Catégorie: Economie

Le Pérou envisagerait de revoir l’intégralité des projets miniers susceptibles de créer des conflits sociaux

images 4Dans une interview au quotidien Péruvien Gestion, le ministre de l’environnement, Ricardo Giesecke a affirmé que le ministère de l’environnement envisagerait avec le ministère de l’énergie de réviser l’intégralité des projets miniers susceptibles de déclencher des conflits sociaux.

L’évaluation des projets en question sera, selon le ministre, une évaluation complète de l’impact du projet sur l’environnement et particulièrement de son impact sur la ressource en eau. Il est également question d’une Etude d’Impact Environnementale beaucoup plus poussée.

Après la suspension du projet de la mine d’or et de cuivre Conga, investissement de 4,8 milliards de la Newmont mining par le biais de la minera Bueanaventura, Roque Benavides, interrogé par Gestion, estimait que les sociétés minières devraient à l’avenir donner une estimation de la consommation d’eau du projet, de même, elles devraient garantir à la population un accès à l’eau potable.

Alors que le président Humala s’est vu obligé de déclarer l’Etat d’urgence dans quatre provinces de Cajamarca, l’ancien président Toledo le priait d’éviter une militarisation des conflits sociaux.

Dans le même temps, le ministre de l’environnement annonçait la création d’une autorité indépendante devant permettre le contrôle et la supervision des Etudes d’Impact Environnementales. Cette autorité se formerait à partir de la Oficina de Estudios de Impacto Ambiental del ministerio de Energia y minas, de la Autoridad Nacional del Agua et del Ministerio de Agricultura.

Cette annonce fait écho aux conflits sociaux qui se multiplient dans le secteur des mines avec pour point d’achoppement principal les ressources en eaux utilisées par les compagnies minières. En parallèle, quatre entreprises brésiliennes annonçaient le 30 novembre la suspension ou l’abandon de quatre projets hydroélectriques d’importance majeure pour le Pérou. Là encore, la ressource en eaux était au coeur du conflit de même que les associations. Plutôt que de créer un nouveau conflit, les sociétés Odebrecht, Electrobras, Andrade Gutierrez et Engevixare ont préféré se retirer des projets.

Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)

L’équipe d’Unasur

Création de la CELAC, la nouvelle puissance régionale Latino-Américaine qui déstabilise l’OEA

images3La Communauté des États latinos américains et des Caraïbes.

Une nouvelle puissance régionale Latino Américaine et Caribéenne est née entre ce vendredi 02 et ce samedi 03 décembre 2011 lors du sommet de Caracas. Un évènement majeur à prendre en compte dans la géopolitique du continent Américains.

Les 33 Etats Latino Américains et Caribéen y travaillent depuis juillet 2008, quelque mois après la création de l’UNASUR en mai  de la même année. C’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui lance un appel aux chefs d’Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes dont Cuba, pour les inviter à débattre sur la création d’une nouvelle coopération régionale sans y inclure les Etats-Unis et le Canada, centre de gravité principale de l’influence régionale.  Le but serait d’accroitre la puissance des Etats membres de la CELAC dans la région en rivalisant l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) synonyme de puissance américaine.

C’est le président vénézuélien Hugo Chavez, l’un des principaux promoteurs de cet évènement qui officialise le lancement de cette nouvelle union politique ce vendredi 2 décembre 2011. Cette nouvelle force en présence serait destinée à terme à supplanter d’autres organisations. En introduction de sa prise de parole le leader latino-américain s’adresse aux 32 autres chefs d’Etats en relatant clairement sa position presque radicale : « Nous devons créer une force supérieure pour élever les consciences ». Il insiste en mettant en avant le fait que « l’OEA représente le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis »

Pour ces Etats c’est aujourd’hui une réelle nécessité de créer un espace commun qui les unissent. La CELAC ambitionne d’approfondir le développement politique, économique, culturel et social entre ces 33 Etats et d’arriver à une coopération globale dans le but de convenir à une position commune sur des questions fondamentales comme les crises financières et énergétiques, les stratégies de développement et les négociations mondiales sur le commerce. La CELAC permettra à ces Etats de réaffirmer l’engagement des pays de continuer à renforcer les capacités internes de la région, de la survenance d’événements externes qui serait synonymes de déséquilibres économiques. Des politiques visant à renforcer la base industrielle et le renforcement des mécanismes de suivi de leurs systèmes financiers a été mis en place.

