Catégorie: Argentine

Sommet de l’UNASUR en Argentine : Élection du secrétaire général

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Le 4 Mai prochain aura lieu le prochain sommet de l’UNASUR dans la région de bonaerense de Los Cardales, en Argentine.

Au programme de ce sommet extraordinaire :

- La désignation du secrétaire général de l’UNASUR

- La définition de la stratégie d’aide à Haiti comme au Chili

- L’analyse de la situation du Honduras après le coup d’Etat.

En ce qui concerne la nomination du premier secrétaire de l’UNASUR, le président de l’Ecuateur Raphael Correa a proposé que l’ancien président de l’Argentine « Néstor Kirchner » soit nommé à la charge de cette fonction.

Nestor Kirchneramerique du sud

Ce sommet devra également mettre en place le plan d’organisation pour l’aide d’Haiti et le Chili. En effet, le 9 février dernier a Quito, les pays de l’Amérique du sud avaient décidé de créer un fond d’aide de 100 millions de dollards + 200 millions de dollard provenant de la BID (Banque inter-américaine pour le Développement).

Enfin L’UNASUR débattra sur leur position face au coup d’Etat au Honduras qui ont récemment élu un nouveau président : Porfirio Lobo reconnu par les Etats Unis mais pas par l’UNASUR. Alors que le continent est en recherche d’unité, quel position prendra-t-il sur le Honduras?

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Serge Sedille

Equipe Unasur.fr

La nouvelle guerre des Malouines

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Il y a presque 28 ans se jouait dans l’Atlantique Sud la dernière guerre navale du XXe siècle. La guerre des Malouines ainsi qu’on la nomme en France voyait s’affronter deux puissances en mal de reconnaissance, d’un côté l’Argentine de la junte et de l’autre le Royaume-Uni alors dirigé par la Dame de Fer. L’envahissement du petit archipel par les forces argentines au début de l’année 1982 allait marquer le début de la dernière grande démonstration de force navale entreprise unilatéralement par un pays européen : l’Operation Corporate, rebaptisée par les médias britanniques l’Empire Contre-attaque.

Même si Borges a par la suite décrit ce conflit comme « deux chauves se battant pour un peigne », les Malouines, hors de tout contexte de politique intérieure argentine ou britannique, revêtaient un intérêt stratégique certain. Militairement d’abord, pour une nation qui se rêvait alors encore empire, la possession des Malouines affirmait l’autorité chancelante de sa gracieuse majesté dans l’Atlantique sud, à proximité de l’Antarctique riche en ressources naturelles. De plus les Malouines elles-mêmes se révèlent maintenant être riches en matières premières énergétiques et plus spécialement en pétrole.

Aujourd’hui, alors que les Argentins n’ont jamais accepté la perte de l’archipel, un nouvel acte est en train de se jouer pour la possession de ces stratégiques rochers couverts d’une lande clairsemée. En effet, la Geological Society of London annonce qu’il y aurait sous les eaux bordant l’archipel un « trésor » de 60 milliards de barils de brut attendant d’être exploité. Aux vues des cours actuels du pétrole et des difficultés que rencontre le Royaume-Uni dans ses exploitations d’hydrocarbures de Mer du Nord, la mise en service, bien que coûteuse, de ces nouveaux champs pétrolifères redonnerait de l’air à une économie particulièrement impactée par la crise. Le gouvernement Brown, critiqué pour sa gestion de la crise financière, pourrait trouver ici une nouvelle source de liquidités qui seraient forcément les bienvenues.

Toutefois ce serait sans compter sur l’Argentine, elle aussi alléchée par la promesse de ce pactole. Certes nous ne sommes plus aux temps d’une junte militaire conquérante désireuse de redorer son blason par une action d’éclat extérieure, néanmoins la situation du pays n’est pas très brillante. L’Argentine reste dirigée par une classe oligarchique qui, cachant sous le vocable de péronisme ce qu’on nommerait partout ailleurs du clientélisme forcené, fait fuir tous les investisseurs étrangers par la corruption galopante qu’elle instaure dans le pays. Les Kirchner sont ainsi de plus en plus contestés par une population qui prend conscience des ravages qu’à fait la crise dans un pays qui souffre de très graves difficultés économique depuis près d’une décennie.

