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	<title>Unasur.fr, L&#039;Union des nations sud-américaines &#187; Dossiers Thématiques</title>
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	<description>Actualité sur l’Amérique du sud (UNASUR), l&#039;information latino americaine par une approche d&#039;intelligence economique. Tous les pays d&#039;Amérique du sud sont analysés sous une approche régionale l&#039;UNASUR</description>
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		<title>La diplomatie de l&#8217;éthanol en Afrique, vecteur de l&#8217;influence brésilienne</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 01:37:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dupressoir</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2011/12/08/la-diplomatie-de-lethanol-en-afrique-vecteur-de-linfluence-bresilienne/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2011/12/bioéthanol-2-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p style="text-align: justify">Pour devenir le premier exportateur de bioéthanol et conquérir le marché africain, le Brésil a du baser sa stratégie sur deux axes : une stratégie d&#8217;influence d&#8217;origine diplomatique et institutionnelle et une stratégie <a href="http://www.unasur.fr/2011/12/08/la-diplomatie-de-lethanol-en-afrique-vecteur-de-linfluence-bresilienne/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft size-full wp-image-1382" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2011/12/bioéthanol-2.jpg" alt="bioéthanol 2" width="208" height="243" />Pour devenir le premier exportateur de bioéthanol et conquérir le marché africain, le Brésil a du baser sa stratégie sur deux axes : une stratégie d&#8217;influence d&#8217;origine diplomatique et institutionnelle et une stratégie d&#8217;implantation d&#8217;entreprises brésiliennes et de conquête de marchés.</p>
<p style="text-align: justify">Le Président Lula a très rapidement affiché sa volonté de rapprochement avec l&#8217;Afrique et l&#8217;a illustré par plusieurs déplacements diplomatiques au cours de ses mandats. Promoteur de la &laquo;&nbsp;révolution verte&nbsp;&raquo;, de nombreux accords de coopération ont été signé entre le Brésil, les pays africains et les organisations économiques régionales. La promotion du bioéthanol et son implantation culturelle dans les pays africains résultent en premier lieu des organismes brésiliens de coopération. La négociation des accords incombe à l&#8217;agence de coopération brésilienne qui encourage l&#8217;implantation du bioéthanol dans le cadre d&#8217;accords globaux de coopération. La phase opérationnelle de l&#8217;implantation du savoir faire brésilien en Afrique passe quant à lui par l&#8217;Entreprise Brésilienne de Recherche en Agronomie (Embrapa). La stratégie de l&#8217;Embrapa vise à convertir les africains et notamment les ingénieurs au savoir faire brésilien du bioéthanol. Le but est de former les futurs cadres africains aux technologies brésiliennes et à la filière du bioéthanol brésilien basé notamment sur la culture de la canne à sucre. L&#8217;Embrapa multiplie les accords avec les pays africains et trois mois après son implantation au Ghana en 2007, elle réunit 18 ambassadeurs de pays africains pour promouvoir sa technologie et les orienter vers les biocarburants. Moins d&#8217;un an après, la première raffinerie d&#8217;éthanol est construite au Ghana pour faire de celui-ci un pays producteur et exportateur de bioéthanol.</p>
<p style="text-align: justify">En 2007, le Bénin et le Brésil ont conclus un accord pour la formation de huit spécialistes béninois et des transferts de technologie inhérents à la filière bioéthanol.</p>
<p style="text-align: justify">En 2007 toujours, le Burkina Faso passe un accord avec le Brésil pour la création de son programme de biocarburant et le Mali crée l&#8217;Agence Nationale de Développement des Biocarburants sollicitant l&#8217;expertise du Brésil pour la création de sa filière.</p>
<p style="text-align: justify">En 2010, c&#8217;est le Kenya qui passe un accord avec le Brésil en vue de développer une filière éthanol, le Brésil s&#8217;engage alors à fournir son savoir faire et les infrastructures nécessaires.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;objectif à long terme est de phagocyter l&#8217;Afrique de technologies brésiliennes ou plutôt convaincre de la supériorité de la technologie brésilienne en ce domaine. En formant les futurs ingénieurs africains, le Brésil s&#8217;assure d&#8217;un soutien dans l&#8217;acquisition de futurs marchés pour ses entreprises. Ceux-ci auront toujours une tendance naturelle à choisir du matériel sur lequel ils ont été formé. De même, ils choisiront une technologie brésilienne, meilleure, que le Brésil n&#8217;a pas hésité à partager.</p>
<p style="text-align: justify">C&#8217;est également un bon moyen pour le Brésil d&#8217;influencer les organisations régionales en Afrique et particulièrement les zones de libre échanges ou union douanières qui peuvent avoir un intérêt économique, notamment pour dynamiser les échanges d&#8217;éthanol. Par ailleurs, le Brésil cible des Etats qui font notamment partie de la SDAC ou de l&#8217;UEOMA pour bénéficier des accords à taux préférentiels dans les échanges avec l&#8217;UE et avec les autres Etats développés. Il n&#8217;hésite d&#8217;ailleurs pas à négocier des accords triangulaire entre Etats africains, UE et Brésil comme ce fut le cas pour l&#8217;accord entre le Mozambique et l&#8217;UE en 2010. Durant ces négociations, le Brésil a réussi a obtenir que les droits de douanes pour l&#8217;importation d&#8217;éthanol par l&#8217;UE soit extrêmement bas.</p>
<p style="text-align: justify">Cette diplomatie du bioéthanol est complétée par l&#8217;influence des entreprises brésiliennes qu&#8217;elles soient publiques ou privées. Une fois ces accords conclus le Brésil a recours à ses entreprises pour rendre les Etats africains dépendants des technologies brésiliennes.</p>
<p style="text-align: justify">Le fer de lance de cette politique?</p>
<p style="text-align: justify">Les entreprises, publiques et privées qui sont, pour certaines, déjà installées en Afrique. Le Brésil peut en effet compter sur un socle d&#8217;entreprise bien implantée à l&#8217;image de la minière Vale, de Petrobras, d&#8217;odebrecht ou encore de Camargo Corréa. L&#8217;implantation d&#8217;entreprise du secteur du bioéthanol est d&#8217;ailleurs corrélée avec l&#8217;achat de terres pour le développement de culture pouvant alimenter le marché brésilien. Le Brésil tente en effet de limiter l&#8217;exploitation de terres pour développer la culture de la canne à sucre et entend faire des investissements en Afrique pour augmenter sa production et éviter des pénuries comme ce fut le cas en octobre 2011.  Par ailleurs, la diversification par l&#8217;achat de terres dans d&#8217;autres pays rend moins sensible le Brésil aux aléas climatiques qui peuvent jouer sur ses propres cultures de canne à sucre. Le Mozambique est illustratif de cette politique. Dès 2006, le Brésil et le Mozambique signe un accord de 6 milliards d&#8217;investissement dans le secteur du bioéthanol à base de canne à sucre. L&#8217;entreprise publique Petrobras y collabore avec la Guarani dans l&#8217;exploitation d&#8217;une usine de production de sucre et profite de cette implantation pour construire avec sa filiale Biocombustivel sa première usine d&#8217;éthanol au Mozambique en 2011. La construction de cette deuxième usine précède un achat important de terres du Mozambique par de grands propriétaires brésiliens, achat représentant en superficie l&#8217;équivalent des deux tiers du Portugal. Pour exemple, le groupe Guarani possède une concession de 50 ans pour l&#8217;exploitation de 91 000 hectares de terres. Le Mozambique quant à lui a vu construire sa première usine de raffinerie éthanol avec l&#8217;assistance technique des brésiliens. Par ailleurs, l&#8217;implantation de cette première usine s&#8217;effectue en corrélation avec l&#8217;achat massif de terres du Mozambique, terre propice à la culture de la canne à sucre. Le Mozambique se présente ainsi comme un nouveau débouché pour l&#8217;éthanol brésilien et sa position stratégique permet également de devenir un point d&#8217;export vers l&#8217;océan indien et les pays d&#8217;Asie du sud.</p>
<p style="text-align: justify">Après plusieurs problèmes d&#8217;approvisionnement, Petrobras est mandaté par l&#8217;Etat pour développer une filière de production de bioéthanol et profite de son installation en Afrique pour développer sa filière biocarburant. La cible est en premier lieu les pays lusophones pour faciliter son exploitation sur le continent. L&#8217;Angola et le Mozambique servent ainsi de porte d&#8217;entrée sur le marché Africain par le biais de la société Odebrecht et sa filiale ETH Bioenergya.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;Angola, allié naturel du Brésil voit également se développer une filière éthanol trusté par le savoir faire brésilien en la matière. Les entreprises Petrobras et Odebrecht, implantées depuis les années 80 dans le pays, profitent de leur position pour encourager la production de biocarburants. En 2010, le parlement angolais autorise la production de bioéthanol par des investisseurs étrangers ou locaux. Trois mois plus tard, le président angolais, lors d&#8217;une visite officielle au Brésil, s&#8217;entretient avec le président d&#8217;Odebrecht au sujet du futur projet angolais de production de biocarburants, la Biocom au sein de laquelle Odebrecht possède 40% des parts.</p>