Trois évènements majeurs sont les piliers de l’organisation stratégique des 33 Etats membres en termes de développement, d’indépendance et de souveraineté. En 2008 la déclaration de Salvador de Bahia, en 2009 le lancement du Plan d’action de Montego Bay et en 2010, la Déclaration de Cancun.

Cette nouvelle force régionale a-t-elle les capacités d’atteindre ses objectifs d’union et de croissance et de se défendre de l’agressivité américaine ? Quelles sont les techniques offensives des américains pour maintenir leur niveau d’influence sur la région ?

La gestion des accords et traités entre Etats membre de la CELAC pourrait devenir à terme une base de conflit interne. Des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili par exemple ont des intérêts commerciaux très importants avec les Etats-Unis.

Le Mexique, un Etat influent, a intégré la CELAC. Le Mexique fait parti de l’alliance nord américaine depuis 1994 et ne fait pas partie de l’UNASUR. Il représente un allier stratégique pour les Américains. L’intégration du Mexique dans la Communauté des Etats Latino Américains et Caribéen aujourd’hui, est un élément important à prendre en compte. Le discours de Felipe Calderon lors du sommet reflète la volonté mexicaine de revendiquer le fait que le Mexique sera et restera un pays latino américain : « nous avons besoins de l’intégration, non seulement dans les mots mais aussi dans une réalité qui nous aide à transformer les échanges entre latino américain et caribéen en signaux de prospérité et de croissance ». Le Mexique devait se montrer présent pour revendiquer ses valeurs mais aussi pour s’allier avec 32 pays connaissant une croissance continue pendant la crise financière la plus dur de l’histoire du monde économique. 90 % de l’exportation Mexicaine est destinée au sol Américain, les liens commerciaux qui unissent le Mexique et les Etats-Unis sont importants.

Laisser le Mexique intégrer la CELAC reflète le fait que cette organisation ne semble pas inquiéter les Etats-Unis en termes de puissance régionale. En effet, ceux-ci ne se sont pas opposés médiatiquement à la création de cette nouvelle coalition. Cependant les américains pourraient à travers le Mexique influer sur les décisions d’accord et de traités qui seront signés par les Etats Membre de la CELAC. Un autre pays sous forte influence américaine est aujourd’hui membre de la CELAC : le Panama. Il sera également intéressant de comprendre comment un pays qui est contrôlé à 100% par les Etats-Unis puisse intégrer ce nouvel organe régional ?

Certains Etats Caribéens sont également sous influence anglo-saxonne. Comment les américains vont-ils exploiter ces influences sur la CELAC ?

C’est dans le dossier thématique de l’UNASUR du site UNASUR.fr que vous trouverez le dimanche 11 décembre 2011 une suite de réponse à ces problématiques dans le but d’analyser les conséquences de la création de la CELAC et de mieux comprendre les enjeux de puissances dans la région sud américaine.