Ainsi le gouvernement argentin, aiguillonné par Hugo Chavez, spécialiste sud-américain ès pétrole et déclarations provocantes, veut à tout prix empêcher une exploitation britannique du pétrole sous-marin des Malouines. La tension monte entre Londres et Buenos Aires et, même si l’on est très loin d’une réédition de la guerre des Malouines, les gouvernements européens et sud-américains commencent à regarder avec attention et appréhension les mouvements des deux protagonistes, surtout qu’un premier navire d’exploration-production doit bientôt arriver à Port Stanley.

Ce conflit, géoéconomique à l’heure actuelle, n’est pas sans rappeler d’autres situations comme celle de la dispute autour des îles Spratly. Les archipels des îles Spratly et Paracel se situent en mer de Chine méridionale et, potentiellement très riches en hydrocarbures, font aussi l’objet d’une compétition acharnée entre la Chine, le Vietnam (soutenu par la Russie), les Philippines (soutenues par les USA), la Malaisie, Taiwan et Brunei. Les déploiements de navires de guerre, manœuvres conjointes et autres occupations militaires d’îlots sont ainsi le quotidien de la Mer de Chine depuis quelques années, en espérant que l’escalade s’arrête à ce stade.

Alors que le marché des hydrocarbures devient de plus en plus tendu, la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement prend l’aspect d’une véritable lutte pour l’indépendance énergétique voire pour la survie économique. Dans un tel contexte deux options se profilent : l’exploitation des abondantes ressources non-conventionnelles, citons pour le gaz les shale gas, thight gas ou coalbed methane (1), ou l’affrontement pour les nouveaux gisements. Comme ces derniers se trouvent la plupart du temps offshore, c’est aussi une question de souveraineté territoriale qui est soulevée. Beaucoup d’Etats n’ayant pas ratifié ou remettant en question la convention de Montego Bay de 1982 définissant les zones économiques exclusives, les contestations sur la propriété de ces gisements sont de plus en plus courantes.

Pour l’instant aucun de ces affrontements géoéconomiques ne s’est transformé en guerre chaude. Toutefois il n’est pas à exclure que dans un contexte de tension grandissante sur le marché des énergies fossiles, on assiste à nouveau au déploiement d’une escadre navale de taille conséquente. La guerre des Malouines de 1982 avait fait près de 1000 morts ; étant donnés les progrès de l’armement, une nouvelle guerre pourrait être bien plus dévastatrice.

(1)   International Energy Agency, World Energy Outlook 2009, Paris, 2009, p.390 et suivantes.

Auteur  : Nicolas Mazzucchi, Equipe unasur.Fr

L’équipe d’unasur.fr s’agrandit : Isabelle Le Guay‏ nous a rejoint

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Unasur.fr accueille Isabelle Le Guay dont voici une brève présentation.

Récemment diplômée de l’école de commerce EPSCI du Groupe ESSEC, Isabelle intègre l’Ecole de Guerre Economique pour l’année 2010. Ses nombreux séjours passés à l’étranger, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Amérique du Nord la poussent naturellement à s’intéresser aux différences culturelles. Le site UNASUR représente ainsi pour elle un moyen de matérialiser cette réflexion autour de l’actualité géopolitique d’un continent entier. Isabelle intègre ainsi l’équipe d’unasur.fr en septembre 2009, et rentre officiellement dans l’équipe ce mois-ci.

Le succès de l’UNASUR a Bariloche en Argentine

sommet_unasur_bariloche

Il aura fallu 7 heures pour que les présidents des pays membres de l’Unasur trouvent une réponse à cette crise.

La victoire n’est pas celle de l’indépendance de la souveraineté  de la Colombie ni de la sécurité pour le Vénézuela mais celle de l’UNASUR.

Ce sommet extraordinaire s’est déroulé en deux temps, premièrement par  une sorte de tour de table où chaque président a eu l’opportunité d’exprimer son positionnement face à cette affaire, puis dans un deuxième temps par la rédaction d’un « amendement » de la constitution solutionnant le problème d’intervention militaire d’un pays tiers au sein de l’UNASUR et de renforcement de la coopération de la lutte contre le terrorisme.

