Catégorie: Unasur

Le texte officiel du nouveau bloc Latino Américain (Déclaration de Cancun)

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Déclaration de Cancun en 88 points. (en français et en espagnol)
1. Nous, chefs d’État et de gouvernement des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, réunis lors du Sommet de l’Unité, constitué par le XXI sommet du Groupe de Rio et le deuxième Sommet sur l’intégration et le développement (CALC), Riviera Maya, Mexique, le 23 février 2010,

2. Résolus à construire un espace commun dans le but d’approfondir l’intégration politique, économique, sociale et culturelle de notre région et d’établir des engagements effectifs d’actions conjointes pour la promotion du développement durable de l’Amérique Latine et des Caraïbes dans un cadre d’unité, de démocratie, de respect sans restrictions aux droits de l’homme, de solidarité, de coopération, de complémentarité et de concertation politique ;

3. Convaincus que la région de l’Amérique Latine et les Caraïbes doit continuer à réaffirmer sa présence dans les forums dont elle fait partie et se prononcer sur les grands thèmes et événements de l’agenda mondial;

4. Soulignant l’importance d’approfondir la communication, la coopération, l’articulation, la synergie, la convergence d’actions et
les échanges d’expériences entre les différents processus et mécanismes sous-régionaux d’intégration;

5. Ratifiant notre engagement vis-à-vis du multilatéralisme et envers les Nations Unies comme le forum par excellence pour la promotion de la paix, des droits de l’homme, la coopération internationale pour le développement, et pour construire un système économique mondial juste et équitable, et

6. Ratifiant également les principes de solidarité, flexibilité, progressivité, pluralité, diversité, complémentarité des actions, et
de participation volontaire consacrés lors du Sommet de l’Amérique Latine et des Caraïbes sur l’intégration et le développement, à Salvador, Bahia, en tant que formule pour faire face aux défis auxquels est confrontée notre région et atteindre nos objectifs,

Avons décidé de:

1. Intensifier le dialogue politique entre nos États et traduire, à travers la concertation politique, nos principes et valeurs en consensus. La région a besoin d’une entité de concertation politique renforcée qui raffermisse sa position internationale et se traduise par des actions rapides et efficaces qui fassent avancer les intérêts latino-américains et des Caraïbes face aux nouvelles questions de l’agenda international.

2. Intensifier, dans ce but, la concertation de positions régionales dans la perspective de réunions et de conférences de portée mondiale, et adopter un profil plus dynamique en faveur de la concertation politique et du travail d’interlocution avec d’autres régions et pays, dans la conviction que ce dialogue contribue à projeter la région et à augmenter son influence sur la scène internationale, mondialisée et interdépendante ;

3. Réaffirmer que la préservation de la démocratie et des valeurs démocratiques, le maintien en vigueur des institutions et de l’état de droit, l’engagement envers le respect et la pleine application de tous les droits de l’homme pour tous, sont des objectifs essentiels de nos pays ;

4. Encourager un agenda intégré, en prenant comme base le patrimoine du Groupe de Rio et les accords de la CALC,  ainsi que les mécanismes et  les groupes d’intégration, de coopération et de concertation existant au préalable, qui constituent tous un  important acquis régional et qui s’appuient sur les principes et les valeurs partagés, dans le but de donner une continuité à nos mandats à travers un programme de travail qui favorise les liens concrets, la coopération, la croissance économique dans l’égalité et la justice sociale et en harmonie avec la nature pour un développement durable et pour l’intégration de l’Amérique Latine et des Caraïbes dans leur ensemble. .

5. Accorder dans ce but le développement d’un programme de travail autour des domaines et lignes d’action suivantes, à caractère prioritaire:

Coopération entre les mécanismes régionaux et sous-régionaux
d’intégration

6. Intensifier le dialogue, la coordination, l’interaction, les consensus, la synergie et la convergence des actions entre les mécanismes régionaux et sous-régionaux d’intégration en Amérique Latine et dans les Caraïbes pour approfondir l’intégration et accélérer le développement régional à travers la coordination de projets communs et complémentaires.

7. Convoquer les organismes et les mécanismes régionaux et sous- régionaux à favoriser des schémas concrets visant à échanger des expériences et à identifier les domaines de coopération et les synergies et convergences nécessaires entre les différents processus sous-régionaux afin de prendre des initiatives spécifiques nous permettant d’approfondir les différentes dimensions de l’intégration.

Thèmes économiques

Crise financière internationale.

8. Nous avons des expectatives positives à partir de certains indices de récupération de l’économie mondiale. Cependant, nous
reconnaissons les sévères répercussions prolongées de la crise sur certains pays de la région. En particulier, nous constatons les défis spécifiques auxquels font face les pays de rente moyenne, y compris les petits pays, vulnérables et fortement endettés, ainsi
que la nécessité d’une attention plus importante portée par la communauté internationale à l’assistance en vue de soutenir leur
récupération.

9. Proposer, en vue de l’impact de la dernière crise financière internationale dans la région, un accroissement de la coopération en matière de politiques financières et régulatrices. Nous proposons en conséquence un dialogue ouvert, avec des consultations – lorsque cela sera possible

– au niveau d’experts régionaux ou de ministres des finances ou leurs homologues, visant à construire une nouvelle architecture financière internationale qui cautionne la démocratisation et la transparence de la gestion financière internationale et le renforcement des mécanismes de réglementation, dans le but d’établir des instruments effectifs de gouvernance et de prévention et de réponse immédiate face à de prochaines crises.

10. Mettre l’accent sur le fait que la réforme des institutions financières internationales doit prendre en considération l’adéquation des instruments financiers internationaux aux nécessités de financement dans les pays en voie de développement ; ce qui inclut la disponibilité d’instruments de prévention.

11. Soutenir à son tour une réforme substantielle des règlementations financières, harmonisée avec la législation interne de chaque pays, dans le but d’obtenir un système règlementaire mondial plus représentatif, équitable et soutenable dans le long terme.

12. Mandater les Ministres des finances ou leurs homologues pour qu’ils élaborent une stratégie pour la construction progressive d’une architecture financière régionale et sous-régionale qui comprenne la considération des propositions suivantes :

a) Un système multilatéral et volontaire de paiements, à partir de la dynamisation et de l’élargissement des expériences existant dans la région, en incluant des mécanismes de paiement en monnaies nationales.
b) L’évaluation des expériences existantes en matière de monnaie commune.
c) Le renforcement ou développement des mécanismes régionaux pour la stabilisation de la balance des paiements.
d) L’intégration des marchés financiers au niveau régional et sous- régional avec des mécanismes adéquats de supervision, réglementation et transparence.
e) Le renforcement et la création d’institutions ou de fonds financiers pour soutenir des projets de développement et d’intégration dans la région, y compris la coordination de ces fonds et institutions.
f) La coopération entre les banques nationales et régionales de développement.

13. Réaliser une réunion sur la Convention de paiements et crédits réciproques (CCR) de l’ALADI, qui sera convoquée par cette
association, et à laquelle seront invités des représentants d’autres systèmes de paiements et de crédits réciproques existant déjà dans la région, ainsi que des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes qui ne soient pas membres du CCR, dans le but d’échanger des informations sur ce système.

14. Célébrer, dans le contexte du renforcement d’institutions ou de fonds financiers pour soutenir les projets de développement, la signature de l’entente constitutive de la Banque du Sud par les présidents des pays membres, ce qui représente un pilier du
processus d’intégration régionale.


Commerce

15. Réaffirmer l’importance de favoriser une plus grande intégration de nos économies, comme un moyen pour parvenir à des niveaux de croissance et de développement économique et social plus élevés, ainsi que pour garantir une participation plus efficace de la région à l’économie mondiale, tendant à la diminution des barrières techniques qui entravent le commerce.

16. Continuer à encourager des initiatives d’intégration à portée régionale et sous-régionale, multilatérale et bilatérale, ouvertes au commerce international, avec la conviction que cela permettra la formation d’un espace économique commun latino américain et caribéen.
17. Mandater nos ministres de commerce extérieur ou leurs homologues pour qu’ils élaborent  et accordent les mesures
nécessaires pour la préservation  et l’approfondissement, en faveur des pays de la région, des niveaux de commerce et d’accès aux marchés, dans le but de stimuler le commerce intra-régional de biens et de services, étant donné que celui-ci constitue un outil important pour compenser la chute dans la demande enregistrée dans le reste du monde. Nous leurs confions également la mise en place de mesures visant à encourager l’accès aux marchés pour les exportations des pays en voie de développement, en particulier dans les cas des pays aux économies les plus faibles et des pays en voie de développement ne possédant pas d’accès à la mer. Nous voulons créer des conditions de marché qui ouvrent la voie à une participation plus importante et plus égalitaire de ces pays, afin de mettre en valeur les bénéfices du commerce intra-régional.

18. Recommander en outre aux Ministres chargés du Commerce extérieur de continuer à travailler en faveur de la construction d’un système multilatéral de commerce plus juste et équitable, capable de répondre aux besoins des pays en voie de développement, particulièrement ceux des pays relativement les moins développés. En ce sens nous soulignons l’urgence de conclure les négociations de la Ronde de Doha de l’Organisation Mondiale de Commerce
(OMC).

19. Manifester notre reconnaissance envers la Commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL), pour leurs contributions aux politiques se traduisant par le développement et l’intégration des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, et pour leur  soutien à la réalisation de leur XXXIII Période de sessions à la
fin mai, au Brésil.

Énergie

20. Souligner qu’en matière énergétique, l’Amérique Latine et les Caraïbes font face à de sérieux défis liés à l’augmentation de la
demande et à la fluctuation dans les prix et dans l’offre d’énergie, et reconnaître l’impérieuse nécessité de réduire la vulnérabilité de la région en ce domaine.

21. Reconnaître la nécessité d’élargir et d’entreprendre des actions spécifiques permettant aux économies les plus modestes et aux pays les moins développés d’obtenir un accès juste, équilibré et constant aux diverses formes d’énergie, et qui en même temps favorisent le développement durable économique et social de nos peuples. Nous soulignons de la même façon l’importance de la coopération et de l’intégration en tant que moyens de stimuler l’efficacité et l’économie énergétiques, de même que l’utilisation rationnelle et efficace des ressources énergétiques, aussi bien fossiles que renouvelables.

22. Tirer parti des possibilités de complémentarité énergétique régionale et sous-régionale et, dans ce but, renforcer les efforts
concertés pour utiliser efficacement les sources traditionnelles d’énergie, y compris les hydrocarbures, en établissant des mesures qui favorisent l’utilisation et l’expansion des sources d’énergie renouvelables, comme les biocarburants, les turbines éoliennes, l’énergie géothermique, la génération hydroélectrique et autres technologies nouvelles . Nous affirmons pour cette raison qu’il est nécessaire qu’il y ait dans nos pays des investissements permettant de développer, à long terme, nos potentialités en matière d’énergies renouvelables et non renouvelables, ainsi que le transfert de technologies et l’entraînement et la formation techniques nécessaires pour parvenir à des solutions efficaces et durables, aussi bien dans la production que dans la consommation d’énergie.

23. Réaffirmer la transcendance et l’importance de l’énergie comme ressource fondamentale dans le développement durable, ainsi que le droit souverain de chaque pays à établir les conditions d’exploitation de ses ressources en énergie, en raison de quoi nous renouvelons notre engagement d’avancer dans les processus de coopération et d’intégration de nos pays, fondés sur la solidarité et la complémentarité, comme un effort continu pour atteindre la croissance économique durable et égalitaire de nos peuples. En ce sens, nous reconnaissons les précieuses initiatives de coopération et d’intégration énergétique qui sont mises en place dans la région. .

Intégration physique en Infrastructure

24. Exprimer notre engagement vis-à-vis d’une intégration géographique effective de l’Amérique Latine et des Caraïbes, par la
création des infrastructures physiques nécessaires et par la convergence entre les divers processus d’intégration sous-
régionaux, en raison de quoi nous entreprendrons l’élaboration et la mise en marche d’une stratégie d’intégration physique de la région.

25. Intensifier dans ce but les efforts dans le domaine des infrastructures pour favoriser et mettre en place des politiques
d’élargissement de la connectivité et des projets  pour accroître les services de transportation aérienne, maritime, fluviale et terrestre, ainsi que le transport multimodal ; pour concevoir et développer des politiques publiques qui abordent les nécessités de l’intégration frontalière, dans le but d’activer leur concrétisation tout en profitant des  cadres et des initiatives en vigueur ; et pour identifier et dépasser les difficultés normatives et de règlementation. .

26. Élargir les échanges entre le Projet Méso-Amérique et les mécanismes d’intégration dans le contexte d’UNASUR, à travers le Conseil d’infrastructure et de planification (CIP), lequel incorporera l’IIRSA. Nous favoriserons l’incorporation dans ce dialogue aussi bien des organismes caribéens équivalents, que de ceux établis dans ALBA-TCP et Petrocaribe, en vue de la réalisation de réunions entre les mécanismes sous-régionaux liés à l’intégration des infrastructures physiques en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

Science et technologie

27. Favoriser le traitement du thème « Technologie et développement productif » lors des dialogues de l’Amérique Latine et des Caraïbes avec d’autres acteurs internationaux.

28. Reconnaître le potentiel des technologies de l’information et des communications pour le développement de la démocratie, de l’économie et du progrès social. Nous soulignons donc qu’il est convenable de partager les sciences, la technologie et les informations, en mettant en valeur les infrastructures de connectivité et en favorisant auprès de nos populations l’accès
universel à ces infrastructures.

29. Redoubler nos efforts pour que l’important développement scientifique que la région a atteint pendant la dernière décennie
puisse se traduire par des services, des produits et des procédés accessibles aux économies et aux sociétés des pays latino-
américains et caribéens par le biais de politiques inclusives d’innovation.

