Catégorie: A propos
 Ramirez et Chavez lors d'une visite chez PDVSA
Le ministre du pétrole et président de PDVSA, Rafael Ramirez, fait un premier bilan du plan “Gran Mision Vivienda Venezuela” en signalant qu’il manque encore beaucoup de terrains sur lesquels construire des maisons.
Le plan requiert selon les estimations du gouvernement 60 000 hectares mais l’Etat n’en possède pour le moment que 11 914. La recherche de terres pour construire conduit donc en plus à des expropriations sommaires. La nouvelle cible étant la zone industrielle de Caracas.
Pour lui, le fait que certaines zones industrielles soient à l’intérieur même de la capitale n’a pas de sens. Aussi, ces zones industrielles doivent être libérées et réaménagées pour accueillir des habitants des Ranchos (les favelas vénézuéliennes) ayant perdu leurs maisons lors d’éboulements et glissements de terrain.
Lorsque la question lui est posée de savoir où en sont les négociations avec les propriétaires ayant été expropriés les précédents mois, la réponse est que « La ley de Emergencia y Terrenos » comporte des dispositions préétablies pour la compensation des propriétaires expropriés mais qu’il faudra malgré faire quelques concessions.
La priorité est d’offrir un toit aux familles de Miranda, Vargas et Distrito Capital. Et l’an dernier ce sont quelques 16 600 maisons qui furent construites ou « récupérées » par l’Etat.
 Rancho de Caracas surplombant le tunnel direction la Guaira
Rafael Ramirez affirme également dans son communiqué qu’en août 2012 tout devra être terminé pour stopper le calvaire des sans-abris. La grande majorité d’entre eux souhaite rester dans Caracas et seuls 3 000 environ préfèreraient migrer plus au centre du pays.
Nombreuses sont les personnes qui ne souhaitent pas de ce plan continuent de prôner l’auto-construction. Le président de PDVSA leur répondra que « c’est triste de ne pas se rendre compte de tous les bienfaits de ce plan créé par l’Etat dont le but est d’offrir de véritables maisons construites en dur par des maçons. Et qu’ainsi les Ranchos pourront disparaître pour laisser place à de vraies résidences »
Sydney Court [sydney.court@hotmail.fr] // L’équipe Unasur.fr

L’annonce d’un accord le 2 décembre 2011 entre le groupe PSA et Petrobras pour le développement de moteurs moins polluants, n’est pas un hasard. C’est la corrélation de plusieurs actualités qui permet de comprendre qu’une telle décision s’inscrit dans l’ère du temps et que le choix du partenaire n’est pas « innocent ».
Cet accord intervient un jour après l’inauguration de l’unité de fabrication du nouveau moteur EB de PSA. Avec Petrobras, celui-ci choisit un partenaire qui est associé depuis les années 70 à la construction de moteurs moins polluants et notamment des moteurs flex fuel permettant un mélange de bioéthanol et d’essence et diminuant ainsi la pollution. C’est d’ailleurs un des atouts que met en avant le Brésil pour promouvoir les biocarburants.
PSA entend se renforcer sur le marché brésilien ou il possède actuellement 5,3% des parts de marché. A partir de 2012, le moteur EB, dernier né des usines PSA devrait également être produit en Amérique Latine, où il doit être alimenté au bioéthanol. Une version spéciale de ce moteur dernière génération est prévue, l‘EB atmosphérique Flexfuel de même que sa version turbo injection directe flexfuel devraient être intégrées aux usines d’assemblage en Amérique Latine. D’ou l’intérêt de collaborer avec Petrobras, spécialiste dans le domaine des biocarburants.
Dans cette optique, l’internationalisation du moteur EB est à mettre en relation avec l’annonce d’un plan d’investissement de 940 millions d’euros faite par PSA en Amérique latine. Celui-ci vise à doubler son usine de Porto Réal et ajouter sur le marché sud-américain la fabrication de huit modèles supplémentaires des marques Peugeot et Citroën. Le développement de ses usines de fabrication de véhicules permet entre autre à PSA et à sa nouvelle Citroën DS3 d’échapper aux nouvelles taxes d’importation imposées par le Brésil pour faire face à la crise.
En septembre dernier, le Brésil annonçait une hausse de 30% des taxes sur les véhicules importés s’il ne provenait pas au moins à 65% du Brésil ou d’un pays du Mercosur.
PSA fait avec Petrobras un partenariat avec une entreprise ayant une expérience et une technologie avancée en matière de production et rentabilité du bioéthanol dans le but de développer des moteurs moins polluants. PSA peut mettre en avant son expérience dans les moteurs à combustion dernière génération tel le moteur EB ainsi que son plan d’investissement sur le long terme au Brésil.
Il bénéficie indirectement de la nouvelle législation sur la déforestation votée récemment par le Sénat brésilien et qui a tendance à assouplir la protection des forêts. Le Brésil a besoin de terres pour soutenir sa filière des biocarburants. Après des périodes de pénuries dues à la croissance de son parc automobile, celui-ci entend profiter de sa superficie forestière pour développer de nouvelles cultures de canne à sucre, en complément des dernières acquisitions faites en Afrique.
Par ailleurs, si PSA souhaite s’implanter sur le marché brésilien avec la Citroën DS3 comme le laissent entendre certains quotidiens, le passage par Petrobras est obligatoire.
Point de passage obligé pour développer une technologie flex fuel et s’implanter sur un marché déjà trusté par certaines marques traditionnelles comme fiat. L’achat de voiture neuve est flex fuel à 90% et au vu des orientations brésiliennes en la matière, la technologie flex fuel est implantée pour longtemps.
Cette technologie est implantée au Brésil mais également en Amérique Latine. C’est aujourd’hui un enjeu pour PSA de développer une technologie fiable et facilement exportable sur le continent Sud Américain; particulièrement où certains pays comme le Brésil voient émerger une classe moyenne poussée par une croissance maitrisée à 6%. Cela représente pour la futur DS3 des clients potentiels.
