de l’utilisation durable de cette dernière et nous poursuivrons notre action visant à réduire sensiblement l’appauvrissement de la diversité biologique, sans perdre de vue les OMD et la contribution de la biodiversité à l’élimination de la pauvreté. Nous sommes résolus à œuvrer à l’adoption, lors de la dixième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, d’un plan stratégique efficace et ciblé pour l’après-2010, comprenant des objectifs mesurables, acceptables et réalistes. Nous confirmons également notre volonté de mener à bonne fin, à cette occasion, les négociations sur un régime juridique international en ce qui concerne l’accès aux ressources génétiques et le partage des bénéfices. Nous espérons parvenir à un accord sur l’opportunité de mettre en place une plateforme intergouvernementale concernant la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) lors de la troisième et dernière réunion ad hoc, qui aura lieu à Busan (République de Corée), en juin 2010.
18. Nous sommes décidés à contribuer de manière constructive au lancement, dans le cadre du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), du comité de négociation intergouvernemental chargé d’élaborer un instrument juridiquement contraignant sur le mercure, dont la première session aura lieu à Stockholm du 7 au 11 juin 2010.
19. Nous réaffirmons que toute culture a le droit d’exister et de préserver son propre patrimoine culturel. À cet égard, le dialogue interculturel devrait améliorer la compréhension mutuelle et protéger la diversité et l’identité culturelle, tout en favorisant le développement des industries de la culture.
20. Nous devrions intensifier notre coopération pour relever les défis posés par le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, la corruption, le trafic d’armes et de munitions, le problème mondial de la drogue et le trafic d’armes qui y est lié, le blanchiment de capitaux, la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, et l’organisation de filières d’immigration clandestine. Nous exprimons la préoccupation que nous inspire la violence croissante liée, dans certains cas, aux organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue et appelons de nos vœux l’adoption de mesures destinées à empêcher ces organisations de se procurer les moyens de poursuivre leurs activités, qui sont susceptibles de nuire à la société civile et de compromettre l’action des services répressifs. Nous rejetons fermement le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations et réaffirmons que rien ne peut le justifier, quel qu’en soit l’origine ou la motivation. Nous réitérons également notre ferme volonté de prévenir, combattre et éliminer le terrorisme et son financement au moyen de la coopération la plus large. Notre coopération dans la lutte contre tous ces problèmes se fera dans le respect intégral des droits de l’homme et de l’État de droit, et conformément au droit international.
21. Nous soutenons la coopération en matière de paix et de sécurité afin de renforcer le rôle des Nations unies dans ce domaine, notamment en ce qui concerne la prévention des conflits et la gestion des crises. Nous approfondirons le dialogue birégional que nous menons sur ce thème.
II. Renforcer notre partenariat birégional
22. Nous saluons les progrès réalisés dans notre partenariat stratégique. Nous nous engageons à continuer de le renforcer, afin d’approfondir le dialogue politique et l’intégration régionale, de promouvoir l’inclusion et la cohésion sociales et d’intensifier les relations bilatérales entre les pays des deux régions.
23. Plus particulièrement, nous nous félicitons des développements intervenus dans les domaines suivants:
- UE-Colombie et Pérou: conclusion des négociations relatives à un accord commercial multipartite
- UE-Amérique centrale: conclusion des négociations relatives à un accord d’association
- UE-Cariforum: dialogue politique régional renouvelé, lancé le 23 mars 2010 à Kingston (Jamaïque), et progrès dans la mise en place d’une nouvelle stratégie conjointe UE-Caraïbes
3ème sommet UE-Brésil dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux parties
5ème sommet UE-Mexique et adoption d’un plan conjoint de mise en œuvre,
4 ème sommet UE-Chili et mise en place de l’association UE-Chili pour le développement et l’innovation (ADI).
24. Négociations UE-Mercosur: nous rappelons l’importance des négociations qui viennent d’être relancées afin d’aboutir à un accord d’association ambitieux et équilibré entre les deux régions.
25. Nous nous félicitons de la décision prise par les chefs d’État et de gouvernement des pays d’Amérique latine et des Caraïbes de créer la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, qui constitue la première mission énoncée dans la déclaration du « sommet de l’unité de l’Amérique latine et des Caraïbes », tenu à Cancún le 23 février 2010. En outre, nous exprimons notre soutien à la République bolivarienne du Venezuela et à la République du Chili, qui ont pour tâche d’organiser respectivement les sommets de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes et du groupe de Rio, qui se tiendront le 5 juillet 2011 au Venezuela et en 2012 au Chili, l’objectif étant de réaliser des progrès concrets sur la voie de la consolidation de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes.
26. Nous affirmons une nouvelle fois que nous sommes déterminés à contribuer, par une action s’inscrivant dans le long terme et en faisant tout ce qui est en notre pouvoir, aux efforts conjoints entrepris en faveur du peuple haïtien, ainsi que du relèvement et de la reconstruction du pays et de ses institutions, en tenant compte des priorités et des besoins les plus fondamentaux de la population et du gouvernement haïtiens. Nous sommes convaincus que la catastrophe naturelle qui s’est abattue récemment sur ce pays doit devenir l’occasion non seulement de « reconstruire en mieux », mais aussi de favoriser le progrès économique et social dans son ensemble, conformément au plan d’action haïtien pour le relèvement et le développement national. À cet égard, nous espérons voir aboutir la conférence de Saint-Domingue, qui doit se tenir le 2 juin 2010.
27. Nous exprimons également notre intention de renforcer la coopération en matière de prévention des catastrophes naturelles et de gestion de leurs conséquences. Nous sommes conscients que les réseaux et infrastructures des TIC constituent des instruments importants sur le plan de la prévention des catastrophes naturelles et de la gestion de leurs conséquences.
