Catégorie: Politique

La tentation protectionniste des économies sud-américaines

Continent sud américainAlors que l’Amérique du Sud fait figure de nouvel eldorado, les gouvernements se dotent de mesures  destinées à protéger leurs économies de l’invasion de produits étrangers.

L’Amérique du Sud, sans être épargnée, semble résister à la crise. Sacrée sixième économie mondiale en 2010, devant le Royaume Uni, avec 7,5% de croissance et 3% en 2011, le pays, à l’image du continent, fait de plus en plus figure de nouvel eldorado. Selon le ministère Brésilien de la Justice, le nombre de cartes de séjour délivrées a bondi de 67% entre 2009 et 2010 et la tendance s’est encore accélérée cette année. Si les Portugais sont en tête des arrivants, aidés par la langue, suivis par les Boliviens, les Chinois, les Paraguayens et les Coréens, les autres ressortissants européens se bousculent.

De son coté, l’Argentine a bénéficié en 2011 d’une croissance de son PIB de 8.3% à peine inférieure à celle de la Chine et un niveau de chômage passé de 23% en 2002, à 7% aujourd’hui.

En 2009, le président Luiz Inacio Lula da Silva avait affirmé que « le protectionnisme agit comme une drogue, il offre un soulagement immédiat mais place ensuite sa victime dans une dépression prolongée. » Pourtant, plus de deux ans et demi plus tard, les gouvernements d’Amérique du Sud multiplient les tentatives pour ralentir le flot des importations. Face à la crise financière et à un afflux de produits bon marché, certains d’entre eux ont accéléré, la mise en place de nouveaux tarifs douaniers dans le but de protéger l’emploi et la production locale. Pour Guido Mantega, le ministre brésilien des finances, ces mesures sont destinées à construire « une meilleure union » pour se défendre contre « ces invasions de produits provenant de l’extérieur ».

Ainsi, les 20 et 21 décembre, à Montevideo, les pays fondateurs du Mercosur, (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, L’Uruguay), et associés, (la Bolivie, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Pérou et le Venezuela) ont décidé d’augmenter temporairement leurs taxes d’importation de 140 produits provenant de l’extérieur afin de compenser « les déséquilibres commerciaux provoqués par la conjoncture économique internationale ». Ces augmentations se situent proche, mais sans la dépasser, de la limite de 35 % autorisé par l’OMC. L’Organisation mondiale du commerce a malgré tout fait part de ses craintes quant à une éventuelle contagion protectionniste au sein des marchés émergents, pouvant être néfaste pour la croissance mondiale.

L’Amérique du Sud, et en particulier l’Argentine et le Brésil, entendent se protéger de la politique monétaire des Etats-Unis et de la Chine rendant leur monnaie démesurément appréciée face au dollar et au yuan, et accentuant les importations. Bien que le renforcement des monnaies sud-américaines contente la classe moyenne toujours plus nombreuse, la concurrence déloyale, que causent les taux de change défavorables, est dénoncée par les acteurs des secteurs automobiles, textiles, électroniques etc.

Dès 2002, le défaut de Buenos Aires et sa rupture avec le dollar l’avaient coupé des marchés financiers internationaux, imposant au pays un équilibre de son commerce extérieur nécessaire à son indépendance afin éviter d’avoir à vendre des actifs ou utiliser ses réserves pour équilibrer ses comptes avec l’étranger. Au début de l’année 2011, le gouvernement argentin de Cristina Kirchner a mis en place un système de licence d’importation à destination de 600 entreprises étrangères de divers secteurs afin de ralentir et limiter l’entrée sur le territoire de leurs produits.  Provoquant tout d’abord une pénurie de nombreux produits ces restrictions ont contraint des sociétés, telles que les sociétés de téléphonie canadienne RIM (BlackBerry), Motorola, Nokia ou Samsung, à ouvrir des usines d’assemblage dans le pays, où le coût de la main-d’oeuvre est dix fois supérieur à celui pratiqué en Chine.