<p style="text-align: justify">Outre les pays lusophones, le Brésil s&#8217;intéresse dès 2007 au Ghana et au Bénin. Au Ghana, c&#8217;est la société brésilienne Constran qui s&#8217;illustre en construisant une usine de production d&#8217;éthanol. Celle-ci peut s&#8217;appuyer sur l&#8217;exploitation de 27 000 hectares censée produire 150 millions de litre d&#8217;éthanol. Cette capacité de production doit permettre au Ghana de diversifier son économie et le place de facto dans la position de pays exportateur par le biais d&#8217;un accord avec la société suédoise Svensk Etanolkemi, celle-ci s&#8217;engageant pour l&#8217;achat d&#8217;éthanol pour une durée de dix ans. Ce projet de 306 millions de dollars est subventionné à hauteur de 260 millions par le biais prêt consenti au Ghana par la BNDES. Premier prêt public du Brésil au Ghana et méthode qui rappelle les prêts à taux préférentiels de la China Eximbank en Afrique.</p>
<p style="text-align: justify">En 2009, c&#8217;est au tour du Soudan de lancer son programme national de bioéthanol avec l&#8217;inauguration d&#8217;une usine du groupe Kenana qui devrait produire 65 millions de litre d&#8217;éthanol et qui est construite par l&#8217;entreprise brésilienne Dedini. La sous-traitance de l&#8217;usine sera bien sur assurée par celle-ci. Le Soudan a volonté à devenir chef de file en ce domaine et là encore, sa production lui permet d&#8217;exporter une première cargaison de 10 millions de litre d&#8217;éthanol à l&#8217;Union Européenne en avril 2011.</p>
<p style="text-align: justify">Outre ces deux destinations, Petrobras s&#8217;implante également en RDC, au Gabon et au Sénégal. La RDC, centre du continent africain, est bordée par 9 pays environ et représente une bonne plateforme en vue de l&#8217;exportation à travers toute l&#8217;Afrique. Elle dispose par ailleurs d&#8217;un potentiel d&#8217;exploitation agraire important avec seulement 10% des terrains cultivables exploités. Parfait pour cultiver la canne à sucre alors que l&#8217;année 2010 a vu naitre au Brésil des problèmes d&#8217;approvisionnement de bioéthanol. Dans cette optique, les investissements du Brésil au Gabon et au Sénégal pourraient être motivés par la construction de ports en eaux profonde pouvant servir de plateforme d&#8217;échange commercial. En ciblant chacun de ces pays, le Brésil se place en position d&#8217;influencer dans toute les organisations régionales d&#8217;Afrique les décisions liés aux biocarburants et cela permet également aux sociétés brésiliennes de ce domaine de bénéficier de taux préférentiels dans le cadre des échanges. Elles utilisent ainsi les accords de libre échanges pour exporter sur l&#8217;ensemble du continent africain et également pour exporter à l&#8217;extérieur à partir de pays tel que le Mozambique.</p>
<p style="text-align: justify">Par ailleurs, en concluant en 2010 un partenariat avec la chine pour la construction de projet de bio carburant en Afrique, le brésil s&#8217;évite des concurrents directs et damne le pion aux sociétés chinoises par son avancée technologique et les liens privilégiés avec certains pays.</p>
<p style="text-align: justify">En encourageant la production de bioéthanol auprès de plusieurs pays africains, le Brésil s&#8217;assure tout d&#8217;abord des débouchés pour sa filière de véhicule flex fuel. Le Malawi déclarait en 2007 entamer un programme de 5 ans d&#8217;un million de dollars pour convertir son parc automobile en véhicule à carburants mixtes ou carburants modulables Par ailleurs, par les transferts technologiques et l&#8217;implication de ses entreprises, il s&#8217;assure une certaine dépendance technologique des pays africains. Le seul risque pour lui serait que des pays comme l&#8217;Afrique du sud et la compagnie Ethanol Africa ne viennent concurrencer directement ses entreprises. Pour le Brésil, numéro deux mondial du secteur, l&#8217;intérêt est tout autre. On peut se demander s&#8217;il n&#8217;y a finalement pas une volonté de la part du Brésil de créer justement des géants en Afrique capable d&#8217;exporter leur production. En effet, sur une vision long terme, celui-ci a tout intérêt à structurer plusieurs pays exportateurs qui auraient volonté à promouvoir le bioéthanol sur les marchés internationaux. Si le Brésil parvenait à modeler plusieurs dizaines de pays exportateurs en structurant également leur marché interne (au niveau des véhicules etc..), il aurait un poids plus important dans les négociations actuelles du cycle de Doha. Par ailleurs, en créant une offre et une demande suffisante, il ne serait pas exclu de créer une véritable OPEP du bioéthanol où le Brésil pourrait profiter du manque de normes dans ce secteur pour imposer les siennes comme référence et avoir un poids décisif à l&#8217;OMC sur des questions telles que les critères de durabilité des agrocarburants.</p>
<p style="text-align: center">Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)</p>
<p style="text-align: center">Membre de l&#8217;équipe Unasur</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>La dynamique de la filière bioéthanole au Brésil</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 01:29:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dupressoir</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2011/12/08/la-dynamique-de-la-filiere-bioethanole-au-bresil/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2011/12/Bioéthanol-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p style="text-align: justify">L&#8217;annonce le 21 octobre dernier d&#8217;un projet brésilien de biocarburant au Zimbabwe illustre une nouvelle fois l&#8217;expertise du Brésil en ce domaine</p>
<p style="text-align: justify">Une capacité de projection construite sur le sol brésilien</p>
<p style="text-align: <a href="http://www.unasur.fr/2011/12/08/la-dynamique-de-la-filiere-bioethanole-au-bresil/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft size-full wp-image-1379" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2011/12/Bioéthanol.jpg" alt="Bioéthanol" width="176" height="162" />L&#8217;annonce le 21 octobre dernier d&#8217;un projet brésilien de biocarburant au Zimbabwe illustre une nouvelle fois l&#8217;expertise du Brésil en ce domaine</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une capacité de projection construite sur le sol brésilien</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le programme PROALCOOL au Brésil mis en place depuis les années 70 a pour but de développer une filière biocarburant capable d&#8217;accroitre l&#8217;indépendance énergétique du Brésil et de promouvoir, à l&#8217;internationale, cette filière en vue de l&#8217;exportation.</p>
<p style="text-align: justify">Le premier objectif du Brésil a été de développer une filière nationale en corrélation avec la construction de véhicules adaptés à la technologie des biocarburants. Le Brésil a dynamisé la filière par le biais d&#8217;une série de mesures.</p>
<p style="text-align: justify">Il développe dès les années 70 une technologie permettant de maximiser le rendement de la canne à sucre pour se démarquer de ses concurrents et fournir un biocarburant compétitif. Cette technologie s&#8217;élabore sur deux plans.</p>
<p style="text-align: justify">La recherche et développement représente l&#8217;axe premier de cette politique et c&#8217;est paradoxalement le délitement de la société Zanini fin des années 90, la plus en pointe dans l&#8217;innovation des biocarburants qui va créer le terreau pour un futur pôle d&#8217;excellence. En effet, les anciens employés de cette société, fort de leur savoir faire, ont créé plusieurs dizaines de PME fabriquant aujourd&#8217;hui les technologies de pointe des distilleries. Il s&#8217;est ainsi structuré à Sertaozinho un véritable pôle d&#8217;excellence de la filière avec 500 PME présente et l&#8217;organisation de deux grandes foires alcool sucrière  durant l&#8217;année.</p>
<p style="text-align: justify">Le Brésil lance en 2000 le programme Genoma Cana qui lui permet de créer une souche transgénique de saccharose plus riche, plus sucrée et résistante aux insectes et maladie. Il crée ainsi de nouvelles variétés telles que la RB925211 qui augmente le rendement et la productivité de la canne à sucre. L&#8217;utilisation de la canne à sucre comme base de la production d&#8217;éthanol permet au Brésil d&#8217;avoir une rentabilité d&#8217;environ 70% contre une rentabilité de 20 à 30% pour l&#8217;utilisation du maïs comme aux Etats-Unis ou au Mexique.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;arsenal fiscal vient ensuite appuyer cette politique de R&amp;D, l&#8217;exonération fiscale du secteur étant équivalente au coût de revient de l&#8217;éthanol, il en résulte en effet une défiscalisation quasi-totale de la vente d&#8217;éthanol.</p>
<p style="text-align: justify">Par ailleurs, il participe à l&#8217;élaboration de la technologie et assure aux constructeurs des débouchés en subventionnant les véhicules de type &laquo;&nbsp;Fuel Flexible Vehicle&nbsp;&raquo; par le biais de déductions fiscales. En étant leader dans le bioéthanol, le Brésil oblige ainsi les constructeurs automobiles qui souhaitent s&#8217;implanter pour conquérir son marché à adopter ses normes. Il les oblige à développer des véhicules compatibles avec l&#8217;éthanol pur ou des mélanges éthanol/essence.</p>
<p style="text-align: justify">La mesure phare du programme brésilien consiste en l&#8217;obligation imposée par le gouvernement que l&#8217;essence contienne un taux d&#8217;environ 25% d&#8217;éthanol. Cette mesure est aujourd&#8217;hui à relativiser car la forte demande en éthanol a conduit le Brésil à abaisser ce taux à 20% pour éviter une hausse des prix. Cela était également motivé par un début de pénurie de la ressource en 2011. En parallèle, la politique publique de prêts à taux bonifiés vient favoriser le stockage de l&#8217;alcool en usine. Cela permet la création de stock d&#8217;exportation et encourage l&#8217;accroissement de la production dans la filière.</p>
<p style="text-align: justify">Dernière mesure, en juin 2011, la Banque publique du gouvernement brésilien, la BNDES a déclaré qu&#8217;elle fournirait 22 milliards de dollars pour financer l&#8217;extension du secteur de la canne à sucre jusque 2014.</p>