Développement social

Programmes sociaux et éradication de la faim et de la pauvreté

30. Réitérer que la faim et la pauvreté représentent l’une des pires formes d’atteinte aux droits de l’homme, en raison de quoi la lutte pour les éradiquer est un défi éthique, politique et économique pour tous. Dans cet effort, il est nécessaire d’explorer et de mettre en place de nouvelles formes de coopération et de solidarité internationales pour soutenir les efforts nationaux et pour garantir l’accès à des aliments de qualité, riches en éléments nutritifs, afin de progresser vers des sociétés mieux intégrées dans une planète mondialisée, plus participatives, au visage humain et dans l’inclusion sociale.

31. Concentrer les efforts des politiques sociales sur la population en situation de plus grande vulnérabilité, pour répondre au défi que représentent la pauvreté, l’inégalité et la faim, et parvenir à un plus grand développement économique et social des peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes. Nous continuerons, en conséquence, à encourager des politiques de développement social pour garantir dans les contextes nationaux une vision accordant la priorité à la réduction de la pauvreté, l’inégalité et la faim.

32. Manifester, en ce qui concerne les Objectifs de développement du Millénaire, et tenant compte de ce qu’en septembre 2010 aura lieu la Session de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur cette question, notre inquiétude quant à la lenteur des progrès pour parvenir à ces objectifs, raison pour laquelle nous mettons de relief la nécessité de promouvoir les plus grands efforts pour l’accomplir.

33. Assurer que les accords de commerce régionaux et internationaux dans lesquels participeront les pays de la région répondent aux besoins liés au développement social avec équité ; nous garantirons aussi l’accès à des aliments nutritifs et en accord avec les habitudes locales, ainsi que la mise en place durable des Objectifs du millénaire et autres objectifs du développement accordés sur le plan international.

34. Faciliter l’élaboration d’un plan d’action intégral de politiques publiques en matière sociale pour concrétiser la coopération et
rendre plus efficace l’aide aux pays de rente moyenne et basse, selon ce qui fut convenu pendant les conférences internationales de haut niveau en cette matière.

35. Reconnaître que l’éradication de la pauvreté, le plein emploi productif pour tous et l’intégration sociale sont en interaction  et se renforcent mutuellement, et que par conséquent un environnement propice doit être créé afin que tous ces objectifs puissent être poursuivis simultanément.

Sécurité alimentaire et nutritionnelle

36. Faciliter la coordination régionale d’initiatives, ainsi que des échanges de technologie et la récupération de technologies
traditionnelles, parmi d’autres actions, afin de garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à travers des politiques publiques qui encouragent le développement rural, la production durable d’aliments, leur innocuité, leur entreposage, leur distribution et leur commercialisation, ainsi que le crédit et les assurances agricoles.

37. Incorporer la perspective des droits de l’homme et de diversité sexuelle à l’élaboration et à la révision des stratégies nationales qui cherchent à garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, avec une large participation sociale, en particulier celle des secteurs les plus fragiles,  et ne pas permettre les abus des monopoles dans le secteur des aliments.

38. Faciliter le développement productif, technologique et des investissements en matière technologique, ainsi que l’introduction
de technologies saines du point de vue social et environnemental pour la production agricole, l’augmentation de la productivité et de la compétitivité des petits et moyens producteurs, y compris les paysans, ainsi que leur accès aux ressources productives.

39. Renforcer les processus d’intégration dans le domaine alimentaire et joindre nos efforts pour soutenir l’Initiative Amérique Latine et les Caraïbes sans faim 2025.

Enseignement, santé et services publics

40. Élargir la coopération régionale pour favoriser l’accès universel, équitable et de bonne qualité à l’enseignement primaire et aux services de santé, d’assainissement et de distribution d’eau potable, en particulier pour les personnes en condition de pauvreté extrême. Nous ferons en sorte de répondre aux nécessités spécifiques de la santé des jeunes, d’assurer la réduction de la malnutrition et de la mortalité enfantine, d’améliorer la santé des mères, et de lutter contre les épidémies ayant les plus fortes répercussions, avec un effort particulier dans les aires rurales.

41. Chercher à garantir que les politiques et les programmes pour le développement des jeunes veillent à leurs nécessités particulières et qu’ils impliquent les jeunes et les organisations qu’ils dirigent dans la mise en place des politiques nationales qui les concernent.

42. Adopter des programmes intégraux et flexibles, adaptés aux réalités socio-économiques et culturelles de chaque pays, région et groupe de population, qui permettent d’éradiquer l’analphabétisme dans tous les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes avant l’an 2015.

43. Élargir également la coopération régionale et un mécanisme de réponse coordonné et intégral pour assurer, parmi d’autres
questions, la réduction de la mortalité enfantine, l’amélioration des services de santé maternelle, particulièrement dans les zones
rurales, et la lutte contre les épidémies de fort impact, comme le VIH/SIDA et le virus H1N1. Nous travaillerons de même au niveau national, régional et international pour réduire et contrôler la dissémination de maladies non contagieuses, lesquelles
représentent une forte menace pour le développement, et nous nous congratulons de l’initiative des pays membres de la CARICOM pour convoquer au siège des Nations Unies une Réunion de haut niveau sur les maladies chroniques non contagieuses, en 2011.

Culture

44. Réaffirmer que toutes les cultures ont le droit à l’existence et à préserver leurs pratiques traditionnelles et millénaires faisant partie de leur identité. Dans ce sens, nous ferons la promotion de l’histoire, des traditions, des valeurs de la diversité culturelle et de l’entente mutuelle entre les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes, étant avertis de la contribution positive qu’une telle
promotion fera à l’approfondissement de l’intégration régionale. De la même façon, nous encouragerons la coopération, l’intégration culturelle et le développement des industries créatives.

45. Reconnaître, tout en respectant les droits de l’homme et le bien- être de nos peuples, le droit de nos États à mettre en place,
conformément au Droit international, les actions normatives et les mesures qui seraient jugées appropriées pour la préservation et la défense des manifestations ancestrales de nos peuples, lesquelles doivent être respectées par la communauté internationale.

46. Encourager la promotion de la diversité culturelle en tant que composante indispensable aux politiques publiques permettant d’éradiquer la pauvreté, d’instaurer l’égalité et de mener à bien les Objectifs de Développement du Millénaire.

Migration, droits de l’homme et développement

47. Faciliter le plein respect des droits de l’homme des émigrants et de leurs familles, dans les pays d’origine, de transit et d’accueil, indépendamment de leur condition migratoire, et travailler pour que la migration ait lieu dans un contexte d’information, de sûreté et de conformité aux dispositions se rapportant aux services consulaires. Nous réaffirmons notre engagement résolu à lutter contre le racisme et la xénophobie qui pourraient atteindre les émigrants, tout en favorisant la revendication de leurs capacités en tant qu’acteurs politiques économiques, culturels et scientifiques, qui sont essentielles pour faire avancer les processus du développement et de l’intégration dans les sociétés d’origine et d’accueil.

48. Continuer à intensifier les actions visant à prévenir et à combattre la traite de personnes et le trafic illicite et l’exploitation des émigrants sous toutes ses formes, et à assurer la protection et l’attention intégrales des victimes de ces crimes, en particulier les femmes, les enfants et les adolescents. Par ailleurs, nous créerons des instances coordinatrices entre les pays d’origine, de transit et d’accueil, pour lutter contre ces crimes.

49. Faciliter l’intégration des émigrants dans les sociétés d’accueil, promouvoir des facilités pour leur résidence, leur travail et leur régularisation, en harmonie avec les législations nationales.

50. Encourager la coopération et les échanges d’expériences et de bonnes pratiques au niveau national, régional et sous-régional dans la lutte contre le crime organisé, le trafic illicite des émigrants et la traite de personnes, en particulier lorsqu’il s’agit de protéger les groupes les plus vulnérables parmi les émigrants : les enfants, les adolescents, les femmes, les peuples autochtones et les communautés d’origine africaine.

Genre

51. Nous avons la conviction que le développement économique et social de nos pays et l’accès à une démocratie pleine ne sont
possibles qu’à partir d’une égalité effective entre les hommes et les femmes, en raison de quoi nous favorisons l’inclusion de la
perspective de genre dans la conception, la mise en place et l’évaluation de toute politique publique.

52. Nous engager, à l’occasion de la Déclaration de l’OEA sur l’an 2010 comme Année interaméricaine de la femme, à continuer à travailler pour la mise en place intégrale de la Convention interaméricaine pour prévenir, sanctionner et éradiquer la violence contre les femmes (Convention de Belem de Pará), ainsi que des objectifs contenus dans la Déclaration de Beijing et dans sa plateforme d’action, qui a été adoptée il y a 15 ans.

Développement social

53. Donner la priorité à l’éradication de la faim et de la pauvreté ainsi qu’aux actions visant à assurer que tous les hommes et les femmes de notre région aient une alimentation et un logis adéquats, qu’ils aient accès aux services de santé, y compris dans leur dimension sexuelle et reproductive, à l’enseignement et à un travail respectable, de sorte à pouvoir atteindre des niveaux de vie
respectables.

Développement durable

54. Entreprendre des actions solidaires pour la construction d’une stratégie de coopération internationale qui renforce les liens entre l’environnement et le développement, tout en soutenant les efforts des pays sans littoral maritime, des petite États insulaires et côtiers en voie de développement, et en stimulant des actions qui protègent et mettent en valeur le patrimoine naturel de la région.

55. Stimuler dans la région l’identification, le renforcement et les échanges de bonnes pratiques soutenables, dans des thèmes tels que l’incorporation de la composante environnementale dans les actions gouvernementales, la participation sociale dans les politiques publiques et la gestion durable des ressources naturelles. Nous favoriserons des initiatives ayant le but de faire des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes des exportateurs de services environnementaux.

56. Renforcer l’Initiative latino-américaine et caribéenne pour le développement durable (ILAC).

57. Faciliter la coopération en matière de gestion durable du patrimoine naturel, de conservation de la biodiversité, des écosystèmes et de l’eau.

58. Reconnaître et saluer la décision de l’Équateur de promouvoir l’initiative Yasuní ITT, vu qu’elle représente une mesure efficace volontaire pour faire face au problème du changement climatique, garantir la survie des peuples autochtones en isolement volontaire et garantir la conservation de l’un des lieux dont la biodiversité est
la plus riche au monde.

59. Reconnaître que les actions véritables qui permettraient de faire face aux problèmes découlant du changement climatique, telles que : des initiatives de gestion environnementale durable des forêts et d’autres écosystèmes clé, comme les zones humides ; des actions en vue de l’efficacité énergétique et le développement de nouvelles sources renouvelables; la transformation des systèmes de transport ; l’innovation scientifique et technologique; ne peuvent être durables que si elles sont mises en œuvre de façon responsable du point de vue social et environnemental; tout en respectant les droits consacrés des peuples et des communautés.

Changement climatique

60. Manifester notre inquiétude face au rythme auquel progresse le réchauffement mondial et mettre de relief le fait qu’il est nécessaire d’unir nos efforts pour soutenir les initiatives de nos pays cherchant à opposer un front commun à la menace que représente le changement climatique. En raison de quoi nous mettons de relief notre engagement à une pleine mise en place, efficace et durable, de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et du Protocole de Kyoto, dans un effort mondial fondé sur le principe de responsabilités partagées, bien que différenciées, et des capacités nationales respectives et des aspirations légitimes des pays en voie de développement.

61. Faciliter, dans le contexte de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, et sous l’éclairage de celui-ci, un mécanisme financier prévisible, transparent et efficace, qui puisse assurer l’adéquate disponibilité de nouveaux apports financiers internationaux, additionnels et suffisants, afin de soutenir les efforts de mitigation et d’adaptation de nos pays, en accord avec la Convention sur le changement climatique.

62. Mettre de relief la nécessité pour les pays développés d’honorer leurs engagements faisant partie de la Convention cadre des
Nations-Unies sur le Changement climatique, en matière de financement, d’accès et de transfert de technologie et de création
de capacités suffisantes pour les pays en voie de développement particulièrement vulnérables aux effets adverses du changement
climatique, en particulier les pays les moins développés, les petits États insulaires et les pays côtiers en voie de développement aux terres basses, pour coopérer avec eux dans les tâches de mitigation et d’adaptation, sans conditionnements.

63. Manifester notre agrément quant au fait que notre région sera le siège de la seizième Conférence des parties de la Convention-Cadre (COP 16), et la sixième Réunion des parties du Protocole de Kyoto (CMP 6), et exprimer notre soutien au Mexique pour qu’il soit possible, par un processus de négociation transparent et incluant, d’obtenir lors de la Conférence un accord de grande portée, ambitieux et efficace, qui réponde aux nécessités de notre région et qui se traduise par un renforcement du régime international établi dans la  Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et dans le Protocole de Kyoto, et par des bénéfices pour toute l’humanité en son ensemble. Nous coïncidons sur le fait qu’il est nécessaire que les résultats de la COP 16 aient un caractère juridiquement contraignant, comme un pas décisif dans la lutte
contre le changement climatique.

Catastrophes naturelles

64. Mettre de relief l’urgence de mener à terme et de développer les différents engagements et mandats assumés par les gouvernements de l’Amérique latine et des Caraïbes en matière de désastres naturels, en particulier l’établissement d’un mécanisme permettant à ceux-ci de déployer une réponse régionale rapide, adéquate et coordonnée, suivant la demande de l’État concerné et en articulation avec celui-ci. À cet effet, nous soulignons le rôle articulateur des organismes et des entités régionales compétentes en la matière.

65. Mettre de relief le rapport intrinsèque qu’il y a entre la réduction des désastres, le développement durable et l’éradication de la pauvreté, entre autres, et reconnaître en conséquence la nécessité de renforcer la capacité de prévention, de mitigation, de réponse et d’assistance aux victimes des désastres, à travers l’adoption de politiques appropriées et la mise en valeur des capacités nationales. Nous reconnaissons par la même occasion l’importance de la Déclaration et du Cadre d’action de Hyogo, le Plan d’action de Barbados, le Programme Interaméricain pour le développement durable et la Déclaration de Florianopolis de la II Réunion régionale de Mécanismes internationaux d’assistance humanitaire, pour les pays qui en sont parties, lorsqu’il s’agit du problème des désastres.