Ces licences d’importations ne sont pas interdites par l’OMC. L’organisation dispose dans son Accord sur les procédures de licences d’importation que ces régimes doivent être simples, transparents et prévisibles. Par exemple, il prévoit que les gouvernements doivent publier des informations suffisantes pour que les négociants sachent comment et pour quelles raisons les licences sont délivrées.

De plus, dans le domaine du jouet, afin de limiter sa dépendance excessive à l’égard de l’extérieur, le gouvernement souhaite diminuer les importations de 45%. La production locale est de fait passée de 5% de la consommation en 2003 à 30% en 2010.  Outre une taxation des importations, le gouvernement a décidé d’interdire les poupées Barbie produites en Chine.

L’Argentine impose désormais aux entreprises qui importent des produits de développer des activités d’exportation dans le pays et considère comme étrangère une entreprise des lors que 25% de son capital est détenu à l’étranger. Le gouvernement a également récemment introduit des limites aux rachats de terres par les étrangers, en visant implicitement la politique chinoise d’achat de terres.

De son coté, le Brésil a mis en place des restrictions sur les importations textiles et a, comme l’Argentine, augmenté leurs contrôles aux frontières et renforcé les mesures anti-dumping monétaires. En effet, selon l’indice Big Mac de The Economist, le real serait la monnaie la plus chère du monde, surévaluée de 52% par rapport au dollar. Le Brésil a vu sa monnaie s’apprécier depuis deux ans et demi, après un plus bas à 2,4 real par dollar pour finir par atteindre 1,57 real par dollar. En cause, la forte croissance du pays, qui attire les capitaux mais aussi des taux d’intérêts à 12.5% pour lutter contre une inflation qui a atteint 6.7% en juin. En conséquence, la production industrielle a reculé de 1.6% sur le mois de juin.

Par ailleurs, Mme Rousseff a décidé de remplacer à la tête du géant minier Vale Roger Agnelli, jugé trop proche des marchés, par Murilo Ferreira, afin de prendre davantage en compte l’ « intérêt national du pays ». Fin 2011 le gouvernement brésilien a annoncé augmenter de 30 % les taxes sur les véhicules importés lorsqu’ils ne proviennent pas au moins à 65 % du pays ou du Mercosur. Cette décision visait à limiter « l’invasion » des voitures étrangères dont les ventes ont augmenté de 35 % par rapport à la même période de 2010, tandis que celles de production nationale n’ont progressé que de 2,2 %. Face aux protestations des constructeurs asiatiques, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur brésilien, Tatiana Prazeres, a affirmé, au journal le monde, agir « dans le cadre strict autorisé par l’OMC ». Il ne s’agit pour le gouvernement brésilien que d’« une réaction provisoire face à la dégradation du marché, précisément pour éviter une contagion de la crise ».

Le pays veut également privilégier les produits locaux dans les appels d’offre qui pourront être jusqu’à 25% plus chers que les importations. Dans le secteur de l’électronique, de nouvelles taxes garantissent aux tablettes produites au Brésil d’être un tiers moins cher que celles fabriquées à l’étranger, ce qui a conduit des entreprises du secteur à produire sur place.

En outre, afin de limiter l’exploitation de ses ressources pétrolières par des entreprises étrangères, ceux-ci  ne peuvent que prétendre au titre de partenaire minoritaire de l’entreprise nationale Petrobras. Le Brésil a de plus, tout comme l’Argentine, introduit des limitations drastiques à l’achat de terres agricoles pour se protéger des appétits extérieur, ce qui aurait provoqué l’annulation d’au moins 15 milliards de dollars d’investissement. Enfin, le pays réfléchirait à l’instauration d’un impôt calculé sur la base de la dépréciation de la monnaie du pays d’origine, en se référent implicitement au yuan.

Le continent américain semble donc, à travers ces différentes mesures destinées à protéger son économie, s’engager dans une régionalisation économique, sans toutefois outrepasser les règles définies par l’OMC. Dilma Rousseff avait ainsi fulminé fin 2011 contre « une avalanche de produits prédateurs qui mettent en danger la croissance et l’emploi », dans le pays. Cependant, l’érection de barrières commerciales des pays d’Amérique latine ne va guère contribuer à améliorer leur position au sein de l’OMC. Le Brésil occupant la dernière place des pays du G20 en matière d’ouverture des marchés.