Qui a dit quoi lors de la première  partie de la réunion ?

Alan Garcia, président péruvien a proposé que la commission du Conseil de Défense de l’UNASUR revoit en détail l’accord militaire réalisé entre la Colombie et les États Unis.

Il a précisé que par cette méthode, les membres de l’UNASUR pourront savoir sans aucun doute possible si la logistique militaire apportée par les États Unis concerne uniquement  la lutte contre le terrorisme et non pas la surveillance aérienne de la région, ni la récolte d’informations stratégiques. Alan Garcia a ajouté :  « Moi Monsieur le président, dans mon pays, j’aurais autorisé une telle vérification ».

Le président Colombien, Alvaro Uribe a, quant à lui, manifesté son accord pour montrer ce contrat au conseil de sécurité mais il a ajouté également qu’il souhaiterait que ce même conseil de défense fasse une enquête sur les bases terroristes le long des frontières des pays membres de l’UNASUR ainsi qu’un bilan général du trafic d’armes en Amérique du Sud. Par cette occasion, il a salué l’initiative de la présidente chilienne Michelle Bachelet et a proposé le Chili comme modèle de transparence à suivre, pour sa publication annuelle de son commerce d’armes.

Dans son discours Uribe a insisté sur le fait que la Colombie était venue pour consolider le processus d’intégration et qu’il était conscient que des concessions allaient devoir être faites par les membres de l’UNASUR. Malgré cette déclaration, le président Uribe a, par de nombreuses reprises, insisté sur le fait qu’il ne reviendra pas sur cet accord pour trois raisons  :

1- L’indépendance de la souveraineté de la Colombie

2- Par le fait que depuis 60 ans, le « plan Colombia », véritable coopération entre la Colombie et les Etats unis contre le terrorisme n’a jamais entrainé d’incidence envers un pays membre de l’UNASUR, et qu’il ne voit pas pourquoi cela changerait.

3- Que cette activité américaine contre le terrorisme ne représente que 4% du total des opérations menées contre les terroristes en Colombie. La technologie des satellites américains a permis de repérer des vols illégaux du terrorisme et d’intercepter les bateaux clandestins alimentant le réseau terroriste colombien.

Uribe termine son intervention en parlant du problème des Farcs et de la complexité de la lutte anti-terroriste le long des frontières colombiennes et équatoriennes.  Il demande à son confrère équatorien de l’aide pour combattre ce fléau le long de leur frontière commune.

Le président Bolivien Evo Morales reprend ironiquement que les États Unis sont présents depuis 60 ans pour lutter contre le terrorisme sans venir à bout, il s’écrit alors : « mais que font-ils depuis tous ce temps? ». Pour Morales : « il n’y aura de paix en Amérique du Sud que lorsque les États Unis ne seront plus sur le territoire« .

Enfin le président Bolivien propose de réaliser un référendum auprès de la population de la région sud américaine : « Le peuple a le droit de choisir démocratiquement si ils veulent de la présence militaire des États Unis dans leur continent« . Pour lui, l’affaire est simple, il suffit de faire signer à la Colombie un document stipulant qu’ il n’y aurait jamais de « BASE » américaine en Colombie. Ainsi cette proposition permettrait une coopération militaire mais sans l’utilisation de véritable base en Colombie.

Le président Brésilien, Lula, s’est plaint de la longueur de la session, pour lui affaire était simple. Il faut selon lui, que le conseil de défense de l’UNASUR fasse un bilan sur l’ensemble des frontières de l’état du terrorisme en Amérique du sud et faire que ce conseil puisse avoir accès aux contrats de coopération militaire entre la Colombie et les États Unis.

Cristina Kirchner, Président de l’Argentine, s’est montrée la plus diplomate de tous les présidents et s’est empressée de calmer tout débordement éventuel en rappelant l’objectif et les enjeux de cette réunion.