66. Assurer la coordination nécessaire entre les mécanismes de prévention, réduction de risques, mitigation et réponse aux
désastres naturels, aux niveaux national, régional et mondial, parmi les efforts pour la satisfaction des objectifs de réduction du risque de désastres naturels. Nous nous proposons d’incorporer le thème de la réduction des risques dûs aux désastres naturels dans les politiques et les processus de pacification, et d’augmenter la capacité de résistance au niveau communautaire, local, national et régional grâce à la recherche, l’élargissement de mécanismes visant à partager les coûts de la prévention de risques, et les échanges de données et d’informations, entre autres.

67. Renforcer les initiatives régionales d’assistance humanitaire et faciliter l’établissement de protocoles d’aide mutuelle ou autres dispositifs simplifiés de réponse face aux désastres naturels.

68. Instruire les organisations et les entités possédant de l’expérience dans ces domaines d’Amérique Latine et des Caraïbes: l’Agence caribéenne de gestion des urgences en cas de désastre (CDEMA), le Centre coordonnateur pour la prévention des désastres naturels en Amérique Centrale (CEPREDENAC), le Comité andin pour la prévention et l’assistance en cas de désastres (CAPRADE) et la Réunion spécialisée de Réduction de risques des désastres socio- naturels, la Défense civile, la Protection civile, et l’Assistance humanitaire du MERCOSUR (REHU), à définir les synergies entre eux et à mettre en pratique de façon urgente un schéma de coordination et de coopération de portée régionale qui permette d’optimiser les ressources et d’augmenter notre capacité et notre efficacité pour préparer nos populations et répondre en cas de désastres naturels.

69. Encourager des mesures pour l’éducation et la formation en matière de protection environnementale dans le but de créer une conscience collective et par conséquent mitiger les effets des désastres naturels provoqués par l’homme.

70. Construire un Groupe de travail de format ouvert pour avancer dans la mise en place de ces objectifs.

Droits de l’homme

71. Affirmer le principe selon lequel tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales sont universels, indivisibles,
interdépendants et en rapport mutuel et qu’en conséquence on doit prêter une attention égale et résolue à l’application, à la promotion et à la protection aussi bien des droits civils et politiques qu’aux droits économiques, sociaux et culturels, y compris le droit au développement.

72. Encourager et renforcer la coopération internationale pour la promotion et la protection de tous les droits humains et des libertés fondamentales, en conformité avec la Déclaration universelle des droits de l’homme et avec les instruments juridiques internationaux concernant aussi bien les droits de l’homme que le droit international humanitaire.

73. Renforcer l’incorporation de la vision de genre dans la conception et la mise à exécution de nos politiques dans les tâches stratégiques pour le développement économique et social, et dans le renforcement de la démocratie.

74. Encourager les échanges sur les expériences nationales dans la préparation et la présentation de rapports auprès du Mécanisme d’examen périodique universel (UPR) en tant qu’un instrument efficace pour la considération et la promotion des droits de l’homme dans tous les pays en conditions égalitaires, en harmonie avec les engagements de chacun des pays. Nous travaillerons à la préservation de l’intégrité, l’objectivité et l’équilibre de ce mécanisme.

75. Donner un essor renouvelé à l’enseignement en matière des droits de l’homme. Nous favoriserons des politiques éducatives inclusives et de qualité, à la portée de tous, avec une entière adhésion aux valeurs telles que la tolérance, la solidarité et l’équité, ainsi qu’á la promotion de la perspective de genre et du respect à la diversité et l’identité culturelles de nos peuples.

76. Encourager la reconnaissance et la mise en pratique des droits de troisième génération ou de solidarité, en particulier le droit au développement, ainsi que l’attention au thème des droits du troisième âge.

Questions de sécurité

77. Nous considérons qu’il est indispensable de renforcer la capacité d’initiative des États d’Amérique Latine et des Caraïbes pour soutenir le système multilatéral pour la paix, la sécurité et le développement, en s’appuyant sur le respect strict du droit international et l’adhésion aux objectifs et principes de la Charte des Nations-Unies.

78. Prendre en compte qu’il est nécessaire de faire face intégralement aux nouvelles menaces envers la sécurité, telles que le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, le problème mondial des drogues et les crimes connexes, le crime organisé transnational, le trafic illicite d’armes et le crime commun qui affecte la sécurité des citoyens, les menaces envers la santé publique internationale, en particulier le VIH/SIDA et le H1N1, les désastres naturels, le transport de déchets toxiques et de matériaux radioactifs sur nos eaux, entre autres, et en particulier les effets qui en découlent pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, au moyen d’une coopération internationale efficace, coordonnée et solidaire, à travers les organisations compétentes et fondée sur le respect de la souveraineté des États et sur le droit international.

79. Dans le but d’approfondir les actions en faveur du développement socio-économique accompagné de démocratie, de justice et d’indépendance, nous considérons nécessaire d’affirmer le concept que la sécurité de notre région doit aborder aussi bien les questions touchant à la paix et à la stabilité, que celles qui se rattachent à la vulnérabilité politique, économique et financière, en accord avec le droit international. En ce sens, nous réitérons l’engagement de la région en vue de concerter des actions visant à :

• Stimuler des initiatives en faveur du désarmement et la sécurité internationaux.
• Encourager la confiance réciproque et la solution pacifique des problèmes et des conflits qui affectent notre région.
• Contribuer, à travers la coopération et la consultation, à la défense, au renforcement et à la consolidation des institutions
démocratiques.
• Encourager et élargir le dialogue politique avec d’autres États et groupes d’États, à l’intérieur et à l’extérieur de la région.
• Harmoniser des positions en vue de renforcer le multilatéralisme et la démocratisation dans l’adoption des décisions internationales.
• Poursuivre l’établissement de zones de paix et de coopération dans notre région.
• Encourager des processus d’intégration et de coopération pour le développement, en vue de renforcer l’autonomie de la région.
• Entreprendre une lutte active et coordonnée afin d’éradiquer la pauvreté, la faim, la marginalisation, l’analphabétisme et l’insalubrité.
• Renforcer la coopération contre le trafic des drogues, ainsi que contre le terrorisme.

80. La paix dans notre région est profondément liée au respect des principes de libre détermination des peuples, de non intervention dans les affaires internes des États, de solution pacifique des controverses, de proscription des menaces ou du recours á la force, de l’égalité juridique entre États, et de la coopération en vue du développement.

Problème mondial des Drogues

81. Réaffirmer l’engagement de nos pays dans la lutte contre le problème mondial des drogues, avec une perspective intégrale et
équilibrée fondée sur la tenue en vigueur du principe de responsabilité partagée, en vertu de quoi nous mettons de relief l’importance de la coopération internationale dans le respect de la souveraineté de chaque État.

82. Ratifier notre engagement inébranlable de poursuivre les actions de lutte contre la consommation, la production, le trafic et la distribution illicites de stupéfiants et de substances psychotropes et les crimes s’y rattachant. Nous sommes convaincus que cette lutte, qui doit faire partie d’une solution intégrale dans laquelle soient tenus en compte les aspects sociaux et économiques en rapport avec ce fléau, contribuera au développement social et humain de nos sociétés et à la satisfaction des engagements mutuels.

Terrorisme

83. Rejeter avec énergie le terrorisme sous toutes ses formes et ses manifestations et réaffirmer que, quelle que soit son origine ou sa motivation, celui-ci n’a aucune justification. Réitérer également notre engagement pour prévenir, combattre et éliminer le
terrorisme et son financement, au moyen d’une plus grande coopération et dans le plein respect des obligations marquées par
les lois internes et le droit international, en particulier en ce qui touche aux droits de l’homme et au droit humanitaire international.

Coopération Sud-Sud

84. Mettre de relief l’importance de la coopération Sud-Sud, inspirée dans l’esprit de solidarité, qui ne substitue ni ne remplace les sources traditionnelles de coopération pour le développement.

85. Faciliter les initiatives de coopération Sud-Sud et Nord-Sud, aux fins de la promotion du développement durable, et continuer à encourager la coopération triangulaire dans le cadre du système
multilatéral.

86. Faire un appel à la communauté internationale pour qu’elle continue à apporter sa coopération pour soutenir les efforts de
développement des pays de rente moyenne, tel que cela a été accordé par le Consensus d’El Salvador sur la coopération pour le
développement avec les pays de rente moyenne. Dans ce contexte, nous réitérons l’importance de favoriser la mise en place opportune des résolutions des Nations Unies, et de mettre à exécution les actions nécessaires pour mener à bien ladite coopération.

Et finalement,

87. Incorporer le Plan d’action de Montego Bay en tant que document annexe à cette Déclaration, dans le but d’approfondir dans
l’accomplissement de l’agenda latino-américain et caribéen.

88. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Amérique Latine et des Caraïbes ont exprimé leur reconnaissance au Président du Mexique pour l’initiative de réaliser le Sommet de l’Unité de l’Amérique

Latine et des Caraïbes, sur la Riviera Maya, Mexique, le 22 et le 23
février 2010, et ont manifesté leur gratitude envers le
gouvernement et le peuple du Mexique pour leur chaleureux accueil
et leur hospitalité, qui ont facilité le résultat réussi de ce Sommet.

Riviera Maya, le 23 février 2010

*  *  *

En espagnol

1. Las Jefas y los Jefes de Estado y de Gobierno de los países de América Latina y el Caribe, reunidos en la Cumbre de la Unidad constituida por la XXI Cumbre del Grupo de Río y la II Cumbre de América Latina y el Caribe sobre Integración y Desarrollo (CALC), en la Riviera Maya, México, el 23 de febrero de 2010.

2. Decididos a construir un espacio común con el propósito de profundizar la integración política, económica, social y cultural de nuestra región y establecer compromisos efectivos de acción conjunta para la promoción del desarrollo sostenible de América Latina y el Caribe en un marco de unidad, democracia, respeto irrestricto a los derechos humanos, solidaridad, cooperación, complementariedad y concertación política ;

3. Convencidos de que la región de América Latina y el Caribe debe seguir reafirmando su presencia en los foros de los que forma parte y pronunciarse sobre los grandes temas y acontecimientos de la agenda global ;

4. Destacando la importancia de profundizar la comunicación, cooperación, articulación, sinergia, convergencia de acciones e intercambio de experiencias entre los distintos procesos y mecanismos subregionales de integración ;

5. Refrendando nuestro compromiso con el multilateralismo y con las Naciones Unidas como el foro por excelencia para la promoción de la paz, los derechos humanos, la cooperación internacional para el desarrollo y para construir un sistema económico global justo y equitativo, y

6. Refrendando asimismo, los principios de solidaridad, flexibilidad, gradualidad, pluralidad, diversidad, complementariedad de acciones y participación voluntaria plasmados en la Cumbre de América Latina y el Caribe sobre Integración y Desarrollo en Salvador, Bahía, como fórmula para encarar los desafíos que afronta nuestra región y alcanzar nuestros objetivos,

Hemos decidido :

1. Intensificar el diálogo político entre nuestros Estados y traducir, a través de la concertación política, nuestros principios y valores en consensos. La región requiere de una instancia de concertación política fortalecida que afiance su posición internacional y se traduzca en acciones rápidas y eficaces que promuevan los intereses latinoamericanos y caribeños frente a los nuevos temas de la agenda internacional.

2. Intensificar para ello, la concertación de posiciones regionales de cara a reuniones y conferencias de alcance global y adoptar un perfil más dinámico a favor de la concertación política y del trabajo de interlocución con otras regiones y países en la convicción de que ese diálogo contribuye a proyectar a la región y aumentar su influencia en el escenario internacional globalizado e interdependiente.

3. Reafirmar que la preservación de la democracia y de los valores democráticos, la vigencia de las instituciones y el Estado de Derecho, el compromiso con el respeto y la plena vigencia de todos los derechos humanos para todos, son objetivos esenciales de nuestros países.

4. Impulsar una agenda integrada, con base en el patrimonio del Grupo de Río y los acuerdos de la CALC, así como de los mecanismos y agrupaciones de integración, cooperación y concertación ya existentes, que constituyen todos, de conjunto, un valioso activo regional que se sustenta en los principios y valores compartidos, con el propósito de dar continuidad a nuestros mandatos mediante un programa de trabajo que promueva vínculos efectivos, la cooperación, el crecimiento económico con equidad, justicia social, y en armonía con la naturaleza para un desarrollo sostenible y la integración de América Latina y el Caribe en su conjunto.

5. Acordar para ello, el desarrollo de un programa de trabajo en torno a los siguientes ámbitos y líneas de acción con carácter prioritario :
Cooperación entre los mecanismos regionales y subregionales de integración

6. Intensificar el diálogo, la coordinación, la interacción, los consensos, la sinergia y la convergencia de acciones entre los mecanismos regionales y subregionales de integración en América Latina y el Caribe para profundizar la integración y acelerar el desarrollo regional mediante la articulación de proyectos comunes y complementarios.

7. Convocar a los organismos y mecanismos regionales y subregionales a promover esquemas concretos a favor del intercambio de experiencias y de la identificación de las áreas de cooperación y necesarias sinergias y convergencia de acciones entre los diferentes procesos subregionales, a fin de dar pasos específicos que nos permitan profundizar en las distintas dimensiones de la integración.

Asuntos Económicos

Crisis financiera internacional

8. Tenemos expectativas positivas a partir de algunos indicios de recuperación en la economía mundial. No obstante, reconocemos el grave y continuo impacto de la crisis en algunos países de la región. En particular, tomamos nota de los desafíos particulares que enfrentan los países de renta media, incluyendo los pequeños, vulnerables y altamente endeudados, así como de la necesidad de una mayor atención por parte de la comunidad internacional, para apoyar su recuperación.