Alexandre Mandil (mandil.alexandre@gmail.com)

Membre de l’équipe Unasur

Création de la CELAC, la nouvelle puissance régionale Latino-Américaine qui déstabilise l’OEA

images3La Communauté des États latinos américains et des Caraïbes.

Une nouvelle puissance régionale Latino Américaine et Caribéenne est née entre ce vendredi 02 et ce samedi 03 décembre 2011 lors du sommet de Caracas. Un évènement majeur à prendre en compte dans la géopolitique du continent Américains.

Les 33 Etats Latino Américains et Caribéen y travaillent depuis juillet 2008, quelque mois après la création de l’UNASUR en mai  de la même année. C’est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui lance un appel aux chefs d’Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes dont Cuba, pour les inviter à débattre sur la création d’une nouvelle coopération régionale sans y inclure les Etats-Unis et le Canada, centre de gravité principale de l’influence régionale.  Le but serait d’accroitre la puissance des Etats membres de la CELAC dans la région en rivalisant l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) synonyme de puissance américaine.

C’est le président vénézuélien Hugo Chavez, l’un des principaux promoteurs de cet évènement qui officialise le lancement de cette nouvelle union politique ce vendredi 2 décembre 2011. Cette nouvelle force en présence serait destinée à terme à supplanter d’autres organisations. En introduction de sa prise de parole le leader latino-américain s’adresse aux 32 autres chefs d’Etats en relatant clairement sa position presque radicale : « Nous devons créer une force supérieure pour élever les consciences ». Il insiste en mettant en avant le fait que « l’OEA représente le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis »

Pour ces Etats c’est aujourd’hui une réelle nécessité de créer un espace commun qui les unissent. La CELAC ambitionne d’approfondir le développement politique, économique, culturel et social entre ces 33 Etats et d’arriver à une coopération globale dans le but de convenir à une position commune sur des questions fondamentales comme les crises financières et énergétiques, les stratégies de développement et les négociations mondiales sur le commerce. La CELAC permettra à ces Etats de réaffirmer l’engagement des pays de continuer à renforcer les capacités internes de la région, de la survenance d’événements externes qui serait synonymes de déséquilibres économiques. Des politiques visant à renforcer la base industrielle et le renforcement des mécanismes de suivi de leurs systèmes financiers a été mis en place.

Trois évènements majeurs sont les piliers de l’organisation stratégique des 33 Etats membres en termes de développement, d’indépendance et de souveraineté. En 2008 la déclaration de Salvador de Bahia, en 2009 le lancement du Plan d’action de Montego Bay et en 2010, la Déclaration de Cancun.

Cette nouvelle force régionale a-t-elle les capacités d’atteindre ses objectifs d’union et de croissance et de se défendre de l’agressivité américaine ? Quelles sont les techniques offensives des américains pour maintenir leur niveau d’influence sur la région ?

La gestion des accords et traités entre Etats membre de la CELAC pourrait devenir à terme une base de conflit interne. Des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili par exemple ont des intérêts commerciaux très importants avec les Etats-Unis.

Le Mexique, un Etat influent, a intégré la CELAC. Le Mexique fait parti de l’alliance nord américaine depuis 1994 et ne fait pas partie de l’UNASUR. Il représente un allier stratégique pour les Américains. L’intégration du Mexique dans la Communauté des Etats Latino Américains et Caribéen aujourd’hui, est un élément important à prendre en compte. Le discours de Felipe Calderon lors du sommet reflète la volonté mexicaine de revendiquer le fait que le Mexique sera et restera un pays latino américain : « nous avons besoins de l’intégration, non seulement dans les mots mais aussi dans une réalité qui nous aide à transformer les échanges entre latino américain et caribéen en signaux de prospérité et de croissance ». Le Mexique devait se montrer présent pour revendiquer ses valeurs mais aussi pour s’allier avec 32 pays connaissant une croissance continue pendant la crise financière la plus dur de l’histoire du monde économique. 90 % de l’exportation Mexicaine est destinée au sol Américain, les liens commerciaux qui unissent le Mexique et les Etats-Unis sont importants.