Outre l’Amérique Latine, certains pays africains ont déjà affiché leur intention de transformer intégralement leur parc de véhicule automobile en véhicule flex fuel d’ici à 5 ans comme l’avait annoncé le Malawi en 2009.
Ainsi en s’associant à Petrobras, PSA s’allie à un partenaire de premier choix pour l’implantation de son moteur dernière génération et anticipe sur la structuration par le Brésil d’un futur marché du bioéthanol. En parallèle, il bénéficie également du dynamisme de la filière bioéthanol française et des financements du programme français de R&D, Biotfuel+ qui prévoit de développer les biocarburants de 2éme génération.
Bien que fin novembre, le Sénat français ait supprimé l’allégement partiel de la taxe intérieure de consommation dont bénéficiaient les biocarburants. Ce recul momentané est contre-balancé par la feuille de route énergétique pour 2050, publiée le 19 Décembre par la Commission Européenne. Celle-ci place au centre de la politique future de l’UE les biocarburants.
Cette association est une nouvelle réussite pour le Brésil, avec un acteur comme PSA, soutenu directement par l’Etat français. Celui-ci se fait un allié de choix dans la structuration d’un marché international du bioéthanol. L’Etat français sera toujours tenté de soutenir son industrie automobile traditionnelle et un de ses acteurs majeur tel que PSA.
Par ailleurs, en augmentant ses taxes à l’importation sous condition, il oblige les entreprises souhaitant exporter au Brésil à fabriquer 65% de leur produit sur le territoire brésilien et ainsi d’investir, de créer des emplois.
Le Brésil quant à lui pourrait compter sur la France dans les négociations avec l’UE pour la reconnaissance de critères de durabilité favorable au bioéthanol brésilien, véritable enjeu de ces prochaines années. L’UE a une politique de réduction de pollution ambitieuse qui pourrait être facilitée si le bioéthanol devenait un complément de l’essence, ce que comprend tout à fait le Brésil. C’est par ailleurs un marché de 500 millions de consommateurs. De plus, elle est un des principaux importateur de bioéthanol en provenance des pays africains. Ceux-ci s’étant eux-mêmes structurés sous l’impulsion du Brésil pour faire émerger un marché du bioéthanol dont il pourrait prendre le leadership.
L’Europe entend diversifier ses approvisionnements énergétiques et réduire son empreinte carbone. A l’heure où celle-ci est en crise, la France ressort comme une des deux nations qui a le plus de poids au sein de l’UE. Rien d’étonnant à ce que le Brésil tente de l’influencer même indirectement.
Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)
L’équipe d’UNASUR
 Punta del Este, Uruguay
L’Uruguay petit pays de 3 447 770 habitants au sud du Brésil et à l’est de l’Argentine atteindra pour cette fin d’année 2011, 3millions de touristes soit pas loin d’une fois sa population.
Le pays parie sur le tourisme pour survivre entre les deux géants qui l’entourent…
« C’est un record historique » selon le ministère du tourisme et des sports. Pour l’arrivée du 3 millionième visiteurs, le pays va organiser un événement sans précédent. En effet des personnalités connues telles que le docteur Hector Lescano (vétérinaire uruguayen, Ministre du Tourisme et des Sports du gouvernement Vázquez 2005-2010), la sous-secrétaire Liliam Kechichian et le directeur national du tourisme Benjamin Liberoff se rendront dans le port de Montevideo et les deux aéroports internationaux de Carrasco et Sauce afin d’y accueillir l’heureux vacancier.
Celui-ci recevra un kit comprenant un t-shirt, un parasol et des stickers floqués « Uruguay Natural », une façon originale pour le pays de se mettre en valeur au milieu des 2 géants qui l’entourent.
L’évolution du tourisme
De nombreux efforts sont fait par le pays pour attirer de plus en plus de touristes, dans la mesure où le pays ne jouit pas d’une population domestique aussi importante que dans les autres puissances émergentes sud américaines. L’Uruguay axe donc sa politique de puissance sur le tourisme. Cette stratégie fonctionne d’ailleurs à merveille puisque le nombre de touristes qui était en 2005 de 1 917 049, passait à 2 407 676 pour l’année 2010.
Le tourisme devient ainsi le principal revenu du pays
Pour cette année 2011, le tourisme devient le principal revenu uruguayen. On note pour le 1er semestre 2011 que les dépenses des touristes atteignent USD 1.071million. On remarque également via les statistiques du ministère que les dépenses diffèrent selon les nationalités. Les brésiliens sont ceux qui dépensent le plus d’argent grâce à un Réal plus fort, mais les visiteurs les plus nombreux restent les argentins qui représentent 52,4%. Les « ché » sont loin devant les brésiliens (15,7%), les chiliens (2,2%) et les paraguayens (1,5%).
« L’objectif pour les années à venir reste le même, continuer d’accroitre le nombre de visiteurs et leur proposer des services de plus en plus modernes » nous annonce Benjamin Liberoff directeur national du tourisme uruguayen.
« SYDNEY COURT » sydney.court.ege@gmail.com
Membre de l’équipe Unasur.fr
http://www.turismo.gub.uy/
Le Brésil terre d’accueil des nouveaux investisseurs.
Une croissance démesurée…pas totalement !
En raison de l’importance systémique du Brésil dans la région, nombre de ses pays voisins jouissent d’une forte croissance. Inversement, une chute inopinée de l’activité économique au Brésil aurait des effets opposés. Ainsi pour faire suite à l’article d’Alexandre Mandil publié le 2 décembre 2011, « Le Brésil : entre euphorie et inquiétude » le site Unasur.fr vous propose une étude des perspectives économiques pour l’année 2012.