9. En vista del impacto que ha tenido en la región la última crisis financiera internacional, promover una mayor cooperación en materia de políticas financieras y regulatorias. Proponemos, por ello, un amplio diálogo, consultando – cuando sea apropiado – a nivel de expertos regionales o de Ministros de Finanzas o similares, con miras a construir una nueva arquitectura financiera internacional que garantice la democratización y la transparencia de la gestión financiera internacional y el fortalecimiento de los mecanismos de regulación, en aras de establecer instrumentos efectivos de gobernabilidad y de prevención y respuesta inmediata ante futuras crisis.

10. Enfatizar que la reforma de las instituciones financieras internacionales debe tomar en cuenta la adecuación de los instrumentos financieros internacionales a las necesidades de financiamiento de los países en desarrollo ; incluyendo la disponibilidad de instrumentos preventivos.

11. Apoyar a su vez una reforma sustancial en las regulaciones financieras, conforme a la legislación interna de cada país, a fin de lograr un sistema regulatorio global más representativo, equitativo y sostenible en el largo plazo.

12. Encomendar a los Ministros de Finanzas o similares la elaboración de una estrategia con miras a la construcción progresiva de una arquitectura financiera regional y subregional que incluya la consideración de las siguientes propuestas :

a) Un sistema multilateral y voluntario de pagos a partir de la dinamización y ampliación de las experiencias existentes en la región, incluyendo mecanismos de pagos en monedas nacionales.
b) Evaluación de experiencias existentes en materia de moneda común.
c) Fortalecimiento o desarrollo de mecanismos regionales para la estabilización de la balanza de pagos.
d) Integración de los mercados financieros a nivel regional y subregional con adecuados mecanismos de supervisión, regulación y transparencia.
e) Fortalecimiento y creación de instituciones o fondos financieros para apoyar proyectos de desarrollo e integración de la región, incluyendo la coordinación de dichos fondos e instituciones.
f) Cooperación entre los bancos nacionales y regionales de fomento.

13. Realizar una reunión sobre el Convenio de Pagos y Créditos Recíprocos (CCR) de ALADI a ser convocada por esa Asociación, a la cual serán invitados representantes de otros sistemas de pagos y créditos recíprocos existentes en la región, así como países de América Latina y del Caribe que no sean miembros del CCR, con miras a intercambiar información sobre ese sistema.

14. En el marco del fortalecimiento de instituciones o fondos financieros para apoyar proyectos de desarrollo, saludar la firma del convenio constitutivo del Banco del Sur por parte de los presidentes de sus países miembros como uno de los pilares del proceso de integración regional.

Comercio

15. Reiterar la importancia de promover una mayor integración de nuestras economías como un medio para alcanzar mayores niveles de crecimiento y desarrollo económico y social, así como para garantizar la participación más efectiva de la región en la economía mundial, propendiendo a la disminución de barreras técnicas que dificulten el comercio.

16. Continuar promoviendo iniciativas de integración de alcance regional y subregional, multilateral y bilateral, y abiertas al comercio internacional con la convicción de que permitirán la conformación de un espacio económico común latinoamericano y caribeño.

17. Instruir a nuestros Ministros de comercio exterior o sus homólogos a elaborar y consensuar las medidas necesarias para preservar y profundizar, en beneficio de los países de la región, los niveles de comercio y de acceso a mercados con el objetivo de estimular el comercio intrarregional de bienes y servicios, toda vez que éste constituye una herramienta importante para compensar la caída de la demanda registrada en el resto del mundo. Asimismo, les encomendamos que implementen medidas destinadas a favorecer el acceso al mercado para las exportaciones de los países en desarrollo, en particular las economías más pequeñas y los países en desarrollo sin litoral marítimo. Queremos crear condiciones de mercado que permitan una mayor y más equitativa participación de estos países a fin de aprovechar los beneficios del comercio intrarregional.

18. Además, encomendar a los Ministros encargados del comercio exterior a continuar trabajando en favor de la construcción de un sistema multilateral de comercio más justo y equitativo, capaz de satisfacer las necesidades de los países en desarrollo, especialmente las de los países de menor desarrollo relativo. En ese sentido, resaltar la urgencia de la conclusión de las negociaciones de la Ronda de Doha de la Organización Mundial de Comercio (OMC).

19. Manifestar nuestro reconocimiento a la Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL), por sus aportes a las políticas conducentes al desarrollo y a la integración de los países de América Latina y el Caribe y apoyar la realización de su XXXIII Período de Sesiones a fines de mayo, en Brasil.

Energía

20. Subrayar que América Latina y el Caribe enfrentan serios desafíos en materia energética vinculados al aumento de la demanda y a la fluctuación en los precios y la oferta de energía y reconocemos la imperiosa necesidad de reducir la vulnerabilidad de la región en ese sentido.

21. Reconocer la necesidad de ampliar y emprender acciones específicas que permitan a las economías más pequeñas y los países menos desarrollados alcanzar un acceso justo, equilibrado y constante a las diversas formas de energía, a la vez que propicien el desarrollo sustentable económico y social de nuestros pueblos. Destacamos, de igual manera, la importancia de la cooperación y la integración como medios para estimular la eficiencia y el ahorro energético, así como el uso racional y eficiente de los recursos energéticos tanto fósiles como renovables.

22. Aprovechar las posibilidades de complementariedad energética regional y subregional y, con dicho propósito, fortaleceremos esfuerzos concertados para utilizar eficientemente las fuentes tradicionales de energía, y estableceremos medidas que promuevan el uso y expansión de fuentes de energía renovables, promoviendo el intercambio de experiencias y la transferencia de tecnología sobre programas nacionales de biocombustibles, turbinas eólicas, energía geotérmica, energía solar, hidrogeneración de electricidad y otras nuevas tecnologías de energía. Afirmamos, por ello, que es necesario que en nuestros países se realicen inversiones que permitan desarrollar a largo plazo nuestras potencialidades en materia de energías renovables y no renovables, así como la transferencia de tecnologías y el adiestramiento y capacitación técnica necesarios para alcanzar soluciones eficientes y sostenibles tanto en la producción como en el consumo de energía.

23. Reafirmar la trascendencia e importancia de la energía como recurso fundamental en el desarrollo sustentable, así como el derecho soberano de cada país de establecer las condiciones de explotación de sus recursos energéticos, y por ello renovamos nuestro compromiso de avanzar en los procesos de cooperación e integración de nuestros países con base en la solidaridad y en la complementariedad, como un esfuerzo continuo para lograr el crecimiento económico sustentable y equitativo de sus pueblos. Reconocemos, en tal sentido, las valiosas iniciativas de cooperación e integración energética que se están implementando en la región.

Integración física en Infraestructura

24. Expresar nuestro compromiso con la efectiva integración geográfica de América Latina y el Caribe, a través de la creación de la infraestructura física necesaria y la convergencia entre los diversos procesos de integración subregionales por lo que emprenderemos la elaboración y puesta en marcha de una la estrategia de integración física de la región

25. Intensificar, para ello, esfuerzos en el campo de la infraestructura para : promover y ejecutar políticas de ampliación de la conectividad y proyectos para ampliar los servicios de transporte aéreo, marítimo, fluvial y terrestre, así como el transporte multimodal ; diseñar y ejecutar políticas públicas que atiendan, los requerimientos de la integración fronteriza a fin de agilizar su concreción aprovechando los marcos e iniciativas vigentes ; e identificar y superar dificultades normativas y regulatorias.

26. Ampliar el intercambio entre el Proyecto Mesoamérica y los mecanismos de integración en el ámbito de la UNASUR, a través del Consejo de Infraestructura y Planeamiento (CIP), que incorporará a la IIRSA. Promoveremos la incorporación a ese diálogo tanto de las instancias caribeñas equivalentes, como de las establecidas en ALBA-TCP y Petrocaribe, para la realización de reuniones similares entre mecanismos subregionales vinculados con la integración de la infraestructura física en América Latina y el Caribe.

Ciencia y tecnología

27. Promover el tratamiento del tema “Tecnología y Desarrollo Productivo” en los diálogos de América Latina y el Caribe con otros actores internacionales.

28. Reconocer el potencial que las tecnologías de la información y las comunicaciones tienen para el desarrollo de la democracia, la economía y el progreso social. Destacamos, por ello, la conveniencia de compartir el conocimiento, la tecnología y la información, aprovechando la infraestructura de conectividad y promoviendo en nuestras poblaciones el acceso universal a la misma.

29. Fortalecer nuestro empeño para que el importante desarrollo científico logrado en la región en el último decenio se pueda convertir en servicios, productos y procesos accesibles a las economías y a las sociedades de los países latinoamericanos y caribeños, por medio de políticas inclusivas de innovación.

Desarrollo Social

Programas sociales y erradicación del hambre y la pobreza

30. Reiterar que el hambre y la pobreza representan una de las peores formas de violación de los Derechos Humanos. Por ello, la lucha para erradicarlas es un desafío ético, político y económico para todos. En este empeño, es necesario explorar e implementar nuevas formas de cooperación y solidaridad internacionales en apoyo a los esfuerzos nacionales así como garantizar el acceso a alimentos de calidad, ricos en nutrientes, para avanzar hacia sociedades mejor integradas en un mundo globalizado, más participativas, con rostro humano e inclusión social.

31. Concentrar los esfuerzos de política social en la población en situación de mayor vulnerabilidad para responder al desafío de la pobreza, la desigualdad y el hambre, y alcanzar el mayor desarrollo económico y social de los pueblos latinoamericanos y caribeños sobre la base de la integralidad, la no discriminación y el reconocimiento de la persona como sujeto de derecho. Continuaremos impulsando, por lo tanto, políticas de desarrollo social para asegurar dentro de los ámbitos nacionales un enfoque que priorice los programas dirigidos a la reducción de la pobreza, la desigualdad y el hambre.

32. En relación con los Objetivos de Desarrollo del Milenio y considerando que en septiembre de 2010 se realizará la Sesión de Alto Nivel de la Asamblea General de las Naciones Unidas sobre este tema, expresamos nuestra preocupación por el lento avance en su consecución, razón por la cual enfatizamos la necesidad de impulsar los mayores esfuerzos para alcanzar su cumplimiento.

33. Garantizar que los acuerdos de comercio regionales e internacionales en que participen los países de la región respondan a las necesidades relacionadas con el desarrollo social con equidad, el acceso a alimentos nutritivos y acordes a las costumbres locales y la implementación sostenible de las Metas del Milenio y otros metas de desarrollo internacionalmente acordadas.

34. Promover la elaboración de un plan de acción integral de política pública en materia social para concretar la cooperación y hacer más efectiva la ayuda para los países de renta media y baja, según lo acordado en las conferencias internacionales de alto nivel en la materia.

35. Reconocer que la erradicación de la pobreza, el pleno empleo productivo para todos y la integración social son interdependientes y se refuerzan mutuamente, y que por lo tanto, debe crearse un entorno propicio para que todos estos objetivos puedan alcanzarse simultáneamente.

Seguridad alimentaria y nutricional

36. Promover la coordinación regional de iniciativas así como el intercambio de tecnologías y recuperación de tecnologías tradicionales entre otras acciones para garantizar la seguridad alimentaria y nutricional, por medio de políticas públicas que impulsen el desarrollo rural, la producción sustentable de alimentos, su inocuidad, su almacenaje, su distribución y comercialización, así como crédito y seguro agrícolas.

37. Incorporar la perspectiva de derechos humanos y de género en la elaboración y revisión de las estrategias nacionales orientadas a garantizar la seguridad alimentaria y nutricional, con amplia participación social, particularmente de los sectores más vulnerables y no permitiremos el abuso monopólico en el sector de alimentos.

38. Impulsar el desarrollo productivo, tecnológico y de inversiones así como la introducción de tecnologías social y ambientalmente sanas de producción agrícola, el aumento de la productividad y competitividad de los pequeños y medianos productores, incluyendo los campesinos, y su acceso a los recursos productivos.

39. Fortalecer los procesos de integración en el ámbito alimentario y conjugaremos esfuerzos en apoyo a la Iniciativa América Latina y el Caribe Sin Hambre 2025.

Educación, salud y servicios públicos

40. Ampliar la cooperación regional para promover el acceso universal, equitativo y de calidad a la educación primaria y a los servicios de salud, saneamiento y suministro de agua potable, en especial para las personas en condición de pobreza extrema. Buscaremos atender las necesidades específicas de salud de la juventud, asegurar la reducción de la desnutrición y la mortalidad infantil, mejorar la salud materna y combatir las epidemias de mayor impacto, prestando especial atención a las zonas rurales.

41. Buscar garantizar que las políticas y programas nacionales de desarrollo de la juventud atiendan sus necesidades particulares e involucren a los jóvenes y a las organizaciones dirigidas por ellos en el desarrollo de políticas nacionales que les atañen.

42. Adoptar programas integrales y flexibles, adaptados a las realidades socioeconómicas y culturales de cada país, región y grupo poblacional, que permitan erradicar el analfabetismo en todos los países de América Latina y el Caribe antes del año 2015.

43. Ampliar también la cooperación regional así como una respuesta coordinada e integral para garantizar, entre otras cuestiones, la reducción de la mortalidad infantil, el mejoramiento de la salud materna, especialmente en las zonas rurales, y la lucha contra las epidemias de alto impacto como el VIH/SIDA y el virus H1N1. Trabajaremos del mismo modo a nivel nacional, regional e internacional para reducir y controlar la diseminación de enfermedades no transmisibles que representan una seria amenaza al desarrollo y celebramos la iniciativa de los países miembros de la CARICOM a convocar en la Sede de las Naciones Unidas una Reunión de Alto Nivel sobre enfermedades crónicas no transmisibles en 2011.

Cultura

44. Reafirmar que todas las culturas tienen derecho a existir y preservar sus prácticas tradicionales y milenarias inherentes a su identidad. En ese sentido, promoveremos la historia, las tradiciones, los valores, la diversidad cultural y el entendimiento mutuo entre los pueblos de América Latina y el Caribe, conscientes de la contribución positiva que tendrá en la profundización de la integración regional. De igual modo, incentivaremos la cooperación, la integración cultural y el desarrollo de industrias creativas.