28. À la suite des engagements que nous avons pris à Lima en 2008, nous nous réjouissons du lancement, le 30 juin 2009, du dialogue structuré et global UE-ALC sur les migrations; nous souscrivons à ses principes et appuyons la mise en œuvre intégrale des priorités définies dans ce cadre, qui figurent dans le document intitulé «Eléments destinés à structurer le dialogue entre l’UE et les pays ALC sur les migrations », adopté à cette occasion. Par une approche multidimensionnelle, ce dialogue vise à permettre une meilleure compréhension des réalités que recouvrent les migrations, à faire en sorte que tous les migrants puissent jouir effectivement des droits de l’homme dans les deux régions et que ces droits y soient protégés réellement, ainsi qu’à recenser les défis et les domaines d’intérêt mutuel qui appellent des solutions communes et, sur certaines questions, comme celles qui sont précisées dans notre plan d’action, une coopération concrète axée sur l’obtention de résultats. Dans le cadre de notre dialogue, il conviendrait également que nous examinions des mesures destinées à lutter contre la traite des êtres humains et les filières d’immigration clandestine, et à venir en aide aux victimes. Par ailleurs, nous exprimons la préoccupation que nous inspirent toutes les pratiques fondées sur l’intolérance et les préjugés raciaux.
29. Le partenariat stratégique UE-ALC devrait jouer un rôle de premier plan dans le cadre des négociations à venir sur le changement climatique et la biodiversité; à cet égard, nous avons entamé entre nos deux régions un dialogue sur le changement climatique et l’environnement sur la base des engagements pris en la matière dans le cadre du « programme de Lima pour le développement durable: environnement, changements climatiques, énergie », ainsi que dans le domaine de la biodiversité, et que nous entendons honorer. Dans le contexte de ce dialogue, il a été souligné qu’il importait de progresser dans la mise en œuvre du programme de Lima. Nous exprimons notre soutien politique à l’examen d’initiatives novatrices dans ce domaine.
30. Nous avons la ferme volonté de promouvoir des stratégies intégrées ainsi que des politiques publiques – y compris dans le domaine de la protection sociale et sur le plan budgétaire – visant à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités et l’exclusion sociale. Nous encourageons l’accès des jeunes à des emplois décents, dignes et productifs et appelons de nos vœux des systèmes d’éducation et de formation professionnelle qui répondent aux besoins du marché du travail et tiennent compte des objectifs du développement, afin de combattre et de prévenir le chômage de longue durée.
31. Nous nous réjouissons du rôle actif joué par le Comité économique et social européen (CESE) et ses homologues d’Amérique latine et des Caraïbes.
32. Nous intensifierons la coopération que mènent nos deux régions pour lutter contre le problème mondial de la drogue, conformément au principe de responsabilité commune et partagée. Dans ce contexte, nous saluons la déclaration adoptée lors de XII coopération dans le cadre de la lutte contre la drogue, qui s’est tenue à Madrid les 26 et 27 avril 2010.
33. Nous nous félicitons de la création par l’UE d’une nouvelle facilité d’investissement en Amérique latine (LAIF), dont l’objectif principal est d’exercer un effet de levier pour mobiliser des moyens financiers supplémentaires destinés à soutenir les investissements en Amérique latine afin de contribuer à faire avancer les domaines prioritaires. Parallèlement, nous attendons avec intérêt la création du fonds d’investissements pour les Caraïbes. Ces initiatives renforceront la capacité à financer des projets dans des secteurs importants de la région d’Amérique latine et des Caraïbes.
34. Dans le prolongement de l’initiative prise lors du sommet de Lima, nous avons décidé de créer une Fondation UE-ALC, dont nous avons reçu le mandat. Cette fondation est considérée tant comme un instrument utile permettant de renforcer le partenariat entre nos deux régions que comme un moyen d’engager un débat sur les stratégies et actions communes et d’en améliorer la visibilité. Les hauts fonctionnaires adopteront la décision relative au siège de la fondation.
35. Nous prenons acte des résolutions de l’Assemblée parlementaire euro-latinoaméricaine (EuroLat) et l’invitons à intensifier son action au bénéfice des deux régions.
36. Nous notons avec satisfaction les réunions tenues entre les sommets de Lima et de Madrid, les activités menées dans cet intervalle, et les contributions apportées dans ce cadre à des questions figurant dans le programme du partenariat birégional, ainsi que toutes les initiatives visant à donner suite à nos engagements. Nous tenons à remercier tous les pays de l’UE et de l’ALC qui ont accueilli ces réunions et les ont soutenues.
37. Nous nous employons à obtenir des résultats concrets et une valeur ajoutée dans le dialogue entre nos deux régions, en l’étendant à de nouveaux domaines d’intérêt commun, comme le prévoit le plan d’action que nous adoptons ce jour. Ce plan d’action vise principalement à mettre en place des programmes et initiatives de coopération entre les deux régions, y compris la coopération sud-sud et la coopération triangulaire. Il prévoit notamment de recenser les domaines prioritaires d’action pour l’avenir, notamment dans des secteurs tels que la science, la recherche, l’innovation et la technologie; le développement durable; l’environnement; le changement climatique; la biodiversité; l’énergie; l’intégration régionale et l’interconnexion, afin de favoriser l’inclusion et la cohésion sociales; les migrations; ‘enseignement et l’emploi, afin de favoriser l’inclusion et la cohésion sociales; et le problème mondial de la drogue
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III. Promouvoir l’innovation et la technologie à l’échelle birégionale au service du développement durable et de l’inclusion sociale
38. Conscients du rôle capital que jouent la science, la technologie et l’innovation dans le développement durable et l’inclusion sociale, en permettant à la société d’accéder à la connaissance, ainsi que des avantages mutuels qu’offre la coopération dans le renforcement des capacités, les programmes de recherche et les activités de transfert technologique, en mettant en place des réseaux thématiques qui renforcent l’innovation, en accroissant la compétitivité, en favorisant l’indépendance de la science et de la technologie et en promouvant une plus grande utilisation de celles-ci en Amérique latine, dans les Caraïbes et dans l’Union européenne, nous convenons d’accorder la priorité à la coopération birégionale et triangulaire ainsi qu’aux activités menées dans ces domaines, afin notamment de permettre aux pays qui ne participent que peu ou pas aux programmes européens d’accéder aux possibilités de coopération. 39. Nous décidons également de renforcer le dialogue que les ministres et hauts fonctionnaires de l’UE et d’ALC compétents en la matière consacrent à la science, à la technologie et à l’innovation, pour assurer la mise à jour et le suivi des priorités et instruments conjoints, en tenant compte des intérêts et des différences qui existent entre les régions et au sein de celles-ci, afin d’améliorer les conditions propres à favoriser l’innovation sociale et technologique dans nos sociétés.
