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Création de la CELAC, la nouvelle puissance régionale Latino-Américaine qui déstabilise l’OEA

images3La Communauté des États latinos américains et des Caraïbes.

Une nouvelle puissance régionale Latino Américaine et Caribéenne est née entre ce vendredi 02 et ce samedi 03 décembre 2011 lors du sommet de Caracas. Un évènement majeur à prendre en compte dans la géopolitique du continent Américains.

Les 33 Etats Latino Américains et Caribéen y travaillent depuis juillet 2008, quelque mois après la création de l’UNASUR en mai  de la même année. C’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui lance un appel aux chefs d’Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes dont Cuba, pour les inviter à débattre sur la création d’une nouvelle coopération régionale sans y inclure les Etats-Unis et le Canada, centre de gravité principale de l’influence régionale.  Le but serait d’accroitre la puissance des Etats membres de la CELAC dans la région en rivalisant l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) synonyme de puissance américaine.

C’est le président vénézuélien Hugo Chavez, l’un des principaux promoteurs de cet évènement qui officialise le lancement de cette nouvelle union politique ce vendredi 2 décembre 2011. Cette nouvelle force en présence serait destinée à terme à supplanter d’autres organisations. En introduction de sa prise de parole le leader latino-américain s’adresse aux 32 autres chefs d’Etats en relatant clairement sa position presque radicale : « Nous devons créer une force supérieure pour élever les consciences ». Il insiste en mettant en avant le fait que « l’OEA représente le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis »

Pour ces Etats c’est aujourd’hui une réelle nécessité de créer un espace commun qui les unissent. La CELAC ambitionne d’approfondir le développement politique, économique, culturel et social entre ces 33 Etats et d’arriver à une coopération globale dans le but de convenir à une position commune sur des questions fondamentales comme les crises financières et énergétiques, les stratégies de développement et les négociations mondiales sur le commerce. La CELAC permettra à ces Etats de réaffirmer l’engagement des pays de continuer à renforcer les capacités internes de la région, de la survenance d’événements externes qui serait synonymes de déséquilibres économiques. Des politiques visant à renforcer la base industrielle et le renforcement des mécanismes de suivi de leurs systèmes financiers a été mis en place.

Trois évènements majeurs sont les piliers de l’organisation stratégique des 33 Etats membres en termes de développement, d’indépendance et de souveraineté. En 2008 la déclaration de Salvador de Bahia, en 2009 le lancement du Plan d’action de Montego Bay et en 2010, la Déclaration de Cancun.

Cette nouvelle force régionale a-t-elle les capacités d’atteindre ses objectifs d’union et de croissance et de se défendre de l’agressivité américaine ? Quelles sont les techniques offensives des américains pour maintenir leur niveau d’influence sur la région ?

La gestion des accords et traités entre Etats membre de la CELAC pourrait devenir à terme une base de conflit interne. Des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili par exemple ont des intérêts commerciaux très importants avec les Etats-Unis.

Le Mexique, un Etat influent, a intégré la CELAC. Le Mexique fait parti de l’alliance nord américaine depuis 1994 et ne fait pas partie de l’UNASUR. Il représente un allier stratégique pour les Américains. L’intégration du Mexique dans la Communauté des Etats Latino Américains et Caribéen aujourd’hui, est un élément important à prendre en compte. Le discours de Felipe Calderon lors du sommet reflète la volonté mexicaine de revendiquer le fait que le Mexique sera et restera un pays latino américain : « nous avons besoins de l’intégration, non seulement dans les mots mais aussi dans une réalité qui nous aide à transformer les échanges entre latino américain et caribéen en signaux de prospérité et de croissance ». Le Mexique devait se montrer présent pour revendiquer ses valeurs mais aussi pour s’allier avec 32 pays connaissant une croissance continue pendant la crise financière la plus dur de l’histoire du monde économique. 90 % de l’exportation Mexicaine est destinée au sol Américain, les liens commerciaux qui unissent le Mexique et les Etats-Unis sont importants.

Laisser le Mexique intégrer la CELAC reflète le fait que cette organisation ne semble pas inquiéter les Etats-Unis en termes de puissance régionale. En effet, ceux-ci ne se sont pas opposés médiatiquement à la création de cette nouvelle coalition. Cependant les américains pourraient à travers le Mexique influer sur les décisions d’accord et de traités qui seront signés par les Etats Membre de la CELAC. Un autre pays sous forte influence américaine est aujourd’hui membre de la CELAC : le Panama. Il sera également intéressant de comprendre comment un pays qui est contrôlé à 100% par les Etats-Unis puisse intégrer ce nouvel organe régional ?

Certains Etats Caribéens sont également sous influence anglo-saxonne. Comment les américains vont-ils exploiter ces influences sur la CELAC ?

C’est dans le dossier thématique de l’UNASUR du site UNASUR.fr que vous trouverez le dimanche 11 décembre 2011 une suite de réponse à ces problématiques dans le but d’analyser les conséquences de la création de la CELAC et de mieux comprendre les enjeux de puissances dans la région sud américaine.