Laisser le Mexique intégrer la CELAC reflète le fait que cette organisation ne semble pas inquiéter les Etats-Unis en termes de puissance régionale. En effet, ceux-ci ne se sont pas opposés médiatiquement à la création de cette nouvelle coalition. Cependant les américains pourraient à travers le Mexique influer sur les décisions d’accord et de traités qui seront signés par les Etats Membre de la CELAC. Un autre pays sous forte influence américaine est aujourd’hui membre de la CELAC : le Panama. Il sera également intéressant de comprendre comment un pays qui est contrôlé à 100% par les Etats-Unis puisse intégrer ce nouvel organe régional ?

Certains Etats Caribéens sont également sous influence anglo-saxonne. Comment les américains vont-ils exploiter ces influences sur la CELAC ?

C’est dans le dossier thématique de l’UNASUR du site UNASUR.fr que vous trouverez le dimanche 11 décembre 2011 une suite de réponse à ces problématiques dans le but d’analyser les conséquences de la création de la CELAC et de mieux comprendre les enjeux de puissances dans la région sud américaine.

Makram Amadet

makram.amadet@gmail.com

Membre de l’Equipe Unasur.fr

Le mariage homosexuel est autorisé en Argentine

argentine

Après un débat houleux et prolongé, le Sénat argentin a approuvé ce 15 juillet la loi qui légalise le mariage entre individus du même sexe, le pays devient ainsi le premier en Amérique latine à reconnaître le mariage homosexuel au niveau national.

La loi accorde également la possibilité pour les couples homosexuels d’adopter des enfants mineurs, ce point a d’ailleurs soulevé les critiques les plus sévères de la part des opposants au projet de loi. Après une ultime session d’une durée de 14 heures, les sénateurs ont finalement entériné le projet non sans que cela suscite un débat vif et passionné.

La Chambre des députés (la Chambre basse) s’était déjà montrée favorable au projet et avait voté en faveur de la légalisation du mariage gay dès le mois de mai.

La norme nouvellement adoptée est celle qui admet « le mariage égalitaire » avec des droits équivalents pour les couples homosexuels et hétérosexuels, cette décision fondamentale a été approuvée de justesse avec 33 votes favorables contre 27 défavorables et trois abstentions.

Lorsqu’ils ont appris les résultats, des manifestants en faveur des droits homosexuels, qui s’étaient réunis à Buenos Aires sur la « Plaza de los Dos Congresos », ont laissé éclater leur joie.

L’approbation de la loi induit la modification du Code civil argentin qui dans son article 2 prévoit initialement que le mariage scelle l’union de deux personnes de sexe différent « un mari et une épouse », dorénavant le texte privilégie le terme neutre de « contractants au mariage ».

Avant la session, l’Exécutif a assuré que la présidente en place, Cristina de Kirchner, n’opposerait pas son veto à la votation de la loi, bien au contraire, elle s’est dite fière que l’Etat promulgue une loi qu’elle considère comme « une avancée » attestant que l’Argentine est un pays « avant-gardiste ».

Cette promulgation marque un fait historique pour l’Amérique latine car les mariages entre personnes du même sexe étaient jusqu’à présent seulement autorisés à Mexico D.F où il existe une norme semblable mais uniquement pour la capitale. Durant cette journée agitée, les législateurs ont exposé leurs arguments favorables, ou non, au projet de loi qui confère les mêmes droits aux couples homosexuels et hétérosexuels.

« Peu m’importe que des homosexuels souhaitent se marier, ce qui m’inquiète, c’est l’effet que peut avoir cette union sur des tierces personnes, tout particulièrement sur des enfants et sur leur éducation. Car dès lors la sexualité est quelque chose qui se construit à partir de modèles proches » a déclaré la sénatrice Liliana Negre de Alonso, l’une des principales opposantes au projet. Cette déclaration a été faite alors qu’elle tenait à la main un manuel d’instruction sexuelle destiné aux plus jeunes, qui selon elle, invite à considérer « le corps humain et ses organes sexuels comme interchangeables ».

