Catégorie: Actualité

Le Pérou envisagerait de revoir l’intégralité des projets miniers susceptibles de créer des conflits sociaux

images 4Dans une interview au quotidien Péruvien Gestion, le ministre de l’environnement, Ricardo Giesecke a affirmé que le ministère de l’environnement envisagerait avec le ministère de l’énergie de réviser l’intégralité des projets miniers susceptibles de déclencher des conflits sociaux.

L’évaluation des projets en question sera, selon le ministre, une évaluation complète de l’impact du projet sur l’environnement et particulièrement de son impact sur la ressource en eau. Il est également question d’une Etude d’Impact Environnementale beaucoup plus poussée.

Après la suspension du projet de la mine d’or et de cuivre Conga, investissement de 4,8 milliards de la Newmont mining par le biais de la minera Bueanaventura, Roque Benavides, interrogé par Gestion, estimait que les sociétés minières devraient à l’avenir donner une estimation de la consommation d’eau du projet, de même, elles devraient garantir à la population un accès à l’eau potable.

Alors que le président Humala s’est vu obligé de déclarer l’Etat d’urgence dans quatre provinces de Cajamarca, l’ancien président Toledo le priait d’éviter une militarisation des conflits sociaux.

Dans le même temps, le ministre de l’environnement annonçait la création d’une autorité indépendante devant permettre le contrôle et la supervision des Etudes d’Impact Environnementales. Cette autorité se formerait à partir de la Oficina de Estudios de Impacto Ambiental del ministerio de Energia y minas, de la Autoridad Nacional del Agua et del Ministerio de Agricultura.

Cette annonce fait écho aux conflits sociaux qui se multiplient dans le secteur des mines avec pour point d’achoppement principal les ressources en eaux utilisées par les compagnies minières. En parallèle, quatre entreprises brésiliennes annonçaient le 30 novembre la suspension ou l’abandon de quatre projets hydroélectriques d’importance majeure pour le Pérou. Là encore, la ressource en eaux était au coeur du conflit de même que les associations. Plutôt que de créer un nouveau conflit, les sociétés Odebrecht, Electrobras, Andrade Gutierrez et Engevixare ont préféré se retirer des projets.

Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)

L’équipe d’Unasur

Création de la CELAC, la nouvelle puissance régionale Latino-Américaine qui déstabilise l’OEA

images3La Communauté des États latinos américains et des Caraïbes.

Une nouvelle puissance régionale Latino Américaine et Caribéenne est née entre ce vendredi 02 et ce samedi 03 décembre 2011 lors du sommet de Caracas. Un évènement majeur à prendre en compte dans la géopolitique du continent Américains.

Les 33 Etats Latino Américains et Caribéen y travaillent depuis juillet 2008, quelque mois après la création de l’UNASUR en mai  de la même année. C’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui lance un appel aux chefs d’Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes dont Cuba, pour les inviter à débattre sur la création d’une nouvelle coopération régionale sans y inclure les Etats-Unis et le Canada, centre de gravité principale de l’influence régionale.  Le but serait d’accroitre la puissance des Etats membres de la CELAC dans la région en rivalisant l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) synonyme de puissance américaine.

C’est le président vénézuélien Hugo Chavez, l’un des principaux promoteurs de cet évènement qui officialise le lancement de cette nouvelle union politique ce vendredi 2 décembre 2011. Cette nouvelle force en présence serait destinée à terme à supplanter d’autres organisations. En introduction de sa prise de parole le leader latino-américain s’adresse aux 32 autres chefs d’Etats en relatant clairement sa position presque radicale : « Nous devons créer une force supérieure pour élever les consciences ». Il insiste en mettant en avant le fait que « l’OEA représente le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis »

Pour ces Etats c’est aujourd’hui une réelle nécessité de créer un espace commun qui les unissent. La CELAC ambitionne d’approfondir le développement politique, économique, culturel et social entre ces 33 Etats et d’arriver à une coopération globale dans le but de convenir à une position commune sur des questions fondamentales comme les crises financières et énergétiques, les stratégies de développement et les négociations mondiales sur le commerce. La CELAC permettra à ces Etats de réaffirmer l’engagement des pays de continuer à renforcer les capacités internes de la région, de la survenance d’événements externes qui serait synonymes de déséquilibres économiques. Des politiques visant à renforcer la base industrielle et le renforcement des mécanismes de suivi de leurs systèmes financiers a été mis en place.

Trois évènements majeurs sont les piliers de l’organisation stratégique des 33 Etats membres en termes de développement, d’indépendance et de souveraineté. En 2008 la déclaration de Salvador de Bahia, en 2009 le lancement du Plan d’action de Montego Bay et en 2010, la Déclaration de Cancun.