Makram Amadet

makram.amadet@gmail.com

Membre de l’Equipe Unasur.fr

Le marché de l’or, reflet des rapports de force entre puissances au Pérou

L'or au PérouAvec une croissance annuelle de 7%, un faible endettement extérieur et un régime d’investissement favorable, le Pérou est devenu une puissance minière de premier ordre sur la scène internationale. Historiquement marqué par le système des enclaves minières, le secteur minier a subi deux vagues de privatisation sous les présidences de Fujimori et de Garcia. De 1990 à 2000, Fujimori privatise des sociétés telles que la Centromin issues des enclaves minières. Cette politique est encouragée par les Etats-Unis et la Chine. Il redresse le pays et le réintègre dans l’économie internationale. La privatisation du secteur se prolonge après l’accession au pouvoir d’Alan Garcia en 2006. Sa présidence est notamment marquée par un fort rapprochement avec la Chine. Un partenariat stratégique est conclu en 2008 entre les deux pays de même qu’un accord de libre échange en 2010. Garcia nomme comme premier ministre, en 2010, un péruvien d’origine chinoise illustrant l’ouverture du Pérou à la Chine devenue son deuxième partenaire commercial.

La croissance économique du Pérou est en grande partie due à l’exploitation de ses ressources minières. Le pays est le cinquième producteur d’or et cette période de crise économique est propice à attirer les investisseurs vers l’or souvent qualifié de valeur refuge. Le secteur aurifère attire les appétits des grandes firmes et de leurs Etats. Les enjeux sont d’importance pour celui qui domine le marché.

Le marché de l’or, reflet des rapports de force entre puissances au Pérou

Le Pérou possède 8% des réserves mondiales d’or. A l’heure où certains experts parlent de Peak Gold, cette ressource constitue environ 50% des recettes à l’exportation et son exploitation est en constante augmentation. Le marché de l’extraction et de l’exploitation de l’or au Pérou est dominé par plusieurs sociétés. Sept entreprises possèdent à elles seules près de 63% du marché. L’implication de celles-ci et la déclinaison de leur actionnariat illustrent la main mise des Etats-Unis et du Canada sur le marché. En effet, la compagnie Yanacocha possède 24,65% du marché et a pour actionnaire principal la Newmont Mining Corporation dont l’actionnariat est américain à hauteur de 66%. Cette tendance est confirmée par la Société Financière Internationale qui est actionnaire à hauteur de 5% et dominée par les Etats-Unis qui y disposent du plus grand nombre de droits de vote. La Barrick Misquichilca, deuxième entreprise du secteur avec 17,40% du marché est quant à elle dirigée à 100% par la Barrick Gold Corportation dont l’actionnariat est canadien à plus de 80% et américain à hauteur de 13%.

Une des particularités du secteur péruvien apparait comme la présence de plusieurs entreprises péruviennes d’importance sur le marché. En effet, l’addition des parts de marché de la Minera Buenaventura, de la Aruntani, de la Aurifera Santa Rosa (COMARSA) et de la Consorcio Minero Horizonte illustre une possession du marché à hauteur de 17,37%. Ces entreprises sont des descendantes indirectes de la politique des enclaves minières et ont réussi à se structurer lors des divers vagues de privatisation pour conserver leur marché. Elles reflètent également la main mise de certaines familles péruviennes sur le marché, pour exemple, la Buenaventura qui possède 6,74 % du marché a pour actionnaire principal la famille Benavides, majoritaire à hauteur de 27,7%. En parallèle, la société Sud Africaine Gold fields ne détient quant à elle que 3,60% du marché mais illustre également la présence d’un leader du secteur sur le marché du Pérou.

Outre un marché trusté par les entreprises américaines et canadiennes, les investissements en 2009 dans le secteur aurifère et les projets miniers futurs confirment cette tendance de position dominante des nord américains. En effet, en 2009, la compagnie américaine Yanacocha renforce sa position de leader sur le marché et investit 270 millions dans une usine de cyanure, 400 millions dans un projet à Chaquicocha et contribue à hauteur de 1,1 milliards de dollars dans un projet à Cajamarca. En octobre 2011, les projets approuvés par le ministère de l’énergie et des mines du Pérou mettent en avant la canadienne Barrick Misquichilca qui consolide sa position dans la région de Libertad avec un investissement de 400 millions de dollars alors que, dans le même temps, l’américaine Minera Yanacocha assoie sa domination sur le marché en investissant près de 4, 8 milliards dans le département de Cajamarca.