« Il n’y a pas de quoi créer une polémique, nous n’ôtons des droits à personne mais nous en donnons à ceux qui en étaient dépourvus », a déclaré Lucía Corpacci, représentante du discours officiel.

Beaucoup de ceux qui ont voté en faveur de ce projet de loi ont déclaré qu’ils souhaitaient concéder plus d’égalité aux différents couples quel que soit le binôme sexuel formé.

« Dans le droit positif nous n’avons trouvé aucun argument qui stipule que l’on ne peut pas autoriser ce droit à une minorité qui le mérite, le projet de loi peut certes avoir des vices cachés mais nous n’allons pas l’invalider pour autant », a déclaré le législateur Luis Juez.

Durant les débats, les sénateurs n’ont pas hésité à faire référence à leur vie privée pour défendre leurs arguments. Un fait inédit, 90 % des sénateurs ont souhaité prendre la parole pendant les discussions. La session s’est par ailleurs prolongée pendant 14 heures, le point le plus discuté fut le droit à l’adoption, une prérogative revendiquée par les couples homosexuels, et seulement accordée dans dix pays à travers le monde [...]

Extrait de l’article publié sur www.actulatino.com

Auteur : Aline Timbert

Equipe Unasur.fr

Néstor Kirchner nommé à la tête de l’UNASUR

amerique du sud

 Le nouveau Secretaire Générale de l’UNASUR, Néstor Kirchner, et la présidente de l’argentine, sa femmen,Christina Kirchner.

L’ancien président Argentin,Néstor Kirchner, vient d’être élu à l’unanimité par les pays membres de l’UNASUR pour assumer la responsabilité de secrétaire générale de l’unasur pour un mandat de deux ans. Le siège du secretariat génréal  de l’UNASUR se trouvera en Equateur.  

 

Portrait d’un des homme devenu ainsi l’un des plus influents au monde.

- Son enfance

Issu d’une famille modeste de Rio Gallegos, capital de Santa Cruz, en Argentine.  Il rejoint dès l’adolescence le parti péroniste en devenant membre de la jeunesse péroniste.

- Sa formation

1970 – 1976 : Etude de Droit à l’Université nationale de La Plata.

- Son mariage avec Cristina Fernández de Kirchner

Il épouse Cristina Fernández après avoir été diplomé de La Plata. Elle est alors, également membre du parti péroniste et deviendra une figure politique incontournable de l’Argentine. Jadis sénatrice de Bueno Aire, aujourd’hui  elle porte avec brio la présidence de l’Argetine, devenant ainsi la première femme  a avoir été élue présidente de l’argentine.

- Son parcours politique :

1987 : Il est élu Maire de Gallegos

1991: Il devient Gouverneur de Santa Cruz

2003 : Il devient président de l’Argentine jusqu’en 2007, date à laquelle sa femme reprendra les rennes du pouvoir

- Ces principales réalisation

  • En 2005 Kirchner  a renégocié la dette publique argentine, achevant ainsi un processus qui durait depuis plus de trois ans. Le bilan inclut une réduction d’environ 70 % des 82 milliards de dollars de la dette argentine, une conversion de cette dette en bons du Trésor et un échelonnement des remboursements sur quarante-deux ans.

 

  • Néstor Kirchner se distingue par une forme de populisme et d’opposition au néolibéralisme en appelant la population au boycot d’entreprise étrangère notamment avec le cas Shell.

 

  • Il a fortement participé au redémarrage de l’économie.  La dévaluation du peso a permis d’avoir un taux de change favorable aux exportations, à la baisse des importations, et à sa politique sociale.

 

  •  Il finance ainsi d’importants programme sociaux grâce aux taxes élevées sur l’exportation, les produits exportés restants compétitifs en raison de la dévaluation du peso. Le taux de pauvreté a ainsi diminué de moitié en quatre ans.