40. Résolument attachés aux priorités et décisions adoptées lors des précédents sommets, qui prévoient la mise en place d’un espace « UE-ALC de la connaissance », nous convenons d’affiner et de mettre en œuvre l’initiative conjointe pour la recherche et l’innovation ( »l’initiative ») adoptée lors du Forum ministériel UE-ALC de la science et de la technologie, qui s’est tenu à Madrid le 14 mai 2010. Cette initiative s’appuie sur un ensemble d’actions, passées et présentes, associant de manière complémentaire et synergique différents types d’instruments aux niveaux national, régional et birégional, selon le cas, en vue de réaliser les objectifs qu’elle prévoit. Elle envisage la coopération scientifique et technologique en coordination étroite avec les actions dans le domaine de l’enseignement supérieur et de l’innovation. Cela devrait permettre de créer les conditions d’un renforcement de l’interface entre recherche et innovation et de faciliter le transfert et l’adaptation technologiques dans des formats accessibles aux micro-entreprises et aux PME, grâce notamment au « réseau de centres de la connaissance et de l’innovation », à la participation au programme-cadre européen de recherche, à l’ouverture progressive des programmes nationaux de recherche, à l’interconnexion entre les infrastructures de recherche et à la promotion de la coopération dans le renforcement des capacités humaines et institutionnelles.
41. Pour contribuer à la réalisation de ces objectifs, le plan d’action précité dans le domaine de la recherche, de la technologie et de l’innovation comprend la mise en œuvre de l’initiative conjointe pour la recherche et l’innovation ainsi que d’autres activités birégionales en matière de recherche et développement et d’innovation.
42. Nous nous réjouissons vivement de la tenue du septième sommet UE-ALC, qui aura lieu au Chili en 2012, et nous acceptons avec plaisir l’invitation à y participer. *
43. Nous remercions l’Espagne et la ville de Madrid d’avoir accueilli le sixième sommet
Rafael Correa Delgado
Président constitutionnel de l’Équateur
Président de l’UNASUR
Monsieur le Président Rafael Correa, Je vous écris dans le but de vous faire part de l’agenda que j’ai proposé pour la réconciliation nationale du peuple hondurien et pour contribuer à la mise en place d’une solution pacifique acceptable pour la population afin d’établir une reconnaissance du Honduras dans la communauté internationale.
Je vous présente pour votre information, la proposition suivante:
PROPOSITION D’ ACCORD POLITIQUE POUR LE RETABLISSEMENT DE LA DEMOCRATIE ET DE LA RECONCILIATION NATIONAL DU HONDURAS :
D’un exil forcé causé par le coup d’Etat militaire du 28 Juin qui se poursuit aujourd’hui à travers la persécution judiciaire lancée contre moi à des fins politiques, aux violations des droits de l’Homme, contre le peuple, et compte tenu de la cohérence et la position solidaire de l’ UNASUR dans la défense du peuple hondurien, je vous présente la proposition qui permettra le retour de l’État du Honduras au sein de la communauté internationale et la réconciliation nationale du peuple hondurien.
Nous voudrions souligner les faits suivants:
- La Cour suprême a acquitté, avec suspension de toutes les poursuites, la direction militaire responsable du coup d’Etat et responsable de crimes contre l’humanité.
- Le Congrès national a décrété une amnistie qui s’appliques seulement aux auteurs du coup d’Etat ce qui permet aux crimes les plus odieux et aux violations des droits humains commises contre la population sans défense de rester impunis.
- Ils restent dans leurs fonctions et jouissant de l’impunité au procureur général et la Cour suprême de Justice co-auteurs du coup d’Etat, exécutant des actions politiques en vue de poursuites contre le président Zelaya et ses ministres.
- Aucune organisation, aucun système de la communauté internationale, ni les Nations Unies (ONU) ou l’Organisation des États américains (OEA), le Système d’intégration centraméricain (SICA), Groupe de Rio, entre autres, a retiré ses résolutions et ses sanctions contre le coup d’Etat vu que les circonstances qui ont été à l’origine de cet évènement qui ont menacé nos démocraties, n’ont pas été identifiées.
- La « Commission de la Vérité » a été intégré de façon unilatérale et en consultation, par le gouvernement nous excluant de tout le processus, dans le mal entendu des victimes, Nous n’avons pas eu le droit à la parole ni aucune représentation. Cela nous rend sans défense contre l’impunité des auteurs du coup d’Etat militaire.
C’est pour cela que bien conscient de la position du groupe UNASUR et de l’Équateur qui en exerce la présidence pro tempore que je vous propose la possibilité à l’UNASUR d’appuyer ce plan de réconciliation nacionale par l’adoption d’un accord politique pour résoudre la crise provoqué par le coup d’État militaire, qui se compose au moins des élémentssuivants.
1. Que le Congrès national du Honduras, décrète une amnistie, complète et suffisante pour que la Justice puissent annuler toutes les actions de persécutions juridiques fomenter par le dictateur Micheletti et son équipe acteurs du coup d’Etat, qui aujourd’hui dirige ipunément les institutions opératrices de la Justice, les dressant contre l’ex President Zelaya et autres hauts représentants de son gouvernement.