45. Reconocer, en consonancia con el respeto a los derechos humanos y el bienestar de nuestros pueblos, el derecho de nuestros Estados para establecer, de conformidad con el Derecho Internacional, las acciones normativas y otras medidas que juzguen convenientes para preservar y defender las manifestaciones ancestrales de sus pueblos, las cuales deben ser respetadas por la comunidad internacional.

46. Estimular la diversidad cultural como un componente indispensable de las políticas públicas para reducir la pobreza, promover la equidad y alcanzar las Metas de Desarrollo del Milenio.

Migración

47. Promover el pleno respeto de los derechos humanos de los migrantes y sus familias, en los países de origen, tránsito y destino, independiente de su condición migratoria, y trabajaremos para que la migración ocurra de manera informada, segura y conforme a las disposiciones relacionadas con la atención consular. Reafirmamos nuestro decidido compromiso de combatir el racismo y la xenofobia a que puedan ser sometidos los migrantes, promoviendo la reivindicación de sus capacidades como actores políticos, económicos, culturales y científicos, fundamentales para impulsar procesos de desarrollo e integración, en las sociedades de origen y de destino.

48. Continuar intensificando las acciones orientadas a prevenir y combatir la trata de personas y el tráfico ilícito y explotación de migrantes en todas sus modalidades y garantizar la plena protección y atención a las víctimas de estos delitos, en especial de mujeres, niños y adolescentes. Asimismo, crear instancias de coordinación entre países de origen, tránsito y destino para combatir estos delitos.

49. Facilitar la integración de los migrantes a las sociedades de acogida, promover facilidades para la residencia, el trabajo y la regularización, en consonancia con las legislaciones nacionales.

50. Promover la cooperación y el intercambio de experiencias y buenas prácticas a nivel nacional, regional y subregional en el combate al crimen organizado, al tráfico ilícito de migrantes y a la trata de personas, en especial cuando se trata de proteger a los grupos de personas migrantes más vulnerables : niños, niñas, adolescentes, mujeres, pueblos originarios y afrodescendientes.

Género

51. Estamos convencidos que el desarrollo económico y social en nuestros países y el logro de una democracia plena sólo son posibles a partir de una efectiva equidad entre hombres y mujeres por lo que impulsamos la inclusión de la perspectiva de género en el diseño, implementación y evaluación de toda política pública.

52. Nos comprometemos, en ocasión de la Declaración de la OEA del año 2010 como año interamericano de la mujer, a continuar trabajando por la plena implementación de la Convención Interamericana para prevenir, sancionar y erradicar la violencia contra la mujer (Convención de Belem do Pará) y de los objetivos contenidos en la Declaración de Beijing y su plataforma de acción, de cuya adopción se cumplen quince años.

53. Considerar prioritarias la erradicación del hambre y la pobreza y las acciones tendientes a garantizar que todos los hombres y mujeres de nuestra región cuenten con alimentación y vivienda adecuadas, acceso a la salud -incluyendo su dimensión sexual y reproductiva-, a la educación y al trabajo decente, de manera de poder alcanzar niveles dignos de vida.

Desarrollo Sostenible

54. Actuar solidariamente en la construcción de una estrategia de cooperación internacional que fortalezca la relación entre el medio ambiente y el desarrollo, apoyando los esfuerzos de los países en desarrollo sin litoral marítimo, pequeños Estados insulares y costeros en desarrollo, y estimulando acciones que protejan y valoricen el patrimonio natural de la región.

55. Estimular la identificación, fortalecimiento e intercambio de buenas prácticas de desarrollo sostenible en la región, en temas como la incorporación del componente ambiental en las acciones gubernamentales, la participación social en políticas públicas y el manejo sustentable de los recursos naturales. Impulsaremos iniciativas con el objeto de convertir a los países de América Latina y el Caribe en exportadores de servicios ambientales.

56. Fortalecer la Iniciativa Latinoamericana y Caribeña para el Desarrollo Sostenible (ILAC).

57. Promover la cooperación en materia de manejo sustentable del patrimonio natural, la conservación de la biodiversidad, los ecosistemas y el agua.

58. Reconocer y saludar la decisión del Ecuador de promover la iniciativa Yasuní ITT, por constituir una efectiva medida voluntaria para enfrentar el problema del cambio climático, garantizar la sobrevivencia de los pueblos indígenas en aislamiento voluntario y garantizar la conservación de uno de los lugares más biodiversos del mundo.

59. Estimar que las acciones verdaderas para enfrentar los problemas derivados de los cambios climáticos, como por ejemplo las iniciativas de gestión ambiental sostenible de bosques y de otros ecosistemas clave como los humedales ; la eficiencia energética y el desarrollo de fuentes nuevas y renovables de energía ; la transformación de los sistemas de transporte ; la innovación científica y tecnológica ; sólo pueden ser sustentables si están implementadas de manera social y ambientalmente responsable ; respetando todos los derechos consagrados de los pueblos y comunidades.

Cambio climático

60. Manifestar nuestra preocupación por el ritmo al que avanza el calentamiento global y subrayamos que es preciso sumar esfuerzos en apoyo de las iniciativas de nuestros países para enfrentar de manera conjunta la amenaza que representa el cambio climático. En ese sentido, enfatizamos nuestro compromiso con la plena, eficaz y sostenida implementación de la Convención Marco de las Naciones Unidas sobre Cambio Climático y del Protocolo de Kioto en un esfuerzo global con base en el principio de las responsabilidades comunes pero diferenciadas, las respectivas capacidades nacionales y las legítimas aspiraciones de los países en desarrollo.

61. Promover en el ámbito de la Conferencia de las Partes del Convenio Marco de las Naciones Unidas sobre Cambio Climático, y a la luz de éste, un mecanismo financiero predecible, transparente y eficaz, que asegure la adecuada provisión de flujos financieros internacionales nuevos, adicionales y suficientes, para apoyar los esfuerzos de mitigación y adaptación de nuestros países conforme a la Convención sobre Cambio Climático.

62. Subrayar la necesidad de que los países desarrollados cumplan sus compromisos bajo la Convención Marco de las Naciones Unidas sobre Cambio Climático en materia de financiamiento, acceso y transferencia de tecnología y creación de capacidades suficientes en los países en desarrollo particularmente vulnerables a los efectos del cambio climático, especialmente los países menos desarrollados y los pequeños estados insulares y países costeros en desarrollo con tierras bajas, para brindarles cooperación en la mitigación y adaptación, sin condicionalidades.

63. Manifestar nuestro beneplácito por el hecho de que nuestra región será sede de la Décimo Sexta Conferencia de las Partes en la Convención Marco (COP 16) y la Sexta Reunión de las Partes del Protocolo de Kioto (CMP 6), y expresamos nuestro respaldo a México a fin de que, mediante un proceso de negociación transparente e incluyente, sea posible alcanzar en la Conferencia un acuerdo amplio, ambicioso y eficaz que responda a las necesidades de nuestra región y resulte en un fortalecimiento del régimen internacional establecido en la Convención Marco de las Naciones Unidas sobre cambio climático y el Protocolo de Kioto, y en beneficio de la humanidad en su conjunto. Coincidimos en que es necesario que los resultados de la COP 16 tengan un carácter jurídicamente vinculante como un paso decisivo en la lucha contra el cambio climático.

Desastres Naturales

64. Destacar la urgencia de concretar y desarrollar los diversos compromisos y mandatos asumidos por los gobiernos de América Latina y el Caribe en materia de desastres naturales, en especial el establecimiento de un mecanismo que permita dar una respuesta regional rápida, adecuada y coordinada a los mismos, a solicitud del Estado concernido y articulada con éste. A este efecto, subrayar el papel articulador de los organismos e instancias regionales competentes en ese ámbito.

65. Subrayar la relación intrínseca entre la reducción de desastres, el desarrollo sustentable y la erradicación de la pobreza entre otros, y reconocemos por ello la necesidad de fortalecer la capacidad de prevención, mitigación, respuesta y atención de las víctimas de los desastres a través de la adopción de políticas apropiadas y el incremento de la cooperación internacional para fortalecer y potenciar las capacidades nacionales. Reconocemos del mismo modo la importancia de la Declaración y el Marco de Acción de Hyogo, el Plan de Acción de Barbados, el Programa Interamericano para el Desarrollo Sostenible y la Declaración de Florianópolis de la II Reunión Regional de Mecanismos Internacionales de Asistencia Humanitaria, para los países que son parte del mismo, al tratar la problemática de los desastres.

66. Asegurar la coordinación necesaria entre los mecanismos de prevención, reducción de riesgos, mitigación y respuesta a los desastres naturales, en los niveles nacional, regional y global, en los esfuerzos para el cumplimiento de los objetivos de reducción del riesgo de desastres naturales. Nos proponemos incorporar la temática de reducción de riesgos a causa de desastres naturales en las políticas y procesos de planificación y aumentar la capacidad de resistencia a nivel comunitario, local, nacional y regional mediante la investigación, la ampliación de mecanismos para compartir el costo de la prevención de riesgos y el intercambio de datos e información, entre otros.

67. Fortalecer las iniciativas regionales de asistencia humanitaria y promoveremos el establecimiento de protocolos de ayuda mutua u otros dispositivos simplificados de respuesta ante desastres naturales.

68. Instruir a los organismos e instancias con experiencia en esos rubros con que cuenta América Latina y el Caribe : la Agencia Caribeña de Manejo a Emergencias en Casos de Desastre (CDEMA), el Centro de Coordinación para la Prevención de los Desastres Naturales en América Central (CEPREDENAC), el Comité Andino para la Prevención y Asistencia de Desastres (CAPRADE) y la Reunión Especializada de Reducción de Riesgos de Desastres Socionaturales, la Defensa Civil, la Protección Civil y la Asistencia Humanitaria del MERCOSUR (REHU), a definir las sinergias entre ellos y a poner en práctica de manera urgente un esquema de coordinación y cooperación de alcance regional que permita optimizar los recursos e incrementar nuestra capacidad y eficiencia para preparar a nuestras poblaciones y responder en casos de desastres naturales.

69. Promover medidas para la educación y la capacitación en materia de protección ambiental con miras a generar una conciencia colectiva y en consecuencia mitigar los efectos de los desastres naturales provocados por el hombre.

70. Constituir un Grupo de Trabajo de conformación abierta para avanzar en la implementación de esos objetivos.

Derechos Humanos

71. Afirmar el principio de que todos los derechos humanos y las libertades fundamentales son universales, indivisibles, interdependientes e interrelacionados y que, en consecuencia, debe prestarse igual y decidida atención a la aplicación, promoción y protección tanto de los derechos civiles y políticos, como de los derechos económicos, sociales y culturales, incluido el derecho al desarrollo.

72. Fomentar y fortalecer la cooperación internacional para la promoción y protección de todos los derechos humanos y las libertades fundamentales, de conformidad con la Declaración Universal de los Derechos Humanos y los instrumentos jurídicos internacionales tanto de derechos humanos como de derecho internacional humanitario.

73. Reforzar la incorporación del enfoque de género en el diseño y ejecución de nuestras políticas, en las tareas estratégicas para el desarrollo económico-social y en el fortalecimiento de la democracia.

74. Fomentar el intercambio sobre experiencias nacionales en la preparación y presentación de informes ante el Mecanismo de Examen Periódico Universal (UPR) como un instrumento eficaz para la consideración y promoción de los derechos humanos en todos los países en condiciones de igualdad, según los compromisos de cada país. Trabajaremos por preservar la integridad, la objetividad y el equilibrio de este mecanismo.

75. Dar renovado impulso a la educación en materia de derechos humanos. Promoveremos políticas de educación inclusiva y de calidad al alcance de todos, con plena adhesión a valores como la tolerancia, la solidaridad y la equidad, a la promoción del enfoque de género y al respeto a la diversidad y a la identidad cultural de nuestros pueblos.

76. Promover el reconocimiento y la realización de los derechos de tercera generación o de solidaridad, en particular el derecho al desarrollo, así como el tratamiento de la temática de los derechos de los adultos mayores.

Asuntos de Seguridad

77. Estimamos indispensable reforzar la capacidad de iniciativa de los Estados de América Latina y el Caribe en apoyo del sistema multilateral para la paz, la seguridad y el desarrollo basado en el estricto cumplimiento del derecho internacional y el apego a los propósitos y principios de la Carta de las Naciones Unidas.

78. Considerar que las nuevas amenazas a la seguridad, tales como el terrorismo en todas sus formas y manifestaciones, el problema mundial de las drogas y los delitos conexos, el crimen transnacional organizado, el tráfico ilícito de armas, la delincuencia común que afecta la seguridad ciudadana, las amenazas a la salud pública internacional, en particular el VIH/SIDA y el H1N1, los desastres naturales, el tránsito de desechos tóxicos y de material radiactivo por nuestras aguas, entre otras, y en especial sus efectos en América Latina y el Caribe, deben ser enfrentadas integralmente mediante una cooperación internacional eficaz, articulada y solidaria, a través de las organizaciones e instancias competentes y basada en el respeto a la soberanía de los Estados, a la legislación interna de cada país y al derecho internacional.

79. Con el propósito de profundizar las acciones en favor del desarrollo socioeconómico con democracia, justicia e independencia, consideramos necesario afirmar el concepto de que la seguridad de nuestra región debe atender tanto a los aspectos de la paz y la estabilidad, como los que atañen a la vulnerabilidad política, económica y financiera, conforme al derecho internacional. En este sentido, reiteramos el compromiso de la región para concertar acciones para :

• Estimular iniciativas en favor del desarme y la seguridad internacionales.
• Alentar la confianza recíproca y promover la solución pacífica de los problemas y conflictos que afectan a la región.
• Contribuir, a través de la cooperación y la consulta, a la defensa, fortalecimiento y consolidación de las instituciones democráticas.
• Impulsar y ampliar el diálogo político con otros Estados y grupos de Estados, dentro y fuera de la región.
• Concertar posiciones con el propósito de fortalecer el multilateralismo y la democratización en la adopción de las decisiones internacionales.
• Continuar el establecimiento de zonas de paz y cooperación en nuestra región.
• Fomentar los procesos de integración y cooperación para el desarrollo con miras a fortalecer la autonomía de la región.
• Emprender una lucha activa y coordinada para erradicar la pobreza, el hambre, la marginación, el analfabetismo y la insalubridad.
• Reforzar la cooperación contra el narcotráfico, así como contra el terrorismo.