La péruvienne Buenaventura bénéficie directement du projet de la société Yanacocha dont elle possède 43% et consolide  ainsi ses parts de marché. Elle utilise en parallèle la société Compania Minera Coilmolache pour un nouvel investissement de 56 millions de dollars. La Gold Fields prévoit, quant à elle, d’investir 700 millions de dollars dans la région de Moquegua.

Cette volonté de domination des majors canadiennes se retrouvent dans les projets prévus par les entreprises locales qui voient en bonne position la Minera Antares Peru et la Minera Sulliden Shahuinda.

Néanmoins la domination apparait moins flagrante quand la Chine fait son apparition par le bais de la Jintong Mining Peru qui prévoit des investissements d’un montant pour le moment inconnu. L’implantation de la Chine dans le secteur minier date du rachat de Hierro Peru par Shougang Corporation en 1992. Aujourd’hui, la Chine se renforce progressivement sur le marché péruvien. Sa stratégie est de se positionner par le biais d’entreprise locales appuyées par les majors chinoises à l’affut d’opportunités à saisir. En 2007, le canadien Peru Copper est racheté par Chinalco qui renforce sa position. La prise de contrôle de Monterrico Metals par Zijin est également emblématique. En 2007, Monterrico Metals est un des plus grands groupes européens dans le domaine minier, disposant de l’importante réserve d’or du Rio Blanco. Zijin propose de le racheter mais celui-ci refuse l’offre du consortium chinois. Dans le même temps, les protestations qui touchent Monterrico sur son site Rio blanco et les difficultés qui en découlent atteignent son cours de bourse. Zijin revient à la charge et pousse Monterrico à accepter son offre bien qu’elle sous évalue grandement la valeur réelle de la société. Elle prend ainsi contrôle de la plus grosse société européenne et des réserves du Rio Blanco. Le numéro deux chinois de l’exploitation minière acquiert une position stratégique sur le marché péruvien. Une stratégie globale est ainsi menée dans le secteur minier. Entre 2011 et 2014, les sociétés Jhintong Minning Peru, Jhinzao minning peru, Junefield Group et Lumina copper devraient investir plus de 5 milliards de dollars dans des projets touchant les domaines de l’or, du fer et du cuivre. Bien que le marché de l’or soit aux mains des sociétés nord américaines pour le moment, la Chine partenaire privilégié du Pérou entend bien conquérir un marché en vue de diversifier ses réserves de changes et de se créer un stock d’or équivalent à celui des Etats-Unis et de l’Europe. Si la crise continue et dans l’éventualité où le dollar viendrait à se dévaluer, au vu de l’importance de la dette américaine, tout l’intérêt de la Chine réside à se tourner vers l’or. Quand certains analystes évoquent le retour à un Etalon Or pour résoudre le problème de la crise, la Chine serait en position de faiblesse au vu du peu de ressources d’or brut que sa banque centrale possède. Pour remédier à cette situation, celle-ci prend possession de différentes mines à travers le monde et achète plusieurs centaines de tonnes d’or par an ce qui dynamise le cours de l’or.  Cette domination américaine n’empêche pas les mouvements de contestations auxquels doit faire face le président Humala.

L’activisme de la société civile et la nouvelle donne politique du président Humala

L’activisme de la société civile au Pérou n’est pas nouveau. Les différents mouvements populistes, de Fujimori à Garcia, ont consolidé une société civile active. Le développement de la protestation indigène s’est fait en corrélation avec la multiplication des concessions minières et de l’exploitation des ressources du pays par les grands groupes.