Cet accord permettrait d’assurer le retour au pays de l’ancien président Zelaya et de ceux qui aujourd’hui sont en exil, à la pleine jouissance de leurs droits civils et politiques, une pétition appuyée par le peuple et la résistance du Front populaire pour la réconciliation nationale.
2. Qu’il y ait des garanties pour l’exercice de la liberté démocratique dans le pays, qu’on puisse débattre et décider sur la nécessité d’instaurer la démocratie participative et le droit a la société de résister contre le coup d’Etat, et de jouir d’une reconnaissance en tant que force de combat et de la demande d’une nouvelle constitution.
3. Veiller à la cessation de la répression et le respect des droits de l’homme de tous les citoyens, mettre un terme à la criminalité, aux assassinats, aux persécutions juridiques et la répression par des organismes, dépendante de la police et des forces armées.
4. Séparer de leurs fonctions les premiers responsables civil et militaire du coup d’Etat, qui occupent le corps des fonctions judiciaires et ministérielles.
5. Qu’on procède à intégrer au Parlement centraméricain le citoyen José Manuel Zelaya Rosales, place qui lui revient de droit et par sa propre son investiture constitutionnel.
6. Qu’on mette fin à l’impunité pour les violations des droits de l’homme et qu’on soumettre à la Cours Pénal International les acteurs de ces crimes contre l’humanité qui sont déjà convoqués pour ces crimes et qu’ils refusent de comparaître. Exemple: le procureur général refuse de venir se présenter devant le tribunal international, même s’ils savent que le Honduras est partie de la Cour pénale internationale, et que les revendications ont été acceptées par la Commission (CIDH) et la Cour Pénal elle-même.
Je réaffirme au gouvernement de l’Équateur et UNASUR notre disposition à promouvoir cet accord politique au sein du SICA, CARICOM, Groupe de Rio, ALBA, pour que dans la prochaine Assemblée de l’Organisation des États américains soit accepté et soutenu ce projet et obtenir pour le Honduras une reconnaissance internationale, et nous pouvons tous participer à ce programme, avant le développement prévu pour les Jeux olympiques.
Le nouveau Secretaire Générale de l’UNASUR, Néstor Kirchner, et la présidente de l’argentine, sa femmen,Christina Kirchner.
L’ancien président Argentin,Néstor Kirchner, vient d’être élu à l’unanimité par les pays membres de l’UNASUR pour assumer la responsabilité de secrétaire générale de l’unasurpour un mandat de deux ans. Le siège du secretariat génréal de l’UNASUR se trouvera en Equateur.
Portrait d’un des homme devenu ainsi l’un des plus influents au monde.
- Son enfance
Issu d’une famille modeste de Rio Gallegos, capital de Santa Cruz, en Argentine. Il rejoint dès l’adolescence le parti péroniste en devenant membre de la jeunesse péroniste.
- Sa formation
1970 – 1976 : Etude de Droit à l’Université nationale de La Plata.
- Son mariage avec Cristina Fernández de Kirchner
Il épouse Cristina Fernández après avoir été diplomé de La Plata. Elle est alors, également membre du parti péroniste et deviendra une figure politique incontournable de l’Argentine. Jadis sénatrice de Bueno Aire, aujourd’hui elle porte avec brio la présidence de l’Argetine, devenant ainsi la première femme a avoir été élue présidente de l’argentine.
- Son parcours politique :
1987 : Il est élu Maire de Gallegos
1991: Il devient Gouverneur de Santa Cruz
2003 : Il devient président de l’Argentine jusqu’en 2007, date à laquelle sa femme reprendra les rennes du pouvoir
- Ces principales réalisation
En 2005 Kirchner a renégocié la dette publique argentine, achevant ainsi un processus qui durait depuis plus de trois ans. Le bilan inclut une réduction d’environ 70 % des 82 milliards de dollars de la dette argentine, une conversion de cette dette en bons du Trésor et un échelonnement des remboursements sur quarante-deux ans.
Néstor Kirchner se distingue par une forme de populisme et d’opposition au néolibéralisme en appelant la population au boycot d’entreprise étrangère notamment avec le cas Shell.
Il a fortement participé au redémarrage de l’économie. La dévaluation du peso a permis d’avoir un taux de change favorable aux exportations, à la baisse des importations, et à sa politique sociale.
Il finance ainsi d’importants programme sociaux grâce aux taxes élevées sur l’exportation, les produits exportés restants compétitifs en raison de la dévaluation du peso. Le taux de pauvreté a ainsi diminué de moitié en quatre ans.
Nestor Kirchner s’est également investi dans le renforcement de l’intégration sudaméricaine principalement avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), qui accueille en 2006 le Vénézuela comme nouveau membre permanent.
- Après sa Présidence
Sur le plan international, il prend part à la délégation internationale menée par le président vénézuélien Hugo Chavezpour la libération de certains otages des FARC de Colombie en décembre 2007.
2010 : il est nommé à la tête de l’unasur.
- Au programme 2010
Certain pensent qu’il va se servir de cette position pour se représenter aux prochaines éléctions présidentielles en Argentine.
Si sa fonction ne pourra lui permettre directement d’influer sur les décisions nationale, il pourra se focaliser sur les aspects d’intégration régionales. L’agenda qui l’attend dans ce domaine est quant à lui extrêment chargé puisqu’il devra à court terme désamorcer des conflits bilatéraux entre certaines nations (comme celle de la Colombie et du Vénézuela au bord d’un conflit armée), mettre en place un parlement surpranational (en équateur) ainsi qu’unemonnaie unique, Apaiser les divergences politiques pour renforcer l’unité sudaméricaine dans un contexte international, et confirmer par des actions concrètes la présence de l’UNASUR dans la création du nouveau bloc regroupement les pays latinoaméricain et des caraibes.