 

  • Nestor Kirchner s’est également investi dans le renforcement de l’intégration sudaméricaine principalement avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), qui accueille en 2006 le Vénézuela comme nouveau membre permanent.

- Après sa Présidence

Sur le plan international, il prend part à la délégation internationale menée par le président vénézuélien Hugo Chavezpour la libération de certains otages des FARC de Colombie en décembre 2007.

2010 : il est nommé à la tête de l’unasur.

- Au programme 2010

Certain pensent qu’il va se servir de cette position pour se représenter aux prochaines éléctions présidentielles en Argentine.

Si sa fonction ne pourra lui permettre directement d’influer sur les décisions nationale, il pourra se focaliser sur les aspects d’intégration régionales.  L’agenda qui l’attend dans ce domaine est quant à lui extrêment chargé puisqu’il devra à court terme désamorcer des conflits bilatéraux entre certaines nations (comme celle de la Colombie et du Vénézuela au bord d’un conflit armée), mettre en place  un parlement surpranational (en équateur) ainsi qu’une monnaie unique,  Apaiser les divergences politiques pour renforcer l’unité sudaméricaine dans un contexte international, et confirmer par des actions concrètes la présence de l’UNASUR dans la création du nouveau bloc regroupement les pays latinoaméricain et des caraibes

Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

Source :

* Le figaro

* Wikipédia

 

 

L’équipe d’Unasur.fr accueille Aline Timbert

unasur amerique latine sudDiplômée d’une maîtrise LLCE (Langue, Littérature et Civilisation Etrangères spécialité « Espagnol ») obtenue à la Sorbonne Nouvelle de Paris avec « mention bien », je me passionne pour l’étude des civilisations précolombiennes depuis de nombreuses années, à ce titre j’ai rédigé un mémoire sur ‘L’évangélisation des indigènes du Pérou’ d’après l’œuvre du jésuite José de Acosta  »De Procuranda Indorum Salute.

Fondatrice du site partenaire : www.actulatino.com

Développement : De nouvelles catégories sur Unasur.fr

amerique du sud

Jusqu’ici, Unasur.fr n’offrait que des articles stratégiques issus d’une approche d’intelligence économique. Nous avons décidé de développer un nouvel axe, basé sur l’ouverture de trois nouvelles catégories : Economie, Politique et Sciences.

Ces nouveaux axes ont pour but d’apporter plus d’informations permettant de suivre l’actualité sud-américaine dans son ensemble.

Unasur.fr accueillera très prochainement de nouveaux auteurs spécialistes de l’actualité économique, politique et scientifique. Leur objectif sera de vous fournir toutes les clés de l’actualité latino-américaine.

Serge Sedille,

L’équipe Unasur.fr

La nouvelle guerre des Malouines

amerique du sud

Il y a presque 28 ans se jouait dans l’Atlantique Sud la dernière guerre navale du XXe siècle. La guerre des Malouines ainsi qu’on la nomme en France voyait s’affronter deux puissances en mal de reconnaissance, d’un côté l’Argentine de la junte et de l’autre le Royaume-Uni alors dirigé par la Dame de Fer. L’envahissement du petit archipel par les forces argentines au début de l’année 1982 allait marquer le début de la dernière grande démonstration de force navale entreprise unilatéralement par un pays européen : l’Operation Corporate, rebaptisée par les médias britanniques l’Empire Contre-attaque.

Même si Borges a par la suite décrit ce conflit comme « deux chauves se battant pour un peigne », les Malouines, hors de tout contexte de politique intérieure argentine ou britannique, revêtaient un intérêt stratégique certain. Militairement d’abord, pour une nation qui se rêvait alors encore empire, la possession des Malouines affirmait l’autorité chancelante de sa gracieuse majesté dans l’Atlantique sud, à proximité de l’Antarctique riche en ressources naturelles. De plus les Malouines elles-mêmes se révèlent maintenant être riches en matières premières énergétiques et plus spécialement en pétrole.