80. La paz en nuestra región está profundamente ligada al respeto a los principios de la libre determinación de los pueblos, la no intervención en los asuntos internos de los Estados, la solución pacífica de las controversias, la proscripción de la amenaza o del uso de la fuerza, la igualdad jurídica de los Estados y la cooperación internacional para el desarrollo.

Problema Mundial de las Drogas

81. Reafirmar el compromiso de nuestros países en la lucha contra el problema mundial de las drogas, con un enfoque integral y equilibrado basado en la vigencia del principio de responsabilidad compartida, en virtud de lo cual resaltamos la importancia de la cooperación internacional con respeto a la soberanía de cada Estado.

82. Ratificar nuestro firme compromiso de continuar las acciones contra el consumo, la producción, el tráfico y la distribución ilícitos de estupefacientes y sustancias sicotrópicas y sus delitos conexos. Estamos convencidos de que esa lucha, que debe ser parte de una solución integral donde estén contemplados los aspectos sociales y económicos relacionados con este flagelo, contribuirá al desarrollo social y humano de nuestras sociedades y al cumplimiento de los compromisos mutuos.

Terrorismo

83. Rechazar enérgicamente el terrorismo en todas sus formas y manifestaciones y reafirmaron que cualquiera sea su origen o motivación no tiene justificación alguna. Reiteraron asimismo, su compromiso de prevenir, combatir y eliminar el terrorismo y su financiación mediante la más amplia cooperación y con pleno respeto a las obligaciones impuestas por el derecho interno y el derecho internacional, en particular de los derechos humanos y el derecho internacional humanitario.

Cooperación Sur – Sur

84. Destacar la importancia de la cooperación Sur-Sur, inspirada en el espíritu de solidaridad, sin sustituir o reemplazar las fuentes tradicionales de cooperación al desarrollo.

85. Impulsar las iniciativas de cooperación Sur-Sur y Norte-Sur para la promoción del desarrollo sostenible y continuaremos fomentando la cooperación triangular dentro del sistema multilateral.

86. Hacer un llamado a la comunidad internacional de continuar brindando cooperación para apoyar los esfuerzos de desarrollo de los países de renta media, tal como fuera acordado en el Consenso de El Salvador sobre Cooperación para el Desarrollo con Países de Renta Media. En este marco, reiteramos la importancia de promover la implementación oportuna de las resoluciones de Naciones Unidas, así como ejecutar acciones para concretar dicha cooperación.

Finalmente,

87. Incorporar el Plan de Acción de Montego Bay como documento anexo de la presente Declaración, con objeto de profundizar en el cumplimiento de la agenda latinoamericana y caribeña.

88. Las Jefas y los Jefes de Estado y de Gobierno de América Latina y el Caribe expresaron su agradecimiento al Presidente de México por la iniciativa de celebrar la Cumbre de la Unidad de América Latina y el Caribe en la Riviera Maya, México, los días 22 y 23 de febrero de 2010, y manifestaron su gratitud al gobierno y al pueblo mexicanos por la cálida acogida y hospitalidad que facilitaron el resultado exitoso de la Cumbre.

Riviera Maya, México, 23 de febrero de 2010



L’UNASUR s’associe à la création d’un nouveau bloc régional sans les USA

Sommet unasur

L’UNASUR a franchi un pas de plus vers leur indépendance vis à vis des Etats-Unis, et dans leur processus d’intégration régional. Comme nos analyses semblent le montrer : l’Amérique Latine bouge…

En effet, réunis à la Riviera Maya, Cancun (Mexique), les représentants de 33 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe ont décidé, le 23 février 2010, la création d’un nouveau bloc régional dont ni les Etats-Unis ni le Canada ne feront partie, alors qu’ils sont présents au sein de l’Organisation des Etats américains (OEA) dont Cuba avait été exclue et où elle n’entend pas être réintégrée.

Les statuts de la nouvelle organisation seront définis lors d’une nouvelle rencontre prévue à Caracas en 2011.

S’il est donc trop tôt pour connaitre les perspectives réelles de cette initiative et son potentiel, l’analyse de la déclaration finale du Sommet indique une ambition importante. En effet, celle-ci propose la construction d’un « espace commun dont l’objectif est d’approfondir l’intégration politique, économique, sociale et culturelle de (la) région et de développer des engagements concrets en vue d’une action conjointe pour la promotion d’un développement soutenable de l’Amérique latine et de la Caraïbe, dans le cadre de l’unité, de la démocratie, du respect strict des droits de l’homme, de la solidarité, de la coopération, de la complémentarité et de la concertation politique ».

Dans ce cadre, le texte se décline en 88 points qui touchent à peu près tous les domaines d’action des gouvernements aux niveaux national, régional et international . Ainsi, commerce, questions énergétiques, développement social, culture, migrations, développement soutenable, changement climatique, environnement, droits humains et promotion de nouveaux droits, coopération Sud/Sud constituent l’architecture du document

Lors de ce sommet Raul Castro, le président Cubain, a fait le commentaire suivant :

« La majorité des régions du monde ont leur propre organisation, indépendamment de leur appartenance à d’autres organisations. Il n’y a aucune raison que l’Amérique latine ne dispose pas de sa propre entité de concertation politique, de coordination économique, de coopération et d’intégration. Faire traîner ce processus n’aurait pas de sens ».

Source : AFP, Marianne2, Tiempo, El comercio.

Auteur : Serge Sedille

La nouvelle guerre des Malouines

amerique du sud

Il y a presque 28 ans se jouait dans l’Atlantique Sud la dernière guerre navale du XXe siècle. La guerre des Malouines ainsi qu’on la nomme en France voyait s’affronter deux puissances en mal de reconnaissance, d’un côté l’Argentine de la junte et de l’autre le Royaume-Uni alors dirigé par la Dame de Fer. L’envahissement du petit archipel par les forces argentines au début de l’année 1982 allait marquer le début de la dernière grande démonstration de force navale entreprise unilatéralement par un pays européen : l’Operation Corporate, rebaptisée par les médias britanniques l’Empire Contre-attaque.

Même si Borges a par la suite décrit ce conflit comme « deux chauves se battant pour un peigne », les Malouines, hors de tout contexte de politique intérieure argentine ou britannique, revêtaient un intérêt stratégique certain. Militairement d’abord, pour une nation qui se rêvait alors encore empire, la possession des Malouines affirmait l’autorité chancelante de sa gracieuse majesté dans l’Atlantique sud, à proximité de l’Antarctique riche en ressources naturelles. De plus les Malouines elles-mêmes se révèlent maintenant être riches en matières premières énergétiques et plus spécialement en pétrole.

Aujourd’hui, alors que les Argentins n’ont jamais accepté la perte de l’archipel, un nouvel acte est en train de se jouer pour la possession de ces stratégiques rochers couverts d’une lande clairsemée. En effet, la Geological Society of London annonce qu’il y aurait sous les eaux bordant l’archipel un « trésor » de 60 milliards de barils de brut attendant d’être exploité. Aux vues des cours actuels du pétrole et des difficultés que rencontre le Royaume-Uni dans ses exploitations d’hydrocarbures de Mer du Nord, la mise en service, bien que coûteuse, de ces nouveaux champs pétrolifères redonnerait de l’air à une économie particulièrement impactée par la crise. Le gouvernement Brown, critiqué pour sa gestion de la crise financière, pourrait trouver ici une nouvelle source de liquidités qui seraient forcément les bienvenues.

Toutefois ce serait sans compter sur l’Argentine, elle aussi alléchée par la promesse de ce pactole. Certes nous ne sommes plus aux temps d’une junte militaire conquérante désireuse de redorer son blason par une action d’éclat extérieure, néanmoins la situation du pays n’est pas très brillante. L’Argentine reste dirigée par une classe oligarchique qui, cachant sous le vocable de péronisme ce qu’on nommerait partout ailleurs du clientélisme forcené, fait fuir tous les investisseurs étrangers par la corruption galopante qu’elle instaure dans le pays. Les Kirchner sont ainsi de plus en plus contestés par une population qui prend conscience des ravages qu’à fait la crise dans un pays qui souffre de très graves difficultés économique depuis près d’une décennie.

Ainsi le gouvernement argentin, aiguillonné par Hugo Chavez, spécialiste sud-américain ès pétrole et déclarations provocantes, veut à tout prix empêcher une exploitation britannique du pétrole sous-marin des Malouines. La tension monte entre Londres et Buenos Aires et, même si l’on est très loin d’une réédition de la guerre des Malouines, les gouvernements européens et sud-américains commencent à regarder avec attention et appréhension les mouvements des deux protagonistes, surtout qu’un premier navire d’exploration-production doit bientôt arriver à Port Stanley.

Ce conflit, géoéconomique à l’heure actuelle, n’est pas sans rappeler d’autres situations comme celle de la dispute autour des îles Spratly. Les archipels des îles Spratly et Paracel se situent en mer de Chine méridionale et, potentiellement très riches en hydrocarbures, font aussi l’objet d’une compétition acharnée entre la Chine, le Vietnam (soutenu par la Russie), les Philippines (soutenues par les USA), la Malaisie, Taiwan et Brunei. Les déploiements de navires de guerre, manœuvres conjointes et autres occupations militaires d’îlots sont ainsi le quotidien de la Mer de Chine depuis quelques années, en espérant que l’escalade s’arrête à ce stade.

Alors que le marché des hydrocarbures devient de plus en plus tendu, la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement prend l’aspect d’une véritable lutte pour l’indépendance énergétique voire pour la survie économique. Dans un tel contexte deux options se profilent : l’exploitation des abondantes ressources non-conventionnelles, citons pour le gaz les shale gas, thight gas ou coalbed methane (1), ou l’affrontement pour les nouveaux gisements. Comme ces derniers se trouvent la plupart du temps offshore, c’est aussi une question de souveraineté territoriale qui est soulevée. Beaucoup d’Etats n’ayant pas ratifié ou remettant en question la convention de Montego Bay de 1982 définissant les zones économiques exclusives, les contestations sur la propriété de ces gisements sont de plus en plus courantes.

Pour l’instant aucun de ces affrontements géoéconomiques ne s’est transformé en guerre chaude. Toutefois il n’est pas à exclure que dans un contexte de tension grandissante sur le marché des énergies fossiles, on assiste à nouveau au déploiement d’une escadre navale de taille conséquente. La guerre des Malouines de 1982 avait fait près de 1000 morts ; étant donnés les progrès de l’armement, une nouvelle guerre pourrait être bien plus dévastatrice.

(1)   International Energy Agency, World Energy Outlook 2009, Paris, 2009, p.390 et suivantes.

Auteur  : Nicolas Mazzucchi, Equipe unasur.Fr

L’équipe d’unasur.fr s’agrandit : Isabelle Le Guay‏ nous a rejoint

unasur

Unasur.fr accueille Isabelle Le Guay dont voici une brève présentation.

Récemment diplômée de l’école de commerce EPSCI du Groupe ESSEC, Isabelle intègre l’Ecole de Guerre Economique pour l’année 2010. Ses nombreux séjours passés à l’étranger, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Amérique du Nord la poussent naturellement à s’intéresser aux différences culturelles. Le site UNASUR représente ainsi pour elle un moyen de matérialiser cette réflexion autour de l’actualité géopolitique d’un continent entier. Isabelle intègre ainsi l’équipe d’unasur.fr en septembre 2009, et rentre officiellement dans l’équipe ce mois-ci.

Unasur.fr au 2e Forum Economique Latino-américain

amerique du sud

Le 2e Forum Economique Latino-américain qui s’est tenu à Paris le 25 janvier dernier sous l’égide commune de l’OCDE et de la Banque Interaméricaine de Développement a été riche d’enseignements pour tous ceux qui se posent des questions quant à la sortie de crise des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Alors que l’OCDE vient, avec le Chili, d’accueillir sont deuxième membre latino-américain après le Mexique et que d’autres pays comme le Brésil se positionnent pour y entrer, un point de situation sur l’économie du sous-continent s’imposait.

Les sessions de travail, réparties en trois table-rondes thématiques ont permis de confronter les visions étatiques, entrepreneuriales et financières sur l’Amérique Latine. La réunion de ces points de vue forts différents à Paris était aussi le signe d’une volonté commune des pays latino-américains et européens de collaborer ensemble pour le développement de la région qui, malgré sa position émergente, offre de très intéressantes perspectives tant politiques qu’économiques.

La première table ronde qui réunissait les ministres des finances de plusieurs pays de l’Amérique Latine a permis de mettre en lumière un point essentiel quant aux différentes manières dont les pays latino américains ont traversé la crise. En effet ce sont les pays comme le Brésil, avec un fort dirigisme économique, une grande implication de l’Etat dans les choix de ses entreprises et une grande capacité d’intervention de puissantes banques d’Etat – Luciano Coutinho, président de la BNDES était d’ailleurs présent – qui ont pu amortir, voire absorber, les chocs de ces derniers mois. L’absence, remarquée, de pays comme la Bolivie et le Venezuela, tous deux particulièrement impactés par la crise, a démontré, s’il en était besoin, l’échec du modèle Chavez reposant presqu’exclusivement sur la bonne santé du marché des matières premières.

De même les économies trop libérales ou ancrées au dollar US comme le Mexique, ont été forcées de reconnaitre que la dépendance tant politique qu’économique aux Etats-Unis, même si elle pouvait parfois être profitable, était aussi souvent porteuse d’un grand danger. Maintenant que nous sommes entrés dans une ère inédite, celle où les pays les plus avancés ne sont plus les moteurs de l’économie mondiale, la dépendance quasi-absolue aux Etats-Unis tend à devenir un handicap plus qu’un avantage.