Un état des lieux actuel fait apparaître une série d’indicateurs économiques brésiliens démontrant que la croissance est au ralenti. Si la production industrielle est restée relativement stable entre le deuxième trimestre 2010 et le deuxième trimestre 2011, ces derniers mois affichent nombre de baisses successives.
Cette faible performance de l’industrie est cependant largement compensée par le secteur des services. En effet la performance des activités liées aux services dynamise le marché du travail. Le taux de création d’emplois soutenu sur le deuxième trimestre faisait afficher comme perspective pour 2011 une augmentation qui se situait à deux millions et demi de nouveaux emplois.
Cependant, sur le 3éme trimestre 2011, la moyenne mensuelle des nouveaux emplois est passée à 160 000 contre 210 000 par mois durant le premier trimestre. Par ailleurs, le rythme de croissance des salaires s’est également ralenti à partir de Juillet, à cause d’un « refroidissement » relatif du marché, en partie dû à une accélération de l’inflation.
Pourquoi un tel ralentissement ?
Parmi les facteurs qui conduisent à ce ralentissement, les politiques monétaires et budgétaires ont pour but principal de réduire les pressions inflationnistes.
Le resserrement du crédit par un accroissement des taux d’intérêt, de Janvier à Juillet 2011, commence à produire l’effet désiré. Si le crédit total, en croissance à la fin de l’année 2010 avec un taux annuel de 17%, a ralenti au cours du 3ème trimestre 2011, il enregistre malgré tout une croissance de 12% en Septembre par rapport à la même période l’année dernière.
En raison d’une croissance plus limitée du crédit et un dynamisme moindre du marché du travail, nous assistons à un ralentissement des ventes dans le commerce. Plus spécifiquement, le taux mensuel moyen annuel de l’expansion des ventes au détail (comprenant les automobiles et les matériaux de construction), est passée de +5,1% au 1er trimestre à -3,6% au 3ème trimestre.
Malgré les politiques adoptées pour contrôler l’inflation, le ralentissement est tout de même bien prononcé. Les mauvais résultats mondiaux (USA & Europe) contribuent à aggraver la performance de l’économie, et font planer une grande part d’incertitude qui affecte les flux de capitaux, les prix des matières premières et le commerce extérieur. L’un des principaux symptômes de cette détérioration est la chute très significative de l’indice de confiance des entreprises industrielles.
Les conséquences de ce nouveau contexte
Dans ce contexte d’aggravation des perspectives extérieures, le gouvernement a envoyé des signaux pour une politique économique des investissements visant à préserver le rythme de croissance, même avec une inflation demeurant supérieure à l’objectif fixé lors des précédentes perspectives de l’Etat.
Après avoir atteint un taux de 7,3% en Septembre, l’inflation risque de terminer au delà du plafond admissible de 6,5% établi depuis la création du Real. Face à un scénario déflationniste, dans lequel les pressions extérieures émanant des prix internationaux des matières premières ont tendance à passer du positif au négatif dans le cas des métaux et au neutre pour les produits agricoles et énergétiques, la Banque centrale a commencé à réduire l’intérêt dès la fin du mois d’août.
Contrairement à la crise de Lehman Brothers en 2008, le gouvernement actuel annonce que la politique budgétaire ne sera pas utilisée comme un outil pour soutenir la croissance.
Pour 2012, l’objectif est de maintenir cette performance, ce qui rendrait la politique budgétaire plus à même de gérer les réductions des taux d’intérêt. Le problème reste que le rendement financier de 2011 est influencé par des facteurs qui ne se reproduiront sûrement pas l’année prochaine.
Les perspectives pour l’année 2012
En 2012, l’augmentation espérée pour le salaire minimum est estimée par la croissance du PIB pour 2010 à 7,5% et pour 2011 à 6,5%, donc un impact conséquent sur les coûts de pension, d’assurance sociale, du chômage et autres transferts sociaux, avec un impact proche de 0,8% du PIB.
Pendant ce temps, l’investissement public aura tendance à croître en raison de l’approche de la Coupe du monde 2014 et des Jeux Olympiques de 2016.
En bref, la décélération est susceptible d’entraîner cette année une croissance du PIB à un seuil compris entre 3% et 3,5%. Et il reste envisageable que, selon le changement de politique actuelle, la croissance s’accélère au cours de l’année prochaine entre 3,5% et 4%.
Cependant, nous remarquons que la croissance du Brésil a toujours gardé un lien étroit avec la performance économique mondiale et ce, bien que le Brésil soit une économie relativement fermée (hors Amérique Latine). Cela signifie qu’une détérioration mondiale finirait par se refléter négativement sur l’économie brésilienne, même si la vulnérabilité du pays est maintenant bien inférieure à ce qu’elle était en 2008, en raison de l’augmentation des réserves internationales, d’une plus grande attraction des IDE (investissements directs à l’étranger) et de l’espace existant pour mobiliser des politiques économiques, notamment la politique monétaire.
Néanmoins, le Brésil va continuer de briller par son image de BRIC le plus avancé, soutenue par l’économie florissante de l’Amérique Latine. Mais le pays devra consolider son identité à court terme par la promotion de changements institutionnels, ce qui faciliterait l’accroissement de l’épargne nationale par une meilleure contribution du public, épargne qui reste aujourd’hui la principale contrainte à un développement soutenu de la croissance.
SYDNEY COURT [sydney.court.ege@gmail.com]
Membre de l’équipe Unasur.fr
Pour devenir le premier exportateur de bioéthanol et conquérir le marché africain, le Brésil a du baser sa stratégie sur deux axes : une stratégie d’influence d’origine diplomatique et institutionnelle et une stratégie d’implantation d’entreprises brésiliennes et de conquête de marchés.