<p style="text-align: justify">Après la consolidation nationale, le Brésil structure sa production et sa filière en vue de l&#8217;exportation. Dès 2005, le premier terminal portuaire d&#8217;éthanol a été construit à Santos avec une capacité de stockage de 32 000 tonnes. Le Brésil se fixe deux objectifs : imposer les biocarburants sur le continent sud américain et les imposer sur le continent Africain.</p>
<p style="text-align: justify">Le Brésil profite de l&#8217;implantation de ses entreprises en Amérique Latine telle que Petrobras pour imposer les biocarburants sur le continent. Outre Petrobras qui ne s&#8217;est lancé dans la production de bioéthanol qu&#8217;en 2010, les groupes Cosan et Copersucar monopolisent plus de 20% des parts de marché au Brésil. Petrobras s&#8217;appuie quant à elle sur son réseau de 8 000 stations services pour distribuer sa production de bioéthanol et par la même occasion, se positionne de façon stratégique. Le Brésil s&#8217;appuie sur des entreprises tels que Cosan, Copersucar, Sao Martinho ou encore Petrobras pour étouffer par exemple les productions concurrentes, telles que celles du Mexique beaucoup moins rentable.</p>
<p style="text-align: justify">La principale force de frappe pour le Brésil pour l&#8217;exportation d&#8217;éthanol en Amérique latine est dans un premier temps corrélée avec la capacité de projection de Petrobras. L&#8217;éviction progressive d&#8217;Exxon du marché de distribution des carburants en Amérique Latine est emblématique de cette politique. Le rachat du réseau de distribution d&#8217;Exxon par Petrobras lui permet d&#8217;écouler une partie de sa production d&#8217;éthanol de même que les véhicules fuel flex. Cette stratégie s&#8217;intensifie avec le rachat du réseau de distribution de Repsol, Eg3 par Petrobras et trouve son apogée dans des prises de capital stratégique. En 2010, Petrobras débourse successivement 1,2 milliards de dollars pour prendre 49% du capital de Guarani (filiale du groupe Tereos) et près de 250 millions d&#8217;euros dans l&#8217;acquisition de deux usines du 2<sup>ème</sup> groupe d&#8217;éthanol, Sao Martinho. Il obtient notamment 49% de l&#8217;usine Boa Vista qui devrait raffiner 7 millions de tonnes d&#8217;éthanol aux environs 2014/2015. Petrobras sécurise l&#8217;approvisionnement de ses réseaux de distribution qui constitue le principal facteur de diffusion du bioéthanol comme carburant de référence. Avec son modèle d&#8217;intégration verticale Petrobras structure rapidement sous la pression de l&#8217;Etat brésilien sa filière bioéthanol alors que certains de ses concurrents tel BP restructure leur portefeuille d&#8217;actifs vers la constitution de filières biocarburants. Le gouvernement de Dilma Roussef continue en 2011 de mettre la pression sur Petrobras en exigeant que celle-ci fournisse 15% du marché brésilien en bioéthanol toujours dans le but d&#8217;éviter les pénuries et de parer à la croissance du secteur de l&#8217;automobile.</p>
<p style="text-align: center">Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)</p>
<p style="text-align: center">Membre de l&#8217;équipe Unasur</p>
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		<title>La stratégie de contrôle du brésilien Petrobras en Amérique Latine</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 00:43:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dupressoir</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2011/11/30/la-strategie-de-controle-du-bresilien-petrobras-en-amerique-latine/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2011/11/images-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p style="text-align: justify">En moins de dix ans, le géant sud-américain Petrobras a su s&#8217;imposer comme une référence dans l&#8217;exploitation des gisements pétroliers offshore en eaux profondes. Grâce à sa stratégie de conquête, la société est <a href="http://www.unasur.fr/2011/11/30/la-strategie-de-controle-du-bresilien-petrobras-en-amerique-latine/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img class="alignleft size-full wp-image-1328" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2011/11/images.jpg" alt="images" width="256" height="189" />En moins de dix ans, le géant sud-américain Petrobras a su s&#8217;imposer comme une référence dans l&#8217;exploitation des gisements pétroliers offshore en eaux profondes. Grâce à sa stratégie de conquête, la société est devenue une référence sur son marché national avant de lancer son offensive en Amérique Latine.</p>
<p style="text-align: justify">Détenteur du record de la plus importante capitalisation boursière et avec un chiffre d&#8217;affaires en 2010 de près de 92 milliards de dollars, Petrobras est aujourd’hui la première entreprise brésilienne et s’est faite un nom parmi les pétroliers. Avec 112 plateformes de production, 16 raffineries, un droit de passage sur 26 000 km, l’entreprise possède plus de  8 000 stations-service avec une présence dans 27 pays et  sur 6 continents.</p>
<p style="text-align: justify">Pour en arriver là, Petrobras a dû revoir fondamentalement sa stratégie<strong>.</strong> Après son éviction du marché bolivien en 2006, la société Petrobras prend conscience qu&#8217;elle ne peut compter sur ses voisins pour obtenir des débouchés stables. La vague de nationalisation lui montre sa vulnérabilité mais aussi celle de ses adversaires. En nationalisant, les pays voisins ont pris le parti d&#8217;un contrôle de leurs matières premières. En contrepartie, ceux-ci se privent de technologies et de l&#8217;expertise des multinationales dont fait partie Petrobras.</p>
<p style="text-align: justify">C&#8217;est après cette période que Petrobras, avec l&#8217;appui du gouvernement brésilien et de la banque BNDES, investit massivement dans la R&amp;D. Elle devient leader dans l&#8217;exploitation des gisements pétroliers et gaziers en eaux très profondes et se positionne comme le plus grand producteur de pétrole offshore avec 20% du marché mondial. La force de frappe première de la société sera sa technologie.</p>
<p style="text-align: justify">Ipiranga, Eg3, Exxon, Repsol font rapidement les frais de l&#8217;appétit d&#8217;un nouveau géant qui n&#8217;hésite plus à s&#8217;attaquer à des symboles nationaux comme l&#8217;argentine Perez Companc.</p>
<p style="text-align: justify">Petrobras s&#8217;ouvre les portes des marchés fermés de la Colombie, du Venezuela ou encore de l&#8217;Argentine par le biais d&#8217;accord et de consortium avec les entreprises publiques de ces pays. Ceux-ci voient leurs champs de pétrole conventionnel s&#8217;amoindrir et le niveau technologique des entreprises nationales ne leur permet pas de tenter des exploitations de pré-salt beaucoup plus complexes. C&#8217;est la qu&#8217;intervient Petrobras. Elle pénètre leur marché grâce à sa technologie et les rend dépendantes pour l&#8217;exploitation de leurs gisements.</p>
<p style="text-align: justify">En effet, la société continue d&#8217;améliorer sa technologie en investissant dans de nouveaux laboratoires de recherche. Elle investit ainsi des millions pour structurer le réseau Galilé, consortium de cinq laboratoires académiques de haute technologie interconnectés par des ordinateurs calculateurs dernière génération. Leur objectif premier étant de déterminer la viabilité de la technologie Petrobras en eaux très profondes. Dans des domaines complémentaire, elle prend le contrôle d&#8217;entreprise telle qu&#8217;INNOVA, spécialisée dans la pétrochimie.</p>
<p style="text-align: justify">En outre, Petrobras anticipe et investit dans le renouvelable en remportant un marché d&#8217;un milliard au Nicaragua dans l&#8217;hydroélectrique ou en participant au programme chilien de voiture électrique.</p>
<p style="text-align: justify">En parallèle de cette force de frappe technologique, Petrobras impose sa suprématie sur le marché brésilien. La société maitrise l&#8217;ensemble des processus, de l&#8217;exploitation à la distribution en passant par l&#8217;exploration et le raffinage. La société Petrobras est ainsi présente sur tous les segments de la chaine pour un contrôle total. Elle bénéficie, en premier lieu, d&#8217;une législation favorable. En effet, toute entreprise voulant exploiter des gisements au Brésil est obligée de négocier un consortium dans lequel Petrobras devra être partenaire à hauteur au minimum de 30%. Ainsi, la société est associée à toutes les grandes découvertes. Petrobras verrouille le marché dès l&#8217;exploitation et apparait comme l&#8217;acteur incontournable pour les sociétés étrangères. La plupart des raffineries brésiliennes appartiennent au groupe et celui-ci accroit sa prise de contrôle sur le secteur en rachetant 30% des parts de Repsol dans la raffinerie brésilienne Refap ce qui fait de lui l&#8217;unique actionnaire. Dans cette optique, le groupe consolide sa position par des prises de contrôle lors de rachat de sociétés (Ipiranga) et acquiert à l&#8217;étranger des positions par des prises de participation dans des raffineries au Texas.</p>
<p style="text-align: justify">La stratégie de conquête de Petrobras se prolonge dans le secteur de la distribution avec près de 8 000 stations-service et apparait comme le leader au Brésil. Une position d&#8217;autant plus flagrante avec le rachat d&#8217;Ipiranga entre Petrobras, Ultra et Barskem. Celui ci permet au groupe de consolider son réseau de distribution de carburant, en rachetant 25% des 4 240 stations-service d&#8217;Ipiranga, Petrobras possède alors près de 38% du marché sans concurrent direct. La société se place ainsi aux différentes strates du marché pétrolier brésilien. Cette stratégie de rachat de sociétés est encore plus flagrante dans la projection de Petrobras sur le continent sud-américain.</p>
<p style="text-align: justify">Dans sa stratégie de conquête, les voisins du Brésil sont les cibles directes de Petrobras. Quand celle-ci ne peut pas s&#8217;implanter sur un marché verrouillé par une entreprise nationale, elle établit des consortiums comme ce fut le cas avec la PDVSA ou Ecopetrol respectivement au Venezuela et en Colombie. La société se positionne de façon stratégique afin de saisir toute opportunité, pour des rachats futurs ou des prises de participation.</p>