Cette nouvelle force régionale a-t-elle les capacités d’atteindre ses objectifs d’union et de croissance et de se défendre de l’agressivité américaine ? Quelles sont les techniques offensives des américains pour maintenir leur niveau d’influence sur la région ?

La gestion des accords et traités entre Etats membre de la CELAC pourrait devenir à terme une base de conflit interne. Des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili par exemple ont des intérêts commerciaux très importants avec les Etats-Unis.

Le Mexique, un Etat influent, a intégré la CELAC. Le Mexique fait parti de l’alliance nord américaine depuis 1994 et ne fait pas partie de l’UNASUR. Il représente un allier stratégique pour les Américains. L’intégration du Mexique dans la Communauté des Etats Latino Américains et Caribéen aujourd’hui, est un élément important à prendre en compte. Le discours de Felipe Calderon lors du sommet reflète la volonté mexicaine de revendiquer le fait que le Mexique sera et restera un pays latino américain : « nous avons besoins de l’intégration, non seulement dans les mots mais aussi dans une réalité qui nous aide à transformer les échanges entre latino américain et caribéen en signaux de prospérité et de croissance ». Le Mexique devait se montrer présent pour revendiquer ses valeurs mais aussi pour s’allier avec 32 pays connaissant une croissance continue pendant la crise financière la plus dur de l’histoire du monde économique. 90 % de l’exportation Mexicaine est destinée au sol Américain, les liens commerciaux qui unissent le Mexique et les Etats-Unis sont importants.

Laisser le Mexique intégrer la CELAC reflète le fait que cette organisation ne semble pas inquiéter les Etats-Unis en termes de puissance régionale. En effet, ceux-ci ne se sont pas opposés médiatiquement à la création de cette nouvelle coalition. Cependant les américains pourraient à travers le Mexique influer sur les décisions d’accord et de traités qui seront signés par les Etats Membre de la CELAC. Un autre pays sous forte influence américaine est aujourd’hui membre de la CELAC : le Panama. Il sera également intéressant de comprendre comment un pays qui est contrôlé à 100% par les Etats-Unis puisse intégrer ce nouvel organe régional ?

Certains Etats Caribéens sont également sous influence anglo-saxonne. Comment les américains vont-ils exploiter ces influences sur la CELAC ?

C’est dans le dossier thématique de l’UNASUR du site UNASUR.fr que vous trouverez le dimanche 11 décembre 2011 une suite de réponse à ces problématiques dans le but d’analyser les conséquences de la création de la CELAC et de mieux comprendre les enjeux de puissances dans la région sud américaine.

Makram Amadet

makram.amadet@gmail.com

Membre de l’Equipe Unasur.fr

L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa honoré du Prix Nobel de Littérature

Mario-Vargas-Llosa
Le gouvernement des États-Unis a félicité l’écrivain d’origine péruvienne, Mario Vargas Llosa, pour avoir été récompensé du Prix Nobel de Littérature 2010, ce au lendemain de l’annonce officielle de l’Académie suédoise basée à Stockholm. Le Bureau rattaché aux Affaires de l’Hémisphère Occidental du Département d’État s’est fait l’écho, au nom du gouvernement américain, des messages de félicitations pour l’obtention de ce prix prestigieux reçu par l’auteur de « La casa verde », « La fiesta del chivo » ou de « La ciudad y los perros ».

Les œuvres de Vargas Llosa « ont été une source de plaisir et d’enseignement depuis plus de 45 ans. Avec son style brillant et sa extraordinaire capacité à révéler le fonctionnement interne de la société et de l’esprit humain, il a gagné une place incontestable parmi les maîtres de la langue espagnole », a révélé le communiqué. « Toute son œuvre, de plus, donne foi en la vitalité culturelle et spirituelle du monde ‘hispanohablante’ (de langue espagnole) dont il est issu », précise le communiqué.

Le département d’État a présenté Vargas Llosa comme « un ami des États-Unis, dont l’œuvre littéraire, traduite en anglais, bénéficie d’une grande popularité sur le territoire nord-américain ». Il a également ajouté que Vargas Llosa est diplômé de nombreuses universités nord-américaines, et qu’il a donné des cours dans plusieurs facultés de grande renommé du pays, y compris la prestigieuse université de Harvard, Columbia, Georgetown et Princetown. « Nous ne pouvions pas être plus fiers que M.Vargas Llosa ait eu connaissance de l’obtention de ce prix alors qu’il se trouvait à New York » ont déclaré les autorités nord-américaines.