Le Président Lula a très rapidement affiché sa volonté de rapprochement avec l’Afrique et l’a illustré par plusieurs déplacements diplomatiques au cours de ses mandats. Promoteur de la « révolution verte », de nombreux accords de coopération ont été signé entre le Brésil, les pays africains et les organisations économiques régionales. La promotion du bioéthanol et son implantation culturelle dans les pays africains résultent en premier lieu des organismes brésiliens de coopération. La négociation des accords incombe à l’agence de coopération brésilienne qui encourage l’implantation du bioéthanol dans le cadre d’accords globaux de coopération. La phase opérationnelle de l’implantation du savoir faire brésilien en Afrique passe quant à lui par l’Entreprise Brésilienne de Recherche en Agronomie (Embrapa). La stratégie de l’Embrapa vise à convertir les africains et notamment les ingénieurs au savoir faire brésilien du bioéthanol. Le but est de former les futurs cadres africains aux technologies brésiliennes et à la filière du bioéthanol brésilien basé notamment sur la culture de la canne à sucre. L’Embrapa multiplie les accords avec les pays africains et trois mois après son implantation au Ghana en 2007, elle réunit 18 ambassadeurs de pays africains pour promouvoir sa technologie et les orienter vers les biocarburants. Moins d’un an après, la première raffinerie d’éthanol est construite au Ghana pour faire de celui-ci un pays producteur et exportateur de bioéthanol.
En 2007, le Bénin et le Brésil ont conclus un accord pour la formation de huit spécialistes béninois et des transferts de technologie inhérents à la filière bioéthanol.
En 2007 toujours, le Burkina Faso passe un accord avec le Brésil pour la création de son programme de biocarburant et le Mali crée l’Agence Nationale de Développement des Biocarburants sollicitant l’expertise du Brésil pour la création de sa filière.
En 2010, c’est le Kenya qui passe un accord avec le Brésil en vue de développer une filière éthanol, le Brésil s’engage alors à fournir son savoir faire et les infrastructures nécessaires.
L’objectif à long terme est de phagocyter l’Afrique de technologies brésiliennes ou plutôt convaincre de la supériorité de la technologie brésilienne en ce domaine. En formant les futurs ingénieurs africains, le Brésil s’assure d’un soutien dans l’acquisition de futurs marchés pour ses entreprises. Ceux-ci auront toujours une tendance naturelle à choisir du matériel sur lequel ils ont été formé. De même, ils choisiront une technologie brésilienne, meilleure, que le Brésil n’a pas hésité à partager.
C’est également un bon moyen pour le Brésil d’influencer les organisations régionales en Afrique et particulièrement les zones de libre échanges ou union douanières qui peuvent avoir un intérêt économique, notamment pour dynamiser les échanges d’éthanol. Par ailleurs, le Brésil cible des Etats qui font notamment partie de la SDAC ou de l’UEOMA pour bénéficier des accords à taux préférentiels dans les échanges avec l’UE et avec les autres Etats développés. Il n’hésite d’ailleurs pas à négocier des accords triangulaire entre Etats africains, UE et Brésil comme ce fut le cas pour l’accord entre le Mozambique et l’UE en 2010. Durant ces négociations, le Brésil a réussi a obtenir que les droits de douanes pour l’importation d’éthanol par l’UE soit extrêmement bas.
Cette diplomatie du bioéthanol est complétée par l’influence des entreprises brésiliennes qu’elles soient publiques ou privées. Une fois ces accords conclus le Brésil a recours à ses entreprises pour rendre les Etats africains dépendants des technologies brésiliennes.
Le fer de lance de cette politique?
Les entreprises, publiques et privées qui sont, pour certaines, déjà installées en Afrique. Le Brésil peut en effet compter sur un socle d’entreprise bien implantée à l’image de la minière Vale, de Petrobras, d’odebrecht ou encore de Camargo Corréa. L’implantation d’entreprise du secteur du bioéthanol est d’ailleurs corrélée avec l’achat de terres pour le développement de culture pouvant alimenter le marché brésilien. Le Brésil tente en effet de limiter l’exploitation de terres pour développer la culture de la canne à sucre et entend faire des investissements en Afrique pour augmenter sa production et éviter des pénuries comme ce fut le cas en octobre 2011. Par ailleurs, la diversification par l’achat de terres dans d’autres pays rend moins sensible le Brésil aux aléas climatiques qui peuvent jouer sur ses propres cultures de canne à sucre. Le Mozambique est illustratif de cette politique. Dès 2006, le Brésil et le Mozambique signe un accord de 6 milliards d’investissement dans le secteur du bioéthanol à base de canne à sucre. L’entreprise publique Petrobras y collabore avec la Guarani dans l’exploitation d’une usine de production de sucre et profite de cette implantation pour construire avec sa filiale Biocombustivel sa première usine d’éthanol au Mozambique en 2011. La construction de cette deuxième usine précède un achat important de terres du Mozambique par de grands propriétaires brésiliens, achat représentant en superficie l’équivalent des deux tiers du Portugal. Pour exemple, le groupe Guarani possède une concession de 50 ans pour l’exploitation de 91 000 hectares de terres. Le Mozambique quant à lui a vu construire sa première usine de raffinerie éthanol avec l’assistance technique des brésiliens. Par ailleurs, l’implantation de cette première usine s’effectue en corrélation avec l’achat massif de terres du Mozambique, terre propice à la culture de la canne à sucre. Le Mozambique se présente ainsi comme un nouveau débouché pour l’éthanol brésilien et sa position stratégique permet également de devenir un point d’export vers l’océan indien et les pays d’Asie du sud.
Après plusieurs problèmes d’approvisionnement, Petrobras est mandaté par l’Etat pour développer une filière de production de bioéthanol et profite de son installation en Afrique pour développer sa filière biocarburant. La cible est en premier lieu les pays lusophones pour faciliter son exploitation sur le continent. L’Angola et le Mozambique servent ainsi de porte d’entrée sur le marché Africain par le biais de la société Odebrecht et sa filiale ETH Bioenergya.