Ronald Venetiaan, l’actuel président du Suriname depuis le 12 août 2000
L’année 2010 au Suriname marquera l’avènement d’un changement politique. En effet, le 25 mai prochain, environ 30 000 surinamiens seront appelés à l’urne pour élire leurs députés. Les élections au Suriname marquent généralement un grand événement.
Une démocratie représentative …
Administrativement, à l’image des Etats-Unis qui est un état au bipartisme absolu, le Suriname est une république multipartisme à régime parlementaire où le président de la république est à la fois le chef d’état et le chef du gouvernement.
Mais, à l’inverse des USA, où l’on voit se confronter invariablement seulement deux partis (démocrates contre républicains), en république du Suriname, de multiples partis politiques s’affrontent lors des élections présidentielles.
En effet, le concept multipartisme de la république surinamienne permet la liberté à plus de deux partis de participer aux débats politiques et aux élections à proprement dit. C’est l’un des fondements de la démocratie représentative du Suriname.
Ce multipartisme surinamien implique donc que les autorités du pays acceptent des sensibilités politiques étrangères aux leurs et par la même les critiques de ces derniers à leurs égards. Pour garantir aux citoyens du pays le contrôle de ses actions étatiques, une presse libre est une condition sine qua non afin que tous les partis en présence dans le pays puissent pouvoir librement intervenir sur la scène politique.
… avec une élection présidentielle indirecte.
Comme en France, le mandat présidentiel au Suriname est de 5 ans.
L’élection présidentielle se déroule au suffrage indirect puisqu’à la fin mai, les surinamiens seront invités à élire les membres de leur Assemblée Nationale qui se compose d’une seule chambre formée de 51 députés pour l’ensemble des dix districts. Ce scrutin se fait au moyen d’un seul et unique tour.
Les parlementaires, ainsi élus au suffrage populaire selon une représentation proportionnelle, auront également un mandat de 5 ans.
S’ensuit que ces nouveaux représentants du peuple devront choisir leur Président de la République le lendemain de leurs élections, soit le 26 mai 2010. Leur choix doit résulter d’une majorité des deux tiers de la nouvelle Assemblée Nationale élue ou le cas échéant, lors d’impossibilité de majorité de celle-ci, par l’Assemblée du Peuple à la majorité absolue. A savoir, l’Assemblée du Peuple est composée de délégués de l’Assemblée Nationale ainsi que de représentants des régions et des municipalités.
Le même jour, soit le 26 mai, le vice-président est nommé par l’Assemblée Nationale dans les mêmes conditions que le Président de la République.
Une fois nommé, le nouveau Président de la République nomme les membres de son gouvernement.
La tendance pour 2010 …
L’actuel président, Ronald Venetiaan, est issu du parti politique NPS appartenant à la coalition appelé « nouveau front ». Cet ancien professeur de mathématique et de physiques a déjà eu un premier mandat présidentiel de 1991 à 1996. Puis en 1996, il perdit contre Jules Wijdenbosch. En 2000 puis de nouveau en 2005, il fut réélu à la tête de l’état.
Durant, ses derniers mandats, Ronald Venetiaan, a pris de nouvelles mesures pour redresser l’économie du pays, l’inflation s’est réduite et les exportations notamment de bananes, de bauxite, d’or et de bois ont amélioré la balance commerciale du pays. Mais de gros efforts restent à faire dans cet état de droit qui vit en partie grâce aux aides internationales.
Parmi les partis politiques les plus influents au Suriname, on trouve le NPS (Parti national du Suriname), le VHP (parti réformiste progressiste), le NPD (parti national démocratique) reste plus en marge le SPA (parti travailliste du Suriname), le KPTI, le BVD, le LP …
Cette année, trois partis politiques seraient capables de défendre leurs places à la chambre de l’Assemblée Nationale. Le NPS qui misent sur le peuple créole représentant prés de 31% de la population. Le KPTI regroupant les 15% de javanais du pays et le VHP qui comptent rassembler les 38% d’hindous du Suriname lors du scrutin du 25 mai.
… potentiellement dangereuse.
Selon un récent sondage réalisé par l’IDOS (Institut de Recherche Démographique au Suriname), la coalition d’opposition au président sortant, Ronald Venetiaan, dirigée par Desi Bouterse, arriverait en tête du scrutin. Cette association d’opposants favorable à Bouterse pourrait gagner jusqu’à 11 nouveaux sièges à l’Assemblée Nationale dans 4 districts tandis que le « nouveau Front » ne pourrait sécuriser que 8 sièges dans cette nouvelle assemblée.
Pour exemple, dans les districts de Paramaribo et de Nickerie, l’opposition devrait respectivement recueillir 32.4% et 33.3% des voix contre pour le « nouveau front » respectivement 16% et 22%. Seul le district de Commewijne devrait être remporté par le « nouveau front » à hauteur de 33.7% contre un score de l’alliance opposante estimé, par l’Institut, à 17.8%.
Enfin, l’étude révèle que beau nombre de citoyens surinamiens ne savent toujours pas, à ce jour, pour quel parti ils voteront ni même s’ils iront voter.
Mais qui est ce prétendant sérieux au poste de premier représentant politique de la république du Suriname ?
Desiré Bouterse, dans l’histoire du Suriname, est un personnage déjà bien connu dans le paysage politique du pays. Né en 1945 au Suriname, il fut successivement colonel dans l’armée de son pays puis leader du coup d’état du 25 février 1980. Il mit fin au régime démocratique de l’ancien président Arron et par décret se proclama « Commandant en Chef de l’Armée » et « Président du Centre Politique ».
S’ensuit une guérilla post-indépendance qui éclata en 1986. En 1988, Ramesewak Shandar fut nommé par l’Assemblée Nationale comme président de la république mais en réalité, Bouterse continua de tenir les rênes du pays. Il quitta l’horizon politique qu’en 1991 lors de la nomination comme président de Ronald Venetiaan qui engagea alors un accord de paix avec les rebelles.
