Victoire au Suriname de l’ex-dictateur

Ce lundi 19 juillet 2010, les urnes du Suriname ont parlés !!! Mr. Dési-Bouterse retrouve pour la troisième fois de sa vie les reines de son pays.
Après la victoire aux élections législatives de sa coalition Méga Combinaison, en mai dernier, c’est au tour de Dési-Bouterse d’obtenir la majorité des votes de l’Assemblée nationale. Dépassant ainsi son concurrent Chandrikapersad Santokhi, actuel ministre de la Justice, il remplacera Ronald Venetiaan.
Devant une candidature fragilisée : mis à mal avant le scrutin par deux organisations locales de défense des droits de l’homme qui appelaient l’Assemblée nationale à annuler sa candidature, contraint de créer une alliance instable avec un de ses ancien ennemi, obligé d’avoir recours à la participation de l’Assemblée du Peuple et enfin astreint à subir un troisième tour pour se faire élire, il a finalement obtenu 36 voix sur 50.
Pour sa victoire, il a dû se rapprocher de la coalition Volks Alliantie (l’Alliance du Peuple) et de celle de Ronny Brunswijk, la A-Combinaitie. Or Ronny Brunswijk et lui ont une histoire commune puisqu’ils se sont combattus lors de la guerre civile du Suriname dans les années 80. Malgré cela, l’alliance s’était crée mais après s’être brouillé avec Bouterse sur le nombre de portefeuilles que sa liste pourrait avoir au gouvernement, Ronny Brunswijk s’était tourné vers le président sortant Ronald Venetiaan avant de revenir vers le nouveau président.
Finalement, l’ancien dictateur Dési-Bouterse, qui se voulait être un rassembleur socialiste a été élu pour « redresser » le pays. L’ancien militaire a déclarée vouloir investir dans l’éducation et le logement et de réduire le taux de chômage du pays actuellement de 50% à 15% d’ici la fin de son mandat soit 5 ans. Il a déclaré quelques minutes après l’annonce de sa victoire « J’ouvre mes bras à tous les Surinamais. Nous devons ensemble construire ce pays ».
De nombreux observateurs considèrent que sa nomination à la présidence pourrait lui éviter la prison dans l’hypothèse où il accorderait une grâce présidentielle à l’ensemble de ses compagnons sur les faits reprochés lors des tueries des années 1980.
Dans la région, la nouvelle semble être majoritairement bien acceptée par les populations exilées du Suriname. En témoigne, un article paru hier sur le site de RFO que je cite :
« La communauté surinamaise de Guyane a réagi favorablement à cette nouvelle. A Cayenne, les Surinamais ont l’espoir que leur pays retrouve un dynamisme économique et social perdu depuis une décennie. Pour les membres du Parti démocrate national (le parti présidentiel), l’arrivée de Desi Bouterse au pouvoir ouvre de nouvelles perspectives au Surinam. Il leur apparaît comme le meilleur pour redresser cette région et rétablir notamment des relations de coopération véritables avec la Guyane.
Sur les rives du Maroni, si certains habitants d’Albina (commune frontalière du Surinam) n’oublient pas la guerre civile et les massacres perpétrés dans les années 1980, d’autres préfèrent oublier l’histoire et adopter une attitude pratique. Ils attendent maintenant la concrétisation du programme du nouvel élu, basé sur le développement de l’éducation et de l’emploi. »
Désormais, les cartes sont entre ses mains. A suivre…
PARIZON Laëtitia
Sources :
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/07/19/008-suriname-victoire-bouterse.shtml
http://guyane.rfo.fr/infos/actualites/surinam-reactions-a-lelection-de-desi-bouterse_27251.html