L’Angola, allié naturel du Brésil voit également se développer une filière éthanol trusté par le savoir faire brésilien en la matière. Les entreprises Petrobras et Odebrecht, implantées depuis les années 80 dans le pays, profitent de leur position pour encourager la production de biocarburants. En 2010, le parlement angolais autorise la production de bioéthanol par des investisseurs étrangers ou locaux. Trois mois plus tard, le président angolais, lors d’une visite officielle au Brésil, s’entretient avec le président d’Odebrecht au sujet du futur projet angolais de production de biocarburants, la Biocom au sein de laquelle Odebrecht possède 40% des parts.
Outre les pays lusophones, le Brésil s’intéresse dès 2007 au Ghana et au Bénin. Au Ghana, c’est la société brésilienne Constran qui s’illustre en construisant une usine de production d’éthanol. Celle-ci peut s’appuyer sur l’exploitation de 27 000 hectares censée produire 150 millions de litre d’éthanol. Cette capacité de production doit permettre au Ghana de diversifier son économie et le place de facto dans la position de pays exportateur par le biais d’un accord avec la société suédoise Svensk Etanolkemi, celle-ci s’engageant pour l’achat d’éthanol pour une durée de dix ans. Ce projet de 306 millions de dollars est subventionné à hauteur de 260 millions par le biais prêt consenti au Ghana par la BNDES. Premier prêt public du Brésil au Ghana et méthode qui rappelle les prêts à taux préférentiels de la China Eximbank en Afrique.
En 2009, c’est au tour du Soudan de lancer son programme national de bioéthanol avec l’inauguration d’une usine du groupe Kenana qui devrait produire 65 millions de litre d’éthanol et qui est construite par l’entreprise brésilienne Dedini. La sous-traitance de l’usine sera bien sur assurée par celle-ci. Le Soudan a volonté à devenir chef de file en ce domaine et là encore, sa production lui permet d’exporter une première cargaison de 10 millions de litre d’éthanol à l’Union Européenne en avril 2011.
Outre ces deux destinations, Petrobras s’implante également en RDC, au Gabon et au Sénégal. La RDC, centre du continent africain, est bordée par 9 pays environ et représente une bonne plateforme en vue de l’exportation à travers toute l’Afrique. Elle dispose par ailleurs d’un potentiel d’exploitation agraire important avec seulement 10% des terrains cultivables exploités. Parfait pour cultiver la canne à sucre alors que l’année 2010 a vu naitre au Brésil des problèmes d’approvisionnement de bioéthanol. Dans cette optique, les investissements du Brésil au Gabon et au Sénégal pourraient être motivés par la construction de ports en eaux profonde pouvant servir de plateforme d’échange commercial. En ciblant chacun de ces pays, le Brésil se place en position d’influencer dans toute les organisations régionales d’Afrique les décisions liés aux biocarburants et cela permet également aux sociétés brésiliennes de ce domaine de bénéficier de taux préférentiels dans le cadre des échanges. Elles utilisent ainsi les accords de libre échanges pour exporter sur l’ensemble du continent africain et également pour exporter à l’extérieur à partir de pays tel que le Mozambique.
Par ailleurs, en concluant en 2010 un partenariat avec la chine pour la construction de projet de bio carburant en Afrique, le brésil s’évite des concurrents directs et damne le pion aux sociétés chinoises par son avancée technologique et les liens privilégiés avec certains pays.
En encourageant la production de bioéthanol auprès de plusieurs pays africains, le Brésil s’assure tout d’abord des débouchés pour sa filière de véhicule flex fuel. Le Malawi déclarait en 2007 entamer un programme de 5 ans d’un million de dollars pour convertir son parc automobile en véhicule à carburants mixtes ou carburants modulables Par ailleurs, par les transferts technologiques et l’implication de ses entreprises, il s’assure une certaine dépendance technologique des pays africains. Le seul risque pour lui serait que des pays comme l’Afrique du sud et la compagnie Ethanol Africa ne viennent concurrencer directement ses entreprises. Pour le Brésil, numéro deux mondial du secteur, l’intérêt est tout autre. On peut se demander s’il n’y a finalement pas une volonté de la part du Brésil de créer justement des géants en Afrique capable d’exporter leur production. En effet, sur une vision long terme, celui-ci a tout intérêt à structurer plusieurs pays exportateurs qui auraient volonté à promouvoir le bioéthanol sur les marchés internationaux. Si le Brésil parvenait à modeler plusieurs dizaines de pays exportateurs en structurant également leur marché interne (au niveau des véhicules etc..), il aurait un poids plus important dans les négociations actuelles du cycle de Doha. Par ailleurs, en créant une offre et une demande suffisante, il ne serait pas exclu de créer une véritable OPEP du bioéthanol où le Brésil pourrait profiter du manque de normes dans ce secteur pour imposer les siennes comme référence et avoir un poids décisif à l’OMC sur des questions telles que les critères de durabilité des agrocarburants.
Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)
Membre de l’équipe Unasur
L’annonce le 21 octobre dernier d’un projet brésilien de biocarburant au Zimbabwe illustre une nouvelle fois l’expertise du Brésil en ce domaine
Une capacité de projection construite sur le sol brésilien
Le programme PROALCOOL au Brésil mis en place depuis les années 70 a pour but de développer une filière biocarburant capable d’accroitre l’indépendance énergétique du Brésil et de promouvoir, à l’internationale, cette filière en vue de l’exportation.
Le premier objectif du Brésil a été de développer une filière nationale en corrélation avec la construction de véhicules adaptés à la technologie des biocarburants. Le Brésil a dynamisé la filière par le biais d’une série de mesures.
Il développe dès les années 70 une technologie permettant de maximiser le rendement de la canne à sucre pour se démarquer de ses concurrents et fournir un biocarburant compétitif. Cette technologie s’élabore sur deux plans.