Au Suriname, c’est l’une des personnalités les plus controversées. Soupçonné d’être le commanditaire « des massacres de Décembre 1982 » à l’égard des noirs marron notamment, accusé d’un supposé hold-up au Brésil et condamné pour trafic de cocaïne par un tribunal des Pays-Bas, ce personnage, contraint par un mandat d’arrêt international de ne pas quitter son pays natal, est pourtant libre et puissant au Suriname mais craint par la population.
Le 4 Mai prochain aura lieu le prochain sommet de l’UNASUR dans la région de bonaerense de Los Cardales, en Argentine.
Au programme de ce sommet extraordinaire :
- La désignation du secrétaire général de l’UNASUR
- La définition de la stratégie d’aide à Haiti comme au Chili
- L’analyse de la situation du Honduras après le coup d’Etat.
En ce qui concerne la nomination du premier secrétaire de l’UNASUR, le président de l’Ecuateur Raphael Correa a proposé que l’ancien président de l’Argentine « Néstor Kirchner » soit nommé à la charge de cette fonction.
Nestor Kirchner
Ce sommet devra également mettre en place le plan d’organisation pour l’aide d’Haiti et le Chili. En effet, le 9 février dernier a Quito, les pays de l’Amérique du sud avaient décidé de créer un fond d’aide de 100 millions de dollards + 200 millions de dollard provenant de la BID (Banque inter-américaine pour le Développement).
Enfin L’UNASUR débattra sur leur position face au coup d’Etat au Honduras qui ont récemment élu un nouveau président : Porfirio Lobo reconnu par les Etats Unis mais pas par l’UNASUR. Alors que le continent est en recherche d’unité, quel position prendra-t-il sur le Honduras?
Les 12 pays membres de l’unasur viennent de mettre en place un organisme régional pour la lutte contre le narcotrafic (CSLN = Consejo Suramericano de Lucha contra el Narcotráfico.)
En effet, le narcotrafic est le fléau du continent sud-américain qui n’épargne personne. La Colombie, la Bolivie et le Pérou fabriquent à eux trois la quasi-totalité de la cocaïne mondiale, soit 845 tonnes en 2008, selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Cette institution doit permettre de mieux coordonner les actions dans l’ensemble du continent sud-américain et de partager les informations stratégiques pour repérer des groupes criminels, combattre le blanchiment d’argent et faire de la prévention contre l’usage de drogue, a précisé le président équatorien, qui exerce la présidence tournante de l’Union des nations sud-américaines.
Bernard Valero, directeur de la communication et porte-parole de l’administration centrale du ministère des affaires étrangères et européennes français, a salué cette belle initiative en proclamant : « L’augmentation des crimes organisés et du trafic de drogue en Amérique latine représente une importante menace pour la sécurité régionale et internationale ainsi que pour le développement des pays d’Amérique du sud. Renforcer la coopération régionale est indispensable pour répondre efficacement à cette menace qui ne connait pas de frontière ».
Il s’agit d’une première et véritable action au niveau régional contre la lutte du narcotrafic qui n’est pas à traduire comme un projet diplomatique sans lendemain mais bien au contraire comme une importante opération qui nous l’espérons permettra de bannir ce fléau du continent.
L’Unasur est l’organe qui est en charge de sa gestion et de sa transparence.
Diplômée d’un Master 2 Politiques Européennes de l’IEP d’Aix en Provence, Mathilde a intégré le 3ème cycle en Stratégie d’Intelligence Economique de l’EGE à la rentrée 2009. Son intérêt récent pour l’intelligence économique s’explique tant par sa curiosité intellectuelle que par son goût de la réflexion sur des problématiques transversales. Après des séjours de plusieurs mois en Angleterre, en Espagne puis au Guatemala,Mathilde souhaite continuer à orienter son parcours professionnel vers les échanges et les contacts avec l’étranger, et plus particulièrement vers l’Amérique latine.C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle rejoint officiellementl’équipe d’Unasur.fr en avril 2010.
Début 2010, à l’issue du Forum de Davos, l’ONG Greenpeace a remis à GDF Suez le Public Eye Award de la pire entreprise en matière de responsabilité sociale et environnementale. A cette occasion, elle cristallise l’opération de déstabilisation qu’elle mène contre GDF Suez en Amérique latine.
En 2009, après le lancement d’un « Programme d’accélération de la croissance » voulu par le président brésilien Lula, GDF Suez remporte un marché de production d’hydro-électricité avec la construction du barrage de Jirau dans la forêt amazonienne au Brésil. La construction du barrage a cependant eu des impacts sociaux et environnementaux non-négligeables avec le déplacement de populations autochtones et la destruction d’une partie de la faune locale.
Greenpeace, alliée à d’autres associations, a dénoncé ces agissements comme pour les barrages précédents et avec l’agitation qu’on lui connait. Cependant les campagnes menées ont pris des allures de déstabilisation.
Un mode opératoire bien défini
Ce qu’il est important de relever dans cette affaire est le modus operandi de la déstabilisation menée par Greenpeace qui n’est pas sans rappeler les opérations de Public Citizen en Argentine et en Bolivie à l’encontre des industriels de l’eau. Le mode opératoire ainsi que les paramètres cible / attaquant / localisation sont identiques en tous points :
- La cible reste une entreprise française convoitant un marché d’Amérique latine
- L’attaquant reste une organisation fortement liée aux Etats-Unis
- Le champ de bataille reste la zone Sud-Américaine.
Le modus operandi, suivi par Public Citizen pour ces déstabilisations en Argentine et Bolivie, a été scrupuleusement décomposé par Christian Harbulot, expert en Intelligence Economique, en 2005. Il a consisté à :
- Ne jamais monter au créneau seul pour renforcer et légitimer sa prise de parole
- Donner une dimension internationale à son réseau
- S’appuyer sur le contexte politique du pays
- Mener une action d’agit-prop
Dans l’affaire qui nous intéresse :
- Greenpeace s’est associée à des associations locales Associação de Defensa Etnoambiental Kanindé, et d’autres plus internationales comme Les Amis de la Terre, Amazon Watch, Survival International et l’association française Fondation France Libertés – Danielle Mitterrand. Elle s’est donc entourée d’un réseau lui apportant de la crédibilité
- De plus, ce réseau lui permet d’exporter le problème au-delà des Amériques.