Aujourd’hui, alors que les Argentins n’ont jamais accepté la perte de l’archipel, un nouvel acte est en train de se jouer pour la possession de ces stratégiques rochers couverts d’une lande clairsemée. En effet, la Geological Society of London annonce qu’il y aurait sous les eaux bordant l’archipel un « trésor » de 60 milliards de barils de brut attendant d’être exploité. Aux vues des cours actuels du pétrole et des difficultés que rencontre le Royaume-Uni dans ses exploitations d’hydrocarbures de Mer du Nord, la mise en service, bien que coûteuse, de ces nouveaux champs pétrolifères redonnerait de l’air à une économie particulièrement impactée par la crise. Le gouvernement Brown, critiqué pour sa gestion de la crise financière, pourrait trouver ici une nouvelle source de liquidités qui seraient forcément les bienvenues.

Toutefois ce serait sans compter sur l’Argentine, elle aussi alléchée par la promesse de ce pactole. Certes nous ne sommes plus aux temps d’une junte militaire conquérante désireuse de redorer son blason par une action d’éclat extérieure, néanmoins la situation du pays n’est pas très brillante. L’Argentine reste dirigée par une classe oligarchique qui, cachant sous le vocable de péronisme ce qu’on nommerait partout ailleurs du clientélisme forcené, fait fuir tous les investisseurs étrangers par la corruption galopante qu’elle instaure dans le pays. Les Kirchner sont ainsi de plus en plus contestés par une population qui prend conscience des ravages qu’à fait la crise dans un pays qui souffre de très graves difficultés économique depuis près d’une décennie.

Ainsi le gouvernement argentin, aiguillonné par Hugo Chavez, spécialiste sud-américain ès pétrole et déclarations provocantes, veut à tout prix empêcher une exploitation britannique du pétrole sous-marin des Malouines. La tension monte entre Londres et Buenos Aires et, même si l’on est très loin d’une réédition de la guerre des Malouines, les gouvernements européens et sud-américains commencent à regarder avec attention et appréhension les mouvements des deux protagonistes, surtout qu’un premier navire d’exploration-production doit bientôt arriver à Port Stanley.

Ce conflit, géoéconomique à l’heure actuelle, n’est pas sans rappeler d’autres situations comme celle de la dispute autour des îles Spratly. Les archipels des îles Spratly et Paracel se situent en mer de Chine méridionale et, potentiellement très riches en hydrocarbures, font aussi l’objet d’une compétition acharnée entre la Chine, le Vietnam (soutenu par la Russie), les Philippines (soutenues par les USA), la Malaisie, Taiwan et Brunei. Les déploiements de navires de guerre, manœuvres conjointes et autres occupations militaires d’îlots sont ainsi le quotidien de la Mer de Chine depuis quelques années, en espérant que l’escalade s’arrête à ce stade.

Alors que le marché des hydrocarbures devient de plus en plus tendu, la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement prend l’aspect d’une véritable lutte pour l’indépendance énergétique voire pour la survie économique. Dans un tel contexte deux options se profilent : l’exploitation des abondantes ressources non-conventionnelles, citons pour le gaz les shale gas, thight gas ou coalbed methane (1), ou l’affrontement pour les nouveaux gisements. Comme ces derniers se trouvent la plupart du temps offshore, c’est aussi une question de souveraineté territoriale qui est soulevée. Beaucoup d’Etats n’ayant pas ratifié ou remettant en question la convention de Montego Bay de 1982 définissant les zones économiques exclusives, les contestations sur la propriété de ces gisements sont de plus en plus courantes.

Pour l’instant aucun de ces affrontements géoéconomiques ne s’est transformé en guerre chaude. Toutefois il n’est pas à exclure que dans un contexte de tension grandissante sur le marché des énergies fossiles, on assiste à nouveau au déploiement d’une escadre navale de taille conséquente. La guerre des Malouines de 1982 avait fait près de 1000 morts ; étant donnés les progrès de l’armement, une nouvelle guerre pourrait être bien plus dévastatrice.

(1)   International Energy Agency, World Energy Outlook 2009, Paris, 2009, p.390 et suivantes.

Auteur  : Nicolas Mazzucchi, Equipe unasur.Fr