La recherche et développement représente l’axe premier de cette politique et c’est paradoxalement le délitement de la société Zanini fin des années 90, la plus en pointe dans l’innovation des biocarburants qui va créer le terreau pour un futur pôle d’excellence. En effet, les anciens employés de cette société, fort de leur savoir faire, ont créé plusieurs dizaines de PME fabriquant aujourd’hui les technologies de pointe des distilleries. Il s’est ainsi structuré à Sertaozinho un véritable pôle d’excellence de la filière avec 500 PME présente et l’organisation de deux grandes foires alcool sucrière durant l’année.
Le Brésil lance en 2000 le programme Genoma Cana qui lui permet de créer une souche transgénique de saccharose plus riche, plus sucrée et résistante aux insectes et maladie. Il crée ainsi de nouvelles variétés telles que la RB925211 qui augmente le rendement et la productivité de la canne à sucre. L’utilisation de la canne à sucre comme base de la production d’éthanol permet au Brésil d’avoir une rentabilité d’environ 70% contre une rentabilité de 20 à 30% pour l’utilisation du maïs comme aux Etats-Unis ou au Mexique.
L’arsenal fiscal vient ensuite appuyer cette politique de R&D, l’exonération fiscale du secteur étant équivalente au coût de revient de l’éthanol, il en résulte en effet une défiscalisation quasi-totale de la vente d’éthanol.
Par ailleurs, il participe à l’élaboration de la technologie et assure aux constructeurs des débouchés en subventionnant les véhicules de type « Fuel Flexible Vehicle » par le biais de déductions fiscales. En étant leader dans le bioéthanol, le Brésil oblige ainsi les constructeurs automobiles qui souhaitent s’implanter pour conquérir son marché à adopter ses normes. Il les oblige à développer des véhicules compatibles avec l’éthanol pur ou des mélanges éthanol/essence.
La mesure phare du programme brésilien consiste en l’obligation imposée par le gouvernement que l’essence contienne un taux d’environ 25% d’éthanol. Cette mesure est aujourd’hui à relativiser car la forte demande en éthanol a conduit le Brésil à abaisser ce taux à 20% pour éviter une hausse des prix. Cela était également motivé par un début de pénurie de la ressource en 2011. En parallèle, la politique publique de prêts à taux bonifiés vient favoriser le stockage de l’alcool en usine. Cela permet la création de stock d’exportation et encourage l’accroissement de la production dans la filière.
Dernière mesure, en juin 2011, la Banque publique du gouvernement brésilien, la BNDES a déclaré qu’elle fournirait 22 milliards de dollars pour financer l’extension du secteur de la canne à sucre jusque 2014.
Après la consolidation nationale, le Brésil structure sa production et sa filière en vue de l’exportation. Dès 2005, le premier terminal portuaire d’éthanol a été construit à Santos avec une capacité de stockage de 32 000 tonnes. Le Brésil se fixe deux objectifs : imposer les biocarburants sur le continent sud américain et les imposer sur le continent Africain.
Le Brésil profite de l’implantation de ses entreprises en Amérique Latine telle que Petrobras pour imposer les biocarburants sur le continent. Outre Petrobras qui ne s’est lancé dans la production de bioéthanol qu’en 2010, les groupes Cosan et Copersucar monopolisent plus de 20% des parts de marché au Brésil. Petrobras s’appuie quant à elle sur son réseau de 8 000 stations services pour distribuer sa production de bioéthanol et par la même occasion, se positionne de façon stratégique. Le Brésil s’appuie sur des entreprises tels que Cosan, Copersucar, Sao Martinho ou encore Petrobras pour étouffer par exemple les productions concurrentes, telles que celles du Mexique beaucoup moins rentable.
La principale force de frappe pour le Brésil pour l’exportation d’éthanol en Amérique latine est dans un premier temps corrélée avec la capacité de projection de Petrobras. L’éviction progressive d’Exxon du marché de distribution des carburants en Amérique Latine est emblématique de cette politique. Le rachat du réseau de distribution d’Exxon par Petrobras lui permet d’écouler une partie de sa production d’éthanol de même que les véhicules fuel flex. Cette stratégie s’intensifie avec le rachat du réseau de distribution de Repsol, Eg3 par Petrobras et trouve son apogée dans des prises de capital stratégique. En 2010, Petrobras débourse successivement 1,2 milliards de dollars pour prendre 49% du capital de Guarani (filiale du groupe Tereos) et près de 250 millions d’euros dans l’acquisition de deux usines du 2ème groupe d’éthanol, Sao Martinho. Il obtient notamment 49% de l’usine Boa Vista qui devrait raffiner 7 millions de tonnes d’éthanol aux environs 2014/2015. Petrobras sécurise l’approvisionnement de ses réseaux de distribution qui constitue le principal facteur de diffusion du bioéthanol comme carburant de référence. Avec son modèle d’intégration verticale Petrobras structure rapidement sous la pression de l’Etat brésilien sa filière bioéthanol alors que certains de ses concurrents tel BP restructure leur portefeuille d’actifs vers la constitution de filières biocarburants. Le gouvernement de Dilma Roussef continue en 2011 de mettre la pression sur Petrobras en exigeant que celle-ci fournisse 15% du marché brésilien en bioéthanol toujours dans le but d’éviter les pénuries et de parer à la croissance du secteur de l’automobile.
Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)
Membre de l’équipe Unasur
Dans une interview au quotidien Péruvien Gestion, le ministre de l’environnement, Ricardo Giesecke a affirmé que le ministère de l’environnement envisagerait avec le ministère de l’énergie de réviser l’intégralité des projets miniers susceptibles de déclencher des conflits sociaux.
L’évaluation des projets en question sera, selon le ministre, une évaluation complète de l’impact du projet sur l’environnement et particulièrement de son impact sur la ressource en eau. Il est également question d’une Etude d’Impact Environnementale beaucoup plus poussée.
