Ronald Venetiaan, l’actuel président du Suriname depuis le 12 août 2000

L’année 2010 au Suriname marquera l’avènement d’un changement politique. En effet, le 25 mai prochain, environ 30 000 surinamiens seront appelés à l’urne pour élire leurs députés. Les élections au Suriname marquent généralement un grand événement.
Une démocratie représentative …
Administrativement, à l’image des Etats-Unis qui est un état au bipartisme absolu, le Suriname est une république multipartisme à régime parlementaire où le président de la république est à la fois le chef d’état et le chef du gouvernement.
Mais, à l’inverse des USA, où l’on voit se confronter invariablement seulement deux partis (démocrates contre républicains), en république du Suriname, de multiples partis politiques s’affrontent lors des élections présidentielles.
En effet, le concept multipartisme de la république surinamienne permet la liberté à plus de deux partis de participer aux débats politiques et aux élections à proprement dit. C’est l’un des fondements de la démocratie représentative du Suriname.
Ce multipartisme surinamien implique donc que les autorités du pays acceptent des sensibilités politiques étrangères aux leurs et par la même les critiques de ces derniers à leurs égards. Pour garantir aux citoyens du pays le contrôle de ses actions étatiques, une presse libre est une condition sine qua non afin que tous les partis en présence dans le pays puissent pouvoir librement intervenir sur la scène politique.
… avec une élection présidentielle indirecte.
Comme en France, le mandat présidentiel au Suriname est de 5 ans.
L’élection présidentielle se déroule au suffrage indirect puisqu’à la fin mai, les surinamiens seront invités à élire les membres de leur Assemblée Nationale qui se compose d’une seule chambre formée de 51 députés pour l’ensemble des dix districts. Ce scrutin se fait au moyen d’un seul et unique tour.
Les parlementaires, ainsi élus au suffrage populaire selon une représentation proportionnelle, auront également un mandat de 5 ans.
S’ensuit que ces nouveaux représentants du peuple devront choisir leur Président de la République le lendemain de leurs élections, soit le 26 mai 2010. Leur choix doit résulter d’une majorité des deux tiers de la nouvelle Assemblée Nationale élue ou le cas échéant, lors d’impossibilité de majorité de celle-ci, par l’Assemblée du Peuple à la majorité absolue. A savoir, l’Assemblée du Peuple est composée de délégués de l’Assemblée Nationale ainsi que de représentants des régions et des municipalités.
Le même jour, soit le 26 mai, le vice-président est nommé par l’Assemblée Nationale dans les mêmes conditions que le Président de la République.
Une fois nommé, le nouveau Président de la République nomme les membres de son gouvernement.

La tendance pour 2010 …
L’actuel président, Ronald Venetiaan, est issu du parti politique NPS appartenant à la coalition appelé « nouveau front ». Cet ancien professeur de mathématique et de physiques a déjà eu un premier mandat présidentiel de 1991 à 1996. Puis en 1996, il perdit contre Jules Wijdenbosch. En 2000 puis de nouveau en 2005, il fut réélu à la tête de l’état.
Durant, ses derniers mandats, Ronald Venetiaan, a pris de nouvelles mesures pour redresser l’économie du pays, l’inflation s’est réduite et les exportations notamment de bananes, de bauxite, d’or et de bois ont amélioré la balance commerciale du pays. Mais de gros efforts restent à faire dans cet état de droit qui vit en partie grâce aux aides internationales.
Manifestation politique du parti VHP

Parmi les partis politiques les plus influents au Suriname, on trouve le NPS (Parti national du Suriname), le VHP (parti réformiste progressiste), le NPD (parti national démocratique) reste plus en marge le SPA (parti travailliste du Suriname), le KPTI, le BVD, le LP …
Cette année, trois partis politiques seraient capables de défendre leurs places à la chambre de l’Assemblée Nationale. Le NPS qui misent sur le peuple créole représentant prés de 31% de la population. Le KPTI regroupant les 15% de javanais du pays et le VHP qui comptent rassembler les 38% d’hindous du Suriname lors du scrutin du 25 mai.
… potentiellement dangereuse.
Selon un récent sondage réalisé par l’IDOS (Institut de Recherche Démographique au Suriname), la coalition d’opposition au président sortant, Ronald Venetiaan, dirigée par Desi Bouterse, arriverait en tête du scrutin. Cette association d’opposants favorable à Bouterse pourrait gagner jusqu’à 11 nouveaux sièges à l’Assemblée Nationale dans 4 districts tandis que le « nouveau Front » ne pourrait sécuriser que 8 sièges dans cette nouvelle assemblée.
Pour exemple, dans les districts de Paramaribo et de Nickerie, l’opposition devrait respectivement recueillir 32.4% et 33.3% des voix contre pour le « nouveau front » respectivement 16% et 22%. Seul le district de Commewijne devrait être remporté par le « nouveau front » à hauteur de 33.7% contre un score de l’alliance opposante estimé, par l’Institut, à 17.8%.
Enfin, l’étude révèle que beau nombre de citoyens surinamiens ne savent toujours pas, à ce jour, pour quel parti ils voteront ni même s’ils iront voter.
Mais qui est ce prétendant sérieux au poste de premier représentant politique de la république du Suriname ?
Portrait de Desiré Delano Bouterse

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9si_Bouterse
Desiré Bouterse, dans l’histoire du Suriname, est un personnage déjà bien connu dans le paysage politique du pays. Né en 1945 au Suriname, il fut successivement colonel dans l’armée de son pays puis leader du coup d’état du 25 février 1980. Il mit fin au régime démocratique de l’ancien président Arron et par décret se proclama « Commandant en Chef de l’Armée » et « Président du Centre Politique ».
S’ensuit une guérilla post-indépendance qui éclata en 1986. En 1988, Ramesewak Shandar fut nommé par l’Assemblée Nationale comme président de la république mais en réalité, Bouterse continua de tenir les rênes du pays. Il quitta l’horizon politique qu’en 1991 lors de la nomination comme président de Ronald Venetiaan qui engagea alors un accord de paix avec les rebelles.
Au Suriname, c’est l’une des personnalités les plus controversées. Soupçonné d’être le commanditaire « des massacres de Décembre 1982 » à l’égard des noirs marron notamment, accusé d’un supposé hold-up au Brésil et condamné pour trafic de cocaïne par un tribunal des Pays-Bas, ce personnage, contraint par un mandat d’arrêt international de ne pas quitter son pays natal, est pourtant libre et puissant au Suriname mais craint par la population.
PARIZON Laëtitia
Sources :
http://www.maximini.fr/fr/guyane/actualite/info-antilles/info_antilles.asp?num=20468
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9si_Bouterse
http://www.caribbeannetnews.com/article.php?news_id=20513
http://www.caribbeannetnews.com/article.php?news_id=19159

Dans ce contexte post-sommet de Copenhague qui s’est déroulé du 7au 18 décembre 2009, sous l’égide de l’ONU, qui réunis quelque 200 pays afin qu’ils s’accordent sur un nouvel accord international portant sur de nouvelles mesures pour lutter contre le réchauffement climatique qui devrait couvrir la période 2013-2017, intéressons-nous un peu à la politique environnementale surinamienne.