Ainsi le Brésil s’est révélé véritable moteur économique, à défaut de pouvoir être politique dans un environnement culturel presqu’entièrement hispanophone. Nul doute que dans les années à venir le modèle brésilien va de plus en plus s’exporter, avec des adaptations locales, aux pays du sous-continent.

Les entreprises qui se sont exprimées en dernier, ont su montrer que les grandes multinationales, GDF SUEZ, Endesa, Telefonica, savaient s’adapter aux réalités des pays émergents en proposant des offres socialement responsables, en particulier dans l’énergie. Car c’est aussi en impliquant les grandes entreprises internationales dans l’accompagnement du développement de leur pays que les gouvernements réussiront les changements sociaux qu’ils ambitionnent. Les approches de type Bottom of the Pyramid qui se développent tant en Afrique qu’en Amérique du Sud sont la preuve que les grandes entreprises sont en train, quant elles le veulent bien, d’adapter leur business model aux marchés des pays émergents, parfois condition sine qua non pour l’entrée dans ces pays.

Bien sûr il serait naïf de croire que l’Amérique Latine est l’eldorado de l’économie du XXIe siècle après avoir été celui du XVIe ; de nombreux problèmes demeurent, en particulier au niveau de la gouvernance des Etats. Ces difficultés, tentations protectionnistes, tendances clientélistes, manque de rigueur, n’ont pas été écartées du forum et les Latino-américains sont les premiers conscients de cette réalité.

Le dépassement de ces difficultés internes reste le meilleur moyen d’ancrer le continent le plus fermement possible dans le développement en lui permettant d’attirer les investisseurs étrangers ; c’est ce que veulent promouvoir conjointement l’OCDE et la BID. Souhaitons leur beaucoup de succès dans cette difficile entreprise.

Auteur présent : Nicolas Mazzucchi

Equipe Unasur.fr

Chili : Pinera remporte l’élection présidentielle 2010

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Dimanche 17 janvier 2010, les Chiliens ont voté pour élire leur nouveau président. C’est avec 51,6% de voix qu’au second tour le milliardaire Sebastian Piñera remporte les élections présidentielles face à l’ancien Président de gauche Eduardo Frei.

Cela fait exactement 20 ans que la droite chilienne n’était pas montée au pouvoir. En effet, le dernier représentant de la droite ayant eu ce pouvoir n’est autre que le général Pinochet. Malgré un bilan positif et une opinion publique favorable a 80 %, la présidente socialiste sortante,  Michelle Bachelet, n’a pas eu la possibilité constitutionnelle de se représenter.

Qui est Eduardo Frei ?

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Candidat de la Concertacion (coalition socialiste et démocrate-chrétienne) cet ancien président (1994-2000) et fils de président (1964-1970) peine à représenter le changement. Avec seulement 26 % d’intentions de vote, il est loin des 80 % de popularité de la présidente sortante Michelle Bachelet, qui ne peut se représenter.

Qui est Sebastian Piñera ?

pineda_167Il est le « Berlusconi Chilien », Requin des affaires qui a introduit les cartes de crédit dans son pays, il possède la compagnie aérienne Lan Airlines, contrôle à 100 % la chaîne hertzienne Chilevision, détient 16,8 % de Colo-Colo, légendaire club de football de Santiago, ainsi que des participations dans tous les secteurs de l’économie imaginables: bâtiment, immobilier, stations-service, distribution, banque, vignobles, télécoms, fonds de pension, etc.. En 2005, Sebastian Piñera avait été battu par la socialiste Michelle Bachelet, qui ne pouvait briguer un second mandat d’affilée.

“Aujourd’hui, la majorité des Chiliens ont parlé clairement et ils se sont exprimés pour le changement, l’avenir et l’espoir”, a dit Piñera depuis une scène montée sur la Promenade en face de son QG de campagne, sous un immense drapeau du Chili et entouré de son épouse Cecilia et de quatre enfants. L’entrepreneur élu président a convoqué la Concertation pour forger un accord de possibilité de gouvernabilité. “Je vais être un président d’unité nationale et je vais gouverner pour tous les Chiliens, mais avec un souci et une affection spéciale pour les plus humbles et la classe moyenne qui a tant besoin de cela.”

Piñera a promis de combattre le trafic de stupéfiants et la délinquance et pousser la croissance économique. Mais il s’est aussi engagé “à maintenir et à agrandir” le réseau social créé par les gouvernements de la Concertation. “Nous avons besoin d’un État fort et efficient, avec beaucoup de muscle et peu de graisse. Nous serons un gouvernement qui récupère la culture de bien faire les choses et de les faire avec le sens d’urgence. Il y a 600 000 Chiliens qui aujourd’hui n’ont pas de travail et qui ne peuvent pas attendre.”

Une victoire logique?

Cette  victoire qui aurait pu être empêchée. En Octobre 2008, la coalition gouvernementale de centre gauche perdait les mairies de la plupart des grandes villes au profit de la droite à l’occasion des élections municipales. Cette première grosse alarme aurait du forcer la gauche à s’unifier mais en politique ce sacrifice  ne semble pas être logique pour certain. Cette division a ainsi facilité la monté au pouvoir de la droite chilienne.

Serge Sedille

Le changement climatique, levier de puissance pour Lula ?

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La Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui s’est tenue à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009, s’est vue cristallisée comme « le » sommet de la dernière chance face au réchauffement.Le Brésil n’a pas ménagé ses efforts : élément moteur du sommet de Manaus fin novembre 2009, Lula a travaillé avec son homologue français Sarkozy sur la « bible climatique », duquel ressort la volonté de réduire de 50% les émissions de gaz d’ici 2050, ainsi que la promotion d’une Organisation Mondiale de l’Environnement capable de faire appliquer les engagements portés par les différents Etats-membres. La même thématique est traitée au sommet du Commonwealth, à laquelle participe le Brésil et la France. Le sommet de Copenhague ne fait parallèlement toutefois pas la une des médias du reste du continent. Les autres pays sud-américains semblent effectivement relativement indifférents à la nouvelle cause portée par le président brésilien.

A Copenhague, la confusion aura été au menu de ces douze journées. Maladresses diplomatiques de l’hôtesse danoise vis-à-vis des négociateurs désignés, discussions parallèles entre dirigeants, notamment entre les Etats-Unis et la Chine ou encore évacuation des ONG dès la neuvième journée alimentent l’actualité. C’est in extremis que les chefs d’Etat ébauchent un texte allégé à plusieurs reprises. Faute de consensus, le texte devra être représenté au sommet de Mexico qui se tiendra dans un an.

Les avis divergent quant au bilan à tirer de Copenhague. Les espoirs largement entretenus par les ONG et les medias complétés par les piètres résultats tendent à dresser un tableau pessimiste. Ce sommet permet toutefois de marquer les consciences des dirigeants étatiques sur l’urgence climatique avant le sommet de Mexico qui se tiendra dans un an. Néanmoins, l’activisme de certains pays contrastait étrangement face à l’indifférence d’autres, parfois plus attendus. Le Brésil, quant à lui, a fait figure de moteur. Applaudi durant son intervention, son président Lula a exhorté ses homologues à ne pas faire prévaloir leurs intérêts nationaux et à aider financièrement les pays en voie de développement.

Le Brésil est un grand producteur d’énergies renouvelables. En 2008, la part de la production en énergies renouvelables s’élève à près de 45%, contre 6% de moyenne dans les pays de l’OCDE. En matière de production électrique, celle-ci se compose, en 2008, à 83,4% d’énergies renouvelables. L’hydroélectricité y représente 79% et sa plus grande centrale, nationale, fournit près d’un tiers des ressources hydroélectriques. La biomasse est loin derrière, à seulement 4,3% de la production électrique du pays, soit tout de même 20 TWh par an.

Ce développement spectaculaire des énergies renouvelables est justifié par une politique d’indépendance énergétique en place depuis trente ans. Ainsi, sa capacité de production lui permet d’atteindre une autosuffisance avoisinant les 90%. Pour tendre vers cet objectif, le Brésil a ainsi lancé, dans le cadre de son plan pluri-annuel 2000-2003, un projet national d’un montant autrefois estimé à 43 milliards de dollars : Avança Brasil. Il a également contribué à la création d’initiatives continentales, telles que l’Intégration de l’Infrastructure Régionale Sud-Américaine (IIRSA). Lancée en septembre 2000 par le prédécesseur de Lula, ce projet vise à connecter les ressources naturelles avec les grandes villes du continent par des axes d’intégration et de développement régionaux, dont certaines d’entre elles seront connectées aux principales zones partenaires.

Ces initiatives ambitieuses permettent au Brésil de répondre à sa croissance en termes de consommation énergétique. Celui-ci fait donc office d’exemple en la matière. A la lumière de ces informations, nous pouvons donc comprendre le soutien de Lula pour les énergies renouvelables durant le sommet de Copenhague. Ce positionnement en tant que leader diplomatique sur le réchauffement climatique, une thématique d’envergure mondiale dont l’ampleur ira croissante, permettrait par ailleurs au Brésil de peser davantage sur la scène internationale. Les conséquences des décisions prises auront nécessairement un impact économique important. Le Brésil doit conserver l’avance technologique acquise en matière de biocarburants en l’exportant. Exportation largement facilité si un accord venait à être signé dans le cadre d’un sommet mondial. La simplicité d’implantation des biocarburants dans la chaine de consommation et son bas coût le positionnent actuellement en tête du marché.

Ces informations mettent donc en évidence les intérêts à la fois économique et diplomatique que le Brésil peut porter à la démocratisation mondiale des énergies renouvelables, à travers le message de la lutte contre le réchauffement climatique. A ce niveau, des ONG telles que Greenpeace lui reprochent de tenir un double discours. En effet, la création d’axes de transport pour la construction de centrales hydroélectriques a favorisé la déforestation (cf. le cas Belo Monte), augmentant de fait les émissions de CO2. Quant à la production intensive de bioéthanol, celle-ci expose la denrée alimentaire qu’est la canne à sucre à une spéculation boursière autrement importante. C’est d’ailleurs un des objectifs stratégiques du secteur privé et du gouvernement que de transformer le bioéthanol en commodity. Lula s’est pourtant verbalement engagé à atteindre des objectifs optimistes de réduction des émissions de CO2 d’ici 2020 : de 36,1% à 38,9% par rapport au niveau de 2005. La déforestation étant le principal accusé, c’est donc 80% de l’activité de déforestation qu’il faut réduire, la période 1995-2005 servant de référence. Or ce n’est qu’à partir des années 2000 que le phénomène prend une réelle ampleur pour atteindre un pic en 2004. Depuis, les chiffres ne cessent de baisser : la réduction n’est plus que de 34% si l’on compare cette moyenne au taux de déforestation de 2008. Cela relativise l’ambition du Brésil sur ce terrain. Cette ambition est d’autant plus relative que le Brésil est éligible au Mécanisme pour le Développement Propre. Ce mécanisme économique vise à attirer les entreprises technologiques à investir dans les pays en développement pour favoriser la réduction des émissions de CO2.

Dans la foulée du sommet de Copenhague, le président Lula a concrétisé ses paroles en promulguant une loi sur la limitation des émissions de CO2. Ce mois de janvier apportera des précisions sur les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et de l’environnement.

Isabelle Leguay

Equipe Unasur.fr

Interview de Jean-Jacques Kourliandsky sur l’Unasur

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Avant tout nous tenons a remercier Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste géopolitique et historien, chargé de recherche à l’IRIS sur l’Amérique latine et l’Espagne, pour avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Il a été l’un des premiers experts français à s’être exprimé sur la question de l’UNASUR lors de sa création.

Aujourd’hui il analyse avec nous son évolution.

- Depuis la création de l’unasur, comment l’avez vous vu évoluer ? Peut-on parler de l’émergence d’une Puissance Supranationale ?

L’UNASUR est un projet d’unité du continent sud américain qui date bien avant sa création en 2008. Si on peut reconnaitre aujourd’hui que les pays membres de l’unasur ont démontré avec ferveur leur volonté de construire cette entité supra nationale, cela ne se fera pas sans difficulté. En effet, pour pouvoir bénéficier de la pleine puissance des ces pays membres, l’unasur devra avant régler de nombreux problèmes bilatéraux. Qu’il s’agisse du Pérou avec le Chili qui sont aujourd’hui devant la cour international de justice, ou encore du Vénézuela avec la Colombie, l’unasur doit d’abord montrer à la scène internationale qu’elle est doté d’une diplomatie stable et forte. Elle est, selon moi, à même de devenir un acteur très important sur la scène internationale lorsqu’elle aura confirmé son rôle fédérateur.

- L’image de Lula et celle de Chavez sont souvent présentées tantôt positives tantôt négatives, quel est selon vous le véritable rôle de ces hommes au sein de l’Unasur?

Lula et Chavez sont deux personnes assez différentes l’une de l’autre comme le Brésil et différent du Vénézuela. L’indépendance du Vénézuela s’est fait dans une douleur bien plus profonde que celle du Brésil et on ne gouverne pas le Vénézuela comme on gouverne le Brésil. Chavez est un orateur, un provocateur qui se projette dans le rêve de Simon Bolivar, et qui par de nombreuses tactiques diplomatiques reste au pouvoir. Chavez se veut être le garant d’une idéologie d’union contre « l’impérialisme » (capitalisme)  qu’il décrit comme élément le plus grave et dangereux pour l’homme et la Terre.

Lula (Brésil), est le véritable moteur actuel de l’unasur. Le Brésil a caressé le rêve d’être reconnu sur la scène internationale comme le pays leader du continent sud américain et avec ce projet d’unasur, il montre au monde qu’il en prend le leadership. De plus, dans les conflits bilatéraux, le Brésil a souvent participé à la résolution des conflits. Lula est fortement apprécié dans son pays contrairement a Chavez.

- Il y aura t-il une guerre entre la Colombie et le Vénézuela?