« La confiance parmi certains membres de l’UNASUR s’est rompue, il ne s’agit pas ici de faire le procès de son homologue mais de retrouver cette confiance nécessaire pour le processus d’intégration de l’UNASUR. »

Elle souhaite voir s’établir une règle générale contre la présence militaire d’un pays peu importe sa nationalité dans le continent sud américain. Elle a fini son intervention en disant que « les voies diplomatiques seront retrouvées lorsque le conseil de sécurité aura vu sur place de quel type de coopération militaire il s’agit vraiment« . Il est important pour elle, que ce cas fasse jurisprudence.

Enfin, Hugo Chavez, président du Vénézuela, s’est montré plutôt satisfait de l’évolution de la réunion, il rejoint ses homologues péruvien et argentin en ce qui concerne les propositions de soumettre ce cas au conseil de défense de l’UNASUR.

L’intervention de Chavez a été marquée par une lecture d’un passage du livre blanc du Département de Défense américain sur la stratégie sud-américaine, commando de mobilité aérien (AMC) des États Unis  qui stipule leur véritable ambition dans cette zone, et qui n’a pas été très rassurante pour l’audience présente. Chavez a enfin parlé de la manipulation de son image par la CIA pour atteindre l’UNASUR mais ceci fera l’objet d’un prochain article consultable sur www.unasur.fr.

La deuxième partie de la réunion a consisté à la mise en place officielle d’une loi qui comporte cinq points :

1- Le renforcement de la coopération de la lutte contre le terrorisme

2- Un pays tiers peut opérer militairement dans un pays membre de l’UNASUR pour l’aider contre la lutte face au terrorisme tant qu’il ne menace pas le territoire ou une partie de l’Amérique du sud.

3- La mise en place d’un rendez vous pour la première quinzaine du mois de septembre  entre les ministres de la défense de l’UNASUR pour qu’ils mettent en place un processus de vérification de l’accord militaire entre la Colombie et les États Unis afin qu’ils respectent ce présent article de loi.

4- Le conseil de Défense de l’UNASUR analysera le livre blanc du département américain de défense en vue d’observer les véritables intentions des États Unis dans la zone.

5- Le Conseil de Défense de l’UNASUR mettra en place un programme d’action contre le narcotrafic.

L’UNASUR a su éviter une éventuelle guerre en désamorçant par cette loi le conflit sur les bases américaines, mais Chavez a confirmé que le gel des relations entre la Colombie et le Vénézuela était maintenu. La stabilité de la région a été sauvegardée et grâce à cette session  le mécanisme d’intégration des pays sud américain dans l’UNASUR s’est renforcé.

www.unasur.fr

Serge Sedille

Le sommet de Bariloche se fera sans les Etats Unis

hillary-clinton1Les membres de l’Unasur doivent se réunir vendredi prochain à Bariloche, en Argentine, pour un sommet extraordinaire sur le conflit des bases américaines en Colombie.

Dernièrement, Le Président Brésilien Lula , avait proposé officiellement à son homologue américain Barrack Obama de venir se joindre à l’UNASUR lors de cette réunion en Argentine. Bien que le Président Américain lui avait confié au téléphone qu’il allait réfléchir à cette proposition avec son gouvernement, la réponse est tombé il y a quelques heures, alors qu’un haut fonctionnaire de l’État américain avance :   » Nous n’avons rien à faire la bas« .

Plus officiellement, la ministre des affaires étrangères américain, Hillary Clinton a répondu sur un ton plus diplomatique : « Nous pensons que le gouvernement colombien n’a pas besoin de nous pour cette affaire, et qu’il peut largement s’expliquer au sein de l’UNASUR sur cette coopération anti-terroriste »

La main tendu qu’offrait les brésiliens aux américains n’a donc pas marché. De son coté, Hugo Chavez militera officiellement pour la mise en place d’un processus entrainant l’interdiction de cet accord entre les colombiens et les américains. Enfin, le président colombien Uribe,quand à lui, clame que cet accord est déjà en vigueur et que sa présence au sein de cette session extraordinaire de L’UNASUR n’a pour but que d’expliquer le contenu de se contrat aux autres membres de l’UNASUR.

Qu’apportera donc cette session extraordinaire a Bariloche en Argentine? Un espoir? rien? Le renforcement du conflit ? L’équipe d’Unasur.fr  vous laisse la parole :

Serge Sedille


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