Deux phénomènes ont forgé la société civile au Pérou. D’une part, les ONG militantes pour la défense des droits des indigènes se sont rapidement développées pour protester contre la dégradation de l’environnement due aux concessions minières. D’autre part, la paupérisation croissante d’une partie de la population a mis en avant la mauvaise répartition des richesses et de la manne minière du pays. C’est sous la présidence de Garcia que se sont mis en marche plusieurs mouvements sociaux à l’encontre des grandes sociétés minières du pays. Les associations militent aujourd’hui en faveur de « zones libres d’exploitation minière » et font pression sur le gouvernement. Proportionnellement plus importante en nombre, les sociétés américaines et canadiennes ont été les premières touchées. Les interventions d’ONG étrangères soutenant les droits des indiens se multiplient et certaines sociétés telles que Monterrico Metals en pâtissent. L’ONG britannique Peru Support Group se mobilise à Rio Blanco et fait chuter le cours de bourse de la société. Coïncidence troublante, le chinois Zijin, qui avait des vues sur la mine de Rio Blanco, en profite pour racheter la société  avec une dévaluation de près de la moitié de sa valeur. Au vu de l’opacité de financement des ONG, il est difficile de dire si celles-ci sont instrumentalisées.

La présidence Garcia a vu se multiplier les conflits sociaux violents qui ont fait parfois plusieurs dizaines de morts et ont conduit à la démission son ministre de l’intérieur sous la pression des ONG. En représailles, le gouvernement a poussé à l’adoption d’une loi en novembre 2006 visant à restreindre l’action des ONG au Pérou. Les ONG étrangères devront déclarer l’origine de leurs fonds auprès d’une agence spécialement créée. Si elles troublent les politiques économiques du gouvernement, l’Etat est en droit de bloquer leurs fonds et de prendre des mesures de rétorsions à leur encontre. Cette loi n’a pas permis l’absence des contestations et, en 2011, un mois avant l’entrée en fonction d’Ollanta Humala, le président Garcia tente de calmer les mouvements sociaux par un moratoire de 36 mois sur les concessions minières à venir et en refusant un permis d’exploitation à la Beer Creek, entreprise canadienne. Le 28 Juillet 2011, le nouveau président, Ollanta Humala entre en fonction. D’origine quechua comme 80% de la population péruvienne et sensibilisé à la question indienne, la victoire d’Humala est avant tout celle de la gauche. Suite à son élection, la bourse péruvienne plonge et les milieux industriels, notamment le secteur minier, craignent un nouveau Chavez. Mais contre toute attente, le président Humala préfère la négociation au passage en force avec le secteur minier. Le gouvernement et la puissante Sociedad Nacional de Minería, Petróleo y Energía négocient ainsi une nouvelle taxation du secteur minier, inscrite dans la loi, et qui rapportera plus d’un milliard supplémentaire au gouvernement Humala. Ces recettes seront utilisées pour le développement des projets sociaux et la réduction de la pauvreté. Il semblerait qu’une nouvelle ère s’ouvre au Pérou, entre conservation des acquis économiques et progrès social.

Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)

Membre de l’équipe d’unasur, www.unasur.fr

Brésil-Pérou: l’intégration énergétique au prix de la dépendance?

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Passé un peu inaperçu des médias, l’accord signé le 16 juillet 2010 entre Alan Garcia et Lula établit, après des années de négociations interminables, l’intégration énergétique entre les deux pays. Cette première étape vers une intégration complète des pays andins avec le géant lusophone, loin de créer une communauté de l’énergie, se présente en réalité comme une démonstration supplémentaire du poids géoéconomique que le Brésil gagne sur ses voisins sud-américains.

L’accord qui prévoit la création de centrales hydroélectriques au Pérou par des entreprises brésiliennes dont le savoir-faire est certainement le plus avancé parmi les pays du continent, établit en outre les modalités de transfert des excédents de production au Brésil via les lignes interconnectées mises en place.

Alors que le gouvernement péruvien hésitait depuis 2006, date du MoU de coopération, quant à la signature de cet accord, principalement à cause de ces mêmes modalités de transfert, il a fini par se décider en 2010 pour un développement de la zone frontalière, fusse au prix d’une mainmise brésilienne.