- La situation éco-géopolitique du pays s’est avérée être un terrain fertile à l’exposition médiatique du cas. Le Brésil, avec son essor économique et le charisme de son président Lula, s’est imposé, ces dernières années, comme un acteur incontournable du G20. Greenpeace bénéficiait alors de toute la lumière portée sur le pays.
- Enfin, à l’occasion du Forum de Davos, pour signifier la préoccupation des politiques et grands décideurs de la planète aux enjeux de la mondialisation, une cérémonie de remise de Public Eye Awards a été instaurée. Les ONG du monde entier nominent, le public vote pour oscariser les entreprises qui n’assument pas leur responsabilité sociale et environnementale. Le prix est assimilé à l’oscar de la honte, un bon moyen d’exposer au monde les agissements des « mauvaises entreprises ». Greenpeace, alors juge et parti puisque l’ONG a nommé et organisé ces Public Eye Awards, a réussit un coup d’éclat avec la « victoire » de GDF Suez.
Après cette mise en parallèle de ces deux opérations de déstabilisation, la question subsistante est l’issue. L’agitation provoquée par Greenpeace aura-t-elle alors le même effet que les opérations de Public Citizen contre les entreprises françaises, à savoir leur départ d’Amérique Latine ?
Une issue plus incertaine
En effet, si le mode opératoire est parfaitement cerné, l’issue reste incertaine et donc la personne à qui profite le crime également. Il n’est pas nouveau qu’une action d’agit-prop soit instrumentée par un gouvernement ou une entreprise qui subventionne ou une institution financière, à l’instar de cas d’écoles tels que CARE.
La période à laquelle intervient cette remise de prix est charnière : elle intervient seulement 4 mois avant l’appel d’offre pour le barrage Belo Monte. Ce barrage d’une production de 11 000 mégawatt représentera le 3ème plus grand barrage après celui de la rivière des Trois-Gorges en Chine avec 18 000 mégawatt et celui d’Itaipu au Brésil également avec 14 000 mégawatt. De plus, il assurera une rente au consortium gagnant pour les 30 ans à venir, sachant que le barrage couvrira 11% des besoins énergétiques du Brésil. Certes, cette construction causera autant sinon plus de dégâts en termes d’environnement et de déplacement des populations autochtones mais cette fois des garanties devront être avancées par les entreprises prenant part au projet : elles devront assurer le minimum d’impact socio-environnemental et… avancer 800 millions de dollars en compensation, notamment pour le relogement des quelques 22 000 autochtones.
Ainsi les entreprises candidates doivent faire figure d’entreprises responsables. Le coup porté à GDF Suez intervient à un moment tel que l’entreprise ne peut plus renouveler son image.
La question qui est en droit d’être posée désormais est de savoir à qui profite la campagne de déstabilisation. Une manœuvre politique n’est pas à exclure sachant que les prochaines élections auront lieu en octobre prochain. En effet, la mise en œuvre d’un tel projet pourrait être un plus pour le parti travailliste de Lula qui permet de surmonter les crises énergétiques qu’à connu le Brésil. Néanmoins, l’argument du mépris des populations autochtones. L’argument du déplacement des populations étant plus émotionnel, il risque de prendre le dessus.
Autrement, il peut s’agir d’une guerre économique menée par une entreprise concurrente qui souhaite acquérir ces parts de marchés. La conquête de marché qu’a effectué GDF Suez n’est pas sans agacer d’autres grands groupes énergétiques. Effectivement, GDF Suez détient 68% de Tractebel Energia, le premier électricien brésilien, filial née du rachat d’une filiale Electobras, l’entreprise d’état du secteur. Par ailleurs, GDF Suez combine divers savoir-faire industriels lui permettant d’offrir une gamme de produits et de services « intégrés », atouts qu’elle a su mettre à profit pour s’étendre sur tout le territoire et satisfaire à lui seul plus de 7% des besoins en électricité du pays. Les ennemis potentiels sont alors nombreux.
Aux vues des enjeux économiques et stratégiques que représente la construction du barrage de Belo Monte pour GDF Suez, Greenpeace détient un réel pouvoir de déstabilisation vis-à-vis de l’entreprise française. Dans le cas d’un affrontement économique, l’élucidation de l’affaire ne saura tarder…le dépôt des candidatures est porté au 20 avril.
La corruption est un phénomène latent en Amérique latine, comme le montre le nombre croissant d’anciens présidents et de hauts dirigeants poursuivis pour corruption depuis les années 1990.
En 1992, le Président brésilien Fernando Callor de Mello est déchu de ses fonctions présidentielles par le Sénat et accusé de corruption et de trafic d’influence. Autre exemple significatif, Alberto Fujimori, Président du Pérou de 1990 à 2000 a été condamné en 2007 et en 2009 à des peines d’emprisonnement de 6 et 9 ans pour détournement des fonds avec lesquels il a payé Vladimiro Montesinos, chef de ses services de renseignement. Il a été par ailleurs reconnu coupable le 30 septembre 2009 d’avoir payé des députés d’opposition, des journalistes, et de s’être livré à des mises sur écoute téléphonique d’opposants, de journalistes, et d’hommes d’affaires, y compris Mario Vargas Llosa ou Javier Perez de Cuellar. Plus récemment, le 5 octobre 2009, l’ex Président du Costa Rica, Rafael Angel Calderon Fournier a été condamné à 5 ans de prison pour avoir reçu des commissions illégales lors de l’achat de matériel médical par la sécurité sociale costaricienne.