<p style="text-align: justify">Le cas argentin est emblématique de cette politique. Petrobras profite de l&#8217;implosion de l&#8217;Argentine en 2001 pour faire l&#8217;acquisition de la société Eg3 et de ses 700 stations-service à travers tout le pays. Une année plus tard Petrobras prend le contrôle de Petrolera Santa Fe et acquiert ensuite 58 % de la Perez Companc S.A, contrôlant ainsi Pecom Energya à 98%. En ciblant le centre de gravité du secteur, Petrobras se place ainsi en position stratégique sur le marché par le rachat du deuxième producteur de pétrole du pays (Pecom) et peut profiter du rachat d&#8217;Eg3 pour la distribution du carburant et de sa filière bioethanol. L&#8217;Argentine n&#8217;est pas un cas isolé. En 2008, Petrobras rachète la part d&#8217;Exxon mobil dans Esso Chile et se positionne ainsi sur le marché avec 210 stations-service et des points de distribution de kérosène dans 11 aéroports. Petrobras se sert ainsi de ses filiales telles Petrobras Argentina et Petrobras Service Stations pour conquérir les autres marchés sud-américains. La filiale Petrobras Service Stations apparait comme le fer de lance de la politique de conquête pour prendre position dans un pays. A l&#8217;heure actuelle, cette société, par le biais de ses filiales, Spacio 1 et Lubrax Center s&#8217;est implantée au Chili, en Uruguay, au Paraguay et en Argentine. Avec de nouvelles découvertes de pétrole dans le golfe du Mexique, Petrobras n&#8217;est pas prête à abandonner son leadership.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>La stratégie d&#8217;endiguement des concurrents de Petrobras en Amérique Latine </strong></p>
<p style="text-align: justify">Face à cette montée en puissance, quelle est la réaction des concurrents de Petrobras?</p>
<p style="text-align: justify">Les sociétés occidentales traditionnellement implantée sur le continent sud américain ne sont plus forcément en mesure de lutter contre la tentative de monopole de Petrobras.</p>
<p style="text-align: justify">Le groupe Espagnol Repsol, traditionnellement bien implanté se voit obligé de faire des concessions s&#8217;il veut toujours garder un ancrage en Amérique Latine. Il doit dés 2001 céder sa compagnie de distribution Eg3 à Petrobras. Cette stratégie de désengagement de ses actifs downstream, c&#8217;est à dire les activités de raffinage et de distribution culmine en 2010 par le rachat par Petrobras de 30% des parts de Repsol dans la raffinerie Refap. Cela permet a Repsol de réduire sa dette de 500 millions de dollars mais le pousse encore davantage en dehors du continent sud américain. En Octobre 2010, Repsol cède 40% de sa filiale brésilienne au chinois Sinopec pour 7,1 milliards de dollars, cela touche ainsi directement l&#8217;une des filiales du groupe. Cette opération a pour but selon Repsol de lui permettre de financer ses activités off shore au Brésil. Mais lorsqu&#8217;en Octobre 2011, la PEMEX prend participation à hauteur de 9,49% dans le groupe Espagnol, c&#8217;est le contrôle de l&#8217;intégralité de la société qui est en question. Car la PEMEX a conclu un accord avec le groupe de BTP Sacyr pour maitriser 29,5% du capital de Repsol. La Pemex, société publique, emblème de souveraineté nationale du Mexique prend le contrôle d&#8217;un des plus grand groupe Espagnol, l&#8217;ancien colonisateur. Repsol s&#8217;est désengagé du continent en axant sa stratégie sur les découvertes brésilienne off shore d&#8217;hydrocarbures, mais même lorsqu&#8217;il découvre de grands gisements, ceux ci ne sont plus associés au nom de Repsol mais plutôt à celui de Petrobras, majoritaire dans l&#8217;ensemble des consortiums opérant au Brésil.</p>
<p style="text-align: justify">Les autres groupes occidentaux tentent de se maintenir sur leur terrain traditionnel et essayent de tirer leur épingle du jeu à l&#8217;image de Total qui pourrait bénéficier des ressources probables d&#8217;hydrocarbure que contiendrait le sous sol des eaux de la Guyane française. Quant aux majors américaines, elles pâtissent d&#8217;une mauvaise image auprès de plusieurs gouvernements sud américains plutôt prêts à accueillir des brésiliens, chinois ou Russes. Exxon cède ses réseaux de distribution au Chili en 2008 à Petrobras et se désengage du pays. Quant à Chevron, dix jours après la marée noire du 9 Novembre, le Brésil suspend l&#8217;intégralité des activités de Chevron au Brésil et promet à la société de lourdes amendes pour avoir souillé les eaux brésiliennes.</p>
<p style="text-align: justify">De jours en jours, les sociétés capables de freiner l&#8217;ascension de Petrobras apparaissent comme les sociétés des BRICs à l&#8217;image de la Sinopec et de Gazprom. Sinopec reprend la filiale brésilienne de Repsol en 2010 et prend le contrôle en 2011 de la filiale Brésilienne du portugais GALP par un rachat de 30% de ses activités off shore. Première acquisition d&#8217;envergure en Amérique latine pour le groupe chinois cette année.</p>
<p style="text-align: justify">Gazprom et Lukhoil quant à eux utilisent comme porte d&#8217;entrée le Venezuela et ont passé des accords de consortium avec la PDVSA pour l&#8217;exploration et l&#8217;exploitation des importantes ressources du bassin de l&#8217;Orenoque. En Octobre 2011, Gazprom signait un accord avec la PDVSA pour l&#8217;exploitation du gisement de gaz de Robalo. En parallèle, Gazprom compte bien combler le vide qu&#8217;ont laissé les sociétés occidentales lors de la nationalisation du marché du Gaz en Bolivie. En mai 2011, Total cédait encore à Gazprom 20% de ses droits sur les gisements d&#8217;Ipati et d&#8217;Aquio.  En comblant ce vide laissé par les sociétés occidentales, les entreprises chinoises et Russes tentent de s&#8217;implanter sur le marché en sachant pertinemment que Petrobras ne peut agir partout.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd&#8217;hui, Petrobras se voit contraint de parer les stratégies d&#8217;endiguement de ces concurrents directes s&#8217;il veut garder son monopole en Amérique Latine. Pour cela, il sera peut être obligé de faire des consortiums avec ces concurrents directs comme cela est déjà le cas sur son marché national.</p>
<p style="text-align: center">Mathieu Dupressoir (mathieu.dupressoir@gmail.com)</p>
<p style="text-align: center">L&#8217;équipe d&#8217;unasur, www.unasur.fr</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>Brésil : En attendant le scrutin d’Octobre (PARTIE 2)</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 12:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Pitrat</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bresil]]></category>
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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2010/09/03/bresil-en-attendant-le-scrutin-d%e2%80%99octobre-partie-2/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2010/09/2a-eleicoes20101-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p></p>
<p>Nous avons vu dans la première partie de cet article que la course à la fonction présidentielle est serrée et qu’à l’heure actuelle chacun des deux principaux candidats ont toutes leur chance de gagner les <a href="http://www.unasur.fr/2010/09/03/bresil-en-attendant-le-scrutin-d%e2%80%99octobre-partie-2/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-989" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2010/09/2a-eleicoes20101.jpg" alt="2a-eleicoes2010" width="448" height="336" /></p>
<p>Nous avons vu dans la première partie de cet article que la course à la fonction présidentielle est serrée et qu’à l’heure actuelle chacun des deux principaux candidats ont toutes leur chance de gagner les élections d’Octobre 2010. Pour mémoire, rappelons qu’il s’agit de Dilma Rousseff pour le Parti des travailleurs (PT-gauche), parti du président sortant Luiz Inacio Lula da Silva, et José Serra pour le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB-droite), parti de l’opposition et de l’ancien président Fernando Henrique Cardoso (FHC). On a vu également que face à l’excellence du bilan des deux mandats de l’actuel président Lula, et étant considéré l’immense popularité de ce dernier après 8 années au pouvoir, il est peu probable que ni Rousseff ni Serra, une fois au pouvoir infléchisse de manière radicale l’actuelle politique intérieure du pays. Pour autant, peut-on présager du même comportement à propos de la politique extérieure ?</p>
<p>Quelle a été la politique internationale du Brésil au cours des vingt dernières années ?</p>
<p>Pour mieux comprendre et évaluer les conséquences qui découlerons du choix de tel ou tel candidat par le peuple brésilien, revenons un instant sur ce qu’on été les politiques extérieures des présidents Cardoso et Lula, et le contexte dans lequel elles se sont inscrites.</p>
<p>Nombre d’auteurs distinguent les politiques extérieures des deux derniers présidents par l’intérêt ou non accordé aux relations Sud-Sud. Des différences idéologiques et politiques existent effectivement entre les deux gouvernements. Mais un élément essentiel pour comprendre l’orientation de la diplomatie du Brésil est l’évolution de l’économie depuis 1994.</p>
<p>Sur le plan idéologique, il s’agit d’approches cognitives opposant une vision libérale, défendue par Cardoso, prônant la conformation aux règles du système en vue d’intégrer la mondialisation, à une vision critique du système, défendue par Lula, qui favorise le recours à un multilatéralisme subversif en vue de réformer le système international.</p>
<p>Sur le plan politique, il existe un clivage traditionnel qui oppose une tendance bilatérale et suiviste et une tendance universaliste et autonomiste. Il est fréquent d’assister à un rapprochement avec Washington lors des grandes alternances politiques, en vue d’obtenir des compensations économiques. Ainsi il semblerait que la principale caractéristique de la politique de Cardoso, de 1995 à 2002, soit son suivisme vis-à-vis des Etats-Unis, alors que la politique de Lula serait celle de l’émancipation vis-à-vis de son voisin américain.</p>