Cette région, encore en retard au regard des autres parties du pays, est même du côté brésilien de la frontière, un front à développer. Avec cet accord Lula réussit un double objectif : développer l’Etat d’Acre et l’ouest de l’Amazonas, parmi les régions les plus reculées du pays. La transformation et le désenclavement des régions ouest du pays sont des chantiers majeurs de la politique brésilienne depuis des années et cet accord pourrait bien être la base d’un premier vrai succès durable. Dans le même temps l’implantation des énergéticiens brésiliens au Pérou, via leur compétence technique, lui assure une certaine mainmise sur un secteur clé, souvent considéré en Amérique Latine comme prioritaire.

Même si l’électricité produite doit être prioritairement envoyée sur le marché régulé péruvien puis sur le marché libre péruvien avant de pouvoir être envoyée au Brésil, nul doute qu’au terme des 30 ans de régulation que prévoit l’accord, le Brésil pourra faire payer au Pérou un prix bien plus élevé pour son électricité dans une région qu’il aura lui-même contribué à développer.

Après tout la vision à long terme n’est-elle pas l’un des attributs des grandes puissances ?

Nicolas Mazzucchi

Equipe UNASUR.fr

Le Pérou s’engage pour le secteur touristique

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Le Pérou cherche à intégrer le conseil exécutif de l’Organisation Mondiale du Tourisme pour l’année prochaine (OMT), de cette façon le pays espère tenir un rôle beaucoup plus actif au sein de ladite entité, a informé le 21 mai le ministère du Commerce extérieur et du tourisme (Mincetur). L’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) est une institution spécialisée du système des Nations Unies et la principale organisation internationale dans ce secteur d’activité.

L’OMT joue un rôle majeur et indispensable dans la promotion du développement du tourisme responsable, durable et ouvert à tous, en veillant plus spécifiquement aux intérêts des pays en voie de développement.‎

« Nous souhaitons que le pays ait un rôle plus important au sein de l’OMT et nous allons collaborer avec d’autres nations pour que le Pérou puisse intégrer l’organisme comme membre du conseil exécutif aux élections qui auront lieu en 2011 » a expliqué le ministre du Commerce extérieur et du tourisme, Martín Pérez.

Il a ajouté qu’il s’était réuni avec des représentants de l’OMT (dont le siège se trouve à Madrid) lors de son récent séjour en Espagne, où il a accompagné le président de la république Alan García au sixième sommet de l’Amérique latine et de l’union européenne (ALC-UE). Il a précisé que le fait d’intégrer le conseil exécutif permettrait à son pays d’accéder à des technologies plus modernes en matière de tourisme, d’obtenir un meilleur accès à l’information, aux études de marché et aux divers programmes que développe cette organisation.

« Le Pérou n’a pas été très actif dans ses rapports avec l’OMT, c’est pourquoi nous avons invité la vice-ministre du tourisme à ce qu’elle assume son leadership et qu’elle travaille plus étroitement avec cet organisme » a annoncé l’agence de presse Andina.

Il a soutenu que le pays possède de multiples destinations touristiques pouvant attirer des milliers de visiteurs étrangers cependant, il est encore nécessaire de développer des produits touristiques qui manquent au Pérou et qui peuvent être proposés dans d’autres pays. Il a affirmé que les représentants de l’OMT avaient fait preuve d’intérêt concernant l’expérience des autorités péruviennes face au processus d’évacuation des touristes sur la zone archéologique de Machu Picchu après la destruction de la voie ferrée donnant accès au site, ce en raison des pluies diluviennes qui s’étaient abattues dans la sierra andine au mois de février.

« L’organisation est très intéressée de savoir comment le Mincetur et son encadrement sont parvenus à évacuer les touristes du Machu Picchu en ce début d’année » a évoqué Pérez.