« Je suis très surpris, je ne m’y attendais pas », a pour sa part déclaré l’heureux lauréat à la radio nationale espagnole, affirmant même avoir cru à une plaisanterie en apprenant la nouvelle par téléphone. « Cela faisait des années que mon nom était mentionné », c’est une « surprise totale » et « très plaisante ».

Mario Vargas Llosa, écrivain, journaliste et universitaire, est né le 28 mars 1936 à Arequipa au Pérou, il est fils unique et a souvent vécu loin de ce pays que ce soit aux États-Unis, en Espagne ou en Angleterre.

Il est considéré comme l’un des précurseurs du roman et de la « nouvelle vague » latino-américaine. Son travail a été salué par les plus grands prix espagnols, il a travaillé pour des grands quotidiens comme « La Crónica » et « La Industria », il a étudié la littérature à la Universidad Mayor de San Marcos.

« J’ai commencé à 15 ans lorsque mon père m’a confié un travail au journal de Lima… et j’ai essayé de couvrir tous les sujets, depuis les faits divers, en passant par les sports jusqu’à la politique ou même la religion » a assuré Vargas LLosa après avoir obtenu le prix Maria Moors Cabot à l’université de Colombie. (La Republica de 12/10/2006)

Parmi ces romans sous fond de société et de politique de la fin du XXème siècle, on retrouve « Travesuras de la niña mala », l’auteur reste persuadé qu’il a avant tout livré une histoire d’amour mais il est difficile de limiter la thématique à une simple histoire sentimentale, « c’est un mélange de mémoire et de chimères » (La Republica 24/05/2006)

Vargas llosa n’est pas seulement un auteur de romans ou de nouvelles, en 2007 il a partagé la scène au théâtre avec l’actrice Vanessa Saba, tous deux effectuaient la lecture de six contes qui avaient pour principale thématique, l’amour.« Les êtres humains ne peuvent pas vivre seulement de vérités, nous avons également besoin de mensonges » déclarait l’écrivain (La Republica 18/02/2007).

Son œuvre, se compose d’une trentaine d’ouvrages (essais, romans, nouvelles, théâtre), elle est traduite dans le monde entier et faisait à ce titre de l’auteur, un candidat attendu pour l’obtention du Nobel[...]

Extrait de l’article publié sur www.actulatino.com

Auteur : Aline Timbert

Equipe Unasur.fr

Brésil-Pérou: l’intégration énergétique au prix de la dépendance?

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Passé un peu inaperçu des médias, l’accord signé le 16 juillet 2010 entre Alan Garcia et Lula établit, après des années de négociations interminables, l’intégration énergétique entre les deux pays. Cette première étape vers une intégration complète des pays andins avec le géant lusophone, loin de créer une communauté de l’énergie, se présente en réalité comme une démonstration supplémentaire du poids géoéconomique que le Brésil gagne sur ses voisins sud-américains.

L’accord qui prévoit la création de centrales hydroélectriques au Pérou par des entreprises brésiliennes dont le savoir-faire est certainement le plus avancé parmi les pays du continent, établit en outre les modalités de transfert des excédents de production au Brésil via les lignes interconnectées mises en place.

Alors que le gouvernement péruvien hésitait depuis 2006, date du MoU de coopération, quant à la signature de cet accord, principalement à cause de ces mêmes modalités de transfert, il a fini par se décider en 2010 pour un développement de la zone frontalière, fusse au prix d’une mainmise brésilienne.

Cette région, encore en retard au regard des autres parties du pays, est même du côté brésilien de la frontière, un front à développer. Avec cet accord Lula réussit un double objectif : développer l’Etat d’Acre et l’ouest de l’Amazonas, parmi les régions les plus reculées du pays. La transformation et le désenclavement des régions ouest du pays sont des chantiers majeurs de la politique brésilienne depuis des années et cet accord pourrait bien être la base d’un premier vrai succès durable. Dans le même temps l’implantation des énergéticiens brésiliens au Pérou, via leur compétence technique, lui assure une certaine mainmise sur un secteur clé, souvent considéré en Amérique Latine comme prioritaire.

Même si l’électricité produite doit être prioritairement envoyée sur le marché régulé péruvien puis sur le marché libre péruvien avant de pouvoir être envoyée au Brésil, nul doute qu’au terme des 30 ans de régulation que prévoit l’accord, le Brésil pourra faire payer au Pérou un prix bien plus élevé pour son électricité dans une région qu’il aura lui-même contribué à développer.

Après tout la vision à long terme n’est-elle pas l’un des attributs des grandes puissances ?