<p>Ces observations ont tout à fait lieu d’être, mais il faut regarder plus en profondeur pour constater combien ces différentes attitudes sont en réalité dictées par le contexte économique intérieur. Si on considère que la politique extérieure du Brésil a toujours été étroitement liée aux intérêts de la politique intérieure, et qu’il y a toujours eu une forte continuité dans la diplomatie brésilienne, grâce entre autre au rôle d’amortisseur joué par Itamaraty, on constate que c’est le contexte économique intérieur plus que des idéologies politiques qui a dicté la politique extérieure du Brésil au cours des 20 dernières années.</p>
<p>En effet, lorsque Cardoso arrive au pouvoir en 1995, après l’échec du plan Cruzado en 1986 et du plan Collor en 1990, il continu le plan Real de 1994 qu’il à lui-même mis en place lorsqu’il était ministre des finances. L’objectif de ce plan est de réduire l’inflation en pratiquant un encrage cambial du Real sur le Dollar. Ce plan est un succès mais la surévaluation de la monnaie freine les exportations et du même coup détériore la balance commerciale brésilienne. Pour compenser ce manque et faire entrer des devises sur le territoire, Cardoso met en place une politique d’ouverture commercial et de dérégulation du système financier propre à attirer les capitaux étrangers. Cette situation va engendrer une restructuration du système productif brésilien. Cette restructuration, consommatrice de technologies et d’investissements étrangers, va naturellement provoquer un rapprochement du Brésil avec les Etats-Unis et les pays de la Triade, au titre qu’ils peuvent répondre à ces besoins. Ce sont donc les besoins de l’économie intérieure du Brésil et la politique macro-économique poursuivie par le gouvernement Cardoso lors de son premier mandat (1995-1999) qui vont pousser ce dernier à mener un politique de courant bilatéral et suiviste.</p>
<p>Quant à la politique extérieure mise en place par Lula à partir de 2002, de courant universaliste et autonomiste, elle est pour partie la résultante de l’explosion d’une bulle de spéculation survenue en Janvier 1999, suite à une crise de change, qui a forcé Cardoso à dévaluer le Real de 30%. C’est cette crise financière qui est à l’origine du boom exportateur du Brésil, grâce à l’augmentation de la compétitivité des prix brésiliens qui a suivie la dévaluation du Real. Cette situation ouvrant de nouveaux marchés au Brésil, en particulier dans les pays en développement (PED), et dans un contexte global d’augmentation des échanges entre PED, le Brésil c’est naturellement tourné vers les pays du Sud, au détriment des Etats-Unis et des pays de la Triade. Dans cette nouvelle configuration, le Brésil trouve plus que des marchés dans les pays du Sud, il y trouve aussi des alliés tels que la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, avec qui il entreprend de se faire entendre auprès des organisations internationales (ONU, OMC…). Ainsi la politique extérieure mise en place part Lula va de pair avec la perte de puissance et d’influence des Etats-Unis, due à son excès d’unilatéralisme, et  la conséquente émergence d’une gouvernance mondiale multipolaire.</p>
<p>Quelles conséquences peuvent avoir les élections sur la politique internationale du Brésil ?</p>
<p>Force est de constater que la direction prise par la politique extérieure n’est pas le simple fruit d’une orientation donnée par un décideur politique, mais bien la conjonction de situations et d’opportunités offertes par l’environnement intérieur et extérieur du pays.</p>
<p>Dans le cas qui nous concerne, on peut dire avec certitude que si Dilma Rousseff était élue, elle s’inscrirait dans la continuité de son prédécesseur. On peut faire cette affirmation pour deux raisons. La première étant que Dilma Rousseff est connue pour sa fidélité sans faille au président Lula, ce qui ne laisse pas à penser qu’elle ait une grande volonté de réorienter la politique extérieure du pays. La deuxième raisons est la plus importante : l’essentiel des indicateurs économiques brésiliens sont au vert et il n’y a pas lieu de penser que le contexte économique intérieur oblige le pays à orienter sa politique extérieur vers une soumission à une force plus importante en vue d’obtenir de l’aide. De ce fait, on peut présager que non seulement Dilma Rousseff, mais aussi José Serra, que l’un ou l’autre soit élu, continueront la politique extérieure actuelle, qu’elle qu’ait été la politique défendue par les précédents présidents des partis qu’ils représentent. La principale évolution possible à prévoir si Serra était élu est un durcissement de ton avec les tenants latino-américains d’une gauche radicale.</p>
<p>Le 28 Aout, Dilma Rousseff était crédité de 51% d’intention de vote, contre 27% pour José Serra (Source : IBOPE/TV Globo), preuve que Serra peine à mettre en forme le projet d’une alternative meilleure que le système existant.</p>
<p>Thomas Pitrat</p>
<p>Equipe UNASUR</p>
<p>NB : Cet article utilise certaines idées de l’excellente étude de Enrique Ventura sur les relations Sud-Sud du Brésil dans : « La diplomatie Sud-Sud de Lula : entre discours et réalité », <em>Enrique Ventura, </em>Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, Membre de l’équipe Opalc/Grib « Brésil 2010 ».</p>
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		<title>Brésil : La Puissance par la maîtrise de la Culture</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Apr 2010 23:36:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Pitrat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Thématiques]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2010/04/08/bresil-la-puissance-par-la-maitrise-de-la-culture/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2010/04/lula-amérique-du-sud-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les cinq étoiles figurant sur le maillot de la sélection nationale brésilienne de football signifient que cette équipe a déjà gagné cinq fois la coupe du monde, et contribuent <a href="http://www.unasur.fr/2010/04/08/bresil-la-puissance-par-la-maitrise-de-la-culture/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-715" title="lula amérique du sud" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2010/04/lula-amérique-du-sud.jpg" alt="lula amérique du sud" width="490" height="345" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les cinq étoiles figurant sur le maillot de la sélection nationale brésilienne de football signifient que cette équipe a déjà gagné cinq fois la coupe du monde, et contribuent à nous montrer que le Brésil est un pays qui forme de très bons joueurs de football. Chacune de ces victoires à été une occasion de faire connaitre au monde entier le visage multiple, l’esprit d’ouverture et le pacifisme du peuple brésilien. Cependant, l’image romantique d’un peuple mu par les joies simples du sport et de la musique est assez réductrice de ce qu’est le Brésil.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, la dernière victoire du Brésil remonte à 2002, soit un an après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. On peut dire d’une manière consensuelle que l’organisation mondiale et les rapports de force entre puissances ont énormément évolués depuis cette date. La récente crise traversée par l’économie mondiale n’a fait qu’amplifier la tendance déjà révélée lors de ces événements. Il est incontestable que nous nous dirigeons vers une gouvernance mondiale multipolaire, sortie de la suprématie du modèle anglo-saxon porté par les Etats-Unis. On a observé ces dernières années la montée en puissance (ou la remontée) dans le monde économique de pays tels que la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil ou encore l’Afrique du Sud. Mais pour assoir sa puissance, la simple force économique ne suffit pas. Au nombre des éléments qui permettent de faire rayonner la puissance d’un pays, à l’instar d’un siège au conseil de sécurité de l’ONU ou la participation à des actions de maintient de la paix, on peut compter l’organisation d’événements sportifs de portée internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">A l’heure actuelle, le Brésil est le champion du monde de la captation de ce type d’événements. En effet, après avoir organisé les Jeux Panaméricains à Rio en 2007, il a obtenu successivement  l’organisation de la Coupe du Monde de football 2014 et celle des Jeux Olympique 2016 qui se déroulerons à Rio. Du jamais vu jusqu’à ce jour ! Or l’obtention de l’organisation de ces évènements par le Brésil n’est pas anodine, ni le fait d’une « main de Dieu » qui serait venue à point nommé pour orienter le choix des décideurs. Ces deux victoires successives sont le fruit d’une volonté délibérée, structurée et affichée d’assoir l’emprise de la puissance Brésilienne à un niveau régional, et bien sûr mondial. Notons que l’engagement sans faille de l’appareil d’Etat au service des candidatures du Brésil pour l’organisation de ces événements de portée internationale à constitué un facteur clef de succès.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>La candidature pour la Coupe du Monde FIFA 2014 du Brésil</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’analyse du processus qui a mené le Brésil à obtenir l’organisation de la Coupe du Monde FIFA 2014 permet de mettre en avant une stratégie d’anticipation et d’utilisation de relais d’influences. En effet, pour être le seul soumissionnaire, et donc être élu d’office, le Brésil a éliminé les velléités des autres pays d’Amérique Latine à soumissionner une offre. Rappelons qu’il était acquit que la Coupe du Monde FIFA 2014 se jouerai sur le continent Latino-américain, conformément au système informel de distribution géographique de la compétition. Ainsi la stratégie du Brésil à été, non pas de se battre contre des candidatures concurrentes mais d’en empêcher l’existence même.