Bref, la liste est encore longue, et les latinos américains, dont un sur trois vit avec moins de 2 dollars par jour[1], se laissent séduire par des promesses électorales visant à éradiquer ce fléau. C’est pourquoi la corruption, et la lutte apparente dont elle fait l’objet, peuvent-être appréhendées comme de réelles armes au service du pouvoir, qu’il soit politique, diplomatique ou judiciaire.
1. Une arme politique
Le sénat bolivien a promulgué le 31 mars 2010 une loi de « lutte contra la corruption, l’enrichissement illégal et permettant de contrôler les patrimoines ». Si le président Evo Morales, estime que c’est « un jour historique, qui permettra de vaincre la corruption », nombre d’anciens dirigeants sont inquiétés par cette nouvelle arme législative. Rétroactive et jugeant des faits imprescriptibles, la loi n’épargnera aucun ministre, parlementaire ou fonctionnaire ayant profité d’avantages fonciers ou financiers sous les anciennes dictatures militaires notamment. Plusieurs anciens dirigeants se sont alors sentis obligé de quitter le pays récemment, comme Guillermo Fortun, candidat de l’opposition à la mairie de La Paz et ancien ministre sous la présidence d’Hugo Banzer.
Notons que cette loi « anti-corruption » est en discussion en Bolivie depuis… 1996 ! Les partis conservateurs avaient alors toujours réussi à empêcher son vote. En 2006 pourtant, le MAS, Mouvement vers le socialisme, avait enfin réussi à faire passer la loi devant la Chambre des députés. Dès lors, plus d’une centaine d’opposants politiques inquiétés avaient déjà quitté le pays. Ce sont les élections présidentielles de décembre 2009 qui ont bouleversé le rapport de force existant dans le pays, permettant ainsi au MAS de faire voter la loi par le Sénat en mars 2010.
Une arme diplomatique
Si cette loi a connu telle opposition, c’est que la Bolivie, comme la plupart des pays d’Amérique Latine, connait une corruption latente des élites dirigeantes. Dans son Rapport général de la corruption 2009, Transparency International affirme que la corruption « se développe gravement » sur le continent. Dans ce rapport qui analyse les thèmes de la souveraineté, du trafic d’influence et de l’utilisation d’information stratégique privilégiée, le Venezuela et le Paraguay apparaissent comme les pays les plus touchés de la zone. Au Venezuela, le régime bureaucratique maintenu par le gouvernement Chavez est un frein pour de nombreuses entreprises, qui craignent d’être discriminées ou nationalisées. Au Paraguay, le second pays le plus corrompu du continent, le rapport dénonce les déficiences des organes de contrôle, qui n’assurent pas un niveau de transparence suffisant des institutions financières du pays. L’Argentine, le Nicargua, le Paraguay et l’Equateur comptent également parmi les pays les plus corrompus du monde selon Transparency International
Pourtant, la lutte contre la corruption est un thème de discussion récurrent, qui semble faire l’unanimité parmi les dirigeants. Les 33 États membres de l’Organisation des États américains, soit la plupart des pays d’Amérique latine, ont en effet ratifié la Convention interaméricaine contre la corruption, adoptée le 29 mars 1996. Réaffirmant cette volonté politique, ces pays ont en majorité ratifiés la Convention des Nations Unies contre la corruption[2] de 2003. Au niveau régional, les états de la zone ont réaffirmé leur volonté commune d’éradiquer la corruption en adoptant un « Plan andin de lutte contre la corruption » (décision 668). Son objectif est de « promouvoir l’établissement de politiques, de stratégies, d’objectifs et de mécanismes pour augmenter l’efficacité et l’efficience de la lutte contre la corruption que réalisent les pays membres de la communauté andine (…) » ( Annexe I)
Malgré ce plan, Transparency International estime que la plupart des programmes mis en œuvre par les pays d’Amérique latine pour lutter contre la corruption ont échoué. Juanito Riano, responsable de la recherche de TI parle d’une « stagnation » dans la bataille contre la corruption en Amérique, thèse appuyée par le fait que 22 pays du continent ont un Indice de Perception de Corruption ( IPC)[3] inferieur à 5/10. Ce constat serait essentiellement dû à des problèmes relatifs aux «systèmes judiciaires, services publics et à la mainmise de l’état sur le secteur privé » dans la majorité des pays de la zone.
3. Une arme judiciaire ?
Si les efforts législatifs mis en œuvre dans plusieurs pays d’Amérique latine ne portent toujours pas leur fruit, il semble que cela soit dû au fait que la justice et les dirigeants politiques eux-mêmes sont corrompus. En équateur par exemple, la compagnie pétrolière américaine Chevron accuse un juge équatorien d’avoir réclamé un pot-de-vin. En échange d’un million de dollars, le juge se serrait proposé d’acquitter la société dans le procès qui l’oppose au gouvernement, suite à des extractions de pétrole dans l’Amazonie équatorienne dommageables pour l’environnement. Autres exemples du manque d’indépendance et d’impartialité de la justice : en 2007, le gouvernement d’Evo Morales a destitué quatre magistrats du Tribunal constitutionnel, accusés d’incompétence et de corruption. En octobre 2009 au Guatemala, 6 juges de la Cours suprême de justice, fraichement élus par le Congrès, ont été récusés par la Cicig (Commission internationale contre l’impunité au Guatemala) puis par la cour suprême pour leur manque d’intégrité et pour avoir commis de graves délits.
Ces exemples visent à montrer que dans ce contexte, il semble difficile pour la Justice, elle-même en partie contaminée, d’arriver à faire appliquer traités et lois luttant contre un mal qui ronge sa propre institution…
[3] L’Indice de Perceptions de la Corruption (IPC) publié par Transparency International évalue la perception du niveau de corruption affectant l’administration publique dans un pays donné. Il s’agit d’un Indice composite, fondé sur différentes enquêtes menées auprès d’entreprises ou d’experts. L’échelle va de zéro (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).