Après la suspension du projet de la mine d’or et de cuivre Conga, investissement de 4,8 milliards de la Newmont mining par le biais de la minera Bueanaventura, Roque Benavides, interrogé par Gestion, estimait que les sociétés minières devraient à l’avenir donner une estimation de la consommation d’eau du projet, de même, elles devraient garantir à la population un accès à l’eau potable.
Alors que le président Humala s’est vu obligé de déclarer l’Etat d’urgence dans quatre provinces de Cajamarca, l’ancien président Toledo le priait d’éviter une militarisation des conflits sociaux.
Dans le même temps, le ministre de l’environnement annonçait la création d’une autorité indépendante devant permettre le contrôle et la supervision des Etudes d’Impact Environnementales. Cette autorité se formerait à partir de la Oficina de Estudios de Impacto Ambiental del ministerio de Energia y minas, de la Autoridad Nacional del Agua et del Ministerio de Agricultura.
Cette annonce fait écho aux conflits sociaux qui se multiplient dans le secteur des mines avec pour point d’achoppement principal les ressources en eaux utilisées par les compagnies minières. En parallèle, quatre entreprises brésiliennes annonçaient le 30 novembre la suspension ou l’abandon de quatre projets hydroélectriques d’importance majeure pour le Pérou. Là encore, la ressource en eaux était au coeur du conflit de même que les associations. Plutôt que de créer un nouveau conflit, les sociétés Odebrecht, Electrobras, Andrade Gutierrez et Engevixare ont préféré se retirer des projets.
Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)
L’équipe d’Unasur
La Communauté des États latinos américains et des Caraïbes.
Une nouvelle puissance régionale Latino Américaine et Caribéenne est née entre ce vendredi 02 et ce samedi 03 décembre 2011 lors du sommet de Caracas. Un évènement majeur à prendre en compte dans la géopolitique du continent Américains.
Les 33 Etats Latino Américains et Caribéen y travaillent depuis juillet 2008, quelque mois après la création de l’UNASUR en mai de la même année. C’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui lance un appel aux chefs d’Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes dont Cuba, pour les inviter à débattre sur la création d’une nouvelle coopération régionale sans y inclure les Etats-Unis et le Canada, centre de gravité principale de l’influence régionale. Le but serait d’accroitre la puissance des Etats membres de la CELAC dans la région en rivalisant l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) synonyme de puissance américaine.
C’est le président vénézuélien Hugo Chavez, l’un des principaux promoteurs de cet évènement qui officialise le lancement de cette nouvelle union politique ce vendredi 2 décembre 2011. Cette nouvelle force en présence serait destinée à terme à supplanter d’autres organisations. En introduction de sa prise de parole le leader latino-américain s’adresse aux 32 autres chefs d’Etats en relatant clairement sa position presque radicale : « Nous devons créer une force supérieure pour élever les consciences ». Il insiste en mettant en avant le fait que « l’OEA représente le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis »
Pour ces Etats c’est aujourd’hui une réelle nécessité de créer un espace commun qui les unissent. La CELAC ambitionne d’approfondir le développement politique, économique, culturel et social entre ces 33 Etats et d’arriver à une coopération globale dans le but de convenir à une position commune sur des questions fondamentales comme les crises financières et énergétiques, les stratégies de développement et les négociations mondiales sur le commerce. La CELAC permettra à ces Etats de réaffirmer l’engagement des pays de continuer à renforcer les capacités internes de la région, de la survenance d’événements externes qui serait synonymes de déséquilibres économiques. Des politiques visant à renforcer la base industrielle et le renforcement des mécanismes de suivi de leurs systèmes financiers a été mis en place.
Trois évènements majeurs sont les piliers de l’organisation stratégique des 33 Etats membres en termes de développement, d’indépendance et de souveraineté. En 2008 la déclaration de Salvador de Bahia, en 2009 le lancement du Plan d’action de Montego Bay et en 2010, la Déclaration de Cancun.
Cette nouvelle force régionale a-t-elle les capacités d’atteindre ses objectifs d’union et de croissance et de se défendre de l’agressivité américaine ? Quelles sont les techniques offensives des américains pour maintenir leur niveau d’influence sur la région ?
La gestion des accords et traités entre Etats membre de la CELAC pourrait devenir à terme une base de conflit interne. Des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili par exemple ont des intérêts commerciaux très importants avec les Etats-Unis.
Le Mexique, un Etat influent, a intégré la CELAC. Le Mexique fait parti de l’alliance nord américaine depuis 1994 et ne fait pas partie de l’UNASUR. Il représente un allier stratégique pour les Américains. L’intégration du Mexique dans la Communauté des Etats Latino Américains et Caribéen aujourd’hui, est un élément important à prendre en compte. Le discours de Felipe Calderon lors du sommet reflète la volonté mexicaine de revendiquer le fait que le Mexique sera et restera un pays latino américain : « nous avons besoins de l’intégration, non seulement dans les mots mais aussi dans une réalité qui nous aide à transformer les échanges entre latino américain et caribéen en signaux de prospérité et de croissance ». Le Mexique devait se montrer présent pour revendiquer ses valeurs mais aussi pour s’allier avec 32 pays connaissant une croissance continue pendant la crise financière la plus dur de l’histoire du monde économique. 90 % de l’exportation Mexicaine est destinée au sol Américain, les liens commerciaux qui unissent le Mexique et les Etats-Unis sont importants.
Laisser le Mexique intégrer la CELAC reflète le fait que cette organisation ne semble pas inquiéter les Etats-Unis en termes de puissance régionale. En effet, ceux-ci ne se sont pas opposés médiatiquement à la création de cette nouvelle coalition. Cependant les américains pourraient à travers le Mexique influer sur les décisions d’accord et de traités qui seront signés par les Etats Membre de la CELAC. Un autre pays sous forte influence américaine est aujourd’hui membre de la CELAC : le Panama. Il sera également intéressant de comprendre comment un pays qui est contrôlé à 100% par les Etats-Unis puisse intégrer ce nouvel organe régional ?