Dans l’état actuelle des choses, même si leur relation économique est gelée, leurs ambassadeurs ont rappelé que les pays d’Amérique du sud ne se font pas la guerre pour si peu. Ils sont coutumiers des tensions le long de leurs frontières, et la plupart du temps un pays tiers (souvent le Brésil) les réunis autour d’une table pour mettre fin à ces tensions. Il y a fort à prévoir que ce conflit prendra le chemin classique de paix après une intervention de l’unasur.

- La course à l’armement que certain pays d’Amérique du sud font n’est il pas révélateur d’une guerre imminente?

Les pays membres de l’unasur s’arment pour diverses raisons. Le Vénézuela s’arme de façon sur médiatique pour montrer au reste du monde qu’il n’est pas à prendre à la légère tout en montrant qu’il est allié avec des pays puissants (Chine, Russie, etc). Ici l’armement à une utilisation tactique en appui avec sa politique.

Le Pérou, le Chili, la Bolivie, et la Colombie, s’arment de façon préventive pour sécuriser leur pays face aux narcotrafics mais également pour dissuader les pays frontaliers de les envahir.

Le Brésil enfin, s’arme effectivement nous l’avons vu dans la presse française et sur unasur.fr mais dans une optique plus stratégique. En effet, le Brésil en quête de reconnaissance veut rejoindre les puissances mondiales. Avoir une armée forte et performante à la pointe de la technologie permettra au Brésil de participer aux missions internationales.

-Les opportunités de la France pour pénétrer ce bloc?

La France est l’un des seuls pays au monde à bénéficier de la présence d’une partie de son territoire dans l’enceinte même du continent avec la Guyane française. Si aujourd’hui Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont cultivé un rapprochement diplomatique et économique entre le Brésil et la France, il n’en est pas de même avec le reste du continent. La France est le 4ème investisseur étranger du Brésil. La France a choisi de se focaliser sur ce pays car il représente une plus grande stabilité que ces voisins sud américains. Mais il est vrai que la croissance de certains pays d’Amérique du sud nécessiterait une plus grande attention de la part de la France. Il est clair aujourd’hui que la France n’a pas encore établi de stratégie en Amérique du sud et, comme de coutume, a tendance à porter son regard sur la zone de ses anciennes colonies d’Afrique et sur ses voisins.
Cordialement,

Serge Sedille
Equipe Unasur.fr

Dossier Thématique : Le Suriname face au réchauffement climatique

environnementDans ce contexte post-sommet de Copenhague qui s’est déroulé du 7au 18 décembre 2009, sous l’égide de l’ONU, qui réunis quelque 200 pays afin qu’ils s’accordent sur un nouvel accord international portant sur de nouvelles mesures pour lutter contre le réchauffement climatique qui devrait couvrir la période 2013-2017, intéressons-nous un peu à la politique environnementale surinamienne.

Les enjeux de la biodiversité surinamienne

Le Suriname appartient au « bouclier des Guyanes », regroupant également la Guyane, le Guyana, le Brésil et le Venezuela. Ce bouclier aussi appelé « plateau des Guyanes » abrite la forêt vierge tropicale humide la plus intacte et la plus célèbre du monde, la forêt amazonienne, où se trouverait à peu près 40 % d’espèces de la flore et de la faune mondiale.

Le Suriname dispose d’une des plus grandes biodiversités en plus de la plus grande forêt primaire du monde puisque sur son territoire l’on rencontre quelques richesses écologiques telles que la mangrove, des forêts de marécages ou encore plus étonnante une petite partie de savane en avant de la forêt tropicale.

Ce pays affichant un couvert forestier compris entre 94 et 95 % a également un taux de déforestation parmi les plus bas du monde car il a été l’un des premiers pays d’Amérique du Sud à instituer un système de réserves naturelles (recouvrant aujourd’hui prés de 13% de la totalité du territoire surinamien) dont la plus grande est « la réserve naturelle centrale du Suriname » qui compte 1,5 million d’hectares.

Récemment, ce petit pays sud-américain, comptant la plus grande surface de forêt par tête d’habitant, en collaboration avec l’organisation non gouvernementale Conservation International à adopter un plan afin de mieux protéger sa forêt et ainsi contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Le principe est simple : les nations les plus pollueuses paieraient pour que la forêt ne soit pas exploitée. Cette initiative fut d’ailleurs reprise, il y a quelques semaines, mais dans un contexte un peu différent par l’Équateur avec un accord de non-pompage des 850 millions de tonnes de pétrole sous la forêt amazonienne contre une rente annuelle versé au pays.

Selon ce plan, présenté le 3 novembre 2009 à Barcelone lors de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC) avec la collaboration de l’Agence Française pour le Développement, le Suriname recevrait des fonds qui serviraient en contrepartie à assurer le bien être de sa population, la politique de développement durable au Suriname et le reste viendrait du fond REDD (le programme surinamien de réduction des émissions de CO² provenant de la déforestation et de la dégradation forestière liée à l’activité économique du pays).

Selon Russ Mittermeier, le président de Conservation International, cette nouvelle stratégie verte du Suriname symbolise que le pays à réalisé le potentiel de sa forêt pour garantir son avenir et celui de la planète. Mais si ce projet surinamien semble avoir du sens, sa mise en œuvre, à la fois, juridique et financière s’avère compliquée sans compter que celle-ci ne pourra se faire que si, lors du sommet de Copenhague, les nations du monde s’accordent pour soutenir le projet REDD (certains y voit une tentative de chantage) sinon « le Suriname sera continuellement sous une pression économique visant à lui faire couper sa forêt » (propos de Russ Mittermeier, le 04 décembre 2009).

La biodiversité sur le territoire surinamien

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Source : http://lib.utexas.edu/maps/americas/surinam_veg_1986.jpg

Les problèmes environnementaux

Comme nous l’avons vu dans le précédent dossier thématique sur le Suriname, l’orpaillage illégal, qui sévit dans toute la région, est à l’origine de la dégradation de l’environnement des sites clandestins et des alentours immédiats.

Utilisant la méthode d’exploitation la moins couteuse, du mercure se retrouve dans le sol et les rivières, le lavage des sols appauvrit les sols et des vapeurs de mercure se respirent à proximité des sites aurifères. D’après une étude scientifique, on estime qu’entre 10 à 60 tonnes de mercure sont lâchées chaque année dans la nature par les orpailleurs empoisonnant ainsi la nature et les hommes.

De même, comme nous l’avons également précédemment vu, les mines de bauxite qui sont à l’origine d’une manne financière très importante pour le pays dégradent l’environnement. Les mines quasi épuisées de l’est du pays ont causé des dégâts importants mais c’est surtout le nouvel immense projet d’exploitation des réserves des montagnes de BAKHUYS, à l’ouest, qui préoccupe les écologistes.

Enfin, la plupart de la population (76 %) et des terres productives se situent 10 m en-dessus du niveau de la mer et prés de la côte, les mangroves sont menacées par l’utilisation trop abondante de pesticides utilisées dans les plantations de bananes ou de rizicultures.

Répartition de la population au Suriname

Source : http://lib.utexas.edu/maps/americas/surinam_pop_1968.jpg

Répartition de l’activité économique sur le territoire du Suriname

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Source : http://lib.utexas.edu/maps/americas/surinam_econ_1968.jpg

Les acteurs

Le mini-sommet de Manaus

Différents acteurs qui sont soient locaux, mondiaux ou encore régionaux se préoccupent de plus en plus de la politique environnementale du Suriname puisque ce dernier est recouvert en bonne partie par le « poumon du monde ».

Ainsi, un mini-sommet préalable à la Conférence mondiale de Copenhague sur le climat a eu lieu le 26 novembre 2009 à Manus (« la capitale de l’Amazonie brésilienne ») au nord du Brésil. Le mot d’ordre était simple: « convaincre les pays amazoniens d’agir vite et fort contre le réchauffement climatique ». Autant dit que ce mini-sommet avoir pour objectif de promouvoir un message fort et ambitieux.

Outre le Brésil (pays organiseur de ce sommet), il y eu huit autres états signataires du Traité de Coopération de l’Amazonie (TCA) soit le Venezuela, la Colombie, le Pérou (représenté par son vice-président), la Bolivie (représenté par un envoyé du président Evo Morales), le Guyana, l’Equateur et le Surinam (représentés par un ministre), et enfin la France invitée par le président brésilien Lula car représentant la Guyane française qui partage 700 km de frontière avec l’Amazonie et qui a été récemment reconnue par les autres pays de la région comme «un Etat amazonien».

Ce mini-sommet fait suite au programme «Biodiversité et gestion durable des forêts du plateau des Guyanes» dirigé par une mission conjointe du Ministère de l’Ecologie (MEEDDAT) et du secrétariat du FFEM au Suriname et en Guyane qui eu lieu du 7 au 13 décembre 2008 dans lequel l’objectif était de préserver l’intégrité des écosystèmes forestiers et aquatiques du plateau des Guyanes. Objectif partagé entre quatre pays : le Suriname, le Guyana, la Guyane française et le Brésil.

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Source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/duo-sarkozy-lula-pour-un-sommet-amazonien-a-minima_831439.html

Le programme national REDD

Aujourd’hui plus de 37 pays dans le monde se sont dotés d’une stratégie forestière en lien avec la protection de la faune et la flore. Pour le Suriname, ce programme environnemental se nomme REDD (Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts).

Lors de la 74e session de L’ONU, en date du 25 septembre 2009, RAMDIEN SARDJOE, le Vice-président du Suriname, a dit espérer un accord à Copenhague, en ajoutant que les pays historiquement responsables des émissions devraient prendre la tête du mouvement et a assuré que le Suriname continuerait ses efforts pour exploiter ses forêts de manière durable

Le vice-président a également estimé que « l’urgence qu’implique la menace climatique rend nécessaire un engagement aussi fort que dans des domaines tels que les droits de l’homme, le maintien de la paix ou la lutte contre le terrorisme international » plaidant un accord multilatéralisme.

Il termina en rappelant que selon le rapport du groupe de travail sur le financement provisoire de la réduction des émissions dues à la déforestation, pour la période allant de 2010 à 2015, une somme de 15 à 25 milliards de dollars permettrait une réduction de 25% des taux de déforestation annuels.

L’intervention du Saint-Père

Plus atypique, le 20 novembre 2009, le président du Suriname, Runaldo Ronald Venetiaan, en visite au Vatican, s’est entretenu avec .le Saint-Père Benoit XVI, puis avec le cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, et le secrétaire pour les relations avec les Etats, Dominique Mamberti. Quelques aspects de la situation au Suriname ont été évoqués telles qu’en particulier les politiques sociales mises en œuvre par le gouvernement sur la sauvegarde de l’environnement, ainsi que les domaines de collaboration entre l’Eglise et l’Etat comme nous l’indique un communiqué publié par le Bureau de presse du Saint-Siège.

La seconde édition du Festival d’art de la forêt amazonienne

Enfin, localement, la deuxième édition du « Festival d’art de la forêt amazonienne », qui a eu lieu du 19 au 22 novembre 2009, organisé par la fondation centre culturel du Surinam à Paramaribo, a choisi cette année le thème du réchauffement climatique. Pendant ses 4 jours se dérouleront des spectacles de danse, de musique, de théâtre, des débats et des films afin de développer la prise de conscience de la population sur la nécessité de préserver la forêt tropicale.

PARIZON Laëtitia

Sources :

http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/AG10863.doc.htm

http://www.ddmagazine.com/200911041544/Actualites-du-developpement-durable/Rechauffement-faut-il-payer-le-Suriname-pour-ne-pas-flinguer-la-planete.html

http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Zones/Etat-du-monde/Pays2/Suriname2/(theme)/

http://www.franceguyane.fr/actualite/culture-et-patrimoine/la-foret-amazonienne-a-l-honneur-19-10-2009-40390.php

http://www.kipa-apic.ch/index.php?pw=&na=0,0,0,0,f&ki=201487

http://www.lefigaro.fr/environnement/2009/11/27/01029-20091127ARTFIG00348-climat-peu-de-chefs-d-etat-au-sommet-amazonien-.php

Les Farc égorgent un gouverneur colombien

DON_LUIS

Lundi 21 décembre à 22 heures, un commando des FARC  s’est introduit dans la maison du gouverneur du département de Caqueta. Lançant une grenade, les guérilleros ont tué un policier et en ont blessé deux autres avant de capturer le gouverneur Luis Francisco Cuellar agé alors de 67 ans. Amené en voiture dans une direction inconnue, il fut égorgé le lendemain.

Cela faisait 7 ans qu’un ‘enlèvement d’un haut représentant de l’État n’avait pas eu lieu en Colombie. Alors que la politique du président Uribe se base essentiellement sur la « Sécurité Démocratique »  qui vise à mettre un terme aux activités terroriste des Farcs et aux narcotraffics , elle se voit aujourd’hui mise en déroute par cette opération.

La Colombie est en guerre avec les FARC depuis 40 ans. Ces derniers et détiennent encore au moins 24 otages dits politiques qu’elle souhaite échanger contre plusieurs centaines de leurs combattants emprisonnés.

D’une autre part, cette attaque pourrait confirmer la nécessité d’aide étrangère pour la lutte contre les FARC, et légitimerait presque, la présence des bases américaines en Colombie. Espérons que la Colombie ne prenne pas une position de victime du terrorisme pour recueillir de la sympathie  sur le plan international mais qu’elle  va plutôt réagir efficacement sur un plan national.

Le président colombien Alvaro Uribe avait demandé mardi à l’armée d’intervenir pour libérer le gouverneur du département de Caqueta dans le sud de la Colombie, Luis Francisco Cuellar, et avait même proposer 350 000 euros  à celui qui donnerait des informations sur la localisation du gouverneur.

« J’ai demandé aux forces armées qu’elles fassent tous les efforts possibles pour sauver le gouverneur de Caqueta et les autres otages qui sont aux mains de ces bandits. Il faut tout faire sur les plans militaire et policier pour la libération. Nous ne pouvons pas dépendre des caprices des terroristes« , a déclaré M. Uribe

Auteur : Serge Sedille

Équipe : Unasur.fr


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