Nicolas Mazzucchi

Equipe UNASUR.fr

Espionnage entre le Pérou et le Chili : L’affaire Victor Ariza

Unasur Victor

Il y a quelques semaines le gouvernement péruvien a annoncé avoir capturé un officier péruvien espion qui aurait travaillé pendant plus de 6 ans pour le compte du Chili, son nom : Victor Ariza,  technicien du renseignement électronique de 45 ans pour l’armée de l’air.

Mis en détention par un juge de la Haute Cour de Lima, son réseau et son travail sont désormais sous haute surveillance et une enquête de niveau national a été mise en place.  Les enquêteurs ont très vite trouvé les traces de corruption. En effet alors que ce sergent percevait 300 Dollars par mois, il en recevait 3000 par mois d’une source inconnue. Son compte en banque était également créditeur de 178 000 dollars et des mails le compromettant ont été retrouvés.

Victor Ariza a aujourd’hui avoué sa trahison envers le Pérou. Il est responsable d’avoir  divulgué des secrets nationaux, il  a notamment livré les plans de modernisation de l’équipement des forces aériennes péruviennes ou encore les codes des téléphones sécurisés de l’ambassade du Pérou à Santiago. Enfin il a reconnu avoir fait du blanchiment d’argent pour le compte du Chili depuis septembre 2005.  (Voici une vidéo récapitulant les accusations et preuves contre Victor Ariza)

Cette affaire tombe au moment où la popularité du Président péruvien Alain Garcia est au plus bas et que les prochaines élections présidentielles arrivent à grands pas. Ce gros titre d’espionnage a provoqué un véritable élan de patriotisme des citoyens péruviens qui demandent à leur gouvernement d’être « intraitable avec les traîtres ».  Voici une vidéo d’un journal local péruvien  qui très curieusement n’interviewe que des gens farouchement touchés par cet élan patriote, vidéo qui a été diffusé dans tout le Pérou (est-ce une manipulation du gouvernement pour faire oublier les morts dûs aux conflits en Amazonie?)

Le Pérou  et le Chili sont aujourd’hui de bons partenaires commerciaux et frères dans le projet de l’unasur. Certain diront maladroitement que le Pérou n’a pas oublié la guerre perdue face au Chili de 1879-83. Mais la coïncidence de cette affaire avec de nombreux évènements semble très stratégique. En effet, le 13 décembre le Chili sera en pleine campagne pour le premier tour de la présidentielle, et cette affaire pourrait  faire vaciller le parti politique de la Présidente Bachelet. De plus le président de la Commission des Affaires étrangères chilienne a vu une « stratégie de communication » pour faire apparaître le Chili comme « belliciste ». Cela afin d’influer sur l’issue d’un contentieux concernant la frontière maritime Pérou-Chili, devant la Cour internationale de justice (CIJ).

Si le Président Garcia a officiellement reconnu que ni son homologue chilienne ni son gouvernement n’étaient coupable, sa stratégie de communication , elle aura les effets qu’il aura voulu du moins à court terme.

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

Energie : Lorsque le Brésil mise sur le Pérou

perubresilEn visite officiel au Pérou, Miguel Jorge Filho, le Ministre brésilien du développement, de l’industrie et du commerce, s’est entretenu hier, avec le Président de la République péruvienne Alan Garcia.

Le ministre brésilien qui est venu avec une délégation d’entrepreneur à été reçu dans le  célèbre salon  des ambassadeurs du palais présidentiel péruvien. Au termes de leur rencontre, le ministre Miguel Jorge Filho a annoncé que : « Le Brésil va devenir le plus   grand acheteur d’électricité produite au Pérou » .

En effet le Brésil compte miser sur le Pérou pour qu’il lui apporte l’énergie dont il manque pour sa propre industrie. Pour cela, 5 Centrales hydroélectriques seront  construite en coopération avec des entreprises brésiliennes, dont deux d’entre elles seront financées entièrement par la « Banque de fomento du Brésil ».

Une approche similaire a été commencé par le Ministre Brésilien qui souhaite également  que l’entreprise Petrobras puissent bénéficier du gaz Péruvien.

Alors que déjà 90 entreprises brésilienne sont installés au Pérou, 70 nouvelles ont lors de ce voyage, annoncé leur volonté d’invertir le marché local péruvien dans divers secteur stratégique comme les minerais et le pétrole .

Alors que les États Unis ont toujours voulu profiter des réserves d’énergie des divers pays d’Amérique latine, aujourd’hui ce rôle est tenu par l’UNASUR qui permet à ces  pays  membres de  s’entraider et se développer grâce aux richesses du continent.

Le rapprochement entre les pays d’Amérique du sud est et sera la tendance de la prochaine décennie.

Serge Sedille.