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour ce faire, le soutien de figures charismatique brésiliennes, telles les footballeurs Romario et Dunga ou encore le romancier Paulo Coelho, a permis d’apporter une forte visibilité à la candidature brésilienne. Mais ce qui a réellement fait la différence s’est passé hors du champ des caméras, en deux phases bien distinctes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans une première phase, la Confédération Brésilienne de Football (CBF) a dû contrer l’unique concurrent potentiel face à elle, la candidature de la Colombie. Pour y parvenir, elle s’acquiert de nombreux soutiens au sein de la Confédération Sud-Américaine de Football (CONMEBOL) dans laquelle elle dispose d’un réseau déjà bien établi. De même, la CBF développe son réseau au sein de la FIFA, tout d’abord par le truchement de Ricardo Teixeira, son président, qui dispose d’un siège au comité exécutif de l’instance mondiale, et aussi par Joao Havelange, président d’honneur à la FIFA. Le président de la fédération colombienne, ayant prévenu que si sa candidature n’avait pas le soutient de la CONMEBOL, elle n’aurait pas de suite positive, se retrouve ainsi dans une situation d’échec. De fait, face à cette « guerre préventive » d’influence menée par le Brésil, la Colombie bat en retraite avant même la finalisation du processus de dépôt de sa candidature.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La deuxième phase a consisté à tacler la volonté naissante de la Bolivie a déposer une candidature. Pour ce faire, la CBF à pesée de tout son poids sur la FIFA, notamment par les relais déjà cités, sur une thématique normative concernant l’altitude maxiacmale à laquelle peuvent se jouer les matchs de standard FIFA, à savoir un abaissement à 2500 mètres d’altitude. Cette décision a été prise suite à l’annonce du club brésilien de Flamengo qui a déclaré qu’il ne jouerait plus en altitude, après que plusieurs de ses joueurs eurent besoin d’oxygène pendant un match à 4000 mètres d’altitude. Ainsi, la Bolivie, à l’instar des autres pays andins, s’est retrouvée techniquement incapable de présenter une candidature. Cette mesure à été très mal accueillie par la Bolivie et d’autres pays, tels que l’Argentine, le Paraguay, la Colombie, le Pérou ou encore l’Équateur. Mais Lula, en appelant à l’unité de l’Amérique Latine et en obtenant de Hugo Chavez qu’il effectue une tournée des pays andins pour apaiser la situation, est parvenu à ce que cette décision normative ne soit pas remise en cause avant la date butoir du dépôt des candidatures.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ainsi, par des manœuvres d’influence au sein d’organisations régionales et internationales, et des orientations normatives, toutes appuyées par le gouvernement, la candidature brésilienne a été la seule présentée à la FIFA, et de fait déclarée victorieuse.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>La candidature pour les  Jeux Olympique 2016 de Rio</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour obtenir l’organisation des Jeux Olympiques 2016 à Rio, la compétition à été plus complexe, et les moyens engagés plus conséquents.  De plus, la volonté politique mise en œuvre au plus haut niveau de l’Etat, et les engagements pris par les pouvoirs publics brésiliens, ont été déterminant dans le succès du Brésil. Contrairement au cas de figure de la candidature du Brésil pour la Coupe du Monde 2014, la candidature de Rio pour les JO 2016 était en compétition avec trois autres candidatures : celles de Madrid, Chicago et Tokyo. Ainsi, la compétition pour l’obtention des JO 2016 ne s’est pas déroulée en plusieurs phases, mais c’est produite simultanément sur plusieurs champs de bataille. Soulignons que pour orchestrer ses manœuvres, le Comité Olympique Brésilien (COB) s’est alloué les services du président de cabinet de communication Vero Communication, Mike Lee, qui était membre du comité de la candidature victorieuse de Londres 2012. La compétition à eu lieu tous azimuts, prenant en compte des thématiques variées.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En termes d’image, la candidature a su jouer sur deux répertoires différents qui sont ceux de « Jeux verts, pour une planète bleue » et le sentiment de culpabilité des occidentaux sur leur accaparement historique de l’évènement. Pour ce faire, le COB à listé de nombreux éléments dans sa candidature portant sur l’économie durable, le social et l’environnement avec notamment des projets de reboisement, d’aide social, de recyclage, d’accès aux handicapés, le tout reprenant la dialectique même des pays occidentaux. De la même façon, le COB à mis en parallèle les valeurs d’universalisme revendiqué par les Jeux Olympique et la réalité géographique de leur organisation, à savoir aucune organisation dans les pays dits « du Sud », à part en Chine.  Ainsi la COB a su jouer sur une fibre émotionnelle portant sur la contradiction entre l’obtention des jeux par un pays autre que le Brésil et les valeurs revendiquées par l’évènement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais, évidement, la pression émotionnelle ne suffit pas à elle seule pour obtenir l’organisation de Jeux Olympiques. C’est pourquoi, le COB et tout l’appareil d’Etat brésilien ont également mis en avant des éléments beaucoup plus tangibles, à savoir des bénéfices économiques et politiques pour tous ceux qui soutiendraient la candidature brésilienne. Les arguments économiques ont été essentiellement opposés aux pays dit « du Nord », alors que les arguments politiques l’ont été à ceux dit « du Sud ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les arguments économiques étaient essentiellement composés de deux volets. Le premier est l’investissement public non lié aux jeux (240 Milliards US en 4 ans) dans les infrastructures générales et les équipements nationaux. Le second est un environnement juridique et réglementaire sécurisant pour les investisseurs et favorable au climat des affaires, mis en place par l’administration de Lula. Ces deux éléments mettent en valeur l’attrait économique que représente le Brésil ainsi que son accessibilité. Cependant, Lula a présenté l’adhésion à la candidature brésilienne des pays voulant faire des affaires sur le territoire national comme une condition <em>sine qua non</em> pour accéder au marché brésilien. Ainsi, à titre d’exemple, les responsables et les délégués français du Comité International Olympique avaient rencontré Lula lors des négociations entre le France et le Brésil portant sur l’achat par celui-ci de 36 avions de chasse Rafales.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La base du discours politique en vue de trouver des soutiens auprès des pays dits « du Sud » était un discours tiers-mondiste, dont le Brésil est aujourd’hui la figure de proue. Trois vecteurs ont été utilisés pour diffuser ce message. Le premier est le COB qui à rencontré son homologue dans de nombreux pays défavorisés tels que la Syrie, la Gambie, l&#8217;Ouganda, la Guinée ou encore le Nigeria. Le second vecteur est le réseau diplomatique dont dispose le Brésil dans les pays défavorisés, notamment en Afrique, qui a d’ailleurs connu une forte expansion ces dernières années. Enfin, le troisième vecteur est Lula lui-même qui à pu distiller les ambitions tiers-mondistes du Brésil lors de sommets tels que le Sommet Afrique/Amérique du Sud (ASA), ou encore le sommet Inde/Brésil/Afrique du Sud (IBSA). Ces vecteurs ont tous permis au Brésil de revendiquer que, étant donné que les candidatures concurrentes émanaient exclusivement de pays industrialisés, le seul moyen que les pays en développement ont de se faire entendre est de voter pour la candidature du Brésil.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">On peut noter aussi que, en plus de chaque lutte exemplaire menée sur chacun des échiquiers sociétal, économique et géopolitique, la candidature du Brésil a eu le formidable avantage d’être soutenu avec force et conviction par le président Lula. En effet, ce dernier c’est plié de bonne grâce aux exigences du Comité International Olympique  en assurant une mobilisation consistante derrière la candidature de son pays. Pour illustrer cette attitude notons que le président Lula avait de longue date programmé sa participation à la délibération du jury qui a eu lieu à Copenhague, alors que la présence de Barack Obama avait été jugée tardive et opportune. C’est donc un Brésil méritant qui à obtenu l’organisation des Jeux Olympiques 2016.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quels résultats, pour quelles perspectives ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Notons que le Brésil est tellement méritant, tourné vers l’extérieur, et près à jouer le jeux des puissances internationales en place, que depuis 2006, pour la première fois dans l’histoire du pays, les investissements directs étrangers des entreprises brésiliennes, ont dépassé ceux des entreprises étrangères au Brésil.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi on peut observer que « l’expansion sportive » du Brésil s’inscrit dans une démarche d’expansion nationale globale, aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale. On a pu remarquer que pour l’obtention de ces évènements sportifs de portée internationale, le Brésil à su mobiliser les ressources et mettre en œuvre les moyens nécessaires à ce qui peut être assimilé à une politique de conquête. La mobilisation des sphères politique, diplomatique, économique et sociétale coordonnée par des acteurs compétents a su donner toute son ampleur et sa crédibilité à la volonté du Brésil de jouer un rôle d’égal à égal avec ses pairs industrialisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil apprend vite et obtient de rapides retours sur investissement. Il utilise toutes les méthodes développées par les pays industrialisés pour pourvoir à son propre développement. Il cultive et développe aussi sa propre identité et entend la faire connaître et respecter. Mais le Brésil n’est pas pour autant fermé aux collaborations, et il revient donc aux dirigeants des nations industrialisées de s’inscrire dans se formidable élans de dynamisme. Peut être pouvons participer et orienter l’émergence d’un « brazilian dream » ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Thomas Pitrat</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Equipe <a href="http://www.unasur.fr">Unasur.fr</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le Brésil à la conquête des institutions internationales</title>