Makram Amadet

makram.amadet@gmail.com

Membre de l’Equipe Unasur.fr

WikiLeaks : Les USA en conflit diplomatique avec l’Equateur

heather-hodges

A l’origine de cette agitation diplomatique : la publication lundi 4 avril par El Pais (Espagne) de télégrammes diplomatiques datant de juillet 2009 fournis par Wikileaks.

L’ambassadrice étasunienne (Heather Hodges) y évoquait la corruption « généralisée » notamment envers le chef de la police Jaime Hurtado (en poste de 2008 à 2009).

Ce dernier aurait utilisé son autorité pour extorquer de fortes sommes d’argent. Il facilitait des trafics d’êtres humains et bloquait les enquêtes contre ses complices corrompus. L’ambassadrice demandait la révocation des visas d’entrée aux Etats-Unis de Jaime Hurtado, de son épouse et de sa fille, émis en juin 2008 et valables jusqu’en juin 2013. La diplomate allait plus loin en estimant que le président Rafael Correa était en courant des activités illicites de Jaime Hurtado quand il l’a nommé. Il l’aurait préféré à d’autres, estimant que son implication dans des activités répréhensibles le rendait plus facilement manipulable.

Le gouvernement équatorien a immédiatement renvoyé l’ambassadrice des états unis dans son pays.  Il n’a fallut attendre que deux jours pour que les Etats Unis répondent par l’expulsion à son tour de Mr.Gallegos, l’ambassadeur de l’Equateur aux Etats Unis.

L’Equateur souhaite maintenir des relations amicales avec les Etats-Unis malgré l’expulsion de leurs ambassadeurs respectifs, mais les  Etats-Unis ont montré leur position retirant leur apport d’un montant de 2,5 millions de dollars pour les fonds de coopération environnementaux de l’Équateur.

voila qui refroidit encore un peu plus les relations sud  américaine avec les états-unis.

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

Equateur : La tentative de coup d’Etat

APTOPIX Ecuador Protest

A l’origine de l’affaire une loi approuvée par l’assemblée qui supprime certaines primes à l’ancienneté pour les membres des forces de l’ordre.

La loi de « service public » a également entraîné une crise entre l’exécutif et le Parlement, la majorité ayant refusé d’adopter certains articles du projet réduisant les émoluments des fonctionnaires de l’Etat.

Réaction des forces de l’ordre

Des dizaines de membres rebelles des forces de l’ordre avaient pris d’assaut jeudi matin la principale caserne de la capitale équatorienne, ainsi que le Congrès et plusieurs commissariats. Parallèlement, près de 150 militaires avaient bloqué l’aéroport international de Quito pour protester contre cette loi.

Reaction du gouvernement,

Rafael Correa, venu s’adresser aux policiers occupant la caserne, avait dû se réfugier dans un hôpital après avoir essuyé des gaz lacrymogènes. Il avait ensuite été empêché de quitter les lieux par les policiers mutinés.

Une révolte qui prends une ampleur de coup d’état :

Réfugié au sein de l’hopital de Quito, Raphael Correa se trouve encerclé par une centaine de policier qui l’empêche de sortir et qui souhaite mettre la main sur le Président.

Le GOE (Groupe d’opérations spéciales de la police) quant à eux avait pour mission de  protéger le président et d’empêcher les policiers mutinés de rentrer dans l’Hôpital.

L’armé est intervenue hier dans une opération militaire ayant pour objectif de sécuriser le président et de lui permettre de retourner au Palais présidentiel.

Cette opération n’aurait fait que deux morts selon la Croix Rouge.

Réaction régionale :

L’UNASUR se réunit aujourd’hui, en session d’urgence, afin de trouver et punir les véritables acteurs de ce coups d’ETATS.

Il faut savoir que les trois prédécesseurs de Rafael Correa ont été renversés ou destitués par le Parlement.

Le Pérou et la Colombie ont renfermé leur frontière commune avec l’Equateur.

Qui derrière cette tentative de déstabilisation ? :

Le président Correa pointe déjà du doigt son rival politique Lucio Gutierrez, ancien putschiste élu président jusqu’en 2005 où il fut renversé à son tour.

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

Lettre du Président Zelaya a L’UNASUR : son agenda pour reprendre en main Honduras

ZELAYA

République Dominicaine 9 mai 2010

Rafael Correa Delgado
Président constitutionnel de l’Équateur
Président de l’UNASUR

Monsieur le Président Rafael Correa, Je vous écris dans le but de vous faire part  de l’agenda que j’ai proposé pour la réconciliation nationale du peuple hondurien et pour contribuer à la mise en place d’une solution pacifique acceptable pour la population afin d’établir une reconnaissance du Honduras dans la communauté internationale.