Le but est que d’autres pays s’inspirent du modèle péruvien d’évacuation et puissent le reproduire dans le cas où une catastrophe similaire dans des zones à forte concentration touristique s’abattrait dans leur pays.

La citadelle inca de Machu Picchu continue d’éveiller l’intérêt des touristes et un mois après sa réouverture, suite aux pluies qui ont endommagé la voie ferrée, unique moyen pour se rendre à la cité perdue (hormis le chemin de l’Inca qui s’effectue à pied et qui nécessite une excellente condition physique), 38 450 voyageurs ont déjà visité les lieux, a informé l’institut national de culture du Pérou (INC) .

Selon un rapport officiel, en avril, le nombre de visiteurs étrangers qui se sont déplacés au sanctuaire dans le département de Cusco a atteint les 33 211 individus, tandis que les visiteurs nationaux ont été 5243, ce qui constitue une moyenne de 1000 visiteurs par jour sur tout le mois de mai.

Le 1er avril Machu Picchu fut rouvert au public après avoir été fermé près de deux mois. L’actrice américaine Susan Sarandon, a été choisie comme marraine lors de la cérémonie de réouverture réalisée dans une ambiance festive où la musique et la danse folklorique ont animé la manifestation. À Cusco, la principale activité économique est le tourisme, Machu Picchu étant la principale attraction nationale. La fermeture temporaire de la citadelle a conduit le gouvernement à mettre en place une campagne de promotion touristique intitulée « Cusco Pone » afin d’animer le tourisme interne.

Le secteur touristique du Pérou va connaître un recul de 5 à 6 % pour 2010, cette estimation s’explique par la baisse de touristes étrangers sur le territoire péruvien. C’est ainsi que l’a estimé le président de Canatur, Carlos Canales, qui estime le déficit dû à la fermeture du Machu Picchu à 300 millions de dollars, chiffre supérieur à celui estimé par le Mincetur.

Canatur a précisé que le chiffre de 300 millions de dollars provient de l’étude et de la recherche que l’Observatoire Touristique de l’Université Indépendante de San Martín de Porres a réalisé (Observatorio Turístico de la Universidad Particular San Martín de Porres) et non de la coopération des professionnels du tourisme. Il a également précisé que les efforts allaient être faits pour la création d’un Ministère du Tourisme et de l’artisanat, puisqu’à ce jour il existe seulement un Ministère du Commerce et du Tourisme [...]

Extrait de l’article publié sur www.actulatino.com

Auteur : Aline Timbert

Equipe Unasur.fr

L’équipe d’Unasur.fr accueille Aline Timbert

unasur amerique latine sudDiplômée d’une maîtrise LLCE (Langue, Littérature et Civilisation Etrangères spécialité « Espagnol ») obtenue à la Sorbonne Nouvelle de Paris avec « mention bien », je me passionne pour l’étude des civilisations précolombiennes depuis de nombreuses années, à ce titre j’ai rédigé un mémoire sur ‘L’évangélisation des indigènes du Pérou’ d’après l’œuvre du jésuite José de Acosta  »De Procuranda Indorum Salute.

Fondatrice du site partenaire : www.actulatino.com

Développement : De nouvelles catégories sur Unasur.fr

amerique du sud

Jusqu’ici, Unasur.fr n’offrait que des articles stratégiques issus d’une approche d’intelligence économique. Nous avons décidé de développer un nouvel axe, basé sur l’ouverture de trois nouvelles catégories : Economie, Politique et Sciences.

Ces nouveaux axes ont pour but d’apporter plus d’informations permettant de suivre l’actualité sud-américaine dans son ensemble.

Unasur.fr accueillera très prochainement de nouveaux auteurs spécialistes de l’actualité économique, politique et scientifique. Leur objectif sera de vous fournir toutes les clés de l’actualité latino-américaine.

Serge Sedille,

L’équipe Unasur.fr