		<link>http://www.unasur.fr/2010/03/16/le-bresil-a-la-conquete-des-institutions-internationales/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 14:27:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Pitrat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Unasur]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2010/03/16/le-bresil-a-la-conquete-des-institutions-internationales/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2010/03/lula-algodon-brasil-Eu-OMC1-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: justify;">Nul ne peut plus remettre en cause l’idée qu’il existe aujourd’hui des puissances économiques consistantes autres que les Etats-Unis ou le bloc de l’Europe. Il est communément accepté que certains pays <a href="http://www.unasur.fr/2010/03/16/le-bresil-a-la-conquete-des-institutions-internationales/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-699" title="lula-algodon-brasil-Eu-OMC" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2010/03/lula-algodon-brasil-Eu-OMC1.jpg" alt="lula-algodon-brasil-Eu-OMC" width="405" height="262" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nul ne peut plus remettre en cause l’idée qu’il existe aujourd’hui des puissances économiques consistantes autres que les Etats-Unis ou le bloc de l’Europe. Il est communément accepté que certains pays en développement, maintenant appelés pays émergents, ont de plus en plus de poids dans les échanges commerciaux mondiaux. Les pays visés sont généralement ceux inclus dans le groupe « BRIC », pour Brésil, Russie, Inde et Chine. Malheureusement, l’acronyme BRIC n’est souvent entendu que comme une liste de pays dont les économies sont sans conteste florissantes, mais indépendantes les unes des autres, tournées exclusivement vers les pays dits « du Nord ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette vision de l’évolution de l’environnement international est extrêmement réductrice, et surtout pernicieuse, dès lors que l’on se situe du coté des pays dits développés. En effet, on peut constater que non seulement les échanges commerciaux entre les pays dit « du Sud » ont connu un grand essor ces dix dernières années, mais aussi que les relations politiques entre ces pays se sont considérablement développées. Un des leaders de ce rapprochement entre pays du Sud est incontestablement le Brésil, en quête d’un jeu paritaire avec les puissances occidentales et dont le graal est un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nation Unies. Le Brésil affirme aujourd’hui sa volonté de puissance en adoptant une attitude proactive en terme économique, politique et militaire, et cherche à donner une consistance à l’idée d’un monde multipolaire.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’instar du mouvement des pays non-alignés (NAM) né dans le contexte de la guerre froide opposant Etats-Unis et URSS, et qui présente une vision idéologique de « lutte contre l&#8217;<a title="Impérialisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%A9rialisme">impérialisme</a>, le <a title="Colonialisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Colonialisme">colonialisme</a>, le <a title="Néocolonialisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9ocolonialisme">néocolonialisme</a>, la <a title="Ségrégation (sciences humaines)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9gr%C3%A9gation_%28sciences_humaines%29">ségrégation</a>, le <a title="Racisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Racisme">racisme</a>, le <a title="Sionisme" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sionisme">sionisme</a>, et toute forme d&#8217;agression étrangère », comme indiqué dans la « Déclaration de la Havane » de 1979, le Brésil joue le jeu des institutions internationales en place, appuyé par de nouvelles alliances Sud-Sud dont il est à l’initiative.</p>
<p style="text-align: justify;">1-    Le Brésil nouvel acteur majeur à l’OMC</p>
<p style="text-align: justify;">Il aura fallu moins de dix ans au Brésil, depuis son entrée à l’OMC en 1995, pour en devenir un acteur majeur. Son principal fait d’arme est d’y avoir changé la dynamique des négociations dans le domaine de l’agro-alimentaire. En effet, le Brésil a participé activement au basculement du modèle « Blair House »  (ce que les Etats-Unis et l’Europe décident seuls, ou avec l’Australie, est appliqué à tous) vers un modèle multilatéral de négociation en poussant les Etats-Unis et l’Europe à négocier au sein du NG-5 (le non-groupe des 5, composé du Brésil et de l’Inde, et de fait des Etats-Unis, de l’Europe et de l’Australie).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce faire, le Brésil, en tête, avec l’appui de l’Inde et de l’Afrique du Sud, a su mobiliser une vingtaine de pays en développement, représentant plus de 60% de la population mondiale, à la veille du sommet de Cancun en 2003 pour la 5<sup>ème</sup> conférence ministérielle de l’OMC. Leader dans ce groupe du G20, le Brésil a fait du dossier agricole sa priorité et a réussi tout au long des négociations à maintenir l’unité de ce groupe. Cette action mènera les négociations à leur échec et obligera les « décideurs » à élargir leur cercle de commandement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bénéfice que tire le Brésil de cette manœuvre, mis à part le bénéfice commercial, est double. D’une part, il acquiert une place d’interlocuteur privilégié auprès des décideurs originels et augmente son pouvoir de négociation relatif. D’autre part, il se place en référent vis-à-vis des pays en développement moins importants.</p>
<p style="text-align: justify;">Preuve en est la défense du dossier du coton en faveur de pays Africains –mais aussi du Brésil- à l’encontre des Etats-Unis concernant les subventions accordées par Washington à ses producteurs de coton, ou encore le dossier du sucre initié par le Brésil, la Thaïlande et l’Australie contre l’Europe. Le Brésil est sorti vainqueur par deux fois de ces confrontations.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi on voit comment le Brésil une fois intégré dans un système, réussi très rapidement à en comprendre la mécanique et à en tirer profit.</p>
<p style="text-align: justify;">2-    Le Brésil à l’initiative des nouvelles alliances Sud-Sud</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil sait cependant qu’il ne peut pas faire cavalier seul, ainsi il multiplie les alliances, tant au niveau régional qu’au niveau intercontinental. Au nombre de ces alliances, on peut citer l’UNASUR (Union des nations sud-américaines) qui est une transposition de ce qu’est l’Union  Européenne à l’Amérique du Sud à laquelle vient s’ajouter la récente création de la Banque du Sud qui concurrence le FMI et la Banque Mondiale ; l’IBAS (Inde-Brésil-Afrique du Sud) qui est l’association de trois puissances régionales sur trois continents dont on peut dire qu’elle est à l’origine du succès du G20 ; et l’ASA (Afrique-Amérique du Sud) créée sous l’impulsion commune du Nigéria et du Brésil. Un rapprochement significatif s’opère également entre le Brésil et les pays de la Ligue Arabe.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, on peut voir que le Brésil, fort de ces 1100 diplomates (contre 6000 pour la France)  développe de manière exponentielle ses relations extérieures depuis l’investiture du président Lula en 2003. Pour illustrer ce fait, en plus de la création des alliances Sud-Sud précitées, on peut aussi faire état de l’ouverture de 17 ambassades en Afrique entre 2003 et 2006.</p>
<p style="text-align: justify;">En étant à l’initiative du renforcement des relations politiques et économique entre Etats du Sud, le Brésil parvient à marquer le tempo des débats avec les pays du Nord et se place en chef de file des négociations.</p>
<p style="text-align: justify;">3-    Le Brésil force de maintien de la paix</p>
<p style="text-align: justify;">Pour compléter ses velléités d’accession à un statut de grande puissance internationale, et comme on a pu le remarquer dans son hyperactivité diplomatique, le Brésil a également intégré que pour parvenir à ce stade il lui faut aussi se présenter comme une force de maintien de la paix.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil a déjà à son actif deux réussites majeures qui jouent en sa faveur sur ce terrain. Il s’agit de son succès au sein de la MINUSTAH (Mission des Nation Unies pour la stabilisation en Haïti) qui est en cours mais dont les résultats sont déjà positifs. Le Brésil c’est aussi illustré en qualité de médiateur dans le différend opposant le Venezuela à la Colombie à propos des bases américaines implantées en Colombie. De la sorte, le Brésil se présente également sur le terrain des problématiques militaires comme adoptant une politique d’intégration et non de confrontation.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, le Brésil, fort de ces revenus générés par son exploitation pétrolière et ces exportations agricoles -qui lui ont entre autre permis de rembourser l’intégralité de sa dette extérieure- a lancé un programme de modernisation de son armée. En effet, le pays a besoin en premier lieu de protéger les ressources fossiles découvertes récemment au large de ses côtes et en second lieu de se doter d’une armée consistante avec une force de projection à l’international. C’est ainsi que la France a signé en décembre 2008 un contrat de près de 9 milliards d’euros pour la vente d’hélicoptères et de sous-marins. Lors de la négociation de ce contrat il a aussi été question de l’acquisition par le Brésil d’avions de chasse. Les volumes financiers consacrés au réarmement du Brésil sont significatifs de sa volonté à exprimer sa puissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Courrier International du 29 Octobre 2009 présente un dossier intitulé « le Brésil : Portrait d’un pays qui gagne ». Ce « dossier » de 5 pages est une sorte d’inventaire à la Prévert –incomplet- d’un certain nombre de réussites du Brésil, comme l’obtention des Jeux Olympiques de 2016, et de ces ressources naturelles ; tout ceci étant assez romantique. On n’y voit à aucun moment l’idée d’une stratégie globale du Brésil pour devenir une force d’influence majeure au niveau mondial. L’issue des négociations intergouvernementales lancée le 29 Février 2009 par l’assemblée générale des Nations Unies, visant la réforme de son Conseil de Sécurité et l’attribution éventuelle de nouveaux sièges permanents sera révélateur de la qualité du travail de l’ensemble des acteurs de la politique extérieure du Brésil.</p>