Certains Etats Caribéens sont également sous influence anglo-saxonne. Comment les américains vont-ils exploiter ces influences sur la CELAC ?
C’est dans le dossier thématique de l’UNASUR du site UNASUR.fr que vous trouverez le dimanche 11 décembre 2011 une suite de réponse à ces problématiques dans le but d’analyser les conséquences de la création de la CELAC et de mieux comprendre les enjeux de puissances dans la région sud américaine.
Makram Amadet
makram.amadet@gmail.com
Membre de l’Equipe Unasur.fr
Le 3 décembre dernier, l’agence russe d’exportation d’armement Rosoboronexport livrait ses premiers hélicoptères Mi-171E à l’armée Argentine.
Une première dans la coopération entre la Russie et l’Argentine. Le contrat ne concernait que deux hélicoptères conçus pour les conditions extrêmes et utilisés par l’Argentine pour l’approvisionnement de ses bases en antarctique. Ce contrat est minime mais il représente une pénétration du marché et complète l’offensive de Rosoboronexport en Amérique latine.
Celle-ci peut se targuer d’avoir quasiment l’ensemble des pays sud américains comme clients. Le 28 octobre dernier, l’agence russe d’exportation d’armement livrait au Pérou le deuxième lot d’hélicoptères prévu d’un contrat signé en 2010. Avec trois hélicoptères Mi 171Sh livré au Pérou, l’intérêt pour Rosoboronexport est surtout d’implanter par la suite son usine de maintenance.
Fer de lance de cette reconquête en matière d’armement, l’agence russe peut compter sur les bonnes relations que la Russie entretien avec plusieurs pays du continent sud américain, des clients habituelles tels que le Venezuela ou le Pérou.
Outre les relations politiques, les exportations d’armement bénéficient d’un contexte économique favorable, la plupart des pays latinos américains étant en pleine croissance et affichant une volonté de moderniser leur armées.
Le Brésil entend clairement moderniser sa flotte de guerre pour protéger ses approvisionnements énergétiques et pouvoir réagir dans ses eaux territoriales avec rapidité et efficacité. La récente marée noire a montré au Brésil qu’il était vital de développer sa puissance maritime. Cela d’autant plus s’il revendique une place au conseil de sécurité de l’ONU ou la place de puissance régionale en Amérique Latine. En novembre, l’amiral Luiz Umberto De Mendoza annonçait la nécessité d’acquérir d’ici à 2030, 20 sous-marins conventionnels et 6 sous-marins nucléaires.
Cela n’a probablement pas échappé à la Russie de même que la constitution de la CELAC qui pourrait être synonyme pour elle d’écouler davantage d’armement particulièrement avec des vitrines telles que le Venezuela, l’Argentine, le Brésil ou le Pérou. Elle s’est d’ailleurs dite prête à coopérer avec la CELAC. Dernier accord en date, le 5 décembre, le Mexique s’engageait aux cotés de la Russie pour développer un programme de coopération dans le domaine de la sécurité nationale.
Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)
L’équipe d’Unasur
Le 18 novembre, Technip annonçait la création d’une nouvelle société de conseil spécialisée dans le subsea et l’offshore.
Symbole de prospérité et de réussite pour Technip, la création de Genesis est aussi une façon pour elle d’annoncer à ses concurrents et ses futurs clients sa montée en puissance et son leadership.
Cette annonce s’inscrit dans la lignée des derniers succès de Technip. Le même jour, Petrobras a annoncé un contrat d’ un milliard de dollars avec la joint-venture détenue à parité par Technip et Odebrecht pour l’affrètement et l’exploitation de deux navires de pose de conduite flexible.
L’acquisition de la société Cybernetix, spécialisée dans la robotique sous-marine, et l’acquisition de Global Industries offrent à Technip la possibilité de déployer près de quatorze bâtiments dont deux très innovants permettant l’exploitation jusqu’a 3 000 mètres de profondeur. Ces succès illustrent, s’il en était besoin, de la bonne santé de l’opérateur français et lui permet de renforcer sa position sur le marché brésilien.
Genesis est le symbole de la stratégie de Technip résolument orientée vers l’exploitation off shore en eaux profondes. Technip profite de son influence et des défaillances de ses concurrents au Brésil où Aker solutions a connu des difficultés et où ses commandes d’équipement sous-marins pour Petrobras ont pris du retard. Le français renforce son image et annonce sa nouvelle société de conseil à l’heure où le ministère de l’économie monte une mission ayant vocation à accompagner le développement de l’industrie pétrolière au large de la Guyane française.
En parallèle, Technip reconduit un contrat de sous-traitance avec Statoil et remporte un contrat de service off-shore en mer sur l’important champs gazier de Valemon opéré là encore par Statoil. Ce dernier vient justement d’acquérir 30% de participation dans un consortium avec Tullow oil pour l’exploitation d’un important gisement dans les eaux du Suriname, voisin de la Guyane. Ce gisement guyanais doit justement être exploité par un consortium dirigé par Tullow oil.
Cela place par ricochet Technip en bonne position, les deux gisements étant de constitution commune et à une profondeur similaire.
L’annonce de la création de Genesis intervient alors que le 1er décembre, le gouvernement mobilise sur place une mission de prospective et d’aménagement de la future exploitation du gisement guyanais. Celui-ci pourrait être d’une importance majeure et s’inscrirait pour Technip dans sa logique de développement sud-américaine, avec une présence déjà confirmée au Mexique, au Venezuela et au Brésil.
Le gisement guyanais et le dernier accord signé entre la PDVSA et Odebrecht le 2 décembre dernier dans le cadre de la Communidad de Estados Latinos Americanos y Caribenos pourraient être synonyme de nouveaux contrats pour Technip.
Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)
L’équipe Unasur
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