Je vous présente pour votre information, la proposition suivante:

PROPOSITION D’ ACCORD POLITIQUE POUR LE RETABLISSEMENT DE LA DEMOCRATIE ET DE LA RECONCILIATION NATIONAL DU HONDURAS :

D’un exil forcé causé par le coup d’Etat militaire du 28 Juin qui se poursuit aujourd’hui à travers la persécution judiciaire lancée contre moi à des fins politiques, aux violations des droits de l’Homme, contre le peuple, et compte tenu de la cohérence et la position solidaire de l’ UNASUR dans la défense du peuple hondurien, je  vous présente  la proposition qui permettra le retour de l’État du Honduras au sein de la communauté internationale et la réconciliation nationale du peuple hondurien.

Nous voudrions souligner les faits suivants:

- La Cour suprême a acquitté, avec suspension de toutes les poursuites, la direction militaire responsable du coup d’Etat et responsable de crimes contre l’humanité.

- Le Congrès national a décrété une amnistie qui s’appliques seulement aux auteurs du coup d’Etat ce qui permet aux crimes les plus odieux et aux violations des droits humains commises contre la population sans défense de rester impunis.

- Ils restent dans leurs fonctions et jouissant de l’impunité au procureur général et la Cour suprême de Justice co-auteurs du coup d’Etat, exécutant des actions politiques en vue de poursuites contre le président Zelaya et ses ministres.

- Aucune organisation, aucun système de la communauté internationale, ni les Nations Unies (ONU) ou l’Organisation des États américains (OEA), le Système d’intégration centraméricain (SICA), Groupe de Rio, entre autres, a retiré ses résolutions et ses sanctions contre le coup d’Etat vu que  les circonstances qui ont été à l’origine de cet évènement qui ont menacé nos démocraties,  n’ont pas été identifiées.

- La « Commission de la Vérité » a été intégré de façon unilatérale et en consultation, par le gouvernement nous excluant de tout le processus, dans le mal entendu des victimes, Nous n’avons pas eu le droit à la parole ni aucune représentation. Cela nous rend sans défense contre l’impunité des auteurs du coup d’Etat militaire.

C’est pour cela que bien conscient de la position du groupe UNASUR et de l’Équateur qui en exerce la présidence pro tempore que je vous propose la possibilité à l’UNASUR d’appuyer ce plan de réconciliation nacionale par l’adoption d’un accord politique pour résoudre la crise provoqué par le coup d’État militaire, qui se compose au moins des élémentssuivants.

1. Que le Congrès national du Honduras, décrète une amnistie, complète et suffisante pour que la Justice puissent annuler toutes les actions de persécutions juridiques fomenter par le dictateur Micheletti et  son équipe acteurs du coup d’Etat, qui aujourd’hui dirige ipunément les institutions opératrices de la Justice,  les dressant contre l’ex President Zelaya et autres hauts représentants de son gouvernement.

Cet accord permettrait d’assurer le retour au pays de l’ancien président Zelaya et  de ceux qui aujourd’hui sont en exil, à la pleine jouissance de leurs droits civils et politiques, une pétition appuyée par le peuple et la résistance du Front populaire pour la réconciliation nationale.

2. Qu’il y ait des garanties pour l’exercice de la liberté démocratique dans le pays, qu’on puisse débattre et décider sur la nécessité d’instaurer la démocratie participative et le droit a la société  de résister contre le coup d’Etat, et de jouir d’une reconnaissance en tant que force de combat et de la demande d’une nouvelle constitution.

3. Veiller à la cessation de la répression et le respect des droits de l’homme de tous les citoyens, mettre un terme à la criminalité, aux assassinats, aux persécutions juridiques et  la répression par des organismes, dépendante de la police et des forces armées.

4. Séparer de leurs fonctions les premiers responsables civil et militaire du coup d’Etat, qui occupent le corps des fonctions judiciaires et ministérielles.

5. Qu’on procède à intégrer au Parlement centraméricain le citoyen José Manuel Zelaya Rosales, place qui lui revient de droit et par sa propre son investiture constitutionnel.

6. Qu’on mette fin à l’impunité pour les violations des droits de l’homme et qu’on soumettre à la Cours Pénal International les acteurs de ces crimes contre l’humanité qui sont déjà convoqués pour ces crimes et qu’ils refusent de comparaître. Exemple: le procureur général refuse de venir se présenter devant le tribunal international, même s’ils savent que le Honduras est partie de la Cour pénale internationale, et que les revendications ont été acceptées par la Commission (CIDH) et la Cour Pénal elle-même.

Je réaffirme  au gouvernement de l’Équateur et UNASUR notre disposition à promouvoir cet accord politique au sein du SICA, CARICOM, Groupe de Rio, ALBA, pour que dans la prochaine Assemblée de l’Organisation des États américains soit accepté et soutenu ce projet et obtenir pour le Honduras une reconnaissance internationale, et nous pouvons tous participer à ce programme, avant le développement prévu pour les Jeux olympiques.

 Monsieur le Président.

Cordialement,

José Manuel Zelaya Rosales

Lettre en version officielle (en espagnol)