<p style="text-align: justify;">Thomas Pitrat</p>
<p style="text-align: justify;">SOURCES</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les sources visées ont été visitées entre le 1<sup>er</sup> et le 8 Novembre 2009.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://editions-sources-du-nil.over-blog.com/article-36531935.html">http://editions-sources-du-nil.over-blog.com/article-36531935.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://medelu.org/spip.php?article275">http://medelu.org/spip.php?article275</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2008-12/sarkozy-vend-des-contrats-militaires-a-lula-4903969.html">http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2008-12/sarkozy-vend-des-contrats-militaires-a-lula-4903969.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://static.rnw.nl/migratie/www.bureauafrique.nl/dossiers/afrique/bresil20090427-redirected">http://static.rnw.nl/migratie/www.bureauafrique.nl/dossiers/afrique/bresil20090427-redirected</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://extranet.senat.fr/rap/r07-482/r07-48213.html">http://extranet.senat.fr/rap/r07-482/r07-48213.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://fr.shvoong.com/law-and-politics/1694053-afrique-du-sud-br%C3%A9sil-inde/">http://fr.shvoong.com/law-and-politics/1694053-afrique-du-sud-br%C3%A9sil-inde/</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_non-align%C3%A9s">http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_non-align%C3%A9s</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/omc/cancun.shtml">http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/omc/cancun.shtml</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.rfi.fr/actufr/articles/083/article_47810.asp">http://www.rfi.fr/actufr/articles/083/article_47810.asp</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.un.org/french/peace/peace/cu_mission/minustah/facts.html">http://www.un.org/french/peace/peace/cu_mission/minustah/facts.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.franceonu.org/spip.php?article3768">http://www.franceonu.org/spip.php?article3768</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.global-pythie.com/article-16348445.html">http://www.global-pythie.com/article-16348445.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=4505">http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=4505</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.franceonu.org/spip.php?article3768">http://www.franceonu.org/spip.php?article3768</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.wto.org/english/res_e/booksp_e/casestudies_e/case7_e.htm">http://www.wto.org/english/res_e/booksp_e/casestudies_e/case7_e.htm</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20090926094159/-diplomatie-Bresil-cooperation-Asa-L-Afrique-laboratoire-de-la-puissance-montante-du-Bresil.html">http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20090926094159/-diplomatie-Bresil-cooperation-Asa-L-Afrique-laboratoire-de-la-puissance-montante-du-Bresil.html</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://fr.allafrica.com/stories/200910020524.html">http://fr.allafrica.com/stories/200910020524.html</a></p>
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		<title>Brésil : La puissance en douceur</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 13:34:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Mazzucchi</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dossiers Thématiques]]></category>
		<category><![CDATA[Unasur]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href=http://www.unasur.fr/2009/12/04/bresil-la-puissance-en-douceur/><img src=http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2009/12/img_luciano_coutinho-150x150.jpg class=imgtfe hspace=5 align=left width=100  border=0></a><p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: justify;">A Paris pour quelques jours, M. Luciano Coutinho, président de la BNDES, plus importante banque publique du Brésil, donnait le 3 novembre une conférence à la Sorbonne sur « Les perspectives de <a href="http://www.unasur.fr/2009/12/04/bresil-la-puissance-en-douceur/" target="_blank">[...] Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-532" title="img_luciano_coutinho" src="http://www.unasur.fr/wp-content/uploads/2009/12/img_luciano_coutinho.jpg" alt="img_luciano_coutinho" width="236" height="335" /></p>
<p style="text-align: justify;">A Paris pour quelques jours, M. Luciano Coutinho, président de la <a href="http://www.bndes.gov.br/SiteBNDES/bndes/bndes_pt">BNDES</a>, plus importante banque publique du Brésil, donnait le 3 novembre une conférence à la Sorbonne sur « Les perspectives de l’économie mondiale et brésilienne ». Cette conférence a été l’occasion de voir les positions d’un des leaders de la finance brésilienne, les volumes d’argent brassés par la BNDES représentant cinq fois ceux de la Banque Mondiale. Au-delà des aspects purement financiers de cette conférence, l’on pouvait voir se dessiner en filigranes l’esquisse d’une nouvelle puissance régionale aux volontés globales affirmées.</p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau purement financier, le Brésil, comme l’Inde et la Chine, a si bien su naviguer au travers de la crise qu’un retour de la croissance de son PIB, modeste certes, était observé dès la fin du second trimestre de cette année. Les causes en sont multiples : moindre dépendance au dollar, dynamisme général d’une économie émergente, banques publiques puissantes et volonté de sévèrement réguler l’économie nationale, peuvent être autant d’explications de cette bonne santé économique.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins ce sont plutôt les conséquences qui nous intéressent ici. Comme le faisait remarquer L. Coutinho, ce sont maintenant les économies dites « émergentes » qui tirent l’économie mondiale vers le haut alors que les économies « développées » semblent devoir rester à la traîne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil peut s’appuyer sur des secteurs forts pour continuer son essor, principalement dans l’énergie. Que ce soit dans l’extraction avec Pétrobras ou dans la production pure avec Electrobras, le Brésil a, à l’instar de la Russie, de sérieux atouts. Toutefois la grande différence entre le Brésil et la Russie au niveau énergétique est la grande diversification qu’on observe au sein du portefeuille énergétique brésilien : charbon, hydroélectricité, biomasse, solaire, éolien, nucléaire… Le Brésil s’affirme aussi comme un des pays les plus en pointe en matière d’énergies renouvelables.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil, selon le président de la BNDES, est néanmoins totalement conscient de cette dépendance au marché de l’énergie et des matières premières (agricoles notamment). Toujours selon L. Coutinho, une grande politique de développement de l’industrie de pointe est à l’œuvre au Brésil pour transformer le pays d’exportateur de matières premières en véritable puissance globale. Ainsi les contacts noués avec les grands groupes européens et américains dans les domaines de l’aéronautique ont pour but affiché de transformer le champion national Embraer en véritable compétiteur mondial. Dans cette optique, <a href="http://www.polemos.fr/2009/09/la-course-sud-americaine-aux-armements/">la modernisation du parc d’avions de chasse</a>, compétition dans laquelle est engagée la France via Dassault, doit aussi s’accompagner de transferts de technologies aéronautiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on ajoute à ces avantages économiques une stabilité politique maintenue depuis près de 15 ans, on comprend pourquoi le Brésil apparaît de plus en plus comme une vraie puissance régionale attractive. Ceci est d’autant plus vrai que l’Unasur apparaît aujourd’hui paralysée et que l’hégémonie d’Hugo Chavez en Amérique du Sud est dramatiquement liée au cours du baril de pétrole.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brésil, loin de ces éclats médiatiques et de cette pression diplomatique agressive sur ses voisins a su se rendre indispensable en Amérique du Sud, devenant un modèle et même plus pour nombre d’Etats. Grâce à une économie attractive et une diplomatie patiente, le Brésil est devenu le premier ou l’un des premiers partenaires commerciaux de ses voisins (Argentine, Uruguay, Chili…), créant une vraie domination économique régionale. Celle-ci est d’autant plus impressionnante que le pays est la seule économie de la région qui ne soit pas quasi-exclusivement tournée vers les matières premières.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi le Brésil sait devenir une puissance en douceur, par la séduction et l’attractivité plus que par la contrainte, une vraie application du <em>soft power</em> de Joseph Nye. Le Brésil se développe doucement mais surement, se transformant petit à petit en une économie avancée. Après tout n’est ce pas normal pour un Etat dont la devise est <em>ordem e progresso</em>, ordre et progrès ?</p>
<p style="text-align: justify;">Auteur : Nicolas Mazzucchi</p>
<p style="text-align: justify;">Equipe <a href="http://www.unasur.fr">Unasur.